Art Paléochrétien

Sommaire TD

Synthèse archéologique et artistique

L'  expression «art paléochrétien» n'embrasse pas toutes les formes de culture matérielle et par ailleurs, il a une connotation trop religieuse. aussi la notion d’«antiquité tardive» serait préférable.
Deux faits saillants marque cette époque (quand????)

Archéologie et urbanisme

 Il n’y a pas déclin de la cité pour des causes économiques, ni remise en cause par l’État de la notion même de la ville. Au contraire,  les empereurs surveillent de près la prospérité des cités. Des villes nouvelles sont créées d’autres sont refondées après destruction et abandon. Les empereurs, particulièrement Anastase et Justinien, envoient des plans, des architectes, des artisans. Il s’ensuit, surtout en Orient, un urbanisme qui offre une certaine homogénéité

Rares sont les villes paléochrétiennes qui ne possèdent pas de murailles. C’est à Constantinople  qu’ont été bâties les murailles les plus remarquables de tout l’Empire. Commencées en 412 par Théodose II, les murailles terrestres de cette ville, longues de 5 632 mètres, comportent, outre une levée de terre et un fossé, un avant-mur de 8 mètres de hauteur, renforcé de 82 tours, et un mur principal haut de 12 mètres, large de 4, 80 m et pourvu de 96 tours.

Les places sont nombreuses et continuent à porter les noms d’agora et de forum: la diversité de leurs formes tend à s’accroître

Les bâtiments publics

À la différence des temples, les bâtiments publics profanes (curies, salles d’assemblée) ont été dans l’ensemble maintenus. Par ailleurs, les thermes  sont sans cesse réparés, entretenus (Éphèse, Sardes, Antioche, Salamine de Chypre, Carthage) ou construits (Apollonia en Libye, Arles, Madaure, Épidaure, Rome, Naples, Zenobia), y compris par des évêques. En Orient, où ils étaient incorporés à des gymnases avec palestre (Éphèse, Sardes), ils tendent à se réduire à leur fonction thermale: affaiblissement de l’idéal d’éducation liée à l’épanouissement physique qui avait été celui de l’Antiquité.
Mais il y a aussi les lieux de spectacle: théâtres, où l’on voit les mimes, amphithéâtres et surtout les hippodromes (Trèves, Milan, Antioche, Thessalonique, Constantinople ). À Constantinople, théâtre et amphithéâtre fonctionnent encore au VIIe siècle; de même à Aphrodisias

Les églises

 Ces édifices n’occupèrent que rarement et tardivement l’emplacement des temples et il ne paraît pas y avoir eu de règle stricte pour le choix de leur implantation: espace libre acquis par la communauté, lieu d’un martyre ou tombe de martyr, construction faite par un simple particulier. Les principales églises tendent à s’organiser en complexes qui occupent souvent un espace considérable. Les annexes liturgiques (thermes, baptistère, phiale, sacristies) et les dépendances économiques nombreuses qui occupent le rez-de-chaussée de la résidence épiscopale illustrent le rôle politique et social de l’Église dans la cité. Les églises créèrent dans les villes anciennes de nouveaux pôles d’attraction et durent souvent réorienter la circulation urbaine, d’autant plus qu’elles s’installent parfois, comme à Vienne, à la périphérie des centres traditionnels

L’habitat privé

La première caractéristique est le luxe et l’importance des villae  ou «palais».. Ses caractéristiques essentielles sont le maintien du péristyle de tradition hellénistique autour duquel sont disposées les pièces. Les fontaines, décorent cours et vestibules ou bien prennent place dans des absides. Des thermes privés se rencontrent souvent dans ces résidences. Mosaïques, placages et stucs peints soulignent encore le luxe de ces demeures. Á côté de cet habitat, peu différent des grandes villae  rurales qui apparaissent dans tout l’ancien Empire romain, il existe naturellement des immeubles de plusieurs étages.

Les cimetières

Certes on continue à enterrer le plus souvent, comme le veut la législation, hors des murs. Mais l’attention prêtée aux martyrs, dont les basiliques fleurissent autour des cités, est source de nouveaux itinéraires et de nouvelles formes de piété qui ont leur répercussion sur l’urbanisme. Aussi l’ancien interdit, qui se maintient, finit-il pas s’affaiblir avec l’expansion du culte des martyrs et la présence de leurs reliques au centre des villes. Mais, à l’époque qui nous intéresse, l’évolution est à peine commencée elle n’aboutira qu’au Moyen Âge.

Arts somptuaires

Le développement du mécénat impérial et l’accroissement de la richesse de l’Église, qui gagne peu à peu à sa cause les hautes classes de la société, favorisent un artisanat de luxe lié à la religion nouvelle et producteur d’objets tant profanes que liturgiques. Cette évolution ira en s’accentuant; chacune des grandes métropoles possèdant alors ses ateliers d’orfèvres ou d’ivoiriers, dont il est souvent difficile de définir le style propre. La rupture intervenue dans l’unité de l’Empire donnera toutefois au VIe siècle un rôle prépondérant aux artisans orientaux.

De Constantin à la fin de l’Empire d’Occident (476)

L’inventaire des dons faits par Constantin aux églises de Rome montre que vaisselle et mobilier liturgiques d’or ou d’argent ne sont pas exceptionnels, mais le matériel conservé est rare. De fait, il est encore difficile dans ce domaine de parler d’art chrétien : il n’y a rien de choquant, pour les chrétiens, à posséder eux-mêmes ou à offrir à l’Église des objets dont le décor reprend tel quel le répertoire de la mythologie. Une simple invocation au Christ suffit à témoigner de la foi . Les trésors ecclésiastiques eux-mêmes renferment bien des objets à caractère profane ou païen. D’ailleurs, le mobilier d’église, les luminaires entre autres, est dans la plupart des cas strictement identique au matériel profane.

À partir des années 350; l’élaboration de la liturgie fait sentir le besoin d’une vaisselle appropriée. Il s’agit parfois de pièces simples, des cuillers par exemple, certaines peut-être destinées à distribuer l’Eucharistie, ou bien de grandes aiguières élancées, l’une des formes alors les plus prisées; le décor se limite à, une inscription de caractère chrétien, ou quelques figures géométriques. Mais se multiplient aussi de véritables travaux d’orfèvrerie, dont l’ornementation devient très variée: figures isolées du Christ et des apôtres, scènes empruntées à l’Ancien ou au Nouveau Testament (Adam et Ève, Moïse et la source, les trois Hébreux dans la fournaise, Jugement de Salomon, Daniel dans la fosse aux lions, par exemple, pour le premier; Adoration des Mages, Noces de Cana ou Résurrection de Lazare pour le second), ou bien encore images à caractère symbolique, parmi lesquelles les cerfs à la fontaine ou les agneaux adorant la croix.
Les reliquaires tiennent une place toute particulière; le développement du culte des martyrs entraîne leur multiplication: coffrets cubiques, boîtes oblongues aux extrémités arrondies et au couvercle bombé ou même pyxides hexagonales. Exécutés au repoussé, l’une des techniques les plus en faveur dans l’orfèvrerie de cette époque, les reliefs qui les décorent sont très inégaux; ils juxtaposent souvent les personnages sans souci de composition, reprenant des schémas utilisés dans la peinture murale ou sur les sarcophages, en un style un peu gauche.
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Prisés les ivoires sont parfois, un instrument de propagande au service de la nouvelle foi. C’est un chef-d’œuvre, présupposant une tradition déjà bien établie, qui révèle les ivoires chrétiens: la lipsanothèque (reliquaire) de Brescia; attribué à un artiste romain des années 370, ce coffret offre un décor remarquable, consacré pour l’essentiel à des scènes de l’Ancien Testament et de la Vie du Christ. Les ivoires présentent l’immense avantage de comporter une série d’œuvres profanes précisément datées: les diptyques, luxueuses tablettes à écrire offertes par les consuls à leurs amis lors de leur entrée en charge, suivant un usage normal à la fin du IVe siècle.

Une question ardue pour l’ orfèvrerie comme pour les ivoires est celle des centres de production. Rome joue toujours un rôle important, même après le sac de la ville par les Goths en 410; mais l’importance des ateliers d’Italie du Nord, de Milan tout particulièrement, s’affirme à la fin du IVe siècle, et l’activité des ivoiriers de Gaule (diptyque de Rouen, figurant saint Pierre et saint Paul) n’est pas négligeable. Plus à l’est ont existé d’importants centres de toreutes (Sirmium, Naissus, Thessalonique), mais nous ne connaissons pas leur production chrétienne. La place de l’Orient enfin reste pour cette époque délicate à définir.

Les manuscrits enluminés, la Bible, notamment, occupent une place insigne, mais rares sont les œuvres qui ont échappé aux ravages du temps . Le plus ancien, le manuscrit dit Quedlinburg Itala, attribué à un artiste travaillant au début du Ve siècle dans un scriptorium  de Rome, juxtapose, sur chacun des quatre feuillets conservés, plusieurs scènes d’une facture rapide et élégante. La verrerie, bien représentée aux IVe et Ve siècles, illustre de nouveau les rapports étroits entre art profane – ou païen – et art chrétien; les verres dorés, trouvés en grand nombre à Rome dans des catacombes et en Rhénanie, enferment une mince feuille d’or entre deux couches de verre. L’usage de ces verres comme cadeaux destinés aux proches à l’occasion d’événements importants justifie l’une des formules fréquemment retenue: un ou plusieurs portraits accompagnés – lorsqu’il s’agit de chrétiens et comme sur l’argenterie – de symboles et d’inscriptions; certaines pièces toutefois peuvent être plus complexes (coupe de Cologne). Ces arts précieux entraînent à leur suite tout un artisanat plus modeste mais très proche, os, en bronze, en terre cuite.

Les VIe et VIIe siècles

L’Orient prend peu à peu une place prépondérante, exerçant son influence sur les ateliers occidentaux, Ravenne notamment. Une importante innovation technique permet de saisir le rôle essentiel de Constantinople: ce sont les poinçons d’argenterie, apposés sur certaines pièces. Datés, ils permettent aussi une appréciation plus sûre de l’évolution stylistique de l’argenterie.. Même si les images païennes conservent leur charme et leur succès, elles sont vidées de toute signification religieuse et l’art chrétien a désormais un rôle moteur. Ce sont les images bibliques que le pouvoir impérial adopte maintenant pour sa propagande, comme en témoigne le somptueux trésor de Chypre. De la même façon les bijoux d’or, ceintures «de mariage», colliers, pendentifs, revêtent souvent une coloration clairement chrétienne par l’utilisation dans leur décor de figures du Christ ou de la Vierge prenant sous leur protection les possesseurs (ceintures du Louvre, de Dumbarton Oaks; collier d’Antinoé, à Berlin). Les orfèvres, qui délaissent volontiers le travail au repoussé pour la ciselure, adoptent aussi de nouveaux épisodes bibliques, reproduisant avec prédilection les images de Jésus et de la Vierge, en des scènes au style classicisant, complexes, ou isolées pour garnir les médaillons (vase d’Émèse au Louvre).
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Les quelques manuscrits enluminés qui subsistent évoquent le développement considérable de la peinture sur parchemin. Très diverse, inspirée à l’occasion de la peinture murale ou de la mosaïque, leur illustration est essentiellement figurée; seules les tables de concordance entre les quatre Évangiles possèdent une décoration végétale autour d’arcades privées de leur fonction architecturale. À côté d’Alexandrie et de Constantinople, l’école syro-palestinienne a connu, un essor particulier: certains lui attribuent un groupe de manuscrits du VIe siècle à fond pourpre donnés par d’autres à la capitale impériale; le problème se complique d’ailleurs du fait que plusieurs artistes, au style parfois très différent, ont travaillé à un même ouvrage (Genèse de Vienne). En face d’ateliers occidentaux florissants, qui élaborent un style nouveau, très expressif, mais plutôt plat et linéaire l’Orient, dans le domaine des arts précieux comme dans les autres, reste attaché à la tradition hellénique.
 

Synthése historique

L'empire romain domine le monde méditerranéen et atteint son extension maximale sous Trajan. Hadrien abandonne raisonnablement la Mésopotamie (117°. En 284, Dioclétien s'empare du pouvoir et en 286, conscient des difficultés de gérer seul l'empire nomme "Auguste" un officier illyrien Maximilien et lui donne l'Occident à gérer. En 293 deux césars sont nommés : Galére et Constance qui sont surbordonnés aux 2 Augustes (Maximilien et Dioclétien) mais qui sont appelés a leur succéder. En 395 l'empire est partagé par Théodose entre ses deux fils : Arcadius qui va régner sur l'Orient et Honorius qui régnera sur l'Occident. Aussi incapables l'un que l'autre ils s'effaceront devant leurs ministres. Ainsi 2 empires naissent en 395 :

Les persécutions

Les chrétiens seront persécutés  jusqu'au 4° siècle. Les plus violentes persécutions sont celles exercées par les empereurs Néron (64), Déce (empereur de 248-251) et Dioclétien (303)
En 313 l'édit de Milan proclame la liberté de culte et les biens sont rendus aux chrétiens. En 380 l'édit de Théodose proclame la religion catholique comme religion officielle et en 390 les temples païens sont fermés
 

Le schisme (ou schisme)

Très tôt, des querelles dogmatiques, à propos de la nature du Christ notamment (monophysisme), opposèrent les Orientaux aux Occidentaux. Les empereurs byzantins intervinrent fréquemment, aux VIe et VIIe siècles, dans ces disputes et voulurent imposer leur doctrine, du fait même qu’ils prétendaient être les chefs réels de l’Église d’Orient.
Deux autres éléments jouèrent dans cet éloignement entre les 2 Églises un rôle considérable : Dans la seconde moitié du 9e siècle, le conflit rebondit à l’occasion de luttes intestines dans l’Église grecque. Pendant un siècle et demi les Églises n’eurent pratiquement pas de relations, puis les passions resurgirent au milieu du 11e siècle avec le patriarche Michel Cérulaire, qui dés 1050, traita les Occidentaux d’hérétiques, puis il fit fermer les églises latines de Byzance et multiplia les accusations contre leurs clercs. Le schisme était consommé, l’Église grecque ne reconnaissant plus la moindre autorité à la papauté. Tous les peuples convertis par les Byzantins ou en étroites relations avec eux, comme les Serbes, les Bulgares, les Roumains et les Russes, y furent entraînés.
 

L'art paléochrétien jusqu'à Théodose

Les sarcophages

C'est surtout l'art des sarcophages que l'on a retrouvé un peu partout dans les lieux de  l'empire ou les chrétiens tentés de survivre et d'imposer leur foi.

- Sarcophage religieux muni d'une ouverture sur son socle dans laquelle on faisait couler de l'huile qui "devenait" sainte au contact des reliques contenus dans le coffrage; sur la face du sarcophage une autre ouverture permettait de récolter cette huile sainte !!
-Façade d'un sarcophage (deb 4° s) composés de 5 scènes de l'ancien et du nouveau testament séparées par des troncs d'arbres dont les feuillages se réunissent sur le bord supérieur. Très haut relief, travail au trépan des chevelures et des feuillages. De gauche à droite (de lancien vers le nouveau testament) :

- Sarcophage complet de la fin du 4° s. Sur sa face une scène unique représentant le Christ trônant et lisant sa nouvelle loi aux 12 apôtres. Usage du trépan. Fond de colonnes ioniennes et de personnages ébauchés. Très haut relief
- Sarcophage du type "porte de la ville" pour 2 personnes. Scènes de l'ancien et du  nouveau testament.  Sculptures sur les 4 cotés avec un fond de ville fortifié. Très haut relief du 4° siècle: - Sarcophage (3° s) non chrétien, décoré de strigiles. En façade un berger portant un bélier sur ses épaules avec un mouton à ses pieds; dans un décor de feuillage. Utilisation du trépan pour la chevelure et certaines parties du fond très creusées
- Sarcophage (3° s) dédié à Lydia Nicarus faisant partie du groupe de sarcophages dit "à décors graves". Strigiles et décor central d'un berger et ses moutons; de part et d'autre les symboles de l'ancre et du poisson représentant le thème fréquemment utilisé du "bon pasteur"
- Sarcophage du 6° siècle du sud-ouest de la Gaule : Représentation du Christ et des apôtres et chrisme en médaillon central
- Deux tables d'autel  en marbre (dont une demi-circulaire) du 6° siècle
- Couvercle de sarcophage de la fin du 4° siècle, venant d'Algérie (Cherchel).

Objets religieux

Au 4° siècle, les communautés chrétiennes deviennent plus importantes et les premières basiliques apparaissent sur le modèle de la basilica romaine, édifice civil; il est alors nécessaire de prévoir un certain matériel pour les décorer et célébrer les offices.

- lampes, lustres, gourde pour la bénédiction (eulogie) enterre cuite, croix en argent
- fond de verre doré constitué d'une feuille d'or entre deux plaques de verre
- Mosaïques représentant des élévations d'église sorte de "carte postale" de l'époque, donc extrêmement enrichissante pour notre connaissance. Remarquer les ouvertures fermées par des rideaux...
 

Objets d'or et d'argent (4° au 6° siècles)

- Ceinture de mariage : Piécettes assemblées par une chaîne gravée de sujets religieux sur la pièce centrale MAIS les autres piécettes comportent des sujets non chrétien
- Reliquaire d'argent rehaussé d'or. Son couvercle comporte une résurrection de Lazare et sur les cotés les 3 rois mages travaillés au repoussé
- Plaque de St Siméon stylite (Alep 6° s). Probablement un ex-voto. En argent travaillé au repoussé. Le serpent mâle, dont St Siméon à sauver la femelle s'enroule autour de la colonne sur laquelle il est assis, en signe de protection. La coquille au dessus de la tête est une marque de distinction , la coquille n'étant pas toujours un symbole chrétien (cf Vénus sortant des eaux)
- Vase avec bustes du Christ autour de la panse (Homs en Syrie au 6° siècle)
- Morceau de chancelle en pierre sculptée (clôture du choeur dans une basilique)


L'empire romain d' Orient

Après le partage de l'empire par Théodose en 395 entre ses deux fils; Arcadius devient empereur de l'empire romain d'Orient (ou empire byzantin). Cet empire s'écroulera e  1453 comme expliqué ci-dessus. On divise  cette longue période en 5 parties : Remarque importante : Ce découpage reste schématique dans la mesure ou il n'y a pas rupture entre 2 périodes mais continuité, recouvrement plus ou moins important en fonction des lieux et des modes de vie

Proto-byzantin (5° au 9° siècles)

Sculpture

La sculpture byzantine plonge ses racines dans la sculpture romaine d’Orient, notamment celle du Bas-Empire qui fleurit dans un certain nombre de villes d’Asie Mineure. Avec la création de la nouvelle capitale Constantinople, la production s’amplifia et se diversifia. Le marbre était omniprésent dans une architecture où les colonnades, les revêtements des murs, les dallages faisaient exclusivement appel à ce matériau.
Le bas-relief connaît aussi un certain développement, surtout à la fin du IVe et au début du Ve siècle: colonnes historiées de Théodose (379-395) et d’Arcadius (395-408), qui imitent la colonne Trajane; base de l’obélisque de Théodose où est représentée la famille impériale. Des sarcophages en marbre, sarcophages à colonnes ou à décor symbolique, étaient destinés à une clientèle riche, constantinopolitaine ou étrangère (exportations vers Ravenne) tandis que des devants de sarcophage reproduisaient, en calcaire, cette sculpture pour une clientèle moins fortunée. Aux alentours de 500 et après, cet art offre de moindres réussites.
La statuaire officielle reste importante dans les grands centres comme Sardes, Éphèse, Aphrodisias, Mégare, Corinthe où magistrats et généraux sont souvent représentés avec des expressions et une stylisation étonnantes.
 

Mosaïque

C'est l'époque de la mosaïque, par la somptuosité des coloris, la simplification du dessin et, surtout, le rôle joué par la lumière, et les artistes des Ve et VIe siècles en perfectionnèrent la technique pour en exploiter toutes les possibilités : Thessalonique (rotonde Saint-Georges, Hosios-David, Saint-Démétrius) et Ravenne (mausolée de Galla Placidia, baptistères des orthodoxes et des ariens, Saint-Apollinaire-le-Neuf, Saint-Vital).
Aucun thème n’est imposé, mais succède, au VIe siècle, un art plus hiératique, plus solennel, substituant le fond or au fond bleu et dématérialisant les figures. L’essor du culte des images, au VIIe siècle, va favoriser la généralisation de ce style austère et réellement « iconique >>, tandis que, parallèlement, survit toujours la tradition illusionniste héritée de l’Antiquité. Au VIIe siècle, sont attribués plusieurs décors peints de Cappadoce, qui témoignent de la richesse du répertoire byzantin disparu, ou connu dans d’autres régions de façon très fragmentaire, et révèlent des contacts parfois étroits avec les mondes copte, syro-mésopotamien, transcaucasien ou sassanide.
ET L'IVOIRE ???????????????????
 

Oeuvres présentées

De la période de transition :
 - Diptyque consulaire en ivoire dit "d' Aerobindus" (506) Celui-ci figure dans un médaillon, tenant dans ses mains le sceptre et la mappa (instrument servant au jeu du cirque )

Du premier âge d'or :
- Diptyque impériale en ivoire  (déb 6° s) offert au cardinal Barberini composé de 5 parties :

De la période iconoclaste: les œuvres conservées sont peu nombreuses. La croix, seul motif chrétien maintenu, joue un rôle important dans le décor des églises, particulièrement dans l’abside (mosaïque de Sainte-Irène, à Constantinople, de la Dormition de Nicée et de Sainte-Sophie, à Thessalonique).  L’absence de toute figure humaine et la fréquence des images de la croix et des motifs décoratifs correspondent à une tradition protobyzantine, qui s’est perpétuée parfois, dans des régions reculées, après la fin de l’iconoclasme.

Macédoniens (843-1056)

À la suite de la crise iconoclaste, un système cohérent de décoration d’église, dont les principes de base resteront à peu près immuables, est élaboré et mis en place à Constantinople. Eglise en croix inscrite à coupole,  Christ Pantocrator , qui domine dans la coupole centrale (symbole du ciel), autour duquel s’ordonnent les différentes figures de la hiérarchie céleste: anges, prophètes, apôtres, Pères de l’Église et autres saints, la Vierge (rappel de l’Incarnation) occupant la voûte de l’abside.
La Cappadoce est la seule province de l’Empire qui conserve toute une série de peintures murales des IXe et Xe siècles.
Au XIIe siècle (surtout dans la seconde partie du siècle), des changements importants se manifestent dans la décoration monumentale: la peinture remplace presque toujours la mosaïque, les programmes iconographiques s’enrichissent de sujets nouveaux liés à l’influence plus marquée de la liturgie sur le décor et au désir d’éveiller la sensibilité du spectateur par l’expression des « valeurs affectives » et, en particulier, des sentiments dramatiques. La recherche d’élégance décorative conduira, dans les dernières décennies du siècle, aux exagérations maniéristes et aux raffinements un peu artificiels du style dit dynamique, qui sera très populaire à Byzance et hors des frontières de l’Empire (Saints-Anargyres de Castoria, Kurbinovo, Pérachorio à Chypre, Monreale en Sicile)
 

Iconographie

L’icône portative, peinte sur un panneau de bois, est  l’expression la plus caractéristique de l’art et de la spiritualité de Byzance. Multipliées pour répondre aux besoins de la piété populaire, les plus anciennes icônes conservées ne sont pas antérieures au 6e siècle. Peintes surtout dans la technique de l’encaustique, qui sera abandonnée après le 8e siècle pour la détrempe, ces œuvres pré-iconoclastes sont conservées principalement au monastère de Sainte-Catherine, au mont Sinaï, mais elles proviennent d’ateliers de Constantinople, de Palestine, de Syrie ou d’Égypte.
L’essor de l’art de l’icône ne commence vraiment que sous les empereurs macédoniens: loin d’être seulement destinées à la dévotion privée, les icônes deviennent alors un élément essentiel du culte liturgique. Bien peu d’œuvres subsistent des 9e et 10e siècles, mais on possède pour pallier cette lacune, les « icônes » réalisées dans d’autres techniques: marbre, ivoire, stéatite, métaux précieux ou émaux. Exposées dans les églises les icônes commencent à garnir la clôture du chœur qui va progressivement se transformer en iconostase. La multiplication des icônes est également favorisée aux 10e et 11e siècles par le développement du culte des saints. Les rares œuvres conservées des 9e et 10e siècles sont d’un style assez sévère, tandis que les figures délicates et dématérialisées du 11e siècle sont souvent proches de celles des enluminures contemporaines: icônes et miniatures étaient vraisemblablement produites dans les mêmes ateliers et par les mêmes peintres.
 

Oeuvres présentées

Beaucoup d'ivoires représentatifs d'un certain nombre d' écoles et venant essentiellement de Constantinople

- Triptyque de la Nativité, en ivoire pourpré naturel de représentation typiquement orientale et libre
- Coffret de mariage en ivoire et os à scènes mythologiques : Les exploits d'Hercule. On remarquera dans les pièces communes (baguette, plaque... ) un début d'industrialisation
- Triptyque Harbaville (10° s) : En partie haute : Scène du Christ trônant encadré de la Vierge et de St Jean Baptiste tendant les mains vers lui (Déesis). Drapés à l'antique et proportions canoniques; les visages sont bien différentiés. Le revers est également travaillé.

Après la bataille de Manzikert, la route de l'ivoire est pratiquement coupée, aussi les artistes utilisent ils d'autres matériaux comme la stéatite

- Icône "Hetimasie" en stéatite (Constantinople 10° s) : Préparation du retour du Christ ou Apocalypse. En haut : Un trône vide avec les instruments de la passion (lance, éponge...) veillé par 2 archanges. En bas : St Georges, Théodose, Procope et Démetrios, les 4 grands saints militaires de Byzance,  habillés en moines.
- Reliquaire ramené par St Louis, venant de Byzance (11° s) : Le reliquaire est protégé par un couvercle à glissière verticale. Il est constitué d'argent doré ciselé sur une âme de bois et travaillé au repoussé puis émaillé en champlevé. L'intérieur est macédonien mais le reste est mosan (12° s)
- Patène en sardoine (6/7° s). L'émail cloisonné du centre est du 10° s (Constantinople) en or  représentant la Cène. La monture est du 10° s et les émaux de plique (email cloisonné dont les cloisons sont maintenus par une monture d'argile le temps de la cuisson) du 14° s.

Dans les céramiques, influence manifeste de l'Islam (époque Abasside)
 

Doukas

Il s'agit d'une famille byzantine qui donna 3 empereurs à l'empire d' Orient entre 1057 et 1024 , dont Michel 7 et Alexis 5.
 

Epoque Comnéne (11 et 12° s)

Les Comnénes étaient une famille de Byzance qui donna 6 empereurs à l'empire entre 1057 et 1185. Les canons artistiques prônent des silhouettes plus allongées, aux habits à plis bouillonnants et heurtés. La forme des corps s'assouplit dans un mouvement sinueux

Constantinople perd, au XIIIe siècle, son rôle de chef de file. Le morcellement de l’Empire favorisa l’apparition de nouveaux centres et l’essor d’un art plus libre, dont on suit le mieux l’évolution dans les régions périphériques: églises de Serbie (Studenica, Mileševa, Sopocani) ou de Bulgarie (Bojana, 1259), décorées par des peintres grecs, dont l’origine – Constantinople, Thessalonique ou Nicée – reste difficile à déterminer. Plusieurs décors ont été également réalisés en Grèce, alors sous domination franque, et quelques-uns en Asie Mineure.
L’évolution, sensible dès la fin du XIIe siècle, vers un style plus monumental, aux grandes figures nobles et calmes, se confirme au début du XIIIe. Dans le second quart du siècle, se manifeste un intérêt plus marqué pour la plasticité des formes et le rendu du volume par un modelé pictural (Mileševa). Ce style atteindra son apogée dans les années soixante à Sopocani: paysages et architectures représentés en perspective confèrent aux compositions une spatialité nouvelle et situent les scènes de façon plus concrète. Les mêmes tendances s’observent à la même époque dans les peintures de Sainte-Sophie de Trébizonde. Cette conception nouvelle de l’image est le fait des peintres les plus progressistes du XIIIe siècle, car bien des artistes restent encore fidèles aux principes de la peinture des Comnènes.

Sculpture

Entre les 9 et 15° siécles, la sculpture architecturale se développe à nouveau, abondamment parfois, dans la plupart des régions de l’Empire. Moins de colonnes et de chapiteaux. En revanche, le templon (ou iconostase), c’est-à-dire la clôture haute séparant les fidèles du sanctuaire, se développe largement. Beaucoup de ses éléments (plaques de parapet, supports, architraves) nous sont parvenus. À partir du XIe siècle, la forme humaine reparaît en bas relief
 

Iconographie

Quelques icônes d’une remarquable qualité artistique, provenant probablement des ateliers de Constantinople, nous sont parvenues pour le XIIe siècle. L’élégance du dessin et le raffinement des couleurs s’y allient à l’expression d’une spiritualité profonde (Miracle de saint Michel  à Chonae et Échelle céleste  de Jean Climaque, au Sinaï). La dernière phase, plus maniériste, de la peinture à l’époque des Comnènes est également représentée par un chef-d’œuvre: L’Annonciation  du Sinaï, remarquable par sa technique raffinée, l’élégance des figures et leur richesse émotionnelle.
 

Oeuvres présentées

- Reliquaire de la pierre du St Sépulcre (12° s) en argent doré. Sur le fond les saintes femmes qui se rendent au tombeau le jour de la résurrection sont arrêtées par un ange. Le revers est également peint
- Icône reliquaire de la Nativité avec un encadrement en argent repoussé, ciselé et fixé à la cire. Des alvéoles sont découpées dans l'argent, formant des médaillons obstrués par un parchemin dont l'inscription latine donne le nom de la relique contenu à l'intérieur. La plaque d'ivoire centrale représente une nativité.
- Icône portative (~1200) de grande taille (~50 cms) en mosaïque extrêmement petites (<1 mm²)  Tessere OU tesselle ????????? en marbre (parfois en verre ou en métal) représentant la transfiguration du Christ, dans une mandorle entouré de 5 apôtres.
 

Epoque des anges (1185-1204)

La domination latine (1204-1261) n’a pas interrompu la production d’icônes et toute une série de pièces, plus ou moins marquées d’influences occidentales (icônes dites « des Croisés »), est actuellement l’objet de discussions entre spécialistes qui tentent de déterminer les centres de production (Jérusalem, Acre, la Syrie, le Sinaï ou Chypre) et l’origine des peintres (latins – italiens et français surtout – ou « orientaux »).

Epoque des Paleologues (1260-1453)

Restauré autour de sa capitale, Constantinople, reconquise en 1261, l’empire des Paléologues est un État réduit, affaibli et appauvri. Pourtant, la peinture ne connaît aucun déclin et elle rayonne même sur un territoire plus vaste que jamais. Mosaïstes et peintres déploient à nouveau une activité intense dans les deux villes les plus importantes de l’empire : Constantinople et Thessalonique. Mais l’art fleurit aussi dans les monastères du mont Athos et à Mistra, dans l’empire de Trébizonde et en Épire, en Bulgarie, en Serbie, en Valachie, en Géorgie et en Russie.
Au 13° siécle les personnages sont figurés dans des attitudes souvent plus compliquées, leurs mouvements sont plus libres, parfois violents. D’amples draperies soulignent le volume plastique du corps, l’expression des visages se diversifit. Deux grands courants artistiques dominent : au style dit macédonien, qui privilégie les figures volumineuses, la vivacité des gestes et l’élargissement de l’espace, s’oppose un courant plus réservé, plus académique, s’intéressant moins au volume ou à la liberté des attitudes qu’à la noblesse et à l’élégance de personnages élancés évoluant entre des constructions imaginaires (mosaïques de Kariye Camii). Dans le courant du XIVe siècle, la tendance classicisante évoluera vers plus de mysticisme, accentuant la dématérialisation et la spiritualisation des figures, ou au contraire vers plus de pittoresque et une interprétation plus laïque des sujets traditionnels.

L’époque des Paléologues marque l’apogée de la peinture d’icônes à Byzance et dans sa sphère d’influence. Pour satisfaire les besoins croissants de la piété privée, du culte liturgique et de l’exportation, les icônes sont produites en grand nombre dans les ateliers de Constantinople, de Thessalonique, d’Ohrid et d’autres centres, dont l’activité reste toujours difficile à cerner. Le répertoire iconographique s’enrichit et le style suit, malgré un attachement plus marqué aux traditions, les courants de la grande peinture contemporaine. À la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe, les ateliers de la capitale produisirent également, pour une clientèle riche et raffinée, des icônes en mosaïque, de petites dimensions et d’une grande virtuosité technique.
 

Oeuvres présentées

- Mosaïque portative "St Georges terrassant le dragon" (14° s) de forme circulaire et de petite taille (~25 cms). Elle caractérise le début de la renaissance paléologue à Constantinople (réminiscence classique, dynamisme de la composition, couleurs...)
- Reliquaire de la vraie croix portée par 2 anges (12/13° s) En argent et cuivre doré et émaux. De part et d'autre tenant le reliquaire une statuette de Constantin et Héléne.