Antiquités Nationales - Travaux Dirigés

Sommaire TD et Sommaire cours
 

Époque Gallo-Romaine (~80 à 260)

À la fin du ~IIe siècle, l’empire arverne avait péri sous les coups des Romains. Vers ~80,  ultime tentative de rétablir l’hégémonie sur la Gaule par le père de Vercingétorix. Mais, il fut assassiné, à l’instigation de l’aristocratie locale.
À la même époque se formait dans le nord de la Gaule une confédération comprenant, en plus des peuples celtiques, des Germains amenés par les invasions des Cimbres et des Teutons, tels les Aduatuques.
La ruine de la monarchie arverne entraîne en Gaule une profonde anarchie, 2 groupes de tribus visaient à l’hégémonie: les Arvernes et les Séquanes, d’une part; les Éduens et leurs alliés, d’autre part. Cette rivalité, qui se prolonge par la lutte des 2 factions à l’intérieur même des diverses cités ou tribus, se complique d’un combat idéologique entre deux partis: l’un (éduen) étant favorable au maintien au pouvoir d’une aristocratie toute puissante; l’autre (séquane-arverne) à la monarchie ou à la dictature appuyée sur des mouvements populaires.

La société gauloise

Elle comprend trois classes: les chevaliers, les plébéiens, les druides.

La Gaule romaine. La conquête

Conquise par César entre ~58 et ~50, la Gaule devait être maintenue sous l’autorité romaine jusqu’au milieu du Ve siècle. L’intervention des Romains en Gaule fut déterminée par des menaces précises: une émigration des Helvètes vers l’Aquitaine et une invasion des Suèves. Le plan initial de Rome semble avoir été d’établir sur la Gaule une sorte de protectorat en lui laissant son autonomie

- En 47 après J.-C., l’empereur Claude proposa de faire entrer au Sénat romain les notables des Gaules.
- Sous Néron apparaît une opinion politique provinciale qui s’intègre dans l’Empire, dont elle commence à assumer les responsabilités. Avant la mort de Néron (68), la Gaule se révolte et, exprime le droit de la province à participer aux élections.
- Le règne des Flaviens (Vespasien, Titus, Domitien, de 70 à 97 ap J.-C.) marque un tournant important dans l’histoire de la Gaule. La conquête et la colonisation, au-delà du Rhin, des champs décumates, l’aménagement d’une ligne de fortifications joignant le Rhin moyen au Danube supérieur (limes germano-rhétique), la liaison directe Rhin-Danube-Rhétie par Strasbourg, eurent des conséquences sur la vie politique, l’économie et la civilisation.
- En 96, l’hostilité du Sénat vint à bout du dernier des Flaviens: Domitien, qui fut assassiné et remplacé par Nerva.
- Trajan, en 97, rétablit en Germanie l’ordre un moment compromis par une mutinerie militaire. Son règne (98-117) ramena la concorde et l’équilibre des pouvoirs militaires et civils, inaugurant une longue période de paix et de renouveau économique.
 - En 234-235, l’empereur Alexandre Sévère réunit à Mayence une grande armée, afin d’expulser les barbares qui avaient traversé le limes.
- La période qui va de 235 à 275 est une époque tragique pour la Gaule. La succession des crises et des guerres civiles laisse le champ libre à des invasions dévastatrices. Le pays fut ruiné de fond en comble. - La création, après 260, d’un «Empire gaulois», ne constitue pas une véritable sécession mais un essai d’autodéfense régional, respectant les cadres et les institutions romaines.

- Plus tard, le système de la Tétrarchie, consistant à partager le pouvoir entre quatre empereurs cooptés et associés, 2 Augustes et 2 Césars, fut établi par Dioclétien sous la pression des circonstances et notamment en raison de la situation en Gaule.

- Ultérieurement, l’installation des Wisigoths en Aquitaine, l’avance des Francs en Belgique et des Burgondes le long du Rhin vers Strasbourg, la révolte de provinces de l’ouest, la conquête de l’Armorique entamèrent un processus de désintégration de la Gaule qui ne fut interrompu que peu d’années avant la mort d’Honorius (423). La crise successorale qui survint alors entraîna de nouveaux troubles.
Malgré les efforts d’Aetius, entre 425 et 450, pour reprendre la situation en main, celle-ci était compromise sans remède. Les barbares coalisés qui triomphèrent des Huns, au Campus Mauriacus en 451, n’étaient plus des sujets de Rome. Ultérieurement, Francs, Burgondes et Alamans devaient occuper définitivement les régions stratégiques de la Belgique et du front rhénan. En réalité, entre l’invasion des Vandales, en 407, et le milieu du Ve siècle, la Gaule romaine est passée par une longue agonie.

L’agriculture

L’agriculture semble avoir été, en Gaule romaine, la source la plus importante et la plus stable des revenus. Le fait saillant qui domine la transformation de la vie agraire en Gaule est une extension de la moyenne et grande propriété individuelle. Le fundus , domaine foncier appartenant à un particulier, comprend en principe toutes les terres nécessaires à la ferme qui vit en économie fermée; au milieu du domaine est située la villa , résidence du propriétaire, autour de laquelle se groupent les bâtiments utilitaires. L’une des preuves les plus éclatantes de l’emprise de Rome est constituée par les vestiges de cadastres à réseau orthogonal, dont chaque grand carré représente une centurie de 710 m de côté. Pour la Gaule, on possède les fragments d’un cadastre gravé sur marbre qui date de la période flavienne et fut découvert à Orange.

L’urbanisme

Toute ville gallo-romaine possède son centre monumental, comportant le sanctuaire de la cité, qui est tantôt un temple du genre du Capitole, dédié à Rome et aux empereurs, tantôt un important sanctuaire indigène. Il est voisin d’un forum, longue place rectangulaire autour de laquelle sont groupés les principaux édifices de la vie municipale: la curie, où se réunit le conseil municipal, constitué par les décurions, une basilique, vaste salle couverte servant de tribunal ou de lieu de réunions publiques.
Les quartiers d’habitation, édifiés autour de ce noyau central, sont en général aménagés suivant un plan régulier soit en damier, soit en trapèze ou en triangle, selon la disposition du terrain et l’histoire même du site. À une certaine distance du forum et à l’extérieur des quartiers riches qui occupent le centre de la ville se dressent les grands édifices publics: thermes, amphithéâtres, théâtres. Plus à l’écart encore s’étend le cirque, utilisé pour les courses de chars. C’est dans la périphérie qu’apparaissent fréquemment des groupes de temples associés de manière à former un sanctuaire local et destinés à la population indigène.
La base du plan d’urbanisme et du cadastre urbain est le croisement à angle droit des deux voies principales (cardo , decumanus ) dont l’orientation semble avoir été déterminée en fonction de la place du soleil à son lever le jour de la fondation de la ville, conformément à un usage rituel romain remontant aux Étrusques

La religion des Gaulois

L’art religieux gaulois du midi de la France comprend en particulier les statues et fragments de statues provenant d’Entremont, de Roquepertuse . À ces sculptures on peut associer les orfèvreries et le décor de la céramique, qui, à partir de l’époque hallstattienne, reflètent les idées religieuses et le rituel propres aux Celtes du continent : figures de cavaliers ou de cavalières en relation avec le soleil  (céramiques de Mouriès, au Pègue, et à Haguenau
Importance d’une sorte de grande déesse-mère, figurée tantôt seule, tantôt accompagnée d’un dieu, tantôt associée à une ou deux autres déesses :

Sur le chaudron de Rynkeby apparaît l’une des plus anciennes représentations que l’on connaisse de la triade gauloise, qui semble être à la base du panthéon gaulois: À cette triade il convient d’ajouter Apollon indigène, dont les noms sont en Gaule Belenos, Grannos, Borvo ; et une Minerve, qui est certainement la forme hellénisée de la grande déesse-mère gauloise.
Influences gréco-romaines, cultes orientaux et christianisme
La religion que l’on vient d’évoquer est celle des Gaulois de La Tène. Elle a certainement évolué au cours des conquêtes gauloises.
Les influences grecques ont pu s’exercer par Marseille, d’abord à la fin du VIe siècle puis à partir des invasions gauloises et de la fin du IVe siècle qui voit se développer le commerce et le rayonnement de cette ville.
Lorsque les Romains se sont installés en Gaule, ils ont trouvé les Gaulois habitués depuis longtemps à traduire leurs idées religieuses sous une forme inspirée du polythéisme gréco-romain.
Si l’hellénisation et la romanisation de la religion gauloise sont plus apparentes que réelles, l’introduction des cultes orientaux à mystères, d’une part, et du christianisme, d’autre part, devait transformer complètement la conscience religieuse des Occidentaux et en particulier des Gallo-Romains :

L’art gallo-romain. Apparition de la sculpture

Entre la fin de la République romaine et le début du règne de Claude (~30-25), l’évolution de la sculpture provinciale est particulièrement instructive. En effet, au début de cette période, des œuvres très disparates apparaissent, les unes prolongeant les traditions indigènes, les autres fortement imprégnées d’influences étrusques, grecques ou romaines; plus tard, en Provence, dès le règne de Tibère, en Gaule proprement dite, à partir de Claude, la fusion entre ces divers éléments produit des sculptures d’un style complexe et composite, qui manifestent l’apparition d’une personnalité régionale.
En Provence :

4 tendances sont alors représentées:


Une synthèse se prépare dans les ateliers de Nîmes, d’Arles et d’Avignon, au début de l’ère chrétienne; elle aboutit au décor sculpté en bas-relief de l’arc d’Orange, qui date de 25 ap JC. L’originalité régionale de ces bas-reliefs ne peut être mise en doute, car ils paraissent bien se rattacher d’une part, à la tradition hellénistique et pergaménienne à l’origine de la sculpture historique romaine, et, d’autre part, à la tradition indigène gauloise, par l’individualité spécifique du style et de l’expression.
Dans le reste de la Gaule les œuvres d’art importantes et bien datées y apparaissent seulement sous le règne de Tibère.
Dans les vallées du Rhin et de la Moselle, art indigène et art romanisé voisinent encore, les œuvres les plus imprégnées d’influences romaines se trouvant groupées en Germanie inférieure (Bonn, Cologne).
Édifié et sculpté sous Tibère, vers ~17 , le pilier des Nautes de Paris associe, des éléments religieux et des caractères stylistiques disparates. Il semble que les bas-reliefs qui le décorent aient été élaborés par deux maîtres: l’un imprégné d’influences romaines et assez maladroit; l’autre plus libre et plus.

Développement du style provincial

C’est sous le règne de Claude (de 25 à 50 apr. J.-C.) que s’accomplit, en Gaule proprement dite, la synthèse de l’art provincial qui est dominé par un triple courant :

Un style baroque et fleuri sous Néron

En Narbonnaise se développe, au temps de Néron, sous l’influence hellénistique, un style baroque et fleuri, passablement chargé. Ce style, transplanté en Rhénanie, y prend un aspect spécifiquement régional. Élevée en 66 après J.-C. par les habitants des faubourgs de cette ville, la colonne de Mayence révèle l’assimilation par les sculpteurs gaulois de l’hellénisme néronien mais se distingue aussi par ses tendances réalistes et pittoresques. C’est à cette époque, en effet, que le sculpteur grec Zénodore élabora, une statue monumentale de Mercure, destinée au grand temple des Arvernes. Cette œuvre colossale, coulée en bronze, coûta quarante millions de sesterces.
Sous les Flaviens, le courant réaliste l’emporta en Narbonnaise, dans les monuments funéraires de Narbonne et de Nîmes.

Hellénisation du style provincial, influences orientales

À partir du début du IIe siècle, les influences de Rome et de l’Italie sur l’art provincial des Gaules vont cesser. Elles sont remplacées par les influences hellénistiques directes. Ces sculpteurs semblent avoir formé des élèves et leurs œuvres eurent une influence considérable pendant la période de Trajan, d’Antonin et d’Hadrien. Cette intense hellénisation de l’art gaulois se produit à la fois dans les villes importantes, comme Trèves et Sens, et dans des sanctuaires campagnards, comme ceux de Bourgogne et d’Alsace.
Pendant la seconde moitié du IIe siècle, de nouvelles influences, venues cette fois de Grèce et d’Orient par la voie du Danube, avec la vague qui apporta en Gaule les cultes à mystères de Cybèle et de Mithra, infléchirent la sculpture provinciale vers des tendances romantiques et pathétiques (bas-reliefs des sanctuaires de Mithra, de Strasbourg-Kœnigshoffen et de Mackwiller, pilier de Saint-Landry à Paris).

Les styles rustiques

Au début du IIIe siècle, sous les Sévères, la sculpture provinciale est partagée entre deux tendances:

C’est à cette époque que se multiplient les groupes de Jupiters cavaliers foulant aux pieds de leurs chevaux des géants bizarres et contournés, dont les jambes se terminent en queues de serpent. Apparaissent, dans les nécropoles pyrénéennes, des auges funéraires et des stèles barbares décorées de motifs géométriques et de portraits schématiques. L’art populaire du nord-est de la Gaule, et en particulier celui du Rhin supérieur et de la Moselle, multiplie les effigies de paysans et de paysannes en costume local.

Renaissance

Il y eut cependant, au IVe siècle, deux périodes de restauration et de renaissance artistique, séparées par une phase de troubles et d’invasions (de 352 à 355).

Décadence

Jusqu’en plein Moyen Âge, les résurgences des traditions gauloises en matière d’art et de religion ne sont pas rares. Certains grands ensembles romans, comme les chapiteaux de la cathédrale du Mans, ou les miniatures du manuscrit d’Herrade de Landsberg, portent la trace du schématisme décoratif des Celtes et évoquent certains dieux ou mythes religieux des Gaulois continentaux: Esus tenant le serpent à tête de bélier; déesse-mère; mythe des grues et du tricéphale.
Si la part des traditions et des légendes gauloises dans le folklore français est parfois difficile à démêler, la continuité du sens esthétique et de l’esprit décoratif propres à l’art gaulois est absolument certaine dans les arts roman et gothique.
 
Âges du fer  Période de transition et Mérovingiens