Islam

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Histoire des Saldjukides aux Mamluks

Les Saldjukides (ou Seldjoukides) sont issus de nomades turcs du nord de la Caspienne et de la mer d'Aral. Ils deviennent protecteurs du calife de Bagdad vers 1055. Il existe différentes branches mais deux principales :

Les grands Saldjuqides (1038-1194)

Ils règnent sur l'Iran et l'Irak et ont des administrateurs tel Nizam-el-Mulk qui crée la première madrasa (lieu d'enseignement des cadres administratifs et religieux).

Les Saldjuqides de Rum (1077-1307)

Après la victoire des turcs sur l'empereur byzantin romain Diogéne en 1071 ils se disputent la possession des principautés anatoliennes. Ils affronteront les byzantins, les fatimides et les croisés. Leur zone d'influence est l'anatolie (asie mineure)
 

Les Croisades (1095-1291)

Au total 8 croisades :
1098 les francs créent le comté d'Edesse, la principauté d'Antioche et le comté de Tripoli
1099 prise de Jérusalem et création du royaume de Jérusalem
1187 prise de Jérusalem par Saladin
1204 4° croisade. Prise et saccage de Constantinople. Elle n'arrive pas jusqu'à Jérusalem
1268 8° et dernière croisade
1291 la dernière possession franque, St Jean d'Âcre est prise par les Mamluks
 

Les Zangides (1127-1222)

Les émirats d'Alep et de Mossoul sont réunis. L'Egypte fatimide appelle à son aide les zangides qui en profitent pour évincer la dynastie fatimide. Saladin (Salah-al-Din) fonde alors une nouvelle dynastie les Ayyubides (Ayyub : père de Saladin)
 

Les Mamluks (1250-1517)

Ils succèdent par la force en Egypte et en Syrie à la dynastie ayyubide. A l'origine les mamluks servaient comme esclaves dans la garde du sultan ayyubide
1260 : les mamluks battent les mongols à Ayn Djalut en Galilée
1517 le sultan Selim 1° occupe les territoires mamluks après la mort du dernier sultan lors d'une bataille







 

 

 




L'art des Saldjuqides (1038-1307)

Depuis le VIIe siècle, dans tout le Proche-Orient, les artisans islamiques, malgré leur préférence pour la poterie siliceuse et la faïence, ont pratiqué parallèlement au décor peint et avec une grande maîtrise les divers procédés du décor incisé sur engobe, allant du simple trait gravé au découpage en champlevé, sous un enduit plombifère transparent qui peut être rehaussé de touches de couleurs

L'art saldjuqide provincial

Les céramiques sont des pâtes argileuses engobées à la glaçure transparente, souvent colorée; le décor est sous glaçure. Une seule cuisson de grand feu.

4 grandes zones représentent la synthèse des oeuvres magnifiques des potiers hors des villes :

L'art saldjuqide des villes

Dans les grandes villes les céramiques non glacées ont une pâte argileuse; leur décor est moulé et subit une seule cuisson à grand feu. Par ailleurs, réapparition des pâtes siliceuses généralement moulées car difficiles à tourner. Beaucoup de pièces sont réalisées en pâte tendre dont l'aspect se rapproche des porcelaines chinoises; la glaçure est opacifiée ou transparente et ne subit qu'une cuisson.
Apparaissent de nouveaux décors (glaçures colorées, souvent turquoise -  décor de silhouette traité en champlevé  ou sculpté et recouvert de glaçure colorée - repercé ou les trous sont comblés par la glaçure comme dans le "grain de riz" chinois) et de nouvelles techniques sur ces poteries (travail par dépression du doigt sur la pâte molle - rainures - albarello : céramique siliceuse au décor champlevé et gravé sur engobe et sous glaçure transparente et décorée)

Objets présentés

- Bouteille aux oiseaux adossés, non glacée
- Céramiques à pâte tendre, minces et presque blanches, à glaçure opacifiée. Les décors transparents rappelle le style "grain de riz" chinois
- Céramique à décor sculpté d'influence chinoise

Décors "haft-rang" nécessite plusieurs cuissons :

Présence fréquente de rehauts d'or posé avant l'une ou l'autre des cuissons ou à froid
Le décor lustré est fréquemment rehaussé de touches de couleurs

Objets présentés

- Plat au cavalier fauconnier : Riche palette de couleurs, décor lustré et élaboré. 3 cuissons
- Coupe à décor rayonnant épigraphiée sur sa lèvre
- Aiguière aux dragons (13° s) au lustrage métallique. Décor de dragons bénéfiques entrelacés avec épigraphie
- Céramique siliceuse à décor ajouré
- Récipient à anses de félins affrontés (12° s)
- Aiguière à tête de coq à 2 panses superposées l'une dans l'autre, celle de l'extérieure étant ajourée d'arbres, rinceaux et animaux rappelant le thème fréquemment utilisé de la légende du Waq-Waq

Région du Khurasan

Dans cette région de l'Iran oriental et de l'Afghanistan nombreuses pièces en métal; généralement du bronze coulé à décors gravés ou moulé. Le métal est martelé ou tourné.

- lampe en bronze coulé aux conducteurs de chevaux (rappel du maître des animaux)
- aigle tenant un personnage entre ses serres sur une lampe à 3 becs
- Aiguière en bronze coulé et incrusté d'argent ou de cuivre (12° s)
- chandelier aux canards (fin 12° s) en alliage de cuivre martelé et décor au repoussé après chauffage; gravé et incrusté d'argent et de cuivre
- Aiguière du 12° s en cuivre martelé, décor au repoussé, gravé et incrusté. Sur la panse cannelée sont figurés les 12 signes du zodiaque dans des médaillons polylobés, entre 2 frises d'écriture
 

 

 

 

Dans la Djézireh et le monde syro-égyptien

La Djézireh est un plateau à cheval sur la Syrie et l'Irak, entre le Tigre et l'Euphrate moyen.

Pas de nouveautés dans les céramiques toutes siliceuses. Décors lustrés  (couleur chocolat) à rehauts bleu, peint sous glaçure épaisse, ou à glaçures épaisses et colorées de  teintes vert ou bleu ou aubergine

- Aiguière Ibn-Mawaliya (déb 13° s) en cuivre martelé et incrustations gravées ou en plaques métalliques
- Bassin au nom du sultan Al-Dhaki en argent martelé : 2 registres superposés avec à l'intérieur des médaillons polylobés. Scènes de chasse
- Chandelier portant la nisba (dernière partie du nom d'une personne correspondant souvent à sa ville d'origine) aux sujets chrétiens et musulmans en alliage de cuivre martelé et repoussé
- Ecritoire aux planètes : les motifs astrologiques étaient fréquemment employés à partir du 13° siècle. L'écritoire st un alliage cuivre, zinc, plomb et étain. Décor gravé incrusté d'argent lui-même gravé. Au revers du couvercle des inscriptions

Les céramiques siliceuses de l'époque sont peu réussies : mauvaise stabilisation des couleurs, glaçures épaisses ...

- Bassin en cuivre martelé (13° s) au décor gravé incrusté de cuivre rouge, d'argent et laiton
- Vase Barberini (famille florentine dont un des membres devint pape sous le nom d'Urbain 8) : Médaillons polylobés saturés de rinceaux. Scènes de chasse séparée par des lignes d'écriture sur fond d'arabesque.
 

L'art des Mamluks (1250-1517)

Dans la verrerie des décors émaillés et dorés sur des verres soufflés , comportant souvent le blason d'un noble mamluk héritage de l'influence des croisés.

Les pâtes des céramiques sont soit argileuse, soit siliceuse soit silico-argileuse. Les pièces, sauf les lustres, nécessitent une seule cuisson. Les pièces sont engobées avec décor d'engobe et peint sous la glaçure transparente. Parfois rehauts de glaçure colorée en bleu

- 2 bassins en cuivre signés de Ibn-ayn d'origine syro-égyptenne en alliage ternaire, regravé et incrusté d'or et d'argent :

Dans les régions du Yémen et syro-égyptienne à l'époque Mamluk

Fabrication de céramiques siliceuses à décor d'engobe, sans glaçure transparente. Influence extréme-orientale.

- Aiguière aux canards en métal à grande épigraphie  à jambage. Thème récurrent du zodiaque

Les éléments d'incrustation changent de forme :

- 4 éléments d'assemblage d'un minbar (chaire à prêcher)

Apparaissent de grands objets en verre (14° s) soufflé au décor émaillé et doré tels ces lampes de mosquée offertes par les sultans (waqf = donation pieuse) aux mosquées. Sur le corps y figure un verset du Coran avec au-dessus une formule de bénédiction et parfois un blason mamluk.
 
 

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