Islam

Sommaire cours

Synthése historique des origines aux Fatimides


La Mecque et Médine existaient bien avant l'Islam car elles se trouvaient sur le chemin des caravaniers qui sillonnaient la péninsule arabique et le yémen et La Mecque était le lieu de pèlerinage ou l'on venait priait la déesse Alat. Muhammad (Mahomet) est  né à La Mecque probablement en 571. Orphelin  il fut élevé par un oncle et se maria très jeune à une riche et puissante veuve. En 610  l'archange Gabriel lui apparut et lui déclara être l'envoyé d'un Dieu unique. Lors des apparitions suivantes  l'archange énonça à Muhammad les paroles que celui-ci propagera ensuite autour de lui, et qu'il dictera plus tard à ses fidéles. Cette notation écrite est la base du Coran.

Vers 619 lassé des exécutions et des persécutions sur lui-même et ses disciples, Muhammad cherche refuge auprès des habitants d'une ville à 350 kms de La Mecque que l'on nomme aujourd'hui Médine. Son arrivée en 622 dans cette ville est appelée l' Hégire (immigration).

A Médine Muhammad se distingae comme un excellent dirigeant politique et chef militaire. Sa doctrine se renforca et son influence grandissante l'incita à s'éloigner des juifs avec lesquels il entretenait de bonnes relations au titre des aspects religieux communs; pour prétendre que les arabes descendaient directement d'Abraham par son fils Ismael que ce dernier avait eu tardivement d'une esclave à son service. Muhammad mourut à Médine en 632

Les 4 premiers califes qui lui succèdent mettront en forme les textes pour en faire le Coran
 

Premières invasions

Les premières invasions arabes ont lieu dés la fin du 7° siècle vers l'empire byzantin, mais les bédouins qui s'enrôlent sous la bannière de l'Islam le font autant par espoir d'un riche butin que par conviction religieuse. Cependant leurs victoires successives les affirment dans la conviction de leur foi. Par ailleurs, ni les byzantins ni les sassanides qui sortaient les uns et les autres de luttes qui les avaient affaiblis, n'ont cru, tout d'abord, au danger arabe.
Entre 633 et 645 la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine et l'Egypte passent sous le contrôle arabe. En 642 l'empire sassanide a cessé d'exister et l'empire byzantin a perdu la Syrie et l'Egypte. Le territoire musulman fut alors divisé en province sous le contrôle d'un wali (gouverneur)

Après cette première période d'expansion suit une période assez troublée de luttes internes pour le pouvoir, entre autres entre Ali, gendre de Muhammad et Muawiya qui se termine par la victoire de ce dernier et la "disparition" d'Ali qui marque le chiisme (ou scission )de l'Islam en  2 courants majeurs :

Le chisme : De quoi s'agit-il, son histoire

Deuxième vague d'invasions

Les califes omeyyades, avec en tout premier lieu Muawiya, lancent une deuxième vague d'expansion selon 3 directions : Asie mineure, Afrique du nord et Espagne, Asie centrale et Inde. L'espagne sera totalement conquise en 716.
Oppositions religieuses  et haines familiales entraînent le renversement des Omeyyades :  Abbas membre de la famille du prophète est au centre d'une sédition, et il est élu calife  en 749 par ses partisans. Sous prétexte de réconciliation les Omeyyades vaincus sont conviés à un banquet de réconciliation pendant lequel ils sont massacrés. Seul survivant Abd el Raman s'enfuira jusqu'à Cordoue dont il sera le premier calife. Ainsi à cette époque existent 3 califats :

Suivra alors un âge d'or qui se caractérisera par un très fort développement intellectuel, artistique et scientifique entre les 8° et 10° siècles. Cependant, très tôt des territoires font sécession de l'empire abasside.  :

Les débuts de l'art islamique

Etant donné que l'art islamique est fortement représenté par des céramiques, quelques précisions s'imposent avant de poursuivre , sur la composition de celles-ci. 

Epoque des Omeyyades de Syrie (ou Umayyade) de 661 à 750

C'est l'époque des céramiques argileuses et de pièces sans glaçure ou glacées, ces dernières ne subissant qu'une cuisson. Les décors sont semblables à ceux de l'antiquité : gravé, peigné, champlevé, rapporté, moulé ou "à la roulette"

A l'ouest de l'Euphrate

Pendant 2 siècles subsiste encore une "confusion" entre cet art naissant et l'art antique avec l'utilisation des mêmes techniques du bronze, des formes rappelant l'art romain, grec ou byzantin

Objets présentés:

- Lampe à huile, à 2 becs accotés, en céramique argileuse du 4° s  (Syrie).
- Flacon en forme d'oiseau en verre soufflé du 7° s
- Vase à anses multiples rapportées, en verre soufflé du 7° s
- Brûle parfums tripode en bronze coulé du 8° s, au décor ajouré et gravé (Egypte)
- Sculpture sur bois d'animaux sous des arcades, entourés de pampres de vigne (Egypte).
- Bol et support en céramique argileuse à décor végétal du 8° s. La partie supérieure comporte une inscription en caractères arabes non déchiffrés (Iran)
 

 

A l' est de l'Euphrate

La continuité des traditions est encore plus marquée qu'à l'ouest.. On remarquera un souci de la symétrie dans la décoration, la reprise du thème du maître des animaux
L'architecture est différente de l'ouest plutôt à base de pierres; ici massivement on emploie la terre battue et le stuc

Objets présentés :

- Plaque de stuc appelée "Panneau aux feuilles et aux canards" composée de petits carrés décorés  soit d'animaux (canard) soit de motifs végétaux (palmette). Iran 8° s.
- Plateau métallique avec un perdreau central de profil, en demi relief (Iran 7°  au 9° siècle)
- Verres soufflées dans un moule puis travaillées à la meule , au relief brutal; dont un verre bicolore (par des oxydes métalliques) en juxtaposition des couleurs (et non pas en superposition comme le verre camé c'est à dire gravé en relief). Essentiellement oeuvres iraniennes des 7° et 8° siècles.
- Céramiques argileuses, à glaçures ou non, telles que des amphores, bouteilles, jarres ... à décors peints, gravés ou rapportés (Suse).
 

Epoque des Omeyyades d'Espagne et le califat de Cordoue (756-1031)

Abd-el-Rahman 1° membre survivant de la famille omeyyade crée un émirat dont les 2 villes principales sont Séville et Cordoue. Cela donne naissance au califat de Cordoue

Oeuvres présentées

- Statuette de paon "aquamanile" (976) : alliage cuivreux coulé, à décor gravé. Sur le poitrail inscription arabe, et en-dessous inscription latine faisant référence de façon ambiguë aux richesses du roi Salomon.
- Statuette de lion, à queue articulée (fin 12° s): Peut-être une embouchure de fontaine à l'origine. En bronze coulé, assez stylisées, les parties du corps donnent une impression de dissociation. L'animal est couvert de gravures géométriques
- Pyxide en ivoire à couvercle du 10° siècle (Ces objets étaient souvent offerts au calife et à sa famille par ses sujets) : Relief fort, décor très couvrant, motifs variés dans des médaillons polylobés représentant des scénettes de personnages (chasse, banquet, scènes champêtres ...)

Epoque abasside (749-1258)

Avec les abassides le centre du pouvoir est en Irak, à Bagdad; pendant une cinquantaine d'années au 9° siècle la capitale est Samarra. La vie intellectuelle est très riche (Ex: Maison de la sagesse à Bagdad = Dar-al-Hadith, ou l'on copie, traduit mais aussi complète ou rectifie les écrits scientifiques de l'antiquité comme ceux de Ptolémee, Dioscoride, Gallien ...). C'est une période de créativité prodigieuse dans le domaine de la céramique.

Ces céramiques sont à pâte argileuse.

Les décors sont  à forme dite "monumentale" (c'est à dire qui se suffit à elle-même, sans nécessité de décoration annexe) ou à formes plus petites, dans lesquels l'épigraphie, tient un  grand rôle décoratif .

Observer les cernes qui accentuent les profils et les silhouettes.
 

L'art de Samarra

Samarra est la capitale de l'empire abasside au 9° siècle. Elle s'étendait sur prés de 90 kms. On y ressent l'influence turque caractérisée par le traitement des appareillages en bois, une taille en biseau des panneaux qui s'encastrent dans leurs montants (permet le jeu), un profond défoncement de la matière et une interpénétration des plans.
 

En Egypte

Sous la dynastie Tulunide (878-905), l'art égyptien est fortement influencé par l'art de Samarra (voir les panneaux de bois). Réminiscence de l'art égyptien dans les frises d'animaux. On observe dans la décoration pour laquelle on utilise beaucoup de bois, une horreur manifeste du vide

- Fragment de cénotaphe : marqueterie en bois et ivoire du 10° siècle
 

En Syrie

- Pyxide en ivoire peint et doré, non sculpté (12° siècle). Scènes de chasse
- Plaquettes d'ivoire et bois à très fort relief, parfois ajourées, provenant de meubles (12° siècle)
- Plats, bols en céramiques siliceuses (12° siècle)
- Cristaux de roche, de petites tailles, venant de Palmyre ... et de l'étranger (preuve de voies commerciales et/ou diplomatiques) sculptés, puis travaillés à  la meule.. On notera la parenté avec l'art de Samarra par les coupes en biseau et le fort défoncement
- Verres à pâte bicolore formant des festons
 

Epoque des Samanides en Iran oriental

Les Samanides ont fait sécession de l'empire abasside au 9° siècle . Nombreuses céramiques argileuses engobées à glaçure transparente à cuisson unique à haute température

-"Plat à la science" au décor caractéristique à bord très large. L'épigraphie se caractérise par une écriture coufique très géométrisée à grandes hampes. Au centre, curieusement, le signe chinois du Ying et du yang
- Plat à oiseaux affrontés à épigraphie intérieure
 

Les Fatimides (909-1171)

Cette dynastie fondée par le calife de Kairouan prétend descendre de Fatima, la fille de Muhammad et la femme d'Ali. Cette dynastie chiite qui étendra son autorité sur tout le Magrheb et en Sicile, s'implantera en Egypte ou ils fondent Le Caire en 969, et en Syrie.

Les céramiques sont gravées sous glaçure. Réapparition progressive à la fin de cette période de la pâte siliceuse qui cohabite avec la pâte argileuse. Les objets à décor lustré ont des pâtes siliceuses.
 

Des Saldjuqides (1038) aux Mamluks