Archéologie Égyptienne : Travaux Dirigés

Sommaire  Chronologie pharaonique    Cours

Période Amarnienne (~1353 à ~1337)

Le pharaon Amenophis 4-Akhenaton

Lorsque le fils aîné d’Aménophis III monta sur le trône d’Égypte en ~1353, il portait encore son nom de naissance, Aménophis,  quatrième de la 18e dynastie. Le jour de son sacre, il reçut son prénom de couronnement, Néferkhéperourê, qu’il aurait dû porter désormais.
Entre 4 et 6 ans aprés le début de son règne le jeune roi choisit de faire figurer dans son protocole le vocable d’Akhenaton sous lequel on le désignera jusqu'à sa mort.

La durée du règne du roi ne semble pas avoir dépassé 18 ans.
Un autre problème se présente à propos d’Aménophis IV-Akhenaton : a-t-il été, comme certains monuments permettraient de le déceler, corégent avec son père pendant plusieurs années, ou seulement 2 ou 3 ans ?
Beaucoup d’éléments incitent à penser que les premières années du règne du fils ont été contemporaines des dernières années d’Aménophis 3.
Si, pour une période, 2 souverains règnent conjointement, leurs successeurs immédiats occupent, dans l’histoire, une place plus haute que celle où l’on devra les faire figurer si les règnes précédents sont mis bout à bout au lieu de se chevaucher. Ceux qui refusent actuellement de considérer une corégence Aménophis III-Akhenaton, qui aurait duré plus de 3 ans, sont donc obligés d’abaisser le début de la 19e dynastie d’une douzaine d’années.

Les débuts du règne

Quoi qu’il en soit, les premières années d’Aménophis IV-Akhenaton, corégent, se déroulent à Thèbes. Au palais de Malgatta, son père, Aménophis 3 (Amenhotep en égyptien) ,vit avec la reine Tiyi, sa mère. Le jeune souverain est marié avec une princesse trés belle, Nofretiti (ou Nefertiti), dont certains historiens ont voulu faire, sans raison valable, une princesse mitanienne.

On constate, peu de temps après le couronnement du fils d’Aménophis III, qu'il se fait le héros d’une réforme religieuse, qu’il faut bien appeler hérésie.
En effet le roi n’a pas rompu avec les traditions, mais simplement choisi de mettre en relief un aspect plus tangible du dieu, qu’il veut rendre accessible à tous, universel, en cette période où l’Égypte a pris de profonds contacts avec ses voisins, et doit tenir compte de l’évolution interne du pays.

À l’est de Karnak, le jeune roi veut marquer le programme de sa réforme en faisant ériger un temple au Soleil levant; peut-être cherche t'il également à amoindrir la puissance des prétres d' Amon. Ses intentions sont nettes. Il les exprime dans des écrits, qui sont de véritables hymnes poétiques au globe solaire Aton, sans qui rien ne peut vivre : à son apparition, il donne la force aux êtres et les anime, pour que la vie se continue. À son coucher, toute forme s’engourdit : privé du souffle, le monde tombe dans une torpeur, pendant que, de l’autre côté de l’endroit où le Soleil a disparu, l’astre se recharge.
Ainsi donc, la force initiale, Amon, ne représente plus pour le roi hérétique autre chose que le grand mystère. Pour tous ses sujets le roi, qui s’appelle maintenant Akhenaton, «le serviteur du globe Aton», a choisi le vieux nom solaire : Aton,le globe de l’œil solaire, source de toutes choses. Aton représente le soleil dans sa totalité alors que Ré, Amon, Osiris ou Seth en sont des approches diverses ou des étapes (lever, zénith, coucher) tout en étant représentatifs d'autres symboles.

Son temple, à l’est de Karnak, reçoit son image royale, traitée avec un réalisme surprenant, des déformations voulues du corps, et sur le visage les marques de cette introspection, qui s’efforce d’exprimer bien plus les sentiments intérieurs d’un être que son exact portrait charnel. Le roi prêche que tout doit être sacrifié à la vérité, source de l’équilibre, de la justice, de la vie, reflet du divin. Ce temple fut détruit par les successeurs d'Akhénaton et réutilisé par Horemheb (1330-1300) pour le remplissage du 9° pylone de Karnak.
 

La fondation d’une nouvelle cité

Il abandonne Thèbes et, avec l’assentiment du roi son père, fonde à 375 km au nord du domaine d’Amon, Memphis, une cité nouvelle, qui se développe rapidement : Tell el-Amarna. Il y vit désormais en compagnie de son épouse, de ses courtisans, et hauts fonctionnaires et des 6 filles que Nofretiti a mises au monde :  Méritaton, Maketaton, Ankhsenpaaton (future épouse du prince Toutankhaton – plus tard Toutankhamon).
Peu après la naissance de cette princesse, en l’an 6 du règne, Aménophis IV devient Akhenaton. Ensuite naît Nofrenoferouaton-tachéry, puis Nofrenoferourê et Setepenrê.

Le roi continue a faire ériger des fondations pieuses au globe Aton dans le temple de Karnak, jusque vers l’an 12 de son règne.
Après cette date, de grands bouleversements semblent avoir secoué le palais. On constate en Amarna que le couple royal ne réside plus dans les palais du centre de la ville. En revanche, Nofretiti, accompagnée de Ti et du divin père Ay, de ses 4 dernières filles et d’un petit prince, Toutankhaton (Toutankhamon), habite au nord de la cité hérétique. Il semblerait que, dès cette époque, une sorte de folie destructrice habite l’hérétique: partout il a fait briser les images d’Amon.

L’expansion de l’hérésie

La vie d’Akhenaton dans un palais appelé Marouaton, semble s’achever dans un délire tragique. À son trépas, son corégent, qui lui succède, paraît s’être efforcé de renouer avec la capitale puissante, et peut-être avec Memphis, qui reste la ville du sacre par excellence.

L’hérésie, strictement appliquée en Akhetaton (nom antique de Tell el-Amarna), semblait avoir, pendant toute la durée du règne, gagné progressivement et superficiellement tout le pays.
Akhenaton fut certainement enterré dans sa capitale. Sa tombe décorée n’a livré que des débris de la cuve royale. Quant à sa momie, nul ne sait le sort qu’elle connut, si même elle fut épargnée par l’action impitoyable d’Horemheb, qui s’attacha à faire disparaître tous les vestiges de l’hérésie amarnienne.

Le retour à Thébes se fit sous le régne de Toutankhamon vers 1350

Art Amarnien

Akhenaton et Nefertiti  Mystique de la vérité, Akhénaton s’adonna avec passion à Maât, la fille de Rê, conçue comme la sincérité.
En fonction de cette exigence première, le roi se fit représenter tel qu’il était : un adénoïdien au crâne démesurément allongé, prognathe, au ventre lourd et aux jambes grêles; il ne craint pas de se dénuder et de se montrer dans une androgynie curieuse.

Tous les membres de sa famille sont figurés à sa ressemblance. La famille royale apparaît dévoilée, même pour les cérémonies officielles. Ce réalisme dépasse, en fait, la limite du vrai et même du vraisemblable, pour atteindre le surréalisme; dans sa phase la plus aiguë, l’art d’Amarna est un «académisme de cauchemar», comme l’a défini E. Drioton. Dans cet art tourmenté, les élans de spiritualité sont manifestes; aussi est-il profondément émouvant, en dépit de ses outrances et de ses lourdeurs.

Les poncifs traditionnels sont dépassés, au besoin pour être remplacés par de nouveaux; là réside la limite d’un souci réel de liberté. Un naturalisme naïf et touchant anime les scènes. Tandis que le roi chante lui-même ses hymnes à la création, toutes les créatures s’animent: troupeaux, bêtes sauvages; une frénésie de bonheur se déchaîne souvent.
 

Architecture :

A partir de la période amarnienne les batisseurs établissent des standards, entres autres pour les blocs de grès ou de calcaire qui sont découpés de taille identique (~50 x 25 x 25) ainsi facilement transportables (temple d' Akhenaton à l'est de Memphis) et que l'on appelle des talatates.
 

Les oeuvres présentées :

- Statuette en stéatite glacurée de la reine Tiyi, mère d'Akhénaton et grande épouse d'Amenophis 3. Elle est représentée en déesse Mout avec sur la tête 2 aurei séparés par une tête de vautour, et une couronne divine surmontée de plumes d'autruche.
- Statue osiriaque de la tête d' Akhénaton : Observer ci-dessus les cartouches portés autour du cou, du poignet et probablement de la ceinture.
- Statue plus petite de la tête d' Akhénaton, long cou avec des plis, menton en avant..
- Stèle frontière, symétrique, de Tell el Amarn représentant le roi, Nefertiti et leur fille  aîné Meritaton adorant le disque solaire Aton qui les "baigne" de ses rayons se terminant chacun par une main stylisée
- Fragment d'un groupe royal amarnien (jaspe ?)
- Stèle d'intimité représentant l'intimité du roi et de la reine sur ses genoux et leurs enfants  contre eux , en calcaire peint. C'étaient des objets de culte
- Akhénaton et Néfertiti en calcaire peint (ci-dessus)  semblable dans la représentation excessivement réaliste. Noter entre autres le pagne qui glisse sous le ventre et qui remonte très haut dans le dos en nombreux plis
- Statue du dieu Amon protégeant Toutankhamon (diorite de 1336)
 

19° dynastie (1295 à 1186)

Quelques oeuvres présentées :

- Déesse Hathor accueillant Seti 1°, grandeur nature de 1290. Oeuvre magnifique en bas relief venant de la tombe du roi, qui a conservé sa polychromie. Observer les longs mains étirées et recourbées de la déesse ainsi que ses pieds très allongés. Les plis du cou, le ventre bombé, les habits du roi sont caractéristiques de l'époque amarnienne qui se propagera jusque vers 1250 (Ramsés 2).... bien que Akhénaton soit mort depuis plus de 40 ans et que les traces de son culte ait été effacé par ses successeurs
- Petite stèle de Ramsés 2 enfant en calcaire, de style amarnien, amulettes en forme d'enfant accroupi, bague aux noms de Ramsés 2 et Nefertari en cornaline et or.

Moyen Empire (Plan d'un temple, notion de Maat, chronologie)  Les sarcophages et la momification