Histoire de l'art de Rome

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La civilisation Étrusque (~9° au ~1° siècle)

La civilisation étrusque, la plus brillante de toutes les civilisations indigènes de l’Italie antique, s'étendait entre la mer Tyrrhénienne, le Tibre et l’Arno. Mais des rameaux très importants de cette civilisation ont fleuri au nord des Apennins, dans le bassin du Pô et en Romagne, ainsi qu’au sud du Latium, en Campanie et jusqu’aux vallées du Sele et du Tanagro.
Les caractères originaux de la civilisation étrusque se développent du ~9e au ~1° siècle. Durant cette période, et jusqu’à leur absorption dans l’État romain, les Étrusques ont noué les rapports les plus variés et les plus intenses avec les Grecs, les Latins, et les Celtes.

À ce jour, la langue étrusque est toujours peu compréhensible.
 

Origine des Étrusques et début de leur histoire (vers ~13° à ~8° siécle)

Vase etrusque  Pour Hérodote, les Étrusques sont des Lydiens qui ont émigré en Italie sous la conduite de Tyrrhénos, peu avant la guerre de Troie. Hellanicos identifie les Étrusques aux Pélasges qui, après une période d’errances dans la mer Égée orientale, se seraient fixés en Italie. Débattue par les historiens actuels, la question des origines recueille généralement le consensus sur les points suivants:

1. Entre les 13e et 11e  siécles : mouvements de peuples, navigations, expéditions, fournissent le contexte où replacer une éventuelle migration de Tyrrhéniens.
2. Les documents du règne de Ramsès III (1197-1155) citent Tyrséniens-Tyrrhéniens  parmi les peuples de la mer qui attaquèrent le pharaon, mais restent controversés en raison de la possibilité d’homonymies ethniques.
2. On a découvert dans l'ile de Lemnos une stèle figurée dont l’inscription est rédigée dans la seule langue connue qui présente une parenté avec l’étrusque.

Entre la fin de l’Âge du bronze et le 8e siècle, la formation de cette civilisation Villanovienne, qui a précédé les Etrusques et dont les membres pratiquaient la crémation des morts, se manifeste comme un processus continu. L’exploration archéologique a permis d’individualiser des phases dites protovillanoviennes et villanoviennes dans les nécropoles et les sites habités.

L’art villanovien, illustré initialement par un petit nombre de produits de l’artisanat, tels les ossuaires biconiques, se diversifie et se transforme dans ses manifestations à mesure que s’intensifie le mouvement de différenciation sociale en cours. Notamment, le statut particulier de l’artisan-bronzier et la perfection technique de ses produits. Rapidement, les systèmes géométriques villanoviens sont abandonnés pour les canons du géométrique grec. Ce changement est déterminé par l’installation en Étrurie d’artisans eubéens, originaires de Cumes, qui implantent des ateliers sur les territoires de Véies, Tarquinia et Vulci, introduisant la technologie de la céramique tournée à pâte claire.

Objets présentés :

- Casque villanovien du 7° s
- Urne villanovienne couverte d'un casque en métal

Les « lucumones »: fondation et organisation des cités (750 env.-600 env)

La colonisation villanovienne des territoires les plus fertiles et riches en métaux n’advint pas de façon pacifique. L’affirmation politique d’un nombre restreint d’individus fit progressivement éclater des structures initialement égalitaires et provoqua l’assujettissement de certaines communautés. L’étude du mobilier funéraire, notamment à Tarquinia et à Véies, permet de retracer les étapes de la naissance d’une société caractérisée par une pluralité de principes , de reguli , appelés aussi selon les sources latines lucumones  (= rois). L’autorité de ces lucumones  s’exerce au moyen des liens gentilices de la fides (la parole donnée) .

La constitution de fortes aristocraties explique que les échanges, notamment avec les Grecs, se soient toujours accomplis sur un plan de parité politique, quelle que soit la supériorité technologique et culturelle de l’interlocuteur, et que l’Étrurie ne soit jamais devenue terre de colonisation étrangère.
L’aristocratie, en possession des précieux métaux des collines métallifères et de l’île d’Elbe, est le protagoniste des échanges et contrôle les passages terrestres et maritimes. La thalassocratie et la piraterie étrusques, citées par les historiens grecs, existent dès l’origine.
 Le 7e siècle, qui se caractérise par l’introduction de l’écriture, de la culture de la vigne et de l’olivier, est marqué par un flux croissant d’échanges, principalement avec l’Orient. Pour cette raison, on a donné le nom d’orientalisant à l’art de cette période.

La tombe, reflet de la maison et expression du luxe ostentatoire, se remplit d’objets précieux importés d'Orient. Les principes contrôlent la « voie de l’ivoire » et en redistribuent les produits jusque dans la vallée de l’Arno,. et contrôlent aussi la « voie de l’ambre » en provenance de la Baltique,
Tombes célèbres de cette période :    « de Bocchoris » à Tarquinia, la Regolini-Galassi à Cerveteri, celle de Monte Michele à Véies, celle du Licteur à Vetulonia, les sépulcres Aureli de Bologne, les tombes de Verucchio, ...... D’autres usages sont empruntés au monde des palais orientaux; en témoignent les trônes taillés dans la pierre, préparés pour recevoir les images des ancêtres  dans la tombe des « cinq sièges » de Cerveteri.
Diffusion en Étrurie des poèmes épiques grecs.
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Dans une période riche en nouveautés, le fait qui revêt la plus haute signification pour l’histoire de l’art est l’arrivée en Étrurie d’équipes grecques de charpentiers et de coroplathes (artisans travaillant l’argile) qui, vers le milieu du 7e siècle, introduisent l’usage des toits charpentés, recouverts et décorés de tuiles et transmettent leur savoir aux artisans locaux. Les toits des maisons et des palais d’Acquarossa (630-620), ceux du premier palais de Murlo (antérieur à 600) témoignent de cette technique, destinée à connaître un magnifique développement.

La période orientalisante se caractérise par la naissance d’une culture figurative locale qui devient, à partir du dernier tiers du 7e siècle, presque uniquement tributaire de modèles grecs. Cette tendance décisive se manifeste en même temps que le développement du commerce corinthien en Occident. Aussi les premiers ateliers de céramique de bucchero (dont la couleur noire est obtenue en atmosphère réductrice) inventent-ils des formes et des décors finement incisés, d’abord inspirés des formes et décors orientaux (chasses, théories animales, etc.).
La petite plastique mise en œuvre pour ces vases rappelle la tradition villanovienne, mais s’inspire bientôt de motifs plus neufs: divinités féminines de type oriental, …. Ces motifs sont exécutés avec habileté sur les objets de luxe (orfèvreries à filigrane, ivoires, etc.) et se substituent au décor géométrique. Celui-ci connaît son expression la plus achevée avec les fresques de la tombe « des Canards » à Véies (vers 650). Les commerces corinthiens et gréco-orientaux entraînent, à partir de 630 environ, l’installation de nouveaux artisans grecs qui fondent des ateliers, notamment à Vulci.

Le dernier tiers du 7e siècle voit enfin la naissance de la sculpture en pierre locale qui assimile plusieurs courants de l’art grec (courants argien, péloponnésien, etc.) sans abandonner d’ultimes réminiscences syriennes ou phéniciennes
 
Oeuvres présentées venant des tombes :

 - Fibule  7 siecle Agrafe en or avec texte etrusque sur le plat de l'aiguille
-Cratere avec couvercle  ~725 Coupe au col évasé en poterie fine. C'est un bucchero (donc lustrée avant cuisson et noir métallique après cuisson) à panse carénée
Support(homos) et chaudron (lebes) du ~7 siecle  Chaudron aux griffons. Support (holmos) et chaudron (lbes) du 7° s
- Chaudron en métal (tombe Bernardini) : Chevaux, fantassins, palmiers, oies. De la période orientalisante
- Fibule à disque en or de forme villanovienne mais au décor original : fauves en ronde bosse caractéristique de la période orientalisante
- Bol en or (patère) à décor de rosaces et frises en superposition de chevaux et d'oiseaux
- Agrafe en forme de peigne (tombe Barberini, vers 670) : oiseaux aux ailes déployées
 






La période archaïque (600 env.-480 env.)

À partir de la fin 7e siècle, l’histoire des cités connaît de nouveaux développements. Le dynamisme social engendré par les échanges avec le monde grec provoque la création de plusieurs niveaux de richesses. Et la formation de corps politiques plus articulés. Les cités accueillent un certain nombre d’étrangers – Grecs, Latins et Italiques, Celtes et leur permettent de devenir citoyens de plein droit et non métèques.
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L’étude de la forme et de la disposition des tombes dans les nécropoles de Tarquinia, Cerveteri, Volsinii démontre que la société, vers le milieu du 6e siècle, s’inspire des modèles isonomiques (fondés sur l’égalité devant la loi) des cités grecques.

La période entre 600 et 470 environ représente une sorte de siècle d’or des importations de vases grecs en Étrurie.
Le commerce devient du ressort de la cité par le système de l’ emporium , connu en Étrurie à partir des années 560-550 qui  est une concession de la cité aux étrangers qui obtiennent droit de commerce contre le dépôt de dîmes dans les sanctuaires dépendant de cette institution. Les emporia  permirent à l’Étrurie de s’insérer plus étroitement et plus efficacement au centre des réseaux commerciaux grecs.

Le cadre complexe des échanges et les tendances nouvelles de la société éclairent l’histoire de l’art et de l’artisanat de la période archaïque. La création d’un domaine public, bien caractérisé par les temples et les édifices d’utilité commune, donne une impulsion prodigieuse à l’architecture et à la coroplathie. Les formes du temple « toscan » sont inventées dans le premier quart du 6e siècle, comme l’enseigne la fondation du temple capitolin par Tarquin l’Ancien. Ces formes coexistent avec des versions imitées « périptères », de temples grecs, surtout employées dans la seconde moitié du 6e siècle. En même temps, des équipes de coroplathes créent des ateliers dans chaque cité.

Par leurs thèmes, les prodigieuses terres cuites du palais de Murlo appartiennent à l’époque révolue des « petits rois ». Elles exaltent les ancêtres divinisés (les fameux acrotères à large « chapeau ») et le monde religieux. Le développement de la coroplathie atteint son apogée entre la fin du VIe siècle et le premier quart du Ve siècle : décors du temple de Portonaccio à Véies, et ceux des deux temples de Pyrgi.

La maîtrise dans l’art de la coroplathie est liée à de nouvelles conquêtes dans la technique du bronze. La fusion à cire perdue est employée régulièrement pour les statuettes votives et pour tous les produits en bronze qui feront la renommée de l’Étrurie, particulièrement auprès des Grecs : trépieds, vases de luxe qui contribuent à la fortune des ateliers de Vulci, Arezzo ou Cerveteri dont la production importante n'est pas parvenu jusqu'à nous; ces objets ayant été refondues par la suite pour d'autres usages.
Amphore a la danseuse ~470  La terre cuite et le bronze deviennent les deux matières essentielles des sculpteurs. La sculpture funéraire en pierre, connaît une postérité, quoique dans des limites relativement étroites, à Vulci. En Étrurie septentrionale, elle fleurit sous forme de stèles qui suivent, à partir de 560-550, des schémas ioniens. La véritable nouveauté dans ce domaine est constituée, entre 520 et 480, par les cippes et urnes en « pierre fétide » de Chiusi
Hydrie aux figures noires - Etrusque ~530  Le développement le plus extraordinaire est celui de la peinture. La genèse de cet art relève d’abord de la coroplathie. En effet, la peinture est souvent appliquée sur des tuiles ou sur des panneaux revêtus d’enduits destinés à orner des temples et des demeures privées. L’installation en Étrurie de nouveaux peintres de vases, d’origine grecque, fut le prélude favorable à l’application monumentale de certains motifs et au développement de la peinture à fresque. L’artiste de la tombe des Taureaux (540) a des points communs avec le peintre des amphores pontiques; celui de la tombe des Augures nous reporte à l’Asie Mineure (Gordion, la Phrygie, Milet); celui de la tombe de la Chasse et la Pêche reflète également le milieu de l’emporium; celui de la tombe du Baron paraît lié à Clazomènes. Toutes ces fresques sont le produit d’ateliers où travaillent les artisans grecs qui, à leur tour, forment des artistes locaux.
Tous ces artistes (locaux ou grecs implantés) traitent cependant des thèmes originaux (danses, jeux, banquets funéraires) dont l’étude minutieuse est importante pour fixer l’évolution des mentalités. Les fresques de Tarquinia constituent l’une des meilleures expressions de la société à la fois aristocratique et ouverte, qui caractérise la cité

Rome est étrusque jusqu'en 509 date de fondation de la république et de l'expulsion du dernier des Tarquins (Tarquin le superbe)
 
Oeuvres présentées :

 - Vase Etrusque vers ~6 siecleTemple de Portonaccio à Véies Vei (53 x 62) : 3 rangées de colonnes en façade et cella tri partite.  Alors que les grecs construisent en pierre ce temple était en matériaux périssables. Comme les temples grecs il a un soubassement mais les marches se limitent en façade à permettre l'accès au porche à 2 rangées de colonnes (Elles n'entourent pas le monument). Le toit est orné de sculptures sur tout le faîte
-  Urne canope dont le couvercle a une forme de tête humaine et le corps celui d'un corps humain. 600)
- Apollon de Véies (500). Sculpture monumentale vêtue d'un voile léger, visage au menton lourd et au sourire archaïque; les cheveux sont longs. Proche des Couros grecs on note des différences significatives telles que le sourire qui anime l'ensemble du visage, le mouvement marqué par la jambe droite avancée, la toge qui colle à l'anatomie (le couros est nu); le regard est animé. C'est donc une oeuvre original bien que composite
- Louve en bronze plus  grande que nature (fin 6° s). La tête est très réaliste, on note le contraste entre le pelage et l'architecture du corps 
 

La crise du monde archaïque et l’Époque classique (470 env.-350 env.)

Les événements de la fin du VIe et du premier quart du Ve siècle eurent des répercussions assez profondes spécialement en Étrurie méridionale :

Freinée dans ses ambitions maritimes, l’Étrurie se heurte aussi, à l’intérieur de la péninsule, à un certain nombre de difficultés. Les incursions celtiques seront endiguées, mais des communautés celtes s'installent. L’expansion samnite oblige les Etrusques à les associer à l’usufruit des champs et des institutions urbaines (societas urbis agrorumque ). Mais, en 425, plus nombreux et plus forts que leurs anciens maîtres, ils prennent Capoue.
Entre 470 et 390 environ, l’Étrurie connaît  une crise profonde et multiforme. Après 470, la construction publique semble subir une nette contraction. Les tombes de cette période, soit par leur nombre, soit par les détails du rituel montrent, pour la première fois dans l’histoire étrusque, des signes de pauvreté.

L’art de cette période est aussi à l’enseigne de la crise et des mutations :

D’autres productions, comme celle des bronzes de Vulci, résistent mieux et sont exportées vers l’Étrurie padane. Les bronziers de Volsinii accéderont aussi à ce marché vers la fin du Ve siècle.
La présence ininterrompue d’Athènes, finit par susciter de nouvelles osmoses entre culture grecque et culture étrusque. Elle prépare le terrain pour une affirmation originale de la cité étrusque à partir de la fin du Ve siècle.

La reprise de la commande publique révèle les nouvelles orientations des équipes de coroplathes. Leur style, postclassique, a assimilé les leçons des grands maîtres grecs, tels Phidias et Polyclète, même si les applications des styles classiques gardent, dans la terre cuite, un caractère modeste. Attentifs à la valeur du modèle stylistique, les coroplathes sont aussi soucieux d’exprimer le rapport étroit entre la mythologie et les faits religieux qui sont l’expression même de la cité (polis) . Ainsi les chevaux ailés du temple de l’Ara della Regina font allusion à un triomphe divin en rapport avec le destin de la cité. Ainsi les héros du temple du Belvedère à Volsinii sont également engagés dans un épisode essentiel qui met en cause les fata publica . L’art paraît donc retrouver une fonction dans la polis . À la même époque, la reprise générale de la production artisanale trouve un stimulant dans les tendances originales de la société qui en est le destinataire.

Cratere figure rouge ~360 La production des vases à figures rouges, d’abord d’inspiration attique, est relancée à partir de Falerii dans le premier quart du 4e siècle, avec les peintres « de Dies pater », « de Nazzano », de l’Aurore, etc. À côté de cette production de luxe se développent une production plus standardisée, à destination sociale plus large, de vases à figures rouges et une production de vases recouverts d’un enduit argenté imitant les luxueux services de métal.
Dans le domaine de la sculpture, la production de sarcophages de luxe prend un nouvel essor, tandis que les bronzes, notamment les ex-voto dans les sanctuaires, témoignent de la nouvelle affirmation politique de l’Étrurie. Malheureusement, ces pièces n’ont pas été conservées en grand nombre : Arezzo, avec la Chimère, a livré l’un des rares grands bronzes étrusques de cette période.
La renaissance de la peinture funéraire coïncide avec le nouvel élan politique de l’aristocratie. De ce point de vue, la tombe François de Vulci (env. 340) constitue la conclusion, en quelque sorte symbolique, de cette période de luttes et de polémiques intenses avec Rome.
 
Les oeuvres présentées :

 - Chimère d'Arezzo (380) en bronze L'animal, crinière dressée, mouvement de tension du corps semble prêt à bondir
- Couvercle d'urne en pierre (fin 4° s) représentant un homme torse nu, allongé et appuyé sur son coude gauche, la main droite posée sur la cuisse. Visage stylisé. Les plis du vêtement qui couvre le bas du corps ne laissent pas deviner celui-ci
Sarcophage Etrusque du ~6 siecle Couple allongé sur un couvercle de sarcophage en pierre , de l'époque classique, sous une couverture légère laissant suggérer les corps. L'homme a le visage typé et celui de la femme est idéalisé comme dans l'art romain de l'époque
- Monument funéraire en albâtre (4° s): Hypogée d'une grande famille. 2 furies ailées de chaque coté du piédestal supportant le sarcophage
- Sculpture religieuse en bronze de l'époque classique (déb 4° s) : Mars de Todi tenant une lance en appui sur une jambe. Traitement précis de la tunique et de la cuirasse. Il faut noter que, contrairement aux grecs, les divinités ne sont pas représentées nues.
- Petit adorant de Florence en bronze au corps drapé sous la ceinture et aux formes fluides (330)
Portrait  ~3 siecle Tête en bronze de Florence au menton lourd, lèvres pleines sourcils tressés
- "Pseudo Brutus" (~300) en bronze poli: Visage criant de vie et de vérité. Les yeux sont incrustés; les cheveux en mèches. 

La fin de la période classique:  l’hellénisme et la romanisation (de 340 env. jusqu’à Auguste)

La défaite de Tarquinia, en 351, eut pour conclusion une trêve de 40 ans avec Rome.
Le développement d’une production beaucoup plus standardisée et spécialisée par secteurs prend modèle sur les cités de Grande-Grèce et sur leur organisation du marché. Tarente, notamment, mais aussi la Campanie grecque et samnite, en pleine mutation, exercent une grande attraction sur les Latins, les Romains et les Étrusques.

L’importance des modèles de Grande-Grèce, déjà sensible dans les réalisations de la peinture funéraire de la première moitié du IVe  siècle et dans la tombe "François", laisse supposer l’existence de liens commerciaux avec le sud de l’Italie. Le renforcement de ces liens est mis en évidence par la circulation de certains objets de bronze reflétant des modèles connus jusqu’en Macédoine (situles, casques, etc.). Mais les liens commerciaux se doublent d’une circulation artisanale plus occulte expliquant la diffusion de certains modèles dans les ateliers locaux. Il en est ainsi de tout le secteur de la sculpture sur pierre: sarcophages sculptés ou peints, comme celui des Amazones, parties sculptées (frontons, frises) de tombes rupestres, à Tarquinia, Vulci et sur leurs territoires (Norchia, Sovana).

Dans la mesure cependant où l’art grec, entre 340 et 300, a une histoire complexe, entre l’épuisement des formes classiques et le passage souvent révolutionnaire vers de nouvelles conceptions artistiques (représentées notamment par Apelle en peinture et Lysippe, en sculpture), l’art étrusque de cette époque reflète lui aussi des tendances variées.
Quelques exemples et quelques séries émergent d’une histoire mal connue. Ainsi les figures en terre cuite du temple du Scasato à Falerii paraissent refléter plusieurs modèles grecs, Praxitèle et Scopas en particulier.

La reprise des hostilités avec Rome, à partir de 311, suite à l’engagement de Rome contre les Samnites au sud dans lequel l’Étrurie  joue un rôle actif entraine plusieurs défaites Etrusques (bataille de Sentinum, en 295)

Par ailleurs un soulèvement de la plèbe qui réclame le droit d’intermariage avec l’aristocratie et le droit d’accéder au sénat entraine la mise à mort ou le banissemnt des anciens maîtres par les révoltés. Mais les survivants font appel à Rome qui intervient en 264, prend la ville d'assaut, et la pille de ses milliers de statues en bronze qui sont transportées à Rome.
 
Les oeuvres présentées :

 - Statue de l'orateur Autus Metellus (89) en bronze. Toge drapé, bottines lacées haut à forte influence romaine. Le nom en latin est inscrit verticalement sur la bordure de la toge
- Tombe des Tarquins à Cerveteri : Vaste ensemble bâtie dans la pierre excavée avec des niches et des banquettes
Sarcophage aux satyres - Etrusque  Tombes peintes dans la nécropole de Tarquina. Entre autres :