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Renaissance

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La Renaissance en Angleterre

Un peu d'histoire

Marqué par les longs règnes d'Henri VIII et d'Élisabeth Ire, le XVIe siècle voit à la fois la création de l'Église réformée anglicane et le renforcement du pouvoir royal. Cette évolution religieuse et politique du pays a des effets néfastes sur l'art anglais, car elle entraîne l'abandon de l'iconographie religieuse et décourage les échanges avec l'Italie de la Renaissance. Les séjours outre-Manche de Hans Holbein, de 1526 à 1543 placent d'emblée cet art à des sommets : ses portraits de Thomas More , de Jane Seymour (1536) et d' Henri VIII (1537) montrent une exigence de réalisme pictural, d'expressivité psychologique et un souci de composition jusqu'alors inconnus dans le pays.

La plupart des autres portraitistes sont d'origine étrangère, comme William Scrots, Gerlach Flicke et Hans Eworth. Ils définissent un type de portrait caractéristique de l'époque élisabéthaine présentant le modèle debout, le corps visible seulement jusqu'aux genoux et légèrement tourné d'un côté, tandis que ses yeux fixent le spectateur; le visage et les mains fortement éclairés se détachent sur un fond sombre uniforme, et l'expression demeure le plus souvent impassible.

L'habileté des peintres nés en Angleterre s'exerce surtout dans l'art de la miniature, qui est admirablement maîtrisé par Nicholas Hilliard (1547-1619) et Isaac Oliver (env. 1565-1617).

Le règne de Charles Ier (1625-1649) marqua un tournant dans l'histoire du goût et de la peinture en Angleterre. Le souverain et quelques-uns de ses courtisans comme Buckingham et Arundel se passionnèrent pour la peinture vénitienne et flamande. Le roi commanda à Rubens un plafond pour la salle des Banquets de Whitehall, réalisé en 1635, et sut obtenir les services de Van Dyck (15991641) qui, comblé de faveurs, s'installa définitivement à Londres en 1632. Il y renouvela magistralement l'art du portrait qui s'était quelque peu figé dans les conventions élisabéthaines.

Dans le Charles Ier du Louvre (vers 1635) se dégage une impression d'énergie indomptable grâce au traitement du cheval fougueux, de la végétation luxuriante et du ciel à la Tintoret. Dans les portraits de groupe comme Thomas Killigrew et lord Crofts (1638), Van Dyck traduit admirablement l'idéal aristocratique du temps, fait d'un mélange de dignité et de désinvolture. La virtuosité du peintre (comme celle de Holbein un siècle plus tôt) dépassait de loin celle de la plupart de ses confrères britanniques ou étrangers.

Seul William Dobson (1611-1646) manifesta un savoir-faire et une originalité assez remarquables pour qu'Ellis Waterhouse l'ait appelé "le peintre d'origine anglaise le plus éminent avant Hogarth". Son art du portrait est moins sophistiqué que celui de Van Dyck, mais parfois plus vigoureux et plus savoureux dans son humanité débordante. Ainsi Endymion Porter (vers 1645), qui apparaît en tenue de chasse, avec son chien, sous un buste géant d'Apollon, se présente comme un gentilhomme à la fois bon vivant et raffiné.

Le portrait en miniature continue à être aussi prisé sous les Stuarts qu'au siècle précédent, et plusieurs membres des familles Oliver et Hoskins perpétuent l'art illustré jadis par Hilliard. Samuel Cooper (1609-1672) apparaît comme le plus doué, et son attention scrupuleuse aux particularités physiques (Cromwell est peint avec ses verrues!) et à la personnalité du modèle lui vaut d'être considéré comme un des grands peintres anglais du temps.

 

Sculpteurs et Architectes

Robert Smythson (1536-1614)

À Longleat House, construit par Robert Smythson, "architector and surveyor", les façades animées de décrochements et percées de vastes fenêtres à meneaux créent un effet saisissant de quadrillage régulier, dont la dominante géométrique s'inscrit bien dans la tradition du style perpendiculaire.

À Wollaton Hall, sur un plan ramassé autour d'un hall central, le même Robert Smythson reprend le système de quadrillage; ici, l'emploi des ordres (réduits à des pilastres jumelés) ne semble intervenir que pour accuser la linéarité et le rigorisme du parti.

Il apparaît qu'un pas de plus a été franchi à Hardwick Hall, construit en 1591-1593 pour Élisabeth Talbot: les ordres ont disparu, le verre des vastes baies domine des façades désormais plates. On a voulu voir dans cette élégance hautaine, presque sévère, la marque même de la Réforme, sinon d'un certain puritanisme.

On ne peut signaler l'incontestable modernité de ce purisme géométrique, de ce désir d'ordre, d'équilibre et de clarté, idéalement illustré à Wootton Lodge (1612), et mis en œuvre dans une série d'éblouissantes variations. L'époque jacobéenne qui se confond avec le règne de Jacques Ier (1603-1625) semble renouer avec un certain climat de fantaisie. On assiste alors à une renaissance du mythe chevaleresque par lequel l'élite aristocratique redécouvre certains idéaux nationalistes et romanesques (Edmund Spenser, 1552-1599). On retrouve des échos des architectures de fêtes (tournois, feux d'artifice, "masques") au château de Bolsover dont les créneaux et les pinacles illustrent l'archaïsme délibéré.

 


Peintres et EnlumineursPortrait de Lady Dacre par Eworth

Hans Eworth (actif 1540-1574)

Hans Eworth réalisa un type de portrait caractéristique de l’époque élisabéthaine présentant le modèle debout, le corps visible seulement jusqu’aux genoux et légèrement tourné d’un côté, tandis que ses yeux fixent le spectateur ; le visage et les mains fortement éclairés se détachent sur un fond sombre uniforme, et l’expression demeure le plus souvent impassible.Originaire d'Anvers il travailla en Angleterre à partir de 1549.

Il succéda à Hans Holbein le Jeune, qui influença fortement son style. Un de ses portraits le plus réputé est celui de Lady Dacre .


Nicolas Hilliard (1547-1619) Un jeune garçon par hilliard

Hilliard, qui débuta comme apprenti chez un orfèvre et était habitué à décorer chartes et patentes, était véritablement un héritier des enlumineurs médiévaux par la vivacité des couleurs et l'élégance du décor végétal.

Son célèbre Jeune Homme au buisson de roses (1598) illustre bien le caractère emblématique de ces œuvres qui participaient souvent d'un rituel amoureux aristocratique.

Hilliard a aussi peint quelques portraits de plus grandes dimensions, tel celui de La Reine Élisabeth Ire (vers 1575). La souveraine y est représentée comme une idole, son pâle visage enchâssé dans un diadème serti de perles et une collerette de dentelle, le corps engoncé dans une lourde robe de brocart ornée de pierreries et de colliers. Ici encore, le visage est impassible, comme celui de la Vierge sur une icône.

Il imposa le genre de la miniature avec une perfection technique qui est aussi le reflet d’une approche psychologique attentive jusqu’à l’angoisse.

 

 

Isaac Oliver (après 1568-1617)Comtesse Essex par Oliver

Miniaturiste anglais d'origine française, il est le fils d'un réfugié huguenot, il naquit en Angleterre en 1568. Il reçut sa formation de jeunesse du peintre Hilliard dont il devint le principal rival.

Bien qu'Hilliard reçut les faveurs royales de James 1°, Oliver fut remarqué par la reine Anne de Danemark en 1604 et accepté dans la cour du Prince de Galles. Son style était plus naturaliste que celui d' Hilliard et il utilise le jeu des lumières et des ombres et les lourds objets d'apparat chers au style Élisabéthain.

Il se rendit à Venise en 1596 et à la différence de Hilliard il réalisa des miniatures historiques. Il a probablement peint également des portraits grandeur nature et certaines oeuvres initialement attribuées à William Larkin sont considérées aujourd'hui comme des oeuvres de Oliver. Son fils Peter (1594-1647),continua dans son style mais se spécialisa dans des copies miniatures des maitres anciens.

 

La famille Holbein

Portrait de jeune homme par Holbein AmbrosiusLes plus célèbres représentants des Holbein, d'origine souabe, sont Holbein Ambrosius (1495-1519), Hans Holbein l'Ancien (1465 env.-1524) et son fils Hans Holbein le Jeune (1497-1543). De peu plus âgé que Dürer, Hans Holbein l'Ancien reste cependant un représentant typique et attardé de la peinture du gothique finissant. D'une génération plus jeune qu'eux, Hans Holbein le Jeune est au contraire un pur artiste des temps nouveaux. Il ne succomba pas, comme certains de ses contemporains en Allemagne, et comme les romanistes flamands, au prestige des maîtres d'outremonts. Il a su créer un univers qui lui est propre, purement humain. Sa rigueur, son objectivité pénétrante, alliées à un sens très sûr de la vie, font de lui l'un des plus grands, sinon le plus grand portraitiste de tous les temps, et le firent placer par l'Italien Federico Zuccaro au-dessus même de Raphaël.

 

Martyr de saint Sebastien par Holbein le vieuxHans Holbein l'Ancien après un séjour à Ulm où il exécute, en collaboration avec le sculpteur Michel Erhart, un retable destiné au monastère de Weingarten (1493; volets dans la cathédrale d'Augsbourg), revient en 1494 dans sa ville natale d'Augsbourg jusqu'en 1515. Il est bientôt assailli de commandes de retables, de fresques, de projets de vitraux, surtout pour les églises d'Augsbourg, mais également pour celle des dominicains de Francfort (retable du maître-autel, 1500-1501), pour celle des cisterciens de Kaisheim (retable du maître-autel, 1502-1504). Son départ d'Augsbourg a été attribué sans raisons à la gêne dans laquelle il serait tombé par suite de l'évolution du goût de la clientèle.

De 1517 à 1519, il travaille à Lucerne, avec son fils Hans, à la décoration de la maison Hertenstein (détruite en 1825). De 1519 date sa dernière œuvre connue, La Fontaine de vie. Il a subi l'influence de Martin Schongauer et celle de la peinture flamande, manifeste dans son chef-d'œuvre, La Passion grise (volets d'un retable peint entre 1495 et 1500). Portraitiste et coloriste Ses compositions manquent d'unité dramatique. Pour peindre les portraits, Holbein l'Ancien se servait d'études à la mine d'argent, têtes de religieux ou d'hommes du peuple dont un nombre considérable subsistent. Ces dessins, peut-être le meilleur de son œuvre, révèlent d'admirables dons de portraitiste dont héritera son fils Hans. Pas plus que d'unité dramatique, ses compositions ne possèdent d'unité spatiale.

L'originalité de sa peinture, sa nouveauté et sa grande qualité tiennent à l'emploi de la couleur. Il renonce aux tons locaux prisonniers de la forme et disposés en oppositions décoratives.

Erasme par Holbein le JeuneHans Holbein le Jeune naquit également à Augsbourg, qu'il quitta pour s'installer à Bâle où le rejoignit son frère aîné Ambrosius. Il y connut un rapide succès malgré son jeune âge. Des dessins exécutés en marge d'un exemplaire de L'Éloge de la folie attirèrent sur lui l'attention d'Érasme auquel il fut longtemps lié et dont il peignit plus tard un certain nombre de portraits , ainsi que de son éditeur Froben. Commença alors une longue carrière d'illustrateur pour l'imprimerie, dont l'œuvre la plus connue est la Danse des morts .

Ses mérites de peintre furent bientôt consacrés par la commande que lui passa le bourgmestre de Bâle Jacob Meyer de son portrait et de celui de sa femme (1516, musée de Bâle). Des années suivantes datent presque toutes ses compositions religieuses, volets du Retable d'Oberried (1521-1522), volets d'un Retable de la Passion (vers 1524), Le Christ mort (1521), La Madone de Soleure (1522).

Henri 8 par Holbein le jeuneD'un voyage en France, en 1524, il en rapporta la technique des crayons de couleur et la connaissance de l'œuvre de Vinci. En 1526, il part pour l'Angleterre muni d'une recommandation d'Érasme. Il y peint La Famille de Thomas More et un certain nombre de portraits. Son talent s'impose bientôt, et Holbein le Jeune devient le portraitiste attitré de l'aristocratie et de la cour d'Henri VIII .

L'abondance des éléments d'architecture italienne dans ses premières œuvres a fait supposer un voyage à Côme ou à Milan. Par le rôle qu'il leur assigne, par exemple dans le Diptyque du Christ et de la Vierge de douleurs (vers 1521). Lorsqu'à son retour d'Angleterre, en 1528, il peint sa femme avec ses deux enfants (musée de Bâle), il laïcise audacieusement le schéma traditionnel d'un sujet religieux, sainte Anne avec la Vierge. Par sa composition claire et équilibrée, cette œuvre se ressent de l'influence de Léonard de Vinci que l'on retrouve dans d'autres tableaux de cette époque, comme la Laïs Corinthiaca (1526, musée de Bâle).

Les portraits de Kratzer , de Gisze , des Ambassadeurs français (1533) sont entourés d'accessoires qui composent d'admirables natures mortes. Son réalisme triomphe dans la représentation du visage humain.

À la fin de sa vie, l'artiste accorde de plus en plus d'importance à la ligne et à la surface au détriment du jeu des couleurs dans la lumière et du modelé; il présente les visages de face ou presque, sous un éclairage neutre qui les aplatit.


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