Renaissance

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La Renaissance en France (Fin)

Les peintres et sculpteurs sont l'occasion de glorifier les vertus et la puissance des grands et en tout premier lieu du premier d'entre eux : le roi. François 1° est ainsi représenté paré de toutes les vertus et des caractéristiques de l'Olympe; ou bien Henri 2 (1545-1559) qui n'hésite pas à se faire représenter sur une médaille d'or avec les mêmes attributs que les dieux de l'Olympe. Louis XIVgénéralisera l'usage des médailles...(création de la Monnaie de Paris) ..avec son effigie.

Sur le trône de France succédera à Henri II, les 3 enfants qu'il eut de Catherine de Médicis : François II... pour 1 an (1560) puis ses 2 autres fils Charles IX (1560-1574) et Henri III(1574-1589) qui mettant fin à la dynastie des Valois laissera la place au bourbon Henri IV.

Les entrées triomphales du roi (Henri II à Lyon , Paris et Rouen entre 1548 et 1550) sont l'occasion de création de monuments temporaires comme les arcs triomphaux, de nouveaux costumes, de programmes illustrés pour des représentations théatrales

Les châteaux hors de Loire

Ecouen

Anne de Montmorency (1493-1567) possède d'immenses domaines au nord de Paris comme Chantilly. Maréchal de France, connétable (chef des armées), duc et pair en 1551 par Henri II, c'est un des premiers personnages du royaume. En 1538 il décide de reconstruire totalement Ecouen en s'inspirant du château de Bury, cette reconstruction se fera en plusieurs étapes. D'abord les 4 pavillons d'angle, le corps central et l'aile gauche; les 3 autres ailes seront construites de 1546 à 1550. Trois avant-corps modifient l'aspect des façades sur cour. Entre le château et les fossés s'étend une terrasse (comme à Chambord) et l'ensemble se dresse sur une plateforme bastionnée qui donne un caractère militaire à l'ensemble.

Les 2 ailes principales sont desservies par un grand escalier central. L'ensemble est assez sévère avec la mouluration des ébrasements des fenêtres pauvre et un décor sculpté absent. Des jambes saillantes dépourvues d'ornement rythment les façades (propre à la région parisienne). Les lucarnes de toit par contre sont ornées, apparemment de plus en plus au fur et à mesure qu'avance le chantier (par des drapés attachés à des tètes de bélier), comme si le connétable avait pris conscience de l'austérité des lieux.

L'aile d'entrée confirme cette prise de conscience et pour introduire le style "à l'antique" plus à la mode, il fait appel à Jean Goujon puis à l'architecte Jean Bullant : On élève un portique à arcades et au dessus une galerie éclairée par des fenêtres passantes et couverte d'un toit à double pente. A l'extérieur se dresse un avant-corps en saillie occupé par un porche d'entrée, une loggia et une niche abritant une statue équestre. Des ordres superposés et des termes décorent la façade.

A l'intérieur, les cheminées sont peintes vers 1550 sous la direction de Charles Dorigny; il reste des traces de peinture sur 12 d'entre elles datant du règne de Henri II: elles représentent des paysages ou prennent place des scènes bibliques. Ces paysages s'inscrivent dans des encadrements également peints.
Maceo Abaquesne crée les pavements de faïence aux couleurs chatoyantes avec les armoiries des Montmorency

Le château d'Ecouen est actuellement le musée français de la Renaissance.

Ancy le Franc

Construit à partir de 1555, il rappelle le château d'Ecouen avec ses arcs en plein cintre surplombant portes et fenêtres. La décoration intérieure date de 1680 est due à un artiste flamand.

Fontainebleau

Voir aussi

A Fontainebleau les travaux continuent. Primatice est supplanté par Delorme qui reprend la décoration de la salle de bal et la fait vitrer. Le plafond à caissons est de Scibec de Carpie, au fond une gigantesque cheminée encadrée de 2 satyres en bronze. Dans les embrasures de fenêtre apparaissent des décors peints de scènes mythologiques de Niccolo della Bate (Histoire de la guerre de Troie). Ce dernier travaille également pour Anne de Montmorency : Enlévement de Proserpine, ou Histoire d'Euridyce

Peintres et enlumineurs

Francisque Scibec de Carpi

A participé à la décoration des plafonds du Louvre et de ses appartements royaux..

Charles Dorigny

Les grands du royaume voyagent dans leur pays et leurs visites sont l'occasion de fêtes. On décore les monuments, on dresse des arcs de triomphe à l'entrée des villes. Les artistes sont sollicités pour rendre l'événement mémorable, les peintres immortalisent l'événement. On offre des cadeaux au roi

- Entrée à Rouen d'Henri II sur un char de triomphe tiré par des chevaux blancs et accompagné d'une allégorie

Jean Cousin (1495-1560)

Ce peintre est décrit dans un précédent cours.
Dans son tableau "Eva Prima Pandora" qui illustre le mythe de Pandore, Jean Cousin s'inspire du style de l'architecte Goujon.

- Ariane endormie . Dans ce tableau où se ressent l'influence de Cellini et celle de Léonard de Vinci; le profil, la coiffure sont caractéristiques du style de Fontainebleau

François Clouet (1505/10-1572)

Gabriele d'Estrées (Ecole de Fontainebleau)Fils de Jean Clouet (Renaissance11), à qui il succéda dans la charge de peintre officiel de la Cour. Il fut chargé d'organiser les obsèques de François Ier (il moula le masque mortuaire du roi). Deux tableaux de lui seulement sont signés: le Portrait de Pierre Quth (Louvre) et Le Bain dit de Gabrielle d'Estrées . Mais il est probable qu'il fut l'auteur des portraits officiels des rois de France qu'on lui attribue généralement, Henri II , Charles IX , ainsi que d'autres portraits, Claude de Beaune (Louvre), Jeanne d'Albret , Marguerite de France

 

Il est fort difficile de distinguer entre la main de François Clouet et celle de certains portraitistes contemporains qui furent sans doute ses auxiliaires. C'est un des aspects les plus significatifs du XVIe siècle que révèlent ces galeries de portraits peints, dessinés ou gravés; mais les dessins de François Clouet et de ses collaborateurs se distinguent par leur finesse et par leur expressivité de toute une production parfois d'une qualité honorable mais souvent d'une grande médiocrité.

Antoine Caron (1521-1599)

La Sibylle de Tibur de Antoine Caron Les premières œuvres d'Antoine Caron seraient des cartons pour des vitraux, composés dans sa ville natale, Beauvais. On le retrouve à Fontainebleau, où il travaille sous la direction de Primatice; il acquiert alors ce style italianisant qui le caractérise, style élégant où la sécheresse du dessin est tempérée par la vivacité du coloris.

Ses œuvres évoquent en de savantes allégories la cour des Valois et les guerres de Religion qui déchirent alors la France : dans Les Massacres du triumvirat (Louvre), deux thèmes chers aux maniéristes sont admirablement traités : la cruauté et le fantastique dans ce tableau ou Octave et Lipide font exécuter Cicéron; sur un fond de monuments curieusement empilés : Colisée, Apollon du Belvédére, Arc de Titus; mais il est vrai que Caron ne connait Rome ... que par la gravure ! Le tableau sera découpé par la suite en 3 panneaux. Certains ont vu dans cette suggestion théatrale une allusion manifeste à une situation contemporaine où le triumvirat serait composé d'Anne de Montmorency le connétable, le maréchal de saint André et le duc de Guise.

Caron, qui, en 1561, a quitté l'équipe des artistes travaillant pour Fontainebleau, donne des projets pour des fêtes et entrées royales: 1572, fêtes du mariage du roi de Navarre, le futur Henri IV; 1573, entrée d'Henri III à Paris. Pour le mécène Nicolas Houel, il fait des dessins qui inspirent les cartons d'une suite célèbre de tapisseries, L'Histoire d'Artémise , en hommage à Catherine de Médicis, veuve du roi Henri II.

La reine est comparée à Artémise, la veuve inconsolable du roi Mausole. D'autres œuvres, peintures, dessins, cartons de tapisseries, sont attribuées à Caron: La Sibylle de Tibur (Louvre), peinture où l'on retrouve le goût de l'artiste pour les architectures fantastiques, l'empereur est agenouillé devant la sibylle et dans le fond la ville idéalisée est ... Paris; Le Triomphe de l'Hiver , tiré d'une série consacrée aux quatre saisons, et qui évoque les fêtes que donnait Catherine de Médicis. Les croyances astrologiques de la cour seraient le thème d'une œuvre que les historiens discutent encore : Astronomes étudiant une éclipse .

Avec l'avénement du bourbon Henri IV, apparait de nouveaux critéres architecturaux qui se synthétisent dans la 2° école de Fontainebleau et la venue d'artistes flamands pour le décor des demeures des nobles

Ambroise Dubois (1543-1614)

La première trace de Amrosius Boschaert en France , sous le nom d'Ambroise Dubois, date de 1606. Il est alors nommé peintre de la reine et devint le beau-frère de Martin Fréminet. C'est une des figures dominantes de la seconde école de Fontainebleau. Bien que son chef-d'œuvre, la galerie de Diane, ait été détruit, une grande partie de ses décorations à Fontainebleau subsiste, principalement le Cabinet de Théagène et Chariclée dont les compositions, entourées de stuc, nous révèlent son style et nous permettent de comprendre son succès. À Fontainebleau, Dubois peint aussi au pavillon des Poëles avec Dubreuil et Ruggieri et à la chapelle haute (œuvres perdues), au cabinet de Clorinde (partiellement conservé). Dubois est un décorateur habile, qui s'inspire de Primatice et de Nicolò dell'Abate mais qui connaît aussi le maniérisme nordique et Spranger.

Toussaint Dubreuil (1561-1602)

Toussaint Dubreuil s'est surtout formé sur les chantiers de Fontainebleau, sans doute auprès du décorateur Ruggiero de Ruggieri, dont il épouse la fille et qui lui transmet l'influence de Primatice. Ses œuvres de Fontainebleau ont disparu ; il peint avec Ruggieri au pavillon des Poêles (Histoire d'Hercule ) et à la galerie des Cerfs. Il travaille également, au cabinet doré de la reine et à la Petite Galerie au Louvre (Gigantomachie , mythologies et portraits royaux).

Au château de Saint-Germain-en-Laye, Dubreuil fait 78 tableaux (sujets tirés de La Franciade , de Ronsard ; par exemple Hyanthe et Climène à leur toilette, et Cybèle éveillant Morphée ). Pour toutes ces œuvres, Dubreuil se contente, de fournir des cartons dont il laisse l'exécution à de nombreux collaborateurs, reprenant ainsi la tradition créée en France par Primatice. À la fin de sa vie, installé chez les jésuites, il prépare des cartons pour des tapisseries : son Histoire de Diane est tirée de la célèbre Histoire de Diane d'Anet (attribuée à Cousin). On voit dans sa carrière une synthèse originale des maîtres de la première et de la seconde école de Fontainebleau, Primatice et Rosso, et l'annonce du classicisme.

Martin Freminet (1567-1619)

Né à Paris, Martin Fréminet se rend à Rome. Il est vite célèbre, mais on ne connaît rien de son œuvre de jeunesse. Vers 1596, Fréminet passe à Venise et se fixe à Turin, où il travaille pour la Cour. Il revient en France à l'appel d'Henri IV, qui le nomme peintre et valet de chambre en 1603. Sa grande œuvre sera la décoration de la chapelle de la Trinité au château de Fontainebleau, qu'il laisse inachevée à sa mort survenue à Paris. La voûte est décorée de cinq grandes compositions peintes à fresque (l'une d'elles représente un épisode de la Genèse: Dieu ordonne à Noé d'entrer dans l'Arche avec les animaux ), de quatre Éléments et de dix Vertus dans des ovales, de cinq Rois d'Israël ou de Judas, de vingt grisailles (prophètes et patriarches). Entre les fenêtres figuraient les scènes de la Vie du Christ qui ont disparu.

Cette œuvre montre la place originale que Fréminet occupe dans le maniérisme tardif grâce à la puissante synthèse des influences italiennes, nordiques et bellifontaines qu'il a su réaliser. Devenu peintre de Marie de Médicis Fréminet est considéré comme l'un des grands peintres de son temps , mais il ne semble pas avoir exécuté beaucoup de tableaux de chevalet (Évangélistes et Pères de l'Église).

Les fréres Limbourg (1370-1416)

Les Très Riches Heures du Duc de Berry ont été peintes par trois frères, les frères Limbourg, Paul (Pol), Hermann et Jean (Jannequin). Ils étaient tous trois originaires de la ville de Nijmegen, qui se trouve aujourd'hui dans les Flandres, mais étaient fort probablement des Allemands. On ne sait que peu de choses à propos de ces artistes exceptionnels. Ils seraient nés entre 1370 et 1380, dans une famille d'artistes. le père aurait été un sculpteur sur bois et leur oncle, Jean Malouel, un artisant d'art au service de la Reine de France et du Duc de Bourgogne.

On retrouve la trace des trois frères Limbourg en 1390 chez un orfèvre à Paris. En 1042, Jean et Paul trvaillent pour Philippe le Chauve, Duc de Bourgogne, et à la mort de ce dernier, Il semble que les trois frères aient suvi la trace de leur oncle, en entrant en qualité d'artistes, au service du Duc de Bourgogne. En 1408, ils sont les protégés artistiques de Jean, Duc de Berry, qui est, à cette époque, le plus grand, généreux et riche mécène et protecteur des Arts en France. Les frères Limbourg ont également été les auteurs de nombreuses autres pièces artistiques, mais qui sont aujourd'hui, disparues. Ils gardèrent une position tout à fait prvilégiée à la cour de Jean de Berry, qui se déplaçait avec eux lors de la tournée de ses résidences à travers la France.
C'est en février 1416 que les trois frères Limbourg meurent, dans leur jeune trentaine, probablement victimes d'épidémies, puisque la peste faisait des ravages dans ces régions du monde.Les Limbourg ont illuminé deux manuscripts pour la célèbre bibliothèque de Jean de Berry: Les Belles Heures (Met. Museum, New York, c. 1408) et les Très Riches Heures (Musée Condé, Chantilly), qui fut commencé aux alentours de 1413 et resta inachevé à leurs morts. Cette oeuvre fut complétée et achevée par le français Jean Colombe (1440-93?) à peu près soixante-dix ans plus tard.

Sculpture et Architecture

Les chantiers lancés par François I° vont se poursuivre. Ex : Salle de bal à Fontainebleau, appartements du Louvre ....Constructions de nouveaux chateaux : Ancy le Franc, Joinville, Bournazel..

Pierre Lescot (1510-1578)

Aile gauche cour carrée Pierre Lescot occupe une place à part, dans la mesure où, contrairement aux 2 autres grands architectes français de l'époque : Delorme et Bullant, il n'est pas issu d'une famille de maçons. Cet esprit universel a laissé une œuvre limitée en quantité, mais déterminante pour l'art français. Du jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, il ne reste que des vestiges sculptés par Goujon. Le château de Vallery est demeuré incomplet; l'hôtel Carnavalet, traditionnellement attribué à Lescot, a été considérablement modifié, en particulier par François Mansart au XVIIe siècle.

Le Louvre suffit à la gloire de Lescot. Le dessin du nouveau château royal fut commandé par François Ier en 1546, et Lescot, confirmé dans ses fonctions par Henri II, conserva la responsabilité du chantier jusqu'à sa mort. Sur l'emplacement du vieux Louvre de Charles V (c'est-à-dire le quart sud-ouest de l'actuelle cour Carrée: le quadruplement de la cour ne fut réalisé qu'au 17e siècle), il fit construire le corps de logis, l'aile gauche et le pavillon d'angle, dit pavillon du roi. Ce pavillon, visible de la rive gauche, révélait une très nette influence de l'architecture italienne contemporaine : les niveaux superposés nettement différenciés par des corniches continues et les bossages d'angles étaient inspirés de l'œuvre d'Antonio da Sangallo le Jeune. Le fronton central porte les armes de France et les emblémes royaux. L'influence de Sebastiano Serlio se manifeste dans l'emploi d'un ordre composite superposé à un ordre corinthien et dans le traitement très orthodoxe des entablements . D'autres éléments apparaissent, qui sont ou deviendront caractéristiques : les croisées, les fenêtres segmentaires (à la partie supérieure en arc de cercle) et le toit brisé, qu'on appellera plus tard "toit à la Mansart". Lescot a également conçu la salle des Caryatides et la tribune qui sera sculptée par Goujon.

Toute l'architecture française du XVIIe siècle en sera marquée. La très haute qualité architecturale de l'œuvre de Lescot est valorisée en outre par la collaboration de Jean Goujon. Les deux hommes, qui avaient déjà travaillé ensemble au jubé de Saint-Germain, ont réalisé au Louvre un ensemble remarquable. La tribune des Cariatides est un autre extraordinaire résultat de cette collaboration exemplaire. Tout en sachant rester dans l'esprit de l'architecture à l'antique venue d'Italie, Lescot a créé un art spécifiquement français, qui restera en honneur au siècle suivant.

Jean Goujon (1510-1565)

Fontaine des innocents : nymphe (Jean Goujon)Architecte et sculpteur, Jean Goujon est avec Germain Pilon le sculpteur le plus important de la Renaissance française. Il est l'un des premiers artistes dont l'œuvre s'inspire directement de l'art antique et de la Renaissance italienne qu'il a étudiés personnellement en Italie Salle des caryatides au Louvre (Jean Goujon)Pour la tribune d'orgues de l'église Saint-Maclou à Rouen, il sculpte deux colonnes qui sont encore actuellement en place. Premier exemple en France d'un ordre corinthien très pur, elles révèlent la connaissance parfaite qu'avait Goujon de l'art antique. On lui attribue aussi le dessin du tombeau de Louis de Brézé dans la cathédrale de Rouen, et l'architecture de la chapelle Saint-Romain, appelée populairement la Fierte.

En 1544, il travaille à Paris, sous la direction de l'architecte Pierre Lescot, au jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois. Les bas-reliefs des quatre Évangélistes et la Déposition du Christ , connue généralement sous le nom de la Vierge de pitié , sculptés par Goujon ont été conservés (Louvre). Une estampe de Parmesan représentant la Mise au tombeau a inspiré Goujon pour la composition de la Déposition. C'est la preuve que l'art italien l'a influencé directement, sans l'intermédiaire de l'art de Fontainebleau. La "draperie mouillée" et les plis parallèles des reliefs du jubé révèlent le style d'un artiste attaché à l'art antique, et plus exactement à l'art hellénistique.

En 1545, Goujon travaille pour le connétable Anne de Montmorency. Jean Goujon entre ensuite au service du nouveau roi Henri II. Il travaillera avec d'autres artistes à la décoration de l'entrée du roi à Paris en 1549 en créant la seule œuvre permanente : la célèbre fontaine des Innocents. Ses bas-reliefs, représentant des nymphes et des naïades, se trouvent aujourd'hui au Louvre.

À la même époque, le sculpteur travaillait sous la direction de Pierre Lescot aux décorations du Louvre. En 1548 ou au début de 1549, il acheva ses allégories de La Guerre et de La Paix . Plus tard, en 1549, il fut chargé des allégories de L'Histoire , de La Victoire , de La Renommée , de La Gloire du roi . Il sculpta, toujours pour le Louvre, en 1550-1551, la tribune des Caryatides ; en 1552, des statues pour la cheminée du cabinet de l'Attique dans l'aile occidentale et enfin, en 1555-1556, certains bas-reliefs de l'escalier d'Henri II. Goujon avait certainement un atelier et des élèves qui l'aidaient. Goujon a peut-être travaillé aussi vers 1550 à la décoration de l'hôtel Carnavalet (autrefois hôtel Ligneris). Architecte, sculpteur, Jean Goujon a réalisé aussi des gravures sur bois qui illustrent la première édition française des Dix Livres d'architecture de Vitruve, traduits en 1547

Philibert Delorme (1510/15-1570)

La vie et les oeuvres de cet artiste sont décrit dans le cours 11

Philibert Delorme est chargé de la reconstruction du château médiéval d'Anet. Delorme qui prône une architecture "à la française", conçoit un château quadrangulaire avec châtelet d'entrée et avant-corps partageant les 2 ailes; l'ensemble reposant sur une base bastionnée. L'entrée du château comporte une balustrade décorative avec entablement supportant un arc en plein cintre au dessus de la porte. La chapelle du château est à plan centré et circulaire. Le sol est composé d'un pavement à décors circulaires qui se superposent Dans le jardin en contrebas du château création d'un portique avec un fort travail de la stéréotomie, les piliers comportent des niches aménagées pour des statuettes de bronze.

Le jardin possède plusieurs fontaines dont celle appelée "Diane au cerf" dont on peut soupçonner que la déesse, protectrice des chasses et des eaux représente Diane de Poitiers.

Du mobilier du château il reste quelques lambris et 2 fragments de broderie de fauteuil représentant une chasse à l'ours

La famille Androuet du Cerceau

La famille Androuet comprend des architectes et des sculpteurs actifs au 16e et au 17e siècle.

Jacques Ier (ou François 1° ?, 1510-1585) est le membre le plus illustre de la famille comme graveur d'architecture et bénéficia pendant toute sa vie de protections royales ou princières. Au début de sa carrière, il se consacre surtout aux représentations de monuments antiques (Livre d'arcs , 1549; Arcs et monuments antiques , 1550; Moyens Temples , 1550; Vues d'optique , 1551). En 1559, il publie son premier Livre d'architecture qui sera suivi d'un second consacré aux détails ornementaux et d'un troisième en 1582.

S'intercalent au milieu de ces publications les Petites Habitations , inspirées du style des châteaux de la Loire, le Livre des grotesques , en 1566 et les Leçons de perspective positive en 1576. À la fin de sa vie il retournera à ses préoccupations premières et donnera le Petit Traitte des cinq ordres de colomnes et le Livre des édifices antiques romains . Mais la grande œuvre de sa vie est incontestablement la publication des Plus Excellents Bastimens de France , en deux volumes (1576-1579). Ces recueils constituent une source irremplaçable d'informations sur des monuments détruits ou restés à l'état de projet. Jacques Ier est considéré aujourd'hui plus comme un décorateur que comme un architecte. Ses qualités de dessinateur et de graveur sont, indéniables: sa production, énorme, est d'un grand raffinement et d'une grande beauté

Son fils Baptiste (mort en 1590) fut l'architecte attitré d'Henri III. Il participe à l'élaboration du Pont-Neuf, fait des travaux à Saint-Germain-en-Laye et au Louvre. Il travaille également à la rotonde des Valois à Saint-Denis après la mort de Bullant en 1582. Baptiste construisit aussi pour les membres de l'entourage royal. On lui doit le château de Fresnes (1578), l'hôtel du Bouchage à Paris, et peut-être d'autres châteaux d'Île-de-France.

Jacques II Androuet Du Cerceau (mort en 1614), est le second fils de Jacques Ier. On lui attribue des travaux au Louvre et aux Tuileries; on le crédite également de nombreux projets de demeures parisiennes. Il dessine le temple protestant de Charenton.

Primatice (1504-1570)

Voir également Renaissance 11

Primatice redevient grand maitre des oeuvres du roi après la mort de Henri II. A Dampierre, à l'origine manoir devenu princier au 16°, il fera construire dans le pavillon d'angle qui jouxte la tour le sauna dans le goût du mode de vie à l'antique de l'époque.

Bernard Palissy (1510-1590)

Plat émaillé (B Palissy)Céramiste et "philosophe naturel". Il s'initie à l'art de la céramique tout en exerçant une activité de "peinture" et de "vitrerie". Sa quête du secret de fabrication de l'émail, consignée dans L'Art de terre , durera une vingtaine d'années (1536-1556 env.). Vers 1550, il commence à vivre de ses " vaisselles dont l'émail polychrome imite le jaspe ou le marbre ", puis vers 1555 de ses premiers grands plats au décor animal et végétal en relief, qui feront sa renommée.

Sa rencontre avec Anne de Montmorency lui vaudra diverses commandes dont une grotte "de nouvelle invention" (1556) destinée au château d'Écouen. En 1563, Palissy fait publier à La Rochelle l'Architecture... , puis en septembre la Recepte véritable par laquelle tous les hommes apprendront à augmenter leurs trésors... où il mêle considérations religieuses, édilitaires et agricoles. Mandé par la reine mère pour l'édification d'une grotte rustique dans le jardin des Tuileries, il y installe son atelier. Après la Saint-Barthélemy (1572), parallèlement, il se consacre à la rédaction des Discours admirables des eaux et fontaines ..., (1580). Il connaît à nouveau les persécutions dues à sa qualité d'"hérétique": emprisonné fin 1586 il est condamné à être pendu et brûlé. Cette peine commuée, il mourra deux ans plus tard. Tous les objets appartenant à l'atelier parisien de Palissy ont été déposés au château d'Écouen, afin qu'un inventaire en soit établi.

Germain Pilon (1525/30-1590)

Tombeau de Henri 2  et Catherine de Médicis (Germain Pilon)Aucune des créations d'André Pilon n'a été conservée, de sorte que l'on ne peut apprécier son style. Certaines commandes révèlent toutefois sa prédilection pour les statues en bois peint et pour la terre cuite. En 1558, il fut chargé par le surintendant des Bâtiments du roi, Philibert de l'Orme, de sculpter huit "génies funèbres" ou "figures de Fortune", destinés au tombeau de François Ier que Philibert de l'Orme édifiait à Saint-Denis. À la mort de Henri II, Primatice obtint la charge de surintendant des Bâtiments et conserva Pilon parmi ses collaborateurs. Pour Fontainebleau, Pilon façonna des statues de bois, exécutées sous la direction de l'artiste italien dont le style lui était désormais très familier. Ce n'est qu'avec le Monument du cœur de Henri II (Louvre) que l'on découvre dans toute sa plénitude l'art du sculpteur. Le monument qu'il conçut se compose d'un piédestal décoré, supportant trois personnages féminins qui soutiennent une urne sur la tête. À Pilon échut la plus grande partie du travail de sculpture, notamment l'exécution des trois statues en lesquelles on peut voir aussi bien les Trois Grâces que les Vertus théologales.

Ce fut encore sous le contrôle de Primatice que Pilon créa ses œuvres suivantes. Lorsque Catherine de Médicis fit édifier par Primatice un mausolée en rotonde à l'église abbatiale de Saint-Denis, Pilon fut parmi les artistes responsables de la décoration sculptée. Il travailla d'abord au tombeau du roi défunt et de la reine, à côté d'autres sculpteurs comme Girolamo della Robbia et Maître Ponce. Cependant, la plus grande partie des travaux allait lui incomber progressivement. Il est l'auteur des gisants, des priants, de deux Vertus de bronze et de deux reliefs de marbre. C'est dans le gisant de la reine, imitation d'une statue antique, la Vénus des Médicis, qu'il se libère le plus de ses attaches, peut-être parce qu'on l'y avait engagé. Les priants révèlent une grande liberté dans le mouvement et une reproduction très personnelle de la physionomie qui permettent de constater que Pilon a abandonné le gothique tardif pour l'art de la Renaissance. Statue funéraire (G Pilon)

À partir de 1570, Pilon possédait à Paris un grand atelier et c'était un sculpteur très occupé. Ont été conservées la Vierge de Notre-Dame-de-la-Couture (Le Mans) et les principales sculptures du tombeau de Valentine Balbiani (morte en 1572). Dans ce tombeau, où se mêlent des éléments italiens et français, le personnage est représenté sous deux aspects, selon la tradition française. Valentine Balbiani, à demi étendue, s'appuyant sur un coude, revêtue d'un costume somptueux et feuilletant un livre, correspond à un type italien existant déjà en France avant Pilon. Le bas-relief placé en dessous de la statue la montre en gisante; l'œuvre, d'un réalisme impressionnant, se place dans la tradition des gisants "cadavéreux" de la sculpture médiévale française, qui illustrent la fragilité de la vie humaine.

La plupart des tombeaux exécutés par Pilon n'est connue que par les documents de commande ou des esquisses. En 1572, l'artiste obtient la charge de "contrôleur général des effigies à la cour des Monnaies". Il fondit des médaillons aux effigies des membres de la famille royale. En outre, Pilon exécuta divers bustes en marbre et en bronze, parmi lesquels se distinguent celui de Charles IX et celui de Jean de Morvilliers. Dans les dix dernières années de sa vie, il dispose d'un vaste atelier et l'abondance des commandes l'oblige à s'adjoindre des collaborateurs et des aides.

Jusqu'à 1585 environ, Pilon fut occupé par de nouvelles sculptures en marbre pour la chapelle funéraire des Valois à Saint Denis. On retiendra dans cette production un Christ ressuscité avec deux gardiens (Louvre), un Saint François d'Assise, ainsi que deux nouvelles statues funéraires de Henri II et de Catherine de Médicis qui, cette fois, furent représentés en gisants revêtus des ornements royaux (Saint-Denis). La Vierge de Pitié fut la dernière sculpture exécutée pour la chapelle des Valois à Saint-Denis. Dans cette création, le type de la Vierge est emprunté aux dépositions de croix ou mises au tombeau nombreuses en France, dont il a repris certains détails comme le voile ramené en avant et les mains croisées sur la poitrine. Du style pathétique et dramatique des dernières années, le tombeau de René de Birague, que Pilon réalisa en 1583 à la mort de ce dernier, est également un témoignage. Le corps du personnage s'efface entièrement sous l'ample vêtement creusé de plis profonds qui se poursuit sur le sol par une longue traîne. Reprenant une idée de la tradition médiévale, Pilon fit peindre le priant de bronze de René de Birague. Le relief en bronze de la Déposition du Christ (Louvre) a été exécuté dans les dernières années de la vie de Pilon. Dans cette composition, Pilon rejoint le relief exécuté vers 1544 par Goujon : La Déposition du Christ (Louvre).

 

Orfévrerie et Mobilier

Sous l'impulsion d'Henri II puis de Charles IX l'orfévrerie devient un art très abouti et recherché car il résume en peu de place un art raffiné et dont les oeuvres sont faciles à transporter.

- Aiguière en cristal de roche à base émaillée et anse en argent doré composée de 2 figurines aboutées.
- Aiguière exécutée par Richard Toutain en onyx monté en orfèvrerie, bandeau d'or recouvert d'émail noir
- Aiguière en céramique de saint Porcher monté dans une pâte très blanche (Kaolin pur). La décoration est exécutée par matrice en relief, les creux remplis par la même pâte mais colorée par des oxydes. Anse en forme de personnage
- Aiguière en céramique avec un personnage penché sur l'embrasure du col formant l'anse
- Cruche en céramique avec couvercle aux armes des Montmorency Laval
- Fragment de plat "Façon saint Porcher" avec des animaux modelés en moyen relief
- Bassin aux armes des Gondi (1585 donc Henri III). Il représente une bataille des amazones avec au centre une allégorie d'un fleuve

Le mobilier Henri II authentique est aujourd'hui rare et extrêmement restauré .. donc suffisamment modifié pour que l'on ait quelques difficultés à le définir parfaitement.

- Cabinet authentiquement Henri II avec de nombreuses sculptures et plaques en camaïeu de bronze. Aux angles de grands personnages debout. Statues de Dieux dans les niches.


Renaissance en France (début) Renaissance en Espagne