Renaissance

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Un peu d'histoire

Charles Quint (1500-1558) reçut par une suite d'heureux héritages d'immenses et riches domaines : Roi d' Espagne sous le nom de Charles 1° (1516-1556), prince des Pays-Bas (1516-1556), roi de Sicile sous le nom de Charles IV(1516-1556), roi de Naples et empereur germanique sous le nom de Charles Quint

Il chercha à s'imposer en Europe visant à la monarchie universelle. Désireux de rétablir l'unité religieuse afin de renforcer son autorité et assurer la cohérence de l'empire, il se heurta aux princes protestants allemands soutenus par son principal ennemi François 1°. L'or et l'argent rapportés de ses possessions en Amérique latine financèrent ses guerres d'abord victorieuses (Pavie en 1525 contre la France, Tunis en 1535 contre les turcs ou Muhlberg 1547 contre les princes allemands). Confronté à de graves échecs à partir de 1541  joints à l'impossibilité d'établir la cohésion religieuse souhaitée déterminèrent Charles Quint à négocier la paix de Augsbourg en 1555 qui consacra la division de l'Allemagne en 2 confessions.

Charles Quint abdiqua de ses couronnes entre 1555 et 1556 au profit de son fils et de son frère puis se retira au monastère de Yuste en Estramadure  

La Renaissance dans les Flandres et les Pays Bas

Si les artistes italiens ont été influencés aux 15° et 16° siècles par les techniques et les arts flamands, dont ils avaient certaines oeuvres sous les yeux mais aussi par des contacts avec les artistes; il en fut de même de l'influence italienne, et donc de la renaissance sur les écoles du nord de l' Europe. De nombreux  artistes sculpteurs ou peintres travaillent pour la décoration de monuments civils ou religieux  

Architectes et Sculpteurs

Jean Mone

- Maître autel de Notre Dame de Halle en albatre de 1533.

Jacques du Broeucq (ou Broecke, 1505-1584)

Architecte et sculpteur Jacques Dubrœucq né à Mons travaille dans cette ville à partir de 1539. L'analyse de son langage architectural indique qu'il a du visiter l'Italie, en particulier Rome, avant 1539; elle montre également l'influence de Fontainebleau. Deux œuvres sculpturales lui sont attribuées: le monument funéraire d'Eustache de Croy, évêque d'Arras mort en 1538, et le jubé de Sainte-Waudru (1539-1549), détruit en 1797 mais dont il subsiste des fragments. Le rôle exact de Dubrœucq dans la conception du jubé n'est pas encore connu: il est vraisemblablement l'auteur de certaines Vertus cardinales et des reliefs en albâtre.

Ces fragments nous permettent de deviner ses qualités de sculpteur: Jacques Dubrœucq représente un aspect original du maniérisme international.Il a été le premier maître de Jean Bologne. C'est un des architectes les plus importants de la haute Renaissance dans les Pays-Bas méridionaux. Il a travaillé au château de Boussu à celui de Binche et enfin au château de Mariemont (1546-1549, détruit); ces trois châteaux furent incendiés par les troupes du roi de France Henri II. Jacques Dubrœucq est un maitre-architecte qui sut adapter le langage de la Renaissance romaine à certaines traditions locales, le "brique et pierre" en particulier. Enfin, il fut architecte militaire de Charles Quint, comme plusieurs ingénieurs venus d'Italie, tel Donato de' Boni de Bergame, et on lui doit à ce titre des travaux de fortification. Recruté par Marguerite d' Autriche, il élève aussi des palais pour Marie de Hongrie.

Détail du jubé de la collégiale sainte Vaudru :

- Annonciation en albâtre à l'élégance maniérée dans le jeu des torsions des corps et des drapés
- Résurrection avec le sarcophage en perspective et un Christ jaillissant qui étend les bras
- La tempérance. Remarquer le traitement fluide des drapés et le contraposto.
 

Cornelis Floris ( 1514 -1575)

Chef de file des romanistes, Floris de Vriendt contribua, surtout par son enseignement, à l'introduction de l'italianisme dans l'art flamand; il répandit le goût des sujets mythologiques et profanes Repas des dieux de 1550.

On lui doit surtout l'hôtel de ville d'Anvers (1561) combinaison fort réussie du style architectural flamand et de la Renaissance italienne : multiplication des baies et de grandes statues, bossage des parties basses, superposition des ordres sur deux niveaux, respect de la travée rythmique. -  La partie centrale surélevée rappelle les beffrois des villes du nord, accentuation des horizontales, superposition des ordres ionique et dorique. Une galerie court au niveau du toit (sapatas). On ressent dans le monument une influence espagnole qui n'est pas surprenante puisqu'il s'agit alors d'un même empire

Cornelis Floris fut un propagateur de l'italianisme dans le domaine de l'architecture et de la sculpture, mais comme son frère Frans, Cornelis conserve, sous ce vernis italien, une tradition flamande accusée.

Peintres en Flandres et Pays Bas

Anvers est déjà un centre commercial très important et qui attire les artistes. Il se développe un mouvement pictural que l'on appela le maniérisme anversois, qui n'est pas à rapprocher du maniérisme italien car parfaitement lié au nord et spécifique des peintres anversois , et qui se caractérise par une surcharge décorative, une recherche de détails et une élongation des silhouettes; aussi la France s'approvisionne t'elle en oeuvres d'art venant de cette ville.

Cornelis Engelbrechtsz (1468-1553)Les fiancés par Engelbrechtsz

Primitif hollandais à la peinture "métallique" et contraignante, il s'est formé à Bruxelles. Bien que son style montre une influence italienne certaine, le style anversois domine dans son oeuvre.

Il est resté peu influencé par le maniérisme. Les lignes courbes caractérisent son style.

Ses oeuvres les plus connues : La crucifixion et La lamentation sont typiques de son art. Lucas van Leyden et son frère furent ses élèves mais il travailla également avec ses 3 fils Pieter, Cornelis et Lucas dans l'atelier qu'il dirigea

- Décollation (action de décapiter) de saint Jean Baptiste. Richesse des vêtements
- Les fiancés


 

Portrait de Paracelse par MetsysQuentin Metsys (1465-1530)

Peintre, médailleur et graveur de la Renaissance flamande, héritier de Dierick Bouts et de Van der Weyden, contemporain d'Érasme, élève de David et influencé par Van Eyck. Originaire de Louvain, il vécut et travailla à Anvers de 1491 jusqu'à sa mort. La peinture de Metsys couvre un vaste répertoire iconographique, des scènes religieuses jusqu'aux sujets profanes.

Ses premières œuvres, comme la Madonne assise, démontrent une formation traditionnelle. Certains de ses travaux témoignent de la peinture léonardienne (sfumato du paysage, composition triangulaire - Madonne à l'Enfant). Le monumental triptyque de la Légende de sainte Anne met en évidence les caractéristiques du tournant artistique que l'œuvre de Metsys opéra dans la peinture du Nord.

La composition est ample, les scènes lisibles, la gamme chromatique étendue, les paysages détaillés et soignés. Metsys orienta ses scènes de genre vers la caricature moralisante de la société contemporaine; une nouvelle manière de diffuser les préceptes évangéliques. Il réalisa, par ailleurs, des portraits idéalisant l'attitude des sages. Le plus beau reste le Portrait d'Érasme (1517).

- Les usuriers : Noter les reflets du décor de la pièce sur l'objet en verre
- Portrait de chanoine : Vue de face et de forme triangulaire mais tournant légèrement la tête
- Sainte Madeleine tenant un récipient de baume (1525) : Vue de 3/4 mains posés au premier plan sur le vase, les yeux sont baissés. Détail du  col de fourrure
- Médaille représentant Erasme

Jérome Patenier (1480 env.-1524)

C'est le spécialiste du traitement des paysages qui, comme chez beaucoup de peintres des écoles du nord, occupent beaucoup de place par rapport au sujet principal de l'oeuvre. Avant Bruegel, Joachim Patenier est le principal créateur du paysage nordique.

Peut-être a-t-il séjourné avant 1515 à Bruges, ce que confirmeraient certaines affinités de style avec Gérard David et la forte influence qu'il a su exercer sur des peintres brugeois comme le Maître du Saint-Sang ou Benson.

Aucune œuvre n'étant datée, de très grandes difficultés subsistent quant à la discrimination des travaux de Patenier et de ceux de son atelier ou d'imitateurs contemporains, problème encore aggravé par les fréquentes collaborations tolérées par Patenier dans ses propres œuvres .

Au départ se situent des paysages de construction étriquée, aux rochers débordant de fantaisie, où les plans en coulisse se chevauchent arbitrairement et sans aucun sens de l'ensemble, tels la Fuite en Égypte Oeuvre de 1515/17 où la Vierge se repose dans un paysage campagnard extrêmement travaillé sous un ciel nuageux, ou le fascinant Incendie de Sodome et Gomorrhe. Le Saint Jérôme en méditation aux rochers chaotiques, fait figure de transition avec un premier essai de vue panoramique à l'arrière-plan; ici le sujet principal occupe peu de place par rapport au paysage très étendu et aux coloris variés .

Deux chefs-d'œuvre de visée panoramique, résument parfaitement la démarche profondément nouvelle de Patenier qui renverse l'échelle des valeurs jusque-là admises et élargit démesurément le paysage au détriment des figures tenues désormais pour subordonnées : Le Monde des Enfers et La Tentation de saint Antoine; ces œuvres sont peut-être les premiers vrais paysages de la peinture occidentale qui réussissent à donner l'émotion de l'espace et le vertige de la perspective infinie dans une ambiance de réalité terrestre et humaine.

Cette "modernité" essentielle de Patenier fut vite reconnue comme le confirme le grand nombre de copies, de travaux d'école et de suiveurs qui se sont accumulés sous le nom de Patenier.

Henri Met de Bless (ou Meit ??)

Il fait partie des peintres romanistes qui sont venus chercher à Rome la connaissance des techniques et des styles propres aux italiens de la Renaissance et qui, de retour dans leur pays, les ont adaptés à leurs particularismes. Le chef de file de ces romanistes fut Van Gossaert.

Van Gossaert (dit Mabuse 1478/1488-1535)

Danae par MabuseC'est le chef de file des romanistes : Rattaché à Philippe de Bourgogne, il introduisit la renaissance romaine en Flandres, entre autres avec son tableau de la Danae (mére de Persée). La jeune vierge, assise, offre son corps qu'elle dévoile à Jupiter qui "apparait" sous la forme d'une pluie d'or, dans un décor à plan centré mis en valeur par les colonnes et piliers disposés en rotonde. L'oeuvre est traitée avec beaucoup de sensualité.

Peintre, dessinateur et graveur flamand, Jan Gossaert, dit Mabuse, est né à Maubeuge et mort à Breda. Bon artiste de cour, il fréquente les deux principaux pôles de la culture maniériste des Pays-Bas: la cour de Philippe de Bourgogne à Utrecht et celle de Marguerite d'Autriche à Malines.

Il part pour Rome en 1508, voyage qui lui apporte la révélation fascinante du monde antique. Avant 1508, les œuvres connues de Gossaert, telles que le Mariage mystique de sainte Catherine ou la Vision de l'empereur Auguste sont caractéristiques du maniérisme gothique anversois. À Rome, cependant, Gossaert tout en les copiant, transpose les formes antiques dans un registre qui lui est propre: L'Hercule du Capitole présenté en raccourci et à contre-jour acquiert une puissance nouvelle par le jeu tumultueux de ses muscles pétris de lumière.

Quittant l'Italie, Gossaert suit Philippe de Bourgogne à Suytburg où sont réunis artistes et gens de lettres: Jacopo de Barbari, Érasme... Diptyque Carondelet par MabuseIl peint à cette époque le Triptyque Malvagna , l'Adoration des Mages (1505 : Magnificence du cortège des mages, puissance de mise en place, souci de rigueur) pour l'abbaye de Grammont en Flandre, Le Christ au jardin des Oliviers , l'Adam et Ève du Triptyque Malvagna .

Quant au Saint Luc peignant la Vierge, c'est un hommage grandiose à la Renaissance italienne, dans un fascinant monde de pilastres et d'arcatures impeccables et dans une langue ciselée et parfaite de pureté.

Gossaert a été aussi un remarquable portraitiste, le Diptyque Carondelet (1517, Louvre), qui montre avec quelle précision il s'attache à chaque détail du visage, allant jusqu'à peindre les cheveux un par un avec la plus grande finesse. En partie gauche, Jean Carondelet est en prière devant une Vierge à l'enfant en partie droite, qui semble le regarder.

Cette oeuvre est une expression de l'évolution religieuse de l'époque (Dévotio moderna) qui prône la prière directe avec Dieu, Jésus ou les personnes saintes sans qu'il soit indispensable de passer par l' intermédiaire des religieux. Comme tout bon adepte de la culture humaniste de l'époque, Gossaert représente parfois des nus de très grande taille, ainsi, dans le Neptune et Amphitrite; bien caractéristiques de son art ambigu, aux frontières du dernier gothique et du nouvel académisme italianisant.

Entré au service d'Adolphe de Bourgogne à la mort de Philippe, il a peint un portrait; il s'agit peut-être de Jacqueline de Bourgogne qui allie à une merveilleuse étude de visage un grand raffinement dans la description du vêtement.

Ian Van Scorel (1495-1562)

L'un des plus éminents chefs de file du mouvement romaniste dans la peinture des Pays-Bas du 16e siècle. Humaniste accompli, chanoine lettré, versé dans la musique et dans la technique autant que dans les arts plastiques, Jan van Scorel est pour la Hollande l'équivalent des grands maîtres de la Renaissance italienne et, avec un Lucas de Leyde, innove singulièrement dans l'art de peindre au nord d'Anvers.

Présentation de Jésus au temple par Van ScorelVan Scorel est influencé à ses débuts par Cornelis Buys chez lequel il a peut-être appris les rudiments de la peinture, et par Jan Gossaert. En 1519, il rencontre Dürer. Mais la mort rapide du pape, en 1523, précipite son retour à Utrecht, dès 1524, nanti de bénéfices ecclésiastiques, pourvu de commandes dans tous les Pays-Bas (notamment un Baptême du Christ de 1527) et jusque dans la région de Douai.

Il jouit d'une telle considération qu'on lui confie, en 1550, la restauration de l'Agneau mystique de Van Eyck à Gand. Van Scorel, de même que son ami Vermeyen, nous fait assister à un dépassement sans retour du vieux maniérisme gothique tardif, ultralinéaire, et à l'éclosion d'un académisme novateur d'allure classicisante, fondé sur l'affirmation des valeurs plastiques et sur l'exaltation d'un réalisme vigoureux qui triomphe dans le portrait.

Le chef-d'œuvre de ce genre digne et tendu reste la Madeleine dans un paysage où une figure bien isolée et heureusement campée se détache puissamment sur un paysage aux traditionnels rochers fantastiques, mais éloigné et élargi dans une décoloration très vénitienne.

Ses robustes Vierge aux effets de contre-jour sculptural, le grand Saint Sébastien de 1541, les retables de Douai et de Breda révèlent le premier grand peintre d'histoire néerlandais du XVIe siècle. Scorel est aussi un remarquable portraitiste, exact et efficacement sculptural : l'Agatha van Schoonhoven de 1529, peinte dans un camaïeu raffiné de bruns qui fait d'autant mieux lire le relief, ou le célèbre Écolier de Rotterdam (1531)

- Présentation de Jésus au temple de 1535 dans une copie de... la basilique saint Pierre. remarquer les silhouettes monumentales et savamment éclairées. Cette oeuvre est typique de la peinture romaniste flamande

Bernard Van Orley (1488-1541)Charles Quint par Van Orley

Peintre de portraits et de tableaux religieux, ornementaliste, mais surtout célèbre comme dessinateur de cartons de tapisseries et de vitraux, Barend van Orley est un des représentants de la Renaissance flamande, fortement marquée par l'art italien. L'école bruxelloise est alors peu brillante, et, dès 1515, Barend van Orley reçoit la commande des portraits des six enfants de Philippe le Beau, en particulier celui du futur Charles Quint .

L'activité de Van Orley ne se limite pourtant pas à ces commandes pour la cour; dès 1515, il exécute des portraits de fonctionnaires ou de médecins et des retables.

En 1530, après la mort de Marguerite d'Autriche, il sollicite et obtient à nouveau le titre de peintre officiel auprès de la nouvelle gouvernante des Pays-Bas, Marie de Hongrie. Dès 1525 Van Orley abandonne la peinture pour se consacrer à la confection de cartons de vitraux (à sainte Gudule de Bruxelles...), et de tapisseries, dont la célèbre tenture des Chasses de Maximilien, probablement commandée par Charles Quint vers 1525, et dont la suite complète et originale formée de 12 pièces est conservée au Louvre :

Chaque scène, (Voir tapisseries) symbolisant un mois, se situe dans un décor naturel des environs de Bruxelles, et, outre son intérêt topographique et documentaire évident, offre un exemple très neuf de paysage naturaliste, avec une représentation exacte non seulement du détail véridique, mais aussi de l'étagement des plans et de l'atmosphère. Ces Chasses , très souvent copiées et retissées (on les retisse encore aux Gobelins au XVIIe siècle), auront une influence considérable sur le développement de la peinture et du paysage flamand notamment chez Bruegel l'Ancien, ainsi que sur le grand paysagiste Gillis van Coninxloo.

En dépit de ces affinités, Van Orley se distingue des maniéristes anversois par un sens beaucoup plus grand de l'ampleur monumentale que l'on retrouve chez Gossaert et Jan van Scorel, et qui indique déjà une meilleure assimilation de la leçon italienne.

Ainsi, une figure comme celle du mauvais riche aux enfers sur le revers de l'étonnant Retable de la vertu de Patience de 1521 qui décrit l'histoire de Job, semble dérivée directement de L'Aurore de Michel-Ange pour le tombeau des Médicis.

La venue de Dürer en 1521 à Bruxelles, portant dans ses bagages tout un lot de gravures, est, avec l'arrivée des cartons de Raphaël, un événement capital pour les peintres néerlandais de l'époque, notamment pour Van Orley et son influence déterminante sur eux explique sans doute une certaine résistance de leur part à l'égard de la Renaissance italienne.

Franz Floris (1515-1570)

Frans Ier de Vrient, dit François Floris, petit-fils et fils de sculpteur, se consacra d'abord à l'étude de la sculpture sous la direction de son oncle, à Anvers, avant de devenir l'élève de Lambert Lombard à Liège, où il aura la révélation de la peinture italienne, en particulier celle d'Andrea del Sarto.

En 1540, il part pour l'Italie et arrive à Rome pour découvrir la dernière œuvre de Michel-Ange, Le Jugement dernier de la chapelle Sixtine, qui semble l'avoir durablement impressionné.

Dans son plus célèbre tableau, La Chute des anges rebelles , peint en 1554, on perçoit les réminiscences romaines dans la composition tumultueuse où s'affrontent des créatures infernales, inspirées de Jérôme Bosch. Toutefois, l'artiste ne s'affirme ni originalement flamand ni franchement italianisant, et cette ambiguïté a fait généralement préférer ses portraits.

Les portraits, signés et datés de 1558, une Femme âgée et un Fauconnier , son pendant présumé, sont d'une troublante présence psychologique, soutenue par une subtile vibration de tonalités grises et brunes. La virtuosité de Floris, qui lui valut le surnom, sans grand fondement, de Raphaël du Nord, s'exerça aussi dans des décors triomphaux destinés à des entrées royales, celle de Charles Quint à Anvers, en 1549, et celle de Philippe II, en 1556.

Dans son œuvre abondante, il semble difficile de démêler la part exacte qui lui revient, son atelier ayant été fréquenté par plus d'une centaine d'élèves. À sa mort, son influence italianisante sur la peinture flamande est très grande, et seule la forte personnalité de Rubens y mettra un terme.

C'est le porteur du maniérisme inspiré de l' Italie dans cette allégorie trinitaire avec Jean Baptiste au premier plan regard tourné ver le spectateur et semblant lui expliquer la scène.

Bruegel Pieter 1° ou Bruegel le Vieux (1525-1569)Noces villageoises par Bruegel

Les Bruegel ont formé une famille de peintres. Les paysages et scènes de genre du père : Pieter 1°, sont une méditation sur la destinée humaine.

Comme ses fils il eut une recherche originale surtout dans la représentation de ses paysages qui ont un caractère très particulier dans la façon de diffuser la lumière et la sensation de mouvement du temps. Il fut l'ami de l'imprimeur Plantin

 
Dessinateur, Bruegel a popularisé les motifs de sorcellerie familiers à Bosch et à son école. La Dulle Griet (ou Margot l'enragée) l'épée en main et sous le bras sa batterie de cuisine, casquée d'un pot, une mégère traverse un paysage infernal.

Ce qui était chez Bosch signe du surnaturel est devenu pure fantaisie : peinture de ces images qui naissent du sommeil, de la fièvre, de la crédulité, ou de la seule plaisanterie.

Dans Saint-Jacques et Hermogène , dans La Chute du magicien , le saint, d'un signe de croix, fait exploser et choir le monde ridicule et répugnant des maléfices. Expression majeure de cet esprit d'exorcisme : La Chute des mauvais anges . Triomphe de la mort par Bruegel

Bruegel peint les épisodes sacrés sur le mode profane; et ces épisodes sont regardés de loin, dans un vaste paysage, et presque perdus dans une foule qui les ignore et les dissimule d'abord à nos regards.

Dans le Dénombrement de Bethléem , rien ne distingue la Sainte Famille de tous ceux qui vaquent aux besognes quotidiennes. C'est l'hiver, les enfants patinent, et les fonctionnaires profitent du recensement pour percevoir l'impôt. Le Portement de Croix s'accomplit au sein d'une foule pareillement distraite ou indifférente.

On s'est interrogé sur la différence de style qui, dans le Portement de Croix , sépare les grandes figures du premier plan - Vierge en pleurs, saint Jean, saintes femmes - et le paysage "moderne" au centre duquel, infime, tombe le Christ. C'est que le Portement se déroule sur le plan du réel, du quotidien; tandis que les figures douloureuses, qui sont moins des personnages que des images, et d'un style de jadis, appartiennent à la conscience chrétienne.

Le Massacre des Innocents montre le crime accompli par une troupe espagnole Il aime les séries, Vices ou Vertus , succession des "mois": Les Chasseurs dans la neige , La Journée sombre , La Fenaison , La Moisson , La Rentrée des troupeaux .

Il est, avec le même bonheur, le peintre des hivers et celui des moissons, celui du Triomphe de la Mort et des plaisirs d'enfance, des plaines et de la mer, des montagnes, des siestes et des naufrages. Et pareillement: le peintre du colossal et de l'infime, montrant en même temps l'énormité de La Tour de Babel et la miniature de ses mille et une besognes.

Paysage d'hiver (1565) : Sur un cours d'eau gelé les habitants du village viennent patiner. Remarquer le traitement de la neige et cet horizon où se fondent le ciel et la terre

Son art est populaire, franc, évident; mais non moins savant, allusif, secret

 

Bruegel évoque dans une série de tableaux la misère spirituelle humaine :

Ce sont les fous des Proverbes , Les mendiants estropiés sont à la porte d'un verger, bienheureux fouillis de verdure. Sur l'image plaisante des Trop-Gros et des Trop-Maigres, sur le Combat de Carnaval et de Carême , on peut concevoir les principes d'une médecine, d'une économie, d'une politique.

Les Aveugles de la chair et de l'esprit : dans ce tableau peint à la détrempe remarquer la composition oblique et la marche inélluctable des aveugles vers le gouffre suggéré au prtemier plan droit. Universelle infirmité qui culmine dans le Triomphe de la Mort : l'immense armée macabre peuple toute la terre et s'empare des vifs; et chacun porte la mort en soi.

Comme dans La tour de Babel, le tragique est également refusé dans La Chute d'Icare ou celui-ci est suggéré par la lumiére inondant l'horizon et tombant dans la mer, suggérant ainsi la veine recherche des hommes vers le ciel.

Éloge de la paresse, le Pays de Cocagne est moins une idylle qu'une satire. Chute d'Icare de BruegelAu-delà des aveugles qui trébuchent, il nous est donné de voir le plus délicat et le plus tranquille des paysages.

 

L' art de Bruegel est par excellence une conciliation des "contraires": Moyen Âge et Renaissance, Italie et Flandres; dessin, couleur, et volume; couleur franche et couleur "impressionniste"; scène et paysage; immobilité et mouvement des figures; espace ouvert sur les lointains et monde clos et global; vision grandiose et miniature.

 

 

 

 


Bruegel Pieter 2 le Jeune (1564-1638)

Fils aîné de Pieter I, Bruegel d'Enfer il est reçu maître en 1585. Les copies par Pieter II d'œuvres de son père sont le plus souvent et explicitement signées et datées; ainsi connaît-on au moins neuf Prédication de saint Jean-Baptiste signées et quatorze non signées, treize exemplaires répétitifs du Dénombrement de Bethléem de Bruxelles, une vingtaine d'Adoration des Mages avec effet de neige

Il va sans dire que bon nombre d'œuvres de Pieter II ont le grand intérêt de garder le souvenir exact d'œuvres perdues de Pieter I À la tête d'un atelier des plus productifs et transmettant de la façon la plus efficace les t

hèmes chers à son père, Pieter II Bruegel reste avant tout un artiste plein de verve et de vitalité, délibérément archaïsant et à contre-courant, pratiquant une peinture de lecture facile et un peu naïve, vivement coloriée, de facture soignée, brillante et comme émaillée.

Il fut l'auteur de scènes infernales d'ou son surnom de Bruegel d'enfer. En cela il se rapproche de Jérôme Bosch

 

Bruegel Ian 1° (1568-1625) dit Bruegel de velours

Plus doué et plus original que son frère, Jan se forma dans un cadre plus large en se rendant, vers 1589, en Italie où il resta jusqu'en 1596 non sans se lier durablement avec le cardinal Federico Borromeo à Milan. Il aura à Anvers une situation très aisée, sera membre de plusieurs compagnies littéraires, voyagera à Prague en 1604, en Allemagne en 1606.

Talent très divers, incomparable exécutant, réaliste virtuose, fasciné comme tant d'esprits de son temps par l'exactitude et la minutie illusionniste du détail, il reste avant tout, pour le grand public, le meilleur peintre de fleurs de l'école flamande du XVIIe siècle.

Bruegel de Velours sera quasiment le fondateur incontesté du genre, lui qui lança la formule promise à un si bel avenir commercial du tableau de piété intime : une Vierge à l'Enfant généralement, qui est le plus souvent peinte par un autre artiste, encadrée et enjolivée par une importante guirlande de fleurs

Mais Bruegel de Velours fut aussi un habile copiste des œuvres de son père, qu'il traite dans cette manière fine, précieuse et brillante qui était la sienne. Les Allégories , les Cinq Sens - luxueux prétextes à des amoncellements de fleurs, de fruits ou d'objets - caractérisent encore la production de Bruegel de Velours Ainsi Jan Bruegel de Velours apparaît-il, à l'orée du XVIIe siècle, comme un artiste de transition subtil et raffiné

En opposition avec le style des Bruegel on citera :

Cornelis van Harlem

- Massacre des innocents (1491) . Dans une vue en perspective rétrécie, les corps sont enchevêtrés créant ainsi une sensation de foule en panique cherchant à s'enfuir en tout sens.

Tapisseries

La tapisserie est une grande spécialité du nord de l' Europe dans lequel dominent surtout Bruxelles (dont les tapisseries sont identifiées par la marque BB, comme Bruxelles-Brabant) mais aussi Bruges et Tournai.

- Tenture de l' histoire de David et Bethsabée , illustration de la vie de cour à Bruxeles vers 1515, composée de plusieurs pièces. Utilisation de fil de laine, argent et or laissant supposer une destination princiére (cadeau de Marguerite d'Autrihe à Henri VIII d'Angleterre ?). Par exemple : "le départ pour la guerre" et "Bethsabée reçut à la cour".

- Chasses de Maximilien (1532-33) en forét de Soignes prés de Bruxelles. Ce sont 12 tentures correspondant aux activités des 12 mois de l'année (qui commençait alors en mars !), commandés probablement par Charles Quint et dont les cartons sont l'oeuvre de Bernard van Orley peintre de cour (cf ci-dessus). Dans la chasse au sanglier (qui correspond au mois de décembre) un jeune homme en habit rouge, probablement Ferdinand II petit fils de Charles Quint, dans un paysage désolé et enneigé perce le flanc d'un sanglier sur lequel les chiens s'acharnent.

- Conquéte de Tunis. Les cartons de préparation de Ian Cornelis Van Mayen existent toujours.

La Renaissance en Allemagne

Elle reste conditionnée par le style gothique et le gothique tardif.

Les sculpteurs

Tilman Riemenschneider (1460-1531)

Il sculpte de petits modules mais aussi de grands ensembles dans ce style gothique tardif. Sculpteur allemand .Sa formation première reste enveloppée d'obscurités. Sa rigueur est manifeste dans le gisant de Konrad de Schaumberg, dans le tombeau de l'empereur Henri II et de l'impératrice Cunégonde, à la cathédrale de Bamberg (1499-1513), et même dans celui, si impressionnant, de l'évêque Rodolphe de Scherenberg (1496-1499), dans la cathédrale de Würzburg, où l'on retrouve l'influence de Nicolas Gerhaert de Leyde.

En 1491-1493, cette même rigueur donnait déjà une certaine gravité, malgré leur charme, aux statues d'Adam et d'Ève, jadis dressées au portail sud de la chapelle de la Vierge de la cathédrale Saint-Kilian de Würzburg.

La série des retables en bois polychromé de Riemenschneider débute en 1490 par le Retable de Sainte-Madeleine : la sainte en méditation dans le désert, ravie par les anges est une sœur de l'Ève en pierre de Saint-Kilian. L'artiste a représenté la vie et la mort de la sainte ainsi que le collège des apôtres.

Elle se poursuit par le Retable du Saint-Sang (1499-1504). Le Retable de la Crucifixion , dans la chapelle Saint-Michel de Rothenburg est d'une inspiration strasbourgeoise indéniable.

Il faut citer enfin le Retable de l'Assomption de la Vierge, datant des environs de 1505, qui marque par sa dynamique expressive un des sommets de l'art de Riemenschneider. Sa composition pyramidale présente, en haut, la Vierge ravie par les anges sous les yeux des 12 apôtres, tandis que les volets, de faible relief, content la vie de la Mère de Dieu. L'Annonciation et l'épisode de Jésus parmi les docteurs occupent la prédelle avec, au centre, deux anges porte-draperies. Un haut baldaquin flamboyant est placé au-dessus du triomphe de la Vierge.

Van Stoss (1438/47-1533)

Vierge à l'enfant de Van StossNé à Nuremberg son activité se partagera essentiellement entre Nuremberg et Cracovie. Annonciation par Van StossC'est un sculpteur de l'art gothique finissant.

Le retable du maître-autel de Notre-Dame de Cracovie, 1477-1489, constitue sa première œuvre magistrale; ses dimensions sont importantes (13 m sur 11 m) et certains personnages mesurent presque 3 mètres. La partie centrale présente, superposés: La Mort et Le Triomphe de la Vierge , en quasi-ronde bosse, et les volets: La Vie de la Vierge , L'Enfance , La Vie publique , La Passion et La Vie surnaturelle du Christ , en bas relief.

Ces scènes sont d'un dynamisme expressif, voire d'une théâtralité remarquable. Dans ce même temps, Veit Stoss sculpte 14 lustres (non conservés) pour la Corporation des tailleurs de Cracovie (1485), fournit des ouvrages pour l'autel de Jacob Valerdorff à Notre-Dame, réalise en pierre un Mont des oliviers.

Au cours du second séjour à Cracovie il travaille au tombeau du roi Casimir IV dans la chapelle de la Sainte-Croix (1492), dont le gisant, de pierre bigarrée, est d'un réalisme pathétique apaisé, et il sculpte un retable face aux stalles des conseillers à Notre-Dame (avant 1495).

En 1496, il livre ses travaux pour le tombeau de l'archevêque Olesnicki à la cathédrale de Gniezno (Gnesen) et travaille au tombeau de l'évêque Mosimski dans la cathédrale de WLocLawek.

Son retour à Nuremberg lui permettra de poursuivre ses activités, mais dans des conditions qui, en raison des bizarreries de son comportement, le confineront dans un isolement complet.C'est l'époque des reliefs en pierre commandés pour le tour de chœur de Saint-Sébald. De 1500 à 1503 date le Retable de la Vierge debout appuyée sur un croissant de lune (Remarquer l'accentuation du front et des traits du visage).

De 1517 à 1518, Veit Stoss sculpte L'Annonciation (en bois de tilleul-1517) en ronde bosse ajourée. Richesse des vêtements . Suit, en 1520, un Christ en croix pour Notre-Dame, conservé actuellement à Saint-Laurent, ainsi qu'un retable (1520-1523) prévu pour l'église de la Rédemption et transféré dans la cathédrale de Bamberg

Conrad Meit (1480-1550)

C'est le sculpteur du tombeau de Marguerite d' Autriche au monastére de Brou et de l' Allégorie de la force

- Sybille du tombeau de Philibert au monastére de Brou (1530).

Pieter Vischer (1460-1529)

Famille de sculpteurs et de fondeurs allemands établis à Nuremberg. De l'atelier des Vischer sont sorties quelques œuvres maîtresses de la sculpture allemande.

Le plus important de ces fondeurs est Peter Vischer l'Ancien (1460 env.-1529). Formé auprès de son père, 3 de ses fils travaillèrent avec lui, mais ils moururent jeunes (Hermann, Peter le Jeune, né en 1487, sans doute le plus doué, Hans).

L'organisation même du travail dans l'atelier empêche d'identifier avec certitude la part qui revient à chaque membre de la famille. Toutefois, Peter Vischer le Jeune semble avoir été particulièrement doué pour les œuvres de petites dimensions, statuettes et plaquettes conçues dans l'esprit des petits bronzes italiens.

Aussi lui attribue-t-on les petites figures d'une fantaisie charmante qui animent l'œuvre la plus importante sortie de l'atelier des Vischer, le monument qui entoure la châsse de saint Sebald dont le répertoire ornemental fait transition entre le gothique tardif et la renaissance.

Parmi les autres grandes œuvres produites par les Vischer, on doit mentionner les statues des rois Arthur et Théodoric, deux des nombreuses statues d'ancêtres destinées à orner le tombeau de l'empereur Maximilien Ier. Les deux statues exécutées dans l'atelier des Vischer le furent d'après des dessins de Dürer. De 1525 date ce petit encrier accompagné d'une statuette de femme nue debout représentant l'allégorie du savoir.

Hans Rienhart

Ce médailleur à réalisé une médaille qui porte au recto une scène du péché originel et au verso la crucifixion

Les architectes

Il n'y a pas de véritble architecture de la renaissance en Allemagne et en conséquence peu d'architectes représentatifs de ce style.

Colin de Malines

- Détail de l'aile du château de Hieldelberg (1546) avec utilisation du bossage ( à l'origine d'usage militaire) et sculptures à l'italienne mais assez surchargées sur le plan décoratif,
- A Cologne l' Hôtel de Ville ou se ressent l'influence vénitienne avec cette superposition d'horizontales. Portique a 2 niveaux.

Les peintres germaniques

Mathias Grunewald (1460/70-1528)

Matthias Grünewald est une personnalité unique dans l'histoire de la peinture allemande. Sa vie et son activité artistique sont mal connues, et l'œuvre qu'il a laissée n'est pas très volumineuse. Elle s'inspire toujours de thèmes sacrés, plus précisément des souffrances et de l'œuvre rédemptrice du Christ, auxquelles Grünewald prête une poésie dramatique .

Son chef-d'œuvre, le célèbre retable d'Issenheim, par ses thèmes et son langage plastique, est l'expression ultime de la pensée et du sentiment religieux du Moyen Âge.

Grünewald est peut-être né en Bavière. En 1517 il est à Aschaffenburg et peint le retable de l'autel de Notre-Dame-des-Neiges. À la différence de Dürer, dont les œuvres sont nombreuses, Grünewald n'a laissé que quatre retables (au total dix-sept panneaux), sept tableaux et environ quarante dessins. On a retrouvé un panneau représentant la Cène, sainte Dorothée et sainte Agnès, et où l'on observe déjà tous les traits caractéristiques de l'artiste.

En 1504, il acheva Le Christ outragé , œuvre conçue en guise d'épitaphe. Le corps émacié, épuisé du Christ est peint avec un accent bouleversant, dans des tons ocre, rouge foncé et verdâtre, devant un étrange paysage. Les figures monumentales des saints du Retable Heller ont cette même puissance d'expression.

Le retable d'Issenheim (musée Unterlinden, Colmar) a été commandé par le couvent des Antonins d'Issenheim, pour remplacer dans l'église, un retable plus ancien. La date exacte d'exécution se place entre 1512 et 1516. Le polyptyque est une illustration des activités des Antonins qui se consacraient aux soins des malades, et particulièrement des pestiférés. Le retable comporte de chaque côté 2 panneaux mobiles superposés qui se referment sur un reliquaire de bois sculpté. À l'origine, il était surmonté de sculptures. Les 4 volets sont peints sur les deux faces.

Sur la prédelle, on voit La Lamentation , et sur les panneaux en position fermée La Crucifixion, Saint Antoine et Saint Sébastien , les saints patrons du couvent dont ils soutiennent la lourde tâche. La Lamentation représente les fidèles et les malades délivrés de leurs souffrances par le Christ. La Crucifixion est concentrée sur le corps du Christ, légèrement déporté vers la droite du tableau; saint Jean-Baptiste montre d'un geste le corps brisé, livide sur la croix, couvert de blessures purulentes. Marie, soutenue par saint Jean l'Évangéliste, et Marie-Madeleine se tournent vers lui en l'implorant. Le retable ouvert, d'un coloris splendide, révèle sur les volets L'Annonciation et La Résurrection .

Le large panneau central représente la Nativité, dans le décor d'une architecture fantastique. Déplié une seconde fois, le retable laisse apparaître la partie centrale sculptée, attribuée à Nicolas Hagenau, avec Saint Antoine , patron du couvent. Les volets de Grünewald montrent Saint Antoine et saint Paul ermite au désert et la scène de La Tentation de saint Antoine peuplée de figures démoniaques qui rappellent Jérôme Bosch.

Vers 1517-1519, Grünewald travaillait à l'autel de Notre-Dame-des-Neiges. Il en reste un panneau représentant la Vierge et l'Enfant, et un volet qui se trouve à Fribourg-en-Brisgau. La Madone de Stuppach est une des œuvres les plus recueillies de l'artiste. La Vierge offre un fruit à l'Enfant Jésus debout sur ses genoux; tout autour d'eux, des fleurs et des objets symboliques; à l'arrière-plan, une cathédrale gothique symbolise la Jérusalem céleste, et, dans les nuages, au centre d'une auréole, on voit Dieu le Père qu'accompagnent les anges.

Parmi les œuvres des dernières années, il faut ranger les Saints Maurice et Érasme. Vers 1526, Grünewald peint une Crucifixion et un Portement de croix . Une fois de plus, Grünewald exprime la souffrance du Christ d'une façon bouleversante. Les bras de la croix s'affaissent sous le poids du corps inanimé et, dans Le Portement de croix , le Christ, écrasé sous la charge, frappé et harcelé par ses bourreaux, lève vers le ciel un regard implorant. À l'arrière-plan, le verset d'Isaïe gravé sur un écriteau rappelle au passant: "Il a été frappé pour nos péchés."

Durer (1471-1528)

Durer est issu d'une famille d'orfèvres et le filleul d'un imprimeur. Tourmenté, il s'appuie sur la tradition religieuse et la recherche d'idéal. Il fit plusieurs auto portraits, le premier en 1484 à l'âge de 13 ans. Maximilien par Durer

Dessinateur, graveur sur cuivre et sur bois, peintre et théoricien, aquarelliste, né à Nuremberg, Dürer est sans conteste le plus illustre des artistes allemands. Il a joui de son vivant d'une réputation immense, surtout comme graveur: ses estampes furent copiées dans toute l'Europe.

La gravure sur cuivre et la gravure sur bois n'étaient encore que des techniques récentes; il a porté la première à un point de perfection jamais atteint depuis lors et élevé la seconde, au rang d'un art majeur. Les inquiétudes d'un esprit s'est peut-être allégoriquement figuré dans le célèbre cuivre de la Mélancolie (1514).

Il exécuta un portrait de Maximilien 1° et pour Frédéric le Sage, le retable de Dresde (vers 1497), le "retable Jabach" (vers 1503-1504) . Son intérêt pour les mathématiques, la perspective et l'anatomie le conduisent à étudier Euclide. Attentif aux phénomènes de la nature, il fixe à l'aquarelle l'aspect d'étranges formations géologiques parfois anthropomorphes, grave sur bois un rhinocéros, dessine des sœurs siamoises.

Face à la menace turque, il compose un Traité des fortifications (publié en 1527), véritable ouvrage d'urbanisme. La diversité de ses préoccupations et l'étendue de son génie en font l'égal des artistes de la Renaissance italienne, en particulier de Léonard de Vinci

Il s'est, par exemple, inspiré de ce dernier pour les célèbres nœuds gravés sur bois et pour les études de physionomie qui ont préparé Jésus parmi les docteurs, tableau de la fin de 1506.

La prodigieuse faculté d'observation et la sûreté de main de Dürer servirent son insatiable curiosité. Déjà ses premières œuvres, son Autoportrait à la mine d'argent de 1484 (Vienne, Albertina) ou le portrait de son père peint en 1490 (Florence, Offices), révèlent une exceptionnelle acuité du regard. Mais les études d'animaux ou de plantes sont, à cet égard, les plus remarquables, comme le Lièvre ou les Grandes Herbes , qui se sont acquis une célébrité.

Cet esprit d'observation et cette aptitude à reproduire l'aspect des choses ne se limitèrent pas aux formes. Les merveilleux paysages à l'aquarelle qu'il a laissés (vues des Alpes et vues des environs de Nuremberg exécutées au cours des années suivantes: le Val d'Arco ,; le Moulin sur la rivière ) révèlent un œil aussi sensible aux moindres nuances de la lumière qu'aux plus petits détails de la forme.

Dürer reçut une formation traditionnelle. Il commença par apprendre le métier d'orfèvre, apprentissage qui explique certainement son habileté à manier le burin. Il va travailler quatre ans (1490-1494) à Strasbourg et à Bâle, surtout en illustrant des livres imprimés. Sa tendance naturaliste se trouve bientôt confirmée par l'exemple de l'art italien. Il en retient d'abord une leçon de réalisme plutôt que d'harmonie (comme le montre sa Grande Crucifixion sur bois de 1495).

L'Apocalypse (gravure de 15 planches ) est l'un des rares moments d'équilibre et d'achèvement dans une œuvre dominée par les recherches et les inquiétudes.

Les tableaux exécutés dans les mêmes années 1495-1500 ne le cèdent en rien aux gravures pour la qualité. Il serait malaisé de trouver une unité de style, sinon de tendance, entre le petit Saint Jérôme (gravure sur cuivre), le Christ de douleur d'un esprit totalement étranger à l'art italien , et la Madone Haller . Dans les années qui suivent, le corps humain et la perspective deviennent ses principales préoccupations, et ses œuvres semblent être tout à la fois des expériences et des manifestes. La plus caractéristique est la gravure sur cuivre d'Adam et Ève (1504), aboutissement de longues recherches sur le canon de la beauté.

L'Adoration des Rois (Florence, Offices) de 1504 marque le terme de ces recherches. Cette adoration représente au contraire dans sa perfection le fruit d'un effort pour donner du monde une représentation exacte et rationnellement fondée et marque le triomphe d'une conception objective de la peinture. Les grandes compositions religieuses que Dürer fit alors ne peuvent malheureusement donner que des indications partielles; la Fête du Rosaire , et l'Assomption du retable Heller (1508), ne sont connues que par une copie. En outre, Dürer semble de plus en plus absorbé par ses travaux théoriques et pédagogiques, la préparation du grand Livre du peintre qu'il veut rédiger pour l'instruction de ses jeunes compatriotes et dont le Traité des proportions édité en 1528, peu après sa mort, devait être une partie

Le voyage que Dürer fait aux Pays-Bas en 1520 et 1521 coïncide avec une nouvelle orientation de son art. Ce n'est plus la recherche d'une beauté supérieure qui le guide mais ses études sur les proportions. Durer : Autoportrait en 'sauveur du monde'

Après 1520, il ne peint et ne grave pratiquement plus que des portraits, et Les Quatre Apôtres sont avant tout des études de physionomies. C'est une œuvre obscure et par certains côtés imparfaite. On a supposé, qu'il s'agissait des deux volets d'un retable dont la partie centrale n'aurait pas vu le jour. On y voit, depuis le XVIe siècle, une allégorie des quatre tempéraments, mais cette interprétation, même fondée, n'épuise pas les intentions de l'artiste.

Les citations tirées des écrits des saints représentés (Jean : le sanguin, Pierre le flegmatique, Marc : le colérique et Paul: le mélancolique) qui figurent au bas des panneaux furent longtemps tenues pour des attaques contre l'Église romaine.

Ses œuvres de jeunesse, en particulier l'Apocalypse , sont sinon la seule, du moins l'une des principales causes du changement profond de style intervenu dans la peinture allemande après 1500. Baldung, Cranach, Altdorfer, Wolf Huber lui durent beaucoup.

- Autoportrait au chardon (1493). Le chardon est symbole de fidélité conjugale. Le buste est de trois quart, les mains posées au premier plan; grande recherche vestimentaire. Fond très sombre et comme inexistant
- Autoportrait fait à Nuremberg, après son voyage à Venise dont on ressent l'influence
- Autoportrait réalisé de face (1500). Mains sur la poitrine, barbe et cheveux longs dénoués et tombant sur les épaules. Cette allusion au Christ en "Salvator mundi" est une réflexion sur l'homme à l'image de Dieu.

 

Enguerrand Carton (1419-1466)

Enguerrand Quarton (ou Carton), originaire de la région de Laon où il s'est probablement formé, a exercé son activité de peintre et enlumineur en Provence, pour une nombreuse clientèle. On lui a demandé des retables de grandes dimensions, mais aussi l'illustration de livres d'heures.

Après avoir collaboré, au début de sa carrière, avec Barthélemy d'Eyck comme enlumineur, il reste un peintre qui n'a jamais oublié la sculpture monumentale des cathédrales de Laon et de Reims.

Le retable Cadard, le couronnement de la Vierge qui est la meilleure illustration de son art (rigueur géométrique, plasticité des formes et individualisation des visages) ou la "Pietà d'Avignon" représentent l'apogée de la peinture française de la fin du Moyen Âge.

Fait rare pour le moyen-age finissant on posséde plusieurs contrats d'eouvres qui lui ont été commandées. Voir également Moyen-age 11

 

Cranach l'ancien (1492-1553)

Peintre et graveur il excella dans les scènes d'inspiration biblique ou mythologique la carrière de Cranach se divise en deux périodes inégales et très distinctes: un séjour à Vienne, d'environ 1500 à 1504, et son activité comme peintre de la cour des princes électeurs de Saxe, à Wittenberg, de 1505 à sa mort. Il y fut l'ami de Luther. Le changement de résidence s'accompagna d'un profond changement de style : à la vitalité, au pathétique violent des œuvres exécutées à Vienne s'oppose la froideur de sa production ultérieure, aux élégances sophistiquées, où l'on a vu tantôt un retour au gothique tantôt un des aspects du maniérisme international.

Son œuvre actuellement connue comprend plusieurs centaines de tableaux, parmi lesquels il est difficile de distinguer les œuvres de son atelier de celles de son fils Lucas Cranach le Jeune (1515-1586). À cela s'ajoute une centaine de gravures, et presque autant de dessins. Sa présence à Vienne entre 1500 et 1504 est attestée par ces toiles : Le Docteur Cuspinian (env. 1502-1503) remarquable par l'intensité psychologique, l'importance du fond de paysage et la couleur chaleureuse, ainsi que par le dessin libre et souple, qui contraste avec celui, sec et pointu, des œuvres de la fin du XVe siècle.

Les mêmes qualités se retrouvent en particulier dans le Saint Jérôme au désert (1502) et la grande Crucifixion de 1503, dite " de Schleissheim ". Par l'originalité de sa composition (la disposition inhabituelle des croix suggérant la profondeur), par le dépouillement de la mise en scène et la vigueur expressive du dessin, cette œuvre compte parmi les plus remarquables de l'époque.

Un an après Cranach donnait avec le Repos pendant la fuite en Égypte la plus célèbre idylle de la peinture allemande: la sainte Famille a fait halte dans un vallon, à l'orée d'un bois, auprès d'une source; trois anges la récréent d'un concert, tandis que des putti papillonnent alentour. Ami et partisan de Luther, il imprime certains de ses ouvrages et donne, en 1521, une suite de gravures sur bois, antipapistes, le Passional Christi et Antichristi. Son œuvre consiste, sous Frédéric le Sage, en décorations (disparues) de châteaux, en retables (Retable de Torgau , 1509) et en tableaux de caractère profane (Vénus et l'Amour , 1509; Lucrèce , env. 1518).

Les toiles profanes se multiplient sous le règne de Jean le Constant, innombrables variantes de quelques types: Vénus, seule ou avec l'Amour, Lucrèce, Diane ou nymphe à la fontaine, jugement de Pâris, courtisane et vieillard, etc. Les raisons du changement brutal qui survient dans son style en 1505, et que révèle le Retable de sainte Catherine de 1506 (Dresde), restent d'autant plus mystérieuses que ses œuvres antérieures donnaient l'impression d'une forte personnalité.

C'est le début de la décadence qui va s'accentuant après 1525. La seule explication que l'on puisse avancer semble une réceptivité excessive aux sollicitations du milieu de formation artistique médiocre, qui a entraîné également la décadence finale.

Cranach le jeune, Lucas (1515-1586)

Peintre et dessinateur pour la gravure sur bois. Fils de Lucas Cranach l'Ancien, il a travaillé dans l'atelier de son père, dont il avait pris la direction à sa mort. Lucas Cranach le Jeune a adopté le même style que lui, de sorte qu'il est souvent difficile de distinguer ses œuvres de celles de la dernière période de son père, qui comprend surtout des portraits et des tableaux religieux, pesantes allégories de la foi luthérienne. Les amoureux par Altdorfer

Albrech Altdorfer (1480-1538)

Peintre et graveur, il accorda une large place aux paysages minutieusement peints.

Peintre et graveur de l'Allemagne du Sud. Ses premiers ouvrages conservés (dessins et estampes) remontent à l'année 1506. Avec Dürer, Holbein, Grünewald et Cranach, il compte parmi les artistes les plus représentatifs de la peinture allemande.

Quelques peintures sont datées de 1507: La Naissance du Christ ; Saint François et saint Jérôme. Dans cette période initiale, ce sont les compositions mouvementées, souvent peuplées de sorcières, d'hommes sauvages et d'autres bizarres apparitions qui sont caractéristiques.

La nature est vivifiée sur un registre mystérieux. Les tresses qui pendent des arbres ou des vieilles murailles évoquent des chevelures humaines ou des barbes. Sur d'autres tableaux, les plis des vêtements apparaissent comme des racines qui enchaînent. Il s'en dégage l'impression que les principes formels de l'univers végétal pénètrent toute chose, non seulement la forme humaine, mais aussi les structures inorganiques telles que les édifices et les rochers.

C'est de la seconde periode que date le ravissant tableau sur bois des fiancés à l'évocation tendre et sensiblr

Bataille d'Arbel par Altdorfer C'est à partir de 1520 qu'apparaît un nouveau style dans la création d'Altdorfer, manifesté avant tout par le retable de l'église Saint-Florian, près de Linz. Fermé, l'autel montrait, sur quatre panneaux, la légende de saint Sébastien; les ailes ouvertes découvraient huit peintures de la Passion. Par rapport au style de jeunesse, seule l'explosion végétale de la phase initiale se trouve atténuée.

Les représentations de la Passion ont été pour Altdorfer l'occasion de caractériser les différents moments du jour par des jeux d'éclairage.

Les œuvres de la troisième décennie font apparaître une sorte de réaction par rapport à l'autel de Saint-Florian où l'on voyait de grandes figures.

L'image humaine disparaît des tableaux, au profit du seul paysage, thème vers lequel tend tout l'art d'Altdorfer. Il y a consacré au moins 9 eaux-fortes, 3 aquarelles et 2 tableaux, le Paysage avec le sentier, et le Paysage du Danube près de Ratisbonne.

Au cours de l'année 1529, Altdorfer produit sa deuxième œuvre maîtresse: La Bataille d'Alexandre. Il s'agit de la bataille d' Arbéles en ~331 en Assyrie, dans laquelle Alexandre vainqueur de Darius III poursuit celui-ci s'enfuyant en char; noter le fourmillement des soldats dans un décor céleste. Au sens propre du mot, les protagonistes du tableau ne sont pas les hommes mais les éléments, le ciel éclairé par le soleil et la lune, la terre et la mer.

 

Arts décoratifs

Les frères Jamnitzer

Les frères Wenzel (1508-1585) et Albrecht (mort en 1555) Jamnitzer et le fils aîné du premier, Christoph (1563-1618), ont travaillé à l'école d'orfévrerie de Nuremberg : aiguières, coupes. Ces objets sont littéralement arrachés à leur destination par un entrelacement de courbes, de spirales. Ces lignes, qui ne commencent ni ne s'achèvent, trouvent leur justification dans l'intégration d'éléments empruntés à la nature: pierres précieuses qui donnent une profondeur, mais aussi et surtout coquilles de nautiles dont le dessin spiralé est très apparent. Christoph Jamnitzer, dans son ouvrage Le Nouveau Livre des grotesques (1610), donne libre cours à ce délire linéaire, dans une suite de variations.

- Ecritoire en argent doré, orné sur son couvercle d'une profusion d'animaux : lézard, grenouille,coquillage.......
- Daphné en argent doré, pierres précieuses, corail et argent doré de facture très hellénisante
- Grande allégorie de la terre féconde, son grand chef d'oeuvreµ- Grand bassin au marli (bord) travaillé


L'empereur du saint Empire Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612) fut un mécéne qui rassemblât dans sa capitale de Prague, des peintres, architectes et sculpteurs de renommée

Hans Schlottheim

Nef automate. c'est un remarquable travaille d'horlogerie. A chaque heure, les grands électeurs défilent et les trompettes sonnent

Adrien de Vries (1546-1626)

Sculpteur néerlandais, Adriaen de Vries (ou, mieux, de Fries) naquit à La Haye. Il entra dans l'atelier de Jean Bologne, à Florence, et y travailla pendant une longue période: connu sous le nom d'Adriano Fiammingo, il était l'un des collaborateurs du maître et participa en au décor de la chapelle Grimaldi à San Francesco di Casteletto à Gênes (1579-1585).

En 1593, il exécute deux grands groupes de bronze qui furent acquis par l'empereur Rodolphe II et placés au château de Prague: Mercure emportant Psyché (Louvre, Paris) et Psyché portée par les Amours . Puis Adriaen s'établit à Augsbourg : deux fontaines de bronze, la Merkurbrunnen et l'Herculesbrunnen , témoignent de son activité dans cette ville. En 1601, il exécute alors plusieurs bustes de l'empereur Rodolphe II, le groupe La Vertu terrassant le Vice, et de nombreux petits bronzes.

Son dernier protecteur fut le prince Albrecht von Wallenstein, qui lui commanda en 1622, pour les jardins de son palais de Prague, une fontaine (Neptunsbrunnen ) et cinq groupes ou statues isolées (Laocoon , Vénus et Adonis , Les Lutteurs , Apollon et Bacchus ). Adriaen de Vries est un artiste très original, désormais reconnu comme le meilleur sculpteur de son temps, bronzier étonnant, capable de toutes les prouesses techniques.

C'est dans ses remarquables bronzes représentant des chevaux qu'Adriaen de Vries montra son autonomie croissante vis-à-vis de Jean Bologne en accentuant leur naturalisme (Cheval au trot , 1607) puis en insufflant une énergie à son Cheval cabré (env. 1605). Paradoxalement, c'est essentiellement en Suède qu'il faut aujourd'hui aller chercher l'essentiel de son œuvre.

Bartolomeus Spranger (1546-1611)

Né à Anvers, Spranger part pour l'Italie mais s'arrête à Paris où il admire l'école de Fontainebleau. Cette influence et celle des grands maîtres italiens (Corrège et Parmesan surtout) seront capitales pour son évolution.

Vite célèbre, Spranger devient le peintre de Pie V. En 1581, il est au service de Rodolphe II à Prague où il devient le chef du maniérisme pragois.

Sa personnalité, déjà affirmée pendant sa période viennoise (Mercure et Psyché devant le conseil des dieux ), trouve l'occasion de s'épanouir près de Rodolphe II, dans un maniérisme érotique (dans le cycle des Amours des dieux ce tableau : La nymphe Salmassis et Hermaphrodite, suggestion érotique dans les gestes du déshabillage de la nymphe qui veut tenter Hermaphrodite. Peinture allégorique).

Spranger est incontestablement le chef de file d'un groupe artistique et il compose des allégories subtiles, tel le Triomphe de la Sagesse . Amplement diffusée par les graveurs son œuvre puissante, d'un érotisme provocant, exerça une influence considérable aux Pays-Bas, en France (seconde école de Fontainebleau) et en Italie.

 


Le Maniérisme à Rome La Renaissance en France