Préhistoire et Antiquités

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Âges du fer (~750 à ~20)

Caractéristiques :

L'âge du fer, comme l'âge du cuivre et du bronze, fait partie de la protohistoire. Le fer est plus résistant que le bronze et il s'utilise sans alliage et se travaille sans moule, uniquement avec la chaleur. L'utilisation du fer remonte au début du 2° millénaire chez les Hittites, son usage se propage vers l'Egypte, la Grèce, et au 8° siècleà l'Europe occidentale. On distingue classiquement en Europe de l'ouest 2 périodes dans l'âge du fer : Hallstatt et La Tène.

Chez les Celtes, qui occupent une partie de cette Europe occidentale, se développe une aristocratie dont les signes extérieurs sont le cheval et la longue épée. Voir dossier GEO de novembre 98 sur les Celtes et Gaulois, et consulter le site sur la préhistoire en général .Voir aussi : Les Celtes

1° âge du fer. Hallstatt (~750 à ~450)

A cette époque se produisent en Europe de l'ouest les premiers échanges avec les civilisations de la Méditerranée ( au 8° siècle avec les Étrusques, au 6° siècle avec les Grecs et leurs colonies (Marseille) puis vers le 3° siècle avec les romains).
L'Hallstattien s'étendit autour de ce site autrichien vers l' Italie et la Grèce du nord ainsi que dans l'est de la France le long du Rhône et de la Saône et vers les Pyrénées

On distingue 3 périodes :

Période des tombes à épées de bronze ou de fer :

C'est la période des Celtes anciens qui se distingue par une production exceptionnelle d'orfèvres, de bronziers et de céramistes. Les épées sont grandes, à la poignée parfois décorée d'ambre ou d'ivoire d'éléphant (donc échanges commerciaux). La vaisselle est luxueuse comme ces cistes à cordons (seaux en bronze obtenus par martelage et rivetage) avec pour certaines pièces une influence grecque; les motifs sont géométriques (ocelles, bossettes, cercles, traits) ou figuratifs. Sites importants : "Forêt des Moidons" dans le Jura - Hallstatt - Sopron en Autriche - Magny-Lambert

Période des tombes à chars

C'est l'age Celte. Au contact des grecs et des étrusques avec lesquels les celtes commercent, l'art se raffine. Les populations autour de Hallstatt contrôlent les fleuves, donc les voies de communications et ainsi s'enrichissent. Ils se créent des principautés, ensemble de villages autour d'une citadelle. Sites importants : Hallstatt - Vix - Burg en Allemagne - Sainte Colombe en Cote d'Or - Hochdorf

Période de l'incinération en urnes métalliques

Les tombes à chars et les citadelles disparaissent, les inhumations deviennent des incinérations avec les mêmes éléments que les tombes à chars... mais sans char !. L'individu incinéré est placé sous un tumulus deplusieurs mètres de diamètre dans un tissu. Sites importants : Mothe Saint Valentin

Les sites les plus fameux :

Le site d'Hallstatt en haute Autriche (découvert par un employé de la mine G Ramsauer en 1846) est le plus représentatif de cette époque.
C'est une nécropole d'environ 1.000 tombes. Les premières armes en fer concurrencent les poignards en bronze. Ces Hallstattiens  exploitent le sel gemme local (Hall en celtique) utile à la conservation des denrées périssables. On retrouve leurs longues épées de bronze à bouterolles imposantes, leurs mors de chevaux et leurs fibules (boucle de ceinture) de l’Allemagne du Sud au Jura, en Bourgogne, dans la vallée du Rhône et dans le nord de l’Espagne

En Bourgogne, l'oppidum du mont Lassois occupé du 6° au 1° siècle av JC est un haut lieu de la protohistoire. Entre autres, la tombe de Vix (6° et 5° siècles) a livré le plus grand cratère en bronze de l'antiquité (1m65 de haut et 208 kilos) de style méditerranéen (il y avait donc des échanges avec ces civilisations plus évoluées) qui accompagnait dans l’au-delà une princesse à torque d’or (origine mer noire ?) reposant prés de son char d’apparat aux 4 roues démontées; le mobilier comprenait une oenochoé (cruche pour le vin) à bec treflé en bronze, une coupe attique à figures noires, une phiale (réceptacle des produits distillés) en argent à ombilic en or. Le crâne de la défunte était ceint d'un diadème en or.Par ailleurs l'habitat installé sur le plateau et sur les terrasses à flancs a livré des boucles d'oreilles, colliers, bracelets, fibules; des outils et des armes ainsi qu'une très grande quantité de tessons et de céramiques de vases grossiers et de récipients à pâte fine et lissée décorée de motifs poinçonnés ou peints, rectilignes ou curvilignes. Cette céramique très élaborée est surpassée par une céramique d'importation abondante de vases tournés très fins, de tessons de vases grecs notamment attiques de la fin du 6° siècle.

En Allemagne, à Glasberg, une sculpture curieuse avec de grandes oreilles. A Hoschdorff la tombe d'un personnage aristocratique de grande taille sur sa banquette dont le flanc en tôle de bronze est couvert de scènes embossées, à coté de son char à 4 roues, remplie d'ustensiles : bassin en bronze, armes, cornes à boire, traces de textile et... des soieries supposées d'origine chinoise.!!. A Strettweg découverte d'un char à 4 roues portant une haute coupe et une foule de personnages

A Hirschlanden : statue de guerrier nu et héroïsé; les détails de l’armement – courte épée ou poignard, casque conique, collier tubulaire – permettent de la dater de la fin du VIe siècle. L’œuvre se rattache à la Grèce archaïque, par le modelé puissant du dos et de la partie postérieure du corps, et à l’Italie du Nord, par le schématisme linéaire des bras et des épaules

A Bono (Morbihan) situles (vase en bronze) de belle facture de type grec ou étrusque reproduisant au repoussé des scènes de chasse, de banquets ou de processions.

A Ifs (Calvados) nécropole avec des fosses peu profondes les défunts en position recroquevillé sur le coté portant bracelets en tôle de bronze gravé. Apparition de la fibule
 

2° âge du fer. La Téne (~450 à ~20)

Dans la période de La Tène ou Laténien (à partir de 450 av. J.-C. et jusqu'à -50), les peuples d’Europe sortent de l’anonymat grâce aux historiens qui progressivement citent les Celtes qui s'étendent vers l'Angleterre, l'Italie et le nord de l'Espagne, les Gaulois, les Ibères, les Scythes, les Illyriens.

La station sub-lacustre de La Tène a révélé l’équipement des Celtes: longues épées en fer, casques pointus, grands boucliers de bois à umbos de bronze et poignards à manches anthropomorphes.
Certaines peuplades pratiquent encore l’inhumation sur char.
Au milieu du Ier millénaire l’épopée celtique se prépare quelque part au nord des Alpes pour déferler sur l’Europe occidentale jusqu'en Ibérie et dans les îles Britanniques avec, entre autres, des raids vers l’Italie (sac de Rome en 381), la Grèce (pillage de Delphes en 278) ou les régions danubiennes.
Une mosaïque de tribus remuantes multiplie les camps (oppida ) en forme d’enclos circulaires et d’éperons barrés. Certaines régions, comme la Bretagne, connaissent le phénomène de la construction de souterrains-refuges.

La zone d'influence de La Tène est plus large que celle de l'Hallstattien puisqu'elle déborde sur l'Asie Mineure et toute la France . On divise cette période en 3 parties :

La Téne 1

C’est à cette époque qu’apparaît le grand art gaulois de La Tène représenté avant tout par des pièces d’orfèvrerie.

Le style de La Tène 1 a - Correspond au Ve siècle. Il est proche des modèles grecs et étrusques. . Les exemples les plus typiques de cette époque sont les colliers et bracelets de la tombe de Reinheim : L’extrémité d`un collier  porte une tête d’Athéna dont le casque est décoré d’une tête de chouette. L’artiste a su combiner l’expression d’une réalité divine et surhumaine et un souci poussé de l’équilibre ornemental. En Sarre, le décor ajouré en or de la coupe de Schwarzenbach ( libre transposition des motifs décoratifs du classicisme grec), et le collier d’or de Durkheim.
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Le style de La Tène 1 b - Les œuvres du début du IVe siècle sont sous l’emprise scythe et orientale. Cette tendance baroque et fantastique, caractérisée par les animaux stylisés et les monstres tourmentés ainsi que par la déformation de la figure humaine, apparaît dans toute sa puissance et sa variété dans le décor des œnochoés de Basse-Yutz (British Museum), dans le fermoir en or de Weisskirchen enjolivé d’émaux et de motifs ajourés, dans le collier d’or de Rodenbach, dans les colliers et les bracelets d’Erstfelden découverts en Suisse dans le canton d’Uri, sur la route du Gothard. On ne possède pas d’œuvres sculptées en pierre correspondant à cette période.

Le style de Waldalgesheim de La Tène I c . – Après cette explosion du baroque et du fantastique, un style plus sobre et dépouillé apparaît fin du IVe siècle : Colliers et  bracelets de Waldalgesheim (Bonn), le collier d’or de Filottranno (musée d’Ancône), et l’œnochoé de Hallein (Salzbourg). Nouveau répertoire de motifs, plus simple, plus desséché, plus éloigné aussi des modèles gréco-étrusques. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières sculptures, en Rhénanie et dans le midi de la France : le pilier de Pfalzfeld (sculpté sur ses quatre faces, procède du style décoratif simplifié de Waldalgesheim. Il est orné de masques humains stylisés, dans un champ décoré de motifs flamboyants. Les quatre côtés présentent un décor à peu près identique), la tête de Heidelberg, l’idole de Holzgerlingen, la statue de guerrier de Grézan (4° siècle).

Le style plastique du IIIe siècle.  – Au IIIe siècle apparaît un nouveau style d’orfèvrerie, le «style plastique»; caractérisé par une recherche systématique des reliefs accentués, une mise en valeur des ombres et des lumières dans les 3 dimensions. Le décor ornemental créé au cours des périodes précédentes est transposé en de vigoureux reliefs, tandis que les figures humaines et animales sont traitées à la manière expressionniste. Les traits caractéristiques sont exagérés et intégrés à un système de volumes délimités par des courbes et contre-courbes. Une des œuvres d’orfèvrerie les plus marquantes de ce style et de cette époque: le décor fondu du chaudron en bronze gaulois découvert à Brå, au Danemark. Orné de têtes de taureau et d’anses en forme de chouettes stylisées, associés à un décor serpentiforme, il manifeste avec éclat la vigueur de cet art expressionniste.

Dans le domaine de la sculpture, il faut citer le buste de guerrier trouvé à Sainte-Anastasie (Nîmes). La parenté de cette œuvre avec celles du style plastique du début du IIIe siècle est rendue sensible par la forte opposition des ombres et des lumières, par l’exagération voulue des traits du visage et par le parti tiré du jeu des cercles et des volumes.

À la fin de cette période appartient l’ensemble monumental de Roquepertuse, non loin d’Aix-en-Provence (à Marseille). Cet ensemble formait une sorte de portique, dont les piédroits étaient creusés d’alvéoles destinés à recevoir des crânes humains; le linteau est décoré de têtes de chevaux gravées. Étaient associés à ces fragments architecturaux plusieurs statues accroupies, un oiseau stylisé, ainsi qu’un « Janus » constitué de deux têtes accolées remarquables par leur expressionnisme intense. La rigueur et la pureté des lignes, l’énergie du jeu des lumières et des ombres donnent à l’œuvre toute sa puissance. La technique de ce Janus permet de comprendre l’influence exercée sur la statuaire gauloise par l’art du bois.

La Tène II

L’orfèvrerie celtique du IIe siècle avant J.-C. est surtout connue par le décor gravé des épées de La Tène II, dont le graphisme débordant enrichit encore une grammaire ornementale de plus en plus foisonnante et de plus en plus éloignée des modèles classiques.

Les sculptures découvertes sur l’oppidum d’Entremont (prés d'Aix-en-provence) sont difficiles à dater. Certaines d’entre elles seraient antérieures à la conquête romaine. Mais d’autres statues portent des échafaudages de tresses en diadème qui font penser à des coiffures à la mode à la fin de la République romaine. Il est probable que ces œuvres sont, en fait, à cheval sur le IIe et le Ier siècle avant J.-C.

Un double mouvement se dessine alors:
    * d’une part, un retour à la sobriété et à un certain classicisme;
    * d’autre part, une atténuation de l’expressionnisme motivée par un certain goût pour le réalisme.

L’art gaulois franchit à ce moment une étape nouvelle mais ne perd rien de ses caractères et réagit à l’influence étrusco-romaine de façon tout à fait originale. Le souci de l’exactitude anatomique est, en effet, compensé par les recherches graphiques et ornementales et par la tradition expressionniste qui donne à ces visages de dieux ou de héros des expressions à la fois énigmatiques, puissantes et fascinantes. L’artiste gaulois s’y révèle toujours dominé par le sentiment pathétique de l’irrationnel religieux et par l’obsession des puissances surnaturelles, bien que le style et la technique évoluent déjà vers une observation plus stricte de la réalité.
Il est très instructif de comparer avec les oeuvres élaborées en Provence et en Languedoc celles du reste de la Gaule, qui n’ont pas subi au même degré l’influence des techniques méditerranéennes. Ainsi on confrontera les sculptures d’Entremont et l’idole de Bouray/Juine (à Saint-Germain-en-Laye). C'est une statue en ronde bosse découverte  en 1845, réalisée par assemblage et soudure de plaques de bronze martelées, qui sont initialement soutenues à l’intérieur par une armature de bois. Le corps du dieu a été hardiment stylisé avec des pattes de ... cervidés !!, dans un mépris des proportions d’ensemble et du détail des modelés anatomiques. Ce n’est pas autre chose qu’un support qui se substitue au tronc ou «xoanon» primitif. Mais la tête est admirablement traitée, juste d’allure et de proportions, belle dans son expression figée, grave, hautaine.
Tout l’art du bronzier-orfèvre a été utilisé pour rendre les cheveux, les sourcils et les cils, qui sont évoqués par des striures parallèles sur le bord des paupières; et l’art de l’émailleur a été mis à contribution pour rendre vivant le regard.

La Tène III

Au 1° siècle av JC, le groupe intitulé la «Bête de Noves» (à Avignon) est  contemporain des dernières sculptures d’Entremont, ou légèrement postérieur. Il figure la mort sous la forme d’un carnassier androphage, tenant à la fois du lion, d’inspiration méditerranéenne, et du loup, d’origine gauloise. Il montre combien les Gaulois ont été obsédés par la mort et dominés par le sentiment de la puissance irrémédiable de l’au-delà. De ce sentiment, ils ont donné ici une expression tout ensemble fantastique et horrible: tête plate du monstre, avec la gueule largement ouverte et garnie de dents triangulaires; têtes de morts barbues aux yeux clos. La technique particulière de la crinière, dont les touffes de poils ont été séparées en masses délimitées par des courbes, les lignes profondément incisées qui sillonnent les flancs et les pattes de l’animal et qui évoquent les os et les tendons sont autant de traits de stylisation caractéristiques de l’art animalier.

Trouvé dans une tourbière danoise, le célèbre chaudron de Gundestrup (1° siecle av JC donc antérieur à la conquéte romaine) est d’origine gauloise. Il fait partie d’une série de grands récipients liturgiques dont la plupart ont été mis au jour en Scandinavie : chaudron de Brå et celui de Rynkeby, dont quelques fragments épars ont été découverts en Gaule. Ces vases étaient probablement destinés aux sacrifices et aux libations rituelles en l’honneur des dieux et des déesses gaulois. Ces symboles religieux gaulois rappellent, d’une part, le sacrifice des taureaux en l’honneur de la déesse-mère symbolisée ailleurs par une chouette, d’autre part, la triade des dieux gaulois: Taranis, évoqué par une rouelle, symbole de la foudre, Teutatès, par les sangliers, Esus, par la tête portant le torque.

L’ensemble, naïf et gauche, de ces oeuves, témoigne de la capacité d’invention des artistes gaulois et de l' effort qu’ils ont accompli, malheureusement à la veille de la conquête romaine, pour orienter leur art, resté longtemps purement décoratif, symbolique et non figuratif, vers une iconographie exprimant à l’échelle humaine leurs croyances, leurs mythes et leur rituel religieux.  Elle témoigne  d’un esprit de création capable de concevoir des types individualisés de dieux et de héros, dont l’aspect physique soit en correspondance avec leur caractère et leur psychologie et avec leur rôle dans le mythe.
 

Sites présentés

A Kärnten (Autriche) des épées, fer de lance, casques, chaînes pour porter l'épée.... Magnifique casque surmonté d'un oiseau dont les ailes "battent" au vent...

Tombe de la Gorge meillet (Marne): 2 personnages avec casque conique, céramiques, cruche en bronze importée d'Etrurie à embouchure trilobée

Site de Basse Yutz : Cruches avec corps et anse très travaillées, élancées . Tombe - Martigues

Sanctuaire de Ribemont/oise (Somme): empilement d'os long dans une excavation cubique de 1m60 de coté avec un poteau central

St Maur en chaussée (Oise) : Guerrier en bronze les yeux incrustés. Torque, bouclier, ceinture et tunique.

Auvers/Oise : Magnifique disque en or embouti avec des motifs sinueux géométriques stylisant des masques.

St André de Lidon : Epée dont la lame et la poignée sont d'un seul tenant en fer

 

Au 1° siècle av JC : Apparition des monnaies gauloises et des premiers tours de potier. Les colonies romaines en Provence depuis -120 et les prétextes évoqués par l'impérialisme romain : rétablir l'ordre, demandes des populations ...pour envahir la Gaule (Alésia -52) et mettre au pas les tribus gauloises,  condamnera les dernières grandes civilisations protohistoriques.
 
 

Âge du bronze et du cuivre Époque gallo-romaine et Romaine