Moyen Âge

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Art Roman (Fin 11° et 12° siécles)

Le terme roman a été inventé en 1818 par un érudit normand et il s'est imposé sur d'autres termes tel que : art saxon, art lombard... Il marque à la fois cette dépendance envers l'art romain et un parallèle avec l'essor des langues romanes (Serment de Strasbourg de 842 en langue romane et allemande : cf moyenage2) issues du latin.
Nous étudierons cet art en France (Bourgogne, Limousin, Provence, Aquitaine et massif central) et en Espagne
 

Caractéristiques

Recherche sur les chapiteaux et les voutements. Intérét croissant pour la figure humaine et la narration. Apparition des tympans sculptés. Apparition du cuivre champlevé et émaillé en Espagne et en Aquitaine. Culte des reliques. Vogue des pélerinages (guide du pélerin avec les routes de pélerinage . Ex pour St Jacques de Compostelle 4 routes ) et donc des sanctuaires où les pélerins pouvaient prier et se reposer
 

Deux événements marquent  cette période

Ils sont symptomatiques de cette époque tournée vers le religieux; le pouvoir du clergé et des ordres ecclesiastiques est croissant. Le peuple à soif de croyances.

1) Les pseudo reliques

 On "découvre" de fausses reliques; cette vogue de l'invention des reliques est magistralement illustrée par la "découverte" du sarcophage de St Jacques à Compostelle en 813 qui donna naissance au pélerinage encouragé par les moines de Cluny surtout et les souverains ibériques en pleine reconquéte de l'Espagne. C'était également un bon moyen, et plus encore avec les croisades" d'orienter de façon positive le tempérament combatif et querelleur des seigneurs.

2) Réforme Grégorienne

Sous Grégoire VII (1073-1085) s'accroit le pouvoir du pape sur les évéchés et certaines abbayes, telle que Cluny directement rattachée au souverain pontif. Grégoire 7 réforme les moeurs du clergé : idée du célibat des prêtres, retour à une vie plus austére, apparition de nouveaux ordres religieux rejetant le monde, l'argent et le pouvoir (Cistercien ...), choix de dignitaires uniquement religieux. Ce mouvement de réforme trouve sa prolongation dans les croisades : Urbain II bénit la 1° croisade en 1096 Deux abbayes  se posent en champion de cette réforme :

Oeuvres présentées

De trés nombreuses églises et abbayes apparaissent à partir du 10° siècle, surtout le long des axes de pélerinage. Les caractéristiques de ces monuments religieux : plan en croix, voûtes de pierres plûtot que plafond en bois, tribunes, plusieurs collatéraux, transepts importants, chapelles rayonnantes.

Quelques exemples : St Martin de Tours, St Martial de Limoges, St Sernin de Toulouse, St Jacques de Compostelle

St Sernin de Toulouse

Débutée en 1070, elle est consacrée en 1096 par Urbain II. Aprés la mort du maitre d'ouvrage Gayrard, elle est terminée en utilisant de la brique, surtout pour le chevet.. La vue intérieure montre une nef avec de grandes arcades, des voûtes en berceau sur doubleau et une abside directement éclairée par la fenêtre haute du cul de four

St Sernin de ToulousePilier du cloitre de Moissac
- Les portes sont magnifiquement décorées : Porte des comtes avec 2 portes juxtaposées, chapiteaux sculptés mais le tympan n'est pas encore sculpté à cette époque
- Table polylobbée d'autel en marbre , le bord incliné est sculpté et l'on y voit le mouvement gracieux et le style puissant dans un détail montrant le Christ dans un médaillon perlé tenu par 2 anges en vol.
- Dans le déambulatoire des plaques en marbre de plus d'un mètre de haut, représentant le Christ en majesté, des séries d'angee ...On remarque encore le visage à l'ovale trop parfait, les yeux globuleux mais le relief est précis et la mandorle, le trône montre une recherche décorative poussée
 

- Cloitre de l'abbaye de St Pierre de Moissac d'obédience clunisienne (1100). Alternance de colonnes simples et colonnes jumelées; chapitaux sculptés de scènes figuratives de l'ancien et du nouveau testament influencés par l'art antique : Noces de Cana et Daniel entre les lions. Au tailloir motifs décoratifs à palmette.

Certains piliers du cloitre portent des plaques ornementales ou figuratives (apôtres, personnages monastiques : Durand de Bredons représenté en saint..)
 

 

Espagne

- Panthéon des rois à St Isidore de Leone : Colonnes à chapiteaux sculptés et remarquable décor historié des voûtes
- Cathédrale de Jaca : Chapiteau de la nef représentant des hommes pris dans des rinceaux et des palmettes. Le chapiteau du porche montre le sacrifice d'Isaac. La sculpture est en trés haut relief
St Jacques de CompostelleTympan de St Jacques de Compostelle

Porte de St Jacques de CompostelleDébutée en 1078,  dix ans plus tard seuls le déambulatoire et les chapelles sont achevés. Elle  présente une profonde analogie intérieure avec St Cernin de Toulouse

- A Saint Jacques de Compostelle, double portail à tympan et linteau sculptés. L'usage du réemploi se voit distinctement dans les panneaux verticaux assemblés du tympan.

Pilier du cloitre - monastére de Silos de 1200- Monastère de Silos (Castille) : Cloître à colonnes aux chapiteaux historiés et piliers narratifs en moyen relief. Sur cette vue le Christ est entouré des apôtres dont  St Thomas qui doute encore de sa résurrection

 

 Evolutions architecturales

A partir de 1120, débute la sculpture des tympans d'église d'abord en Bourgogne, en Auvergne, en Limousin et dans le Toulousain

 

- Porte Miegeville de St Sernin à Toulouse(1115). C'est un des plus anciens tympans de France.  Porte Miegeville de St Sernin de ToulouseIl représente l'ascension du Christ, au linteau les apôtres  têtes levées tenant compte de la direction du Christ au-dessus et au centre.

Linteau et tympan sont séparés par une frise de rinceaux qui va devenir un élément central de la décoration architecturale de l'époque. Il s'agit partiellement de réemplois. Les reliefs sont peu accentués les yeux globuleux  et les figures traités dans la descendance de B Gilduin.

- Cloître de Notre Dame de la Daurade (Toulouse) prieuré clunisien à l'époque romane. Il a été exécuté par 2 ateliers différents. Le premier atelier était constitué par les sculpteurs venant de Moissac; la sculpture est en fort relief et les mouvements sont puissants : Chapiteau de l'éxecution du Christ embrassé par Judas; le deuxiéme atelier présente des fonds  plus décoratifs, des figures plus habilement sculptées.

- Musée des Augustines (Toulouse) : Statues d'apôtres (1120-1140) de grande taille (~1m30) isolé ou par 2 ( 4 paires et 4 isolés au total) avec une vrai recherche de personnification . La sculpture s'attache aux détails ornementaux. Il s'agit de haut relief Tympan de Moissac 1120
 

- Portail de l'abbaye de Moissac (1120) : Vaste tympan de 7 m de large, dominé par un Christ barbu portant une couronne et nimbé entouré des 24 vieillards de l'apocalypse.

Un trumeau central sépare les 2 portes. L'ensemble est richement sculpté dans les moindres recoins avec un équilibre parfait entre les parties historiées et figuratives.

 - Maison de justice de St Antoine-Noble-Val avec sa galerie du 12° siécle
 

 

 

 

Peintures murales

Etant donné les problémes de conservation nous avons peu de peintures en bon état de cette époque

- Dans l'église de Tahull le Christ dans une mandorle soutenue par des anges
 

Objets divers

- Autel portatif (1100) . Encadrement orné de gemmes, de filigranes et plaquettes émaillées d'influence byzantine et parmi les plus anciennes utilisant la technique originale du champlever  : 2 plaques de cuivre dont une est découpée et remplie de verre coloré puis cuites ( les parois de séparation sont plus épaisses que dans le cloisonné).

- A Conques (1115) : Deux coffrets à médaillons en cuivre en champlevé

- Plaque dite du "Christ Spitzer d'origine française ou espagnole. Le Christ en majesté dans une mandorle est soutenu par des animaux et des anges aux écoinçons.??????????
 

En Bourgogne


Chapiteaux de ClunyA Cluny on construit l'abbaye bénédictine St Pierre qui aura un rayonnement exceptionnel dans toute la chrétienté et sera directement rattachée au Saint Siége. Le sanctuaire, luxueusement sculpté, était gigantesque : 3 clochers sur les transepts et à la croisée, choeur à 5 chapelles rayonnantes, nef longue de 150 m et culminant à 30 m avec de trés hautes arcades une tribune et des fenétres également hautes. Au 12° siécle 200 moines y vivaient et l'on pouvait servir la messe sur plusieurs autels en même temps. Cluny sera détruite au début du 19° siécle et il ne subsiste aujourd'hui qu'un bras du grand transept.

- Deux chapiteaux de l'abbaye de Cluny (1095) de style corinthien enrichis d'une mandorle contenant une statuette en haut relief d'un musicien (ils accompagnaient les chants grégoriens)

- Berzé-laVville : Peinture à base de blanc d'oeuf du cul de four représentant le  Christ dans une mandorle entouré d'apôtres, remettant les textes de la loi à St Pierre. Influence à la fois  byzantine par les fonds sombres, et italienne par les coloris et le traitement des visages

Chapiteau de St Lazare à Autun- St Lazare d'Autun : Eglise puis cathédrale au 12° siécle, dont on connait le nom du sculpteur : Gislebertus. On remarque :

- Eglise de la Madeleine à Vézelay, reconstruite entre 1120 et 1150 :Eglise de la Madeleine - Vézelay

Enluminures

Le scriptorium de Citeaux produit de nombreuses oeuvres. C'est l'époque des lettres capitales ornées de motifs végétaux et parfois même de véritables scénettes prises dans le corps de la lettre
 

Auvergne

Les vestiges sont pour l'essentiel du 12° siècle.

- Notre Dame du port à Clermont, voûtée en berceau continu sur toute la longueur de la nef qui comporte un niveau de tribune mais pas de fenétres hautes (les connaissances architecturales  ne le permettent pas encore). Bas cotés voûtés d'arétes. Croisée du transept sur trompes.

- Ste Foy de Conques : Tympan du 12° siécle sur 3 registres superposés, de haut en bas : Jugement dernier, Les élus, les Damnés
 

Limousin

- Collégiale St Pierre du Dauras

- Sacramentaire d'un prêtre de St Etienne de Limoges du 12° siécle représentant l'événement religieux de la Pentecote

- Statuette d'ange en cuivre émaillé et aux ailes cloisonnées, à Grandmont

- Autel majeur de l'abbaye de Grandmont (1189) : Deux plaques émaillées de cet autel monumental

- Chasse de Ambazac en cuivre doré et gemmé (1190). Des plaquettes à palmettes évoquent la Jérusalem céleste. Elle contenait probablement des reliques

- Vierge en majesté en argent partiellement dorée

- Chasse reliquaire de la fin du 12° siécle, dont un coté représente la légende de S Martial; le fond est vermiculé en émail à champlevé.
 

St Gilles-du-GardProvence

- Portail massif de l'église de St Gilles-du-Gard dont les 3 portes sont séparées par des colonnettes. La crypte constitue une véritable église inférieure de vingt-cinq mètres de large sur cinquante mètres de long, dont les parties basses appartiennent à la phase des travaux antérieurs à 1106. À la différence des artistes du Nord qui poursuivent alors leurs recherches pour lier la statue et la colonne, les sculpteurs de Saint-Gilles ont dégagé nettement les statues de la pierre dans laquelle elles sont sculptées.

Cette église se trouve sur l'une des routes qui ménent à St Jacques de Compostelle. Référence à l'art antique sur les colonnades et dans le traitement des chapiteaux. Saint TRophime à Arles

- Cloitre de la cathédrale St Trophime d'Arles (1160) à double colonnade et aux piliers sculptés de personnages en trés haut relief. Les grands cloîtres de la région rhodanienne : SaintTrophime d’Arles, Montmajour, Saint-Guilhem-le-Désert, Saint-Donat-sur-l’Herbasse, constituent, malgré leurs dates de construction diverses, un groupe cohérent dont la splendeur s’oppose aux constructions cisterciennes voisines de Sénanque, du Thoronet et de Silvacane.

Les piles maîtresses reçoivent un décor plaqué de hauts-reliefs ; il s’y greffe même parfois de véritables statues, figures isolées de prophètes, d’apôtres et de saints, ou même protagonistes d’une action dramatique réunis en un groupe fermé : ainsi, à Saint-Trophime, la Flagellation du Christ, la Rencontre d’Emmaüs ou l’Incrédulité de saint Thomas.

 
 


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