Moyen Âge

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Les débuts de l'art Roman

La fin du 10° et le 11° siècle marquent les prémices de l'art roman que l'on divise en 3 parties :

Art Ottonien (ou Othonien)

Caractéristiques

Il se situe dans le prolongement de la renaissance carolingienne mais avec une influence byzantine dont les oeuvres d'art circulent par les voies marchandes. Les oeuvres sont essentiellement commandées et exécutées pour les souverains. On emploie beaucoup de pierres brutes ou polies (saphirs, rubis, émeraude) et des perles cloisonnées ou en bates; elles ne seront taillées qu'à partir du 15° siècle.
En Europe 3 empires sont en place :  Carolingien, Byzantin et  Ottonien fondé par Otton 1°, empire fédéral ou les états conservaient leurs dynasties et leurs assemblées, et que l'on appelle le Saint Empire Romain Germanique. Dans cette région, au 10° siècle, le recul de la puissance publique est moins marqué qu'en France; et la Saxe est la région la plus florissante. Six rois marqueront l'art de l'époque ottonienne :


Les oeuvres conservées font toujours l'objet de spéculations divergentes

- Couronne du Saint Empire qui fait partie des régalia (objets du sacre des rois généralement conservés dans des monastères ou abbayes). Elle est constituée de 8 plaques assemblées, alternativement gemmées (de nombreuses pierres en "bates") et non gemmées. La plaque frontale plus haute est surmontée d'une croix gemmée. Cette couronne a été plusieurs fois modifiée

- 2 plaques d'ivoire cadeau de Othon 1° à l'évêché de Magdebourg composées de carrés de 12 x 12 encadrés et représentant des scènes religieuses :

- Manuscrit réalisé sous Otton III, dont il ne reste que 2 feuillets, et qui représentent : Evangéliaire averbolde du 11° s - Enluminure de l'évangéliaire d' Averbode à Liège du 11° siècle

- Reliure d'évangile constituée d'une plaque d'ivoire en son centre sur un fond d'or gemmé. Dans cet évangile Othon III en majesté est entouré de ses conseillers militaires et ecclésiastiques,  auquel les provinces apportent leurs offrandes. Drapés et volumes très rythmés, couleurs douces et équilibrées

- Antépenium de Bâle, cadeau d'Henri II, et considéré comme le summum de l'orfévrerie ottonienne . C'est un parement d'autel de 1m20 de haut sur 1m60 de large dont l'âme de bois est recouverte d'or repoussé. Au centre le Christ debout est entouré de 3 archanges et de Saint Benoît. En dessous Henri 2 et son épouse Cunégonde . Le drapé des personnages indique l'influence byzantine.

- Croix d'or gemmée aux branches de taille égale avec des pierres en bates, datant du mécénat de Conrad 2

- Eglise St Michel  (1001-1033) construite à la demande de l'évêque de Bern : Hildesheim(des oeuvres célèbres de sculpture, orfèvrerie et enluminure sont liées à son nom).  De structure basilicale au plafond en bois, à 2 transepts et 2 tours de croisées bâties sur plan carré, cette église est un classique de l'architecture ottonienne. Les colonnes sont alternativement rondes puis quadrangulaires et les claveaux de pierres alternées sombres puis claires. Les portes monumentales en bronze dont les panneaux en registres représentent des scènes de l'ancien et du nouveau testament prouvent la grande maîtrise des bronziers ottoniens.

  - Vierge d'or d'Essen. La plus ancienne ronde bosse conservée, représentée en majesté, de 3/4 avec Jésus  sur ses genoux. On notera la fermeté des volumes dans l'ovale du visage et les drapés caractéristiques de l'art ottonien.

- Abbaye de la Trinité à Essen (1039-1058) construite par l'abbesse Mathilde (973-1011), petite fille d'Othon 1° . Plafond en bois, grandes arcades et chapiteaux des colonnes décorés de couleurs alternées

- Cologne : Christ de Géro (10° s) en bois polychrome, monumental (1m88), représentant Jésus mort (habituellement vivant) sur la croix et sans couronne d'épines. Toujours la grande fermeté des volumes. Vierge en or de Essen

- Cologne : A l'abbaye de Meschede, 2 enluminures d'évangile exécutées pour l'abbesse Hitda, ou les personnages aux traits affirmés portent des auréoles perlées :

- Reliure à l'abbaye d'Echternach avec plaque d'ivoire, le Christ vivant au centre sur la croix en haut relief, entouré de 2 personnages portant la lance et l'autre l'éponge vinaigrée

- Vues de Ste Gertrude de Nivelles (1020-1046) :

Sarcophage de Willibord, évéque d'Utrecht de 739Reliques

Création à cette époque de reliquaires précieux dont le contenu était souvent symbolisé sur sa surface :

- Reliquaire en forme d'autel surmonté sur son couvercle d'un pied  identifiant son contenu : un pied de St André !

 - Sarcophage de Wilbord, évêque d'Utrecht

 

ItalieFresque de San Angelo del formis

L'influence byzantine est particulièrement sensible en Italie du sud.

- Olifant en ivoire qui servait également de relique. Décors en méplat aux embouchures.

- Boite à évangiles de l'archevêque Aribert (1018-1045). Le Christ en croix est entouré de scénettes encadrées. Utilisation de gemmes

- 2 plaques d'ivoire retrouvées parmi les 40 existantes représentant dans des cadres rectangulaires des scènes d'enfance du Christ ou de l'ancien testament . On a identifié le travail de  différents artistes.

- Du dernier tiers du 11° siècle il nous reste quelques peintures : A San Angelo in Formis des peintures apparentées aux oeuvres du mont Cassin (origine des monastères bénédictins) à forte influence byzantine (mouvement drapé des vêtements) 

Espagne

Beatus de St SeverAu Sud, occupé par les califes de Cordoue existe un art brillant arabisé alors qu'au  nord sous l' influence artistique de la France règne Ferdinand 1° (1037-1065) qui entreprend un mouvement de reconquête.

- Béatus de Gérone (1075) , caractéristique ibérique. Ce manuscrit enluminé représentent des scènes de l'apocalypse en bandes horizontales, aux couleurs violentes
- Béatus de St Sever
- Croix d'ivoire offerte en 1063 par Ferdinand 1°. Ronde bosse représentant le Christ les yeux ouverts sur la croix; une frise court tout autour des bords de la croix.

Iles britanniques

Aux 9 et 10° siècles, les saxons sont confrontés aux scandinaves mais un lien fort subsiste entre le sud de l'Angleterre et le continent.

- Psautier de l'évêché de Winchester à rapprocher de celui d'Utrecht
- Bénédictionale de Hathelwold : 2 pages aux coloris très denses et riches. Aux angles un motif floral imposant et très touffuVierge en or de Ste Foy de Conques
- 2 figurines en ivoire de morse représentant une vierge affligée et un saint Jean douloureux.

La France de l'an 1000

Hugues Capet monte sur le trône en 987. La Gaule est affaiblie par les petits princes territoriaux, c'est l'époque de construction de châteaux à donjon comme Loches (1.000). L'église continue à jouer un rôle primordial : Entre 768 et 855 on compte plus de 500 nouveaux monastères.

La profusion et la prospérité des centres monastiques permet d' encourager les pèlerinages, de mettre en place le réseau paroissiale et le réseau bénédictin (Cluny, St Wandrille, Ste Foy de Conques, ... et bien sur Mont Cassin).

- Monastère Ste Foy à Conques en Aveyron : Les moines, qui dérobèrent probablement le "Martyre de ste Foy"  appelèrent cet incident la "translation furtive".

- Relique de sainte Foy . Ce monastère était une étape sur le chemin de Compostelle.

 

Ste Foy de Conques Ste Foy de Conques Ste Foy de Conques
Ste Foy de Conques


 

 

 

 


- Statue de Sainte Foy, en or et gemmes montées en bates, dont l'âme en bois contenait des reliques. Elle fut scientifiquement étudiée en 1956 ce qui permit de faire apparaître les modifications et ajouts qu'elle subit entre le 9° et le 10° siècle. Le visage est un réemploi d'un masque de l'antiquité tardive du 4° siècle.

Fondements de l'art Roman

C'est au 10° siècle que l'on constate le caractère suffisamment original de l'architecture pour l'identifier comme un art particulier. La structure des monuments  nécessitant une grande maîtrise de l'application des lois physiques qui se "contredisent", surtout dans la construction des églises dont l'architecture est particulièrement complexe, de nombreux problèmes se posent :


D'autres problèmes se posent comme la protection des reliques sans les interdire à la vue des fidèles . Protégées par une maçonnerie à fenêtres permettant de les admirer construite au centre de l'abside avec un déambulatoire , elles seront remplacées par l'autel servant aux offices et installées alors dans les absidioles orientées et rayonnantes conçues à cet effet. (St Pierre de Sens) Abbaye St Philibert de Tournus

Abbaye St Philibert de Tournus- St Philibert de Tournus illustre cette nécessité de vénération des reliques tout en disposant d'un autel pour célébrer les offices. Le choeur, voûtée d'arêtes, permet d'y disposer temporairement les reliques conservées sinon dans les chapelles absidiales.

- Monastère de Saint Martin du Canigou (1.001 métres) est un exemple parfait des voutements romans. Il s'agit de 2 églises superposées; les colonnes monolithiques supportent des voûtes en berceau.

Un exemple semblable avec St Pierre de Roda où les voûtes en berceau sont solidifiées par l'apport de doubleaux. Les piliers cruciformes sont coiffés de chapiteaux corinthiens
 

Abbatiale St Martin-du-Canigou   Pyrénées Orientales Abbatiale St Martin-du-Canigou   Pyrénées Orientales
Abbatiale St Martin-du-Canigou (Crypte) Pyrénées Orientales Abbatiale St Martin-du-Canigou   Pyrénées Orientales Abbatiale St Martin-du-Canigou (Cloitre)  Pyrénées Orientales

           Début de la plastique romane

St Benoit sur Loire 12s-  Tour porche de l'abbaye de St Benoit/Loire (651). Elle a été construite sous l'abbé Gauzelin (1004-1030) en pierres de taille. Le soubassement est soutenu par des piles articulées (composées de plusieurs morceaux) complexes à dosserets et par des colonnes engagées à chapiteaux sculptés d'inspiration corinthienne qui redevient à la mode.

St Benoit/Loire St Benoit/Loire St Benoit/Loire St Benoit/Loire

Les chapiteaux de saint Benoit sur Loire sont historiés d'un répertoire particulièrement riche

Triptyque Harbaville - Ivoire du 10° siécle- St Hilaire de Poitiers : Clocher porche massif St Germain des prés
- St Etienne d'Auxerre (1023-1035) : Crypte voûtée d'arêtes à piles composées au noyau quadrangulaire, arcs doubleaux et arcs formerets

-Triptyque Harbaville du 10° siècle . Icône en ivoire, portative, destinée à la dévotion privée, composé de 5 éléments assemblés : Au centre le triomphe de l'empereur Anastasius (491-518); en haut la glorification du Christ.
 

Dans le nord de la France peu de témoignages de sculpture au 11° siècle mais des manuscrits :

En Normandie : A Notre-Dame de Bernay chapiteaux sculptés (Isembardus) à ornements d'oiseaux et quadrupèdes.
A Paris : Reconstruction de l'abbaye de St Germain des prés au 11°siècle

La renaissance carolingienneArt Roman (Fin 11°- 12° siècle)