Les Temps Modernes - Le 19° siècle

Sommaire cours Liste des artistes

 

Le post-impressionisme

Paul CEZANNE (1839-1906)

 

Georges SEURAT (1859-1891)

Paul SIGNAC (1863-1935)

Henri MATISSE (1869-1954)

 

Edmond CROSS (1856-1910)

 

Vincent VAN GOGH (1853-1890)

Paul GAUGUIN (1848-1903)

L'école de Pont-Aven

En mai 1886, à Paris, eut lieu la 8° et dernière exposition des impressionnistes : Douze années s’étaient écoulées depuis leur première manifestation chez Nadar. Au sein du groupe, des divisions s’étaient opérées. Les uns, comme Monet, demeuraient attachés à une analyse fidèle de la nature; d’autres, à la suite de Manet et de Cézanne, voulaient donner à la peinture une vie plus autonome. Gauguin sentait en lui le besoin d’une interprétation plus libre de la nature, il lui fallait revenir à une facture plus simple, plus directe, redonner son rôle à l’imagination. Enfin s’ajoutait chez lui au goût du rêve et du fabuleux le désir de retourner aux sources, à la pureté de la terre primitive: celle d’avant l’homme.

Autour de lui, séduits par son ascendant, se groupent notamment Charles Laval, Henri de Chamaillard, Maxime Maufra, Henry Moret, Émile Jourdan. En août arrive un jeune peintre de vingt ans, Émile Bernard, qu’il avait déjà rencontré à Pont-Aven deux années auparavant, mais sans suite. Très doué, intelligent et cultivé, lié à Signac, à Seurat et à Van Gogh, Émile Bernard avait mis au point une technique nouvelle de larges teintes plates cernées d’un trait sombre, inspirée à la fois par l’estampe japonaise et par le métier du vitrail et des émaux. Il y avait là une volonté de simplification qui rejoignait tout à fait les préoccupations de Gauguin. Tous deux échangent leurs idées, confrontent leurs travaux:

Paul Sérusier rencontre à son tour Gauguin à Pont-Aven et dès son retour à Paris, annonce à ses camarades ce qui est devenu pour lui le nouvel évangile de la peinture : exalter la couleur pure, simplifier la forme dans un trait qui en accentue le caractère, substituer à la représentation de la nature l’interprétation d’une idée, remplacer l’image par le symbole. Groupés autour de lui, ces peintres deviendront les nabis de ce nouvel évangile.

Emile BERNARD (1868-1941)

Peintre français postimpressionniste, qui a fondé, avec Paul Gauguin, l'école de Pont-Aven. Il s'installa à Paris en 1881 et y rencontra Van Gogh et Toulouse-Lautrec. Lors de voyages en Normandie et en Bretagne, il se lia d'amitié avec Gauguin. En 1888, sa Madeleine au Bois d'Amour marqua les débuts de l'école de Pont-Aven, ou «école synthétique». Son travail se détacha de l'inspiration impressionniste de ses débuts. À l'exemple des Japonais et de certains primitifs italiens, Émile Bernard adopta un dessin simplifié, des surfaces de couleurs pures cernées, des cadrages et des formats originaux.

Il exposa parmi les Nabis, en 1892. Son œuvre évolua en empruntant ses formes à l'art byzantin et médiéval puis à la peinture de la Renaissance.

Les Nabis

Nabi signifie prophète en hébreu. En 1888, quelques jeunes peintres, entraînés par Paul Sérusier, choisirent de se grouper sous ce terme. Il s’agissait, selon les préceptes de Gauguin tels que Sérusier les avait compris, de ne garder du motif que l’essentiel, de remplacer l’image par le symbole, de substituer à la représentation de la nature l’interprétation d’une idée. Du point de vue technique, il fallait exalter la couleur pure et simplifier la forme pour en souligner l’accent et le caractère. C’était là une réaction contre les impressionnistes, jugés trop fidèles à la nature par Gauguin, qui les avait d’abord suivis. C’était surtout l’offre de mille possibilités nouvelles pour s’opposer à un enseignement «où le réalisme le plus grossier avait succédé à l’académisme falot des derniers élèves d’Ingres». Quelques artistes étrangers allaient, dans les deux ou trois années suivantes, se rallier à eux: Jan Verkade, hollandais; Mögens Ballin, danois; Joseph Rippl-Rónai, hongrois ainsi qu’Aristide Maillol.

Leur ouverture d’esprit les amena à étendre le champ d’application de la peinture à toutes les formes de la décoration: cartons de tapisseries, projets de vitraux, dessins de tissus et de papiers peints, illustrations de livres et de revues, décors de théâtre, affiches. Ce côté artisanal de leur activité, auquel on peut ajouter leur présence dans les milieux les plus divers, poésie, théâtre, édition, journalisme, n’est pas leur moindre apport. Leur culture, leur intelligence leur permirent de pressentir la grandeur de personnalités aussi singulières que Van Gogh, Cézanne, Odilon Redon, et celle de Mallarmé en littérature. Ainsi occupèrent-ils une place très importante dans le mouvement intellectuel des années 1890

En août 1890, dans la revue Art et Critique, Maurice Denis – il n’avait pas vingt ans – avait donné du tableau sa définition désormais célèbre: «Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.»

 

Paul SERUSIER (1863-1927)

 

Maurice DENIS (1870-1943)

 

Edouard VUILLARD (1868-1940)

 

Pierre BONNARD (1867-1947)

Sculpture

 

Aristide MAILLOL (1866-1944)

Sculpteur et peintre formé auprès des peintres académiques Jean Léon Gérôme. Mais Maillol se détourne de leur influence et se lie avec les nabis et il crée un atelier de tapisserie tout en pratiquant la peinture : La Femme à l'ombrelle. Une grave maladie des yeux l'oblige à interrompre son activité de lissier et, à sa guérison, il embrasse la carrière de sculpteur.

Il sculpte tout d'abord dans le bois : Femme drapée de 1898, puis s'oriente vers la terre cuite, la pierre, le bronze. Son style s'épure progressivement des influences nabis et de l'Art nouveau, pour s'épanouir dans les formes du nu féminin (La Méditerranée, 1905). Maillol va alors inlassablement concevoir des variations sur un même modèle : corps de femme robuste, majestueuse et sereine, épaules rondes, seins dressés, jambes puissantes (La Nuit, 1910, L'Île-de-France, 1925). L'Action enchaînée (1905-1908), monument dédiéà Auguste Blanqui, est lui aussi un nu féminin, statique et gigantesque, éliminant les effets dramatiques chers à Rodin. Maillol est également un illustrateur sensible (Virgile, Ovide, Paul Verlaine, Pierre de Ronsard).

BOURDEL (1861-1929)

 

J BERNARD (1866-1931)

 

 

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