Les Temps Modernes - Le 19° siècle

Sommaire cours Liste des artistes

Académisme :

Dans son sens premier, l'académisme est l'observation stricte des règles, d'une tradition ou d'un modèle.

Dans une acception restreinte, académisme désigne la manière d'artistes prisonniers de la tradition de l'École et de l'Académie des beaux-arts dans une période que l'on peut situer entre 1848 et 1914. Alexandre Cabanel (1823-1889) présente au Salon de 1865 La Naissance de Vénus (1863), achetée par Napoléon III, séduit sans doute par ce nu languissant que survolent des Amours. L'art de Cabanel s'oppose à celui des impressionnistes, qu'il pourfendra. Sont également représentatives de cet académisme les œuvres d'Ernest Meissonier (1815-1891), de Léon Gérôme (1824-1904), de William Bouguereau (1825-1905), de Paul Baudry (1828-1886), mais aussi la sculpture d'artistes comme Carrier-Belleuse (1824-1887) et, par extension, l'architecture pastiche néoromane ou néogothique.

Les points communs de cette production sont l'habileté mais aussi la sclérose, l'esprit réfractaire à la recherche. L'ouverture du musée d'Orsay, à Paris, a toutefois contribuéà la réhabilitation d'artistes jugés hier académiques ou " pompiers " (allusion à la représentation de héros de l'Antiquité, casqués comme des pompiers), tels que Georges Rochegrosse ou Thomas Couture (Romains de la décadence, 1847, Paris, musée d'Orsay).

Architecture

Eugéne Emmanuel VIOLLET-LE-DUC

Architecte et théoricien qui se forma auprès d'Achille Leclère (1785-1853), dessinant de nombreux monuments au cours de ses voyages en France et en Italie (1836/1837). En 1840, il entre au Service des monuments historiques, avec Durban et Lassus. C'est le début d'une longue carrière de restaurateur : Notre-Dame de Paris (1845), église abbatiale de Saint-Denis (1846), Saint-Sernin de Toulouse (1847), remparts de l'ancienne cité de Carcassonne (1849), cathédrale d'Amiens (1849), palais synodal de la cathédrale de Sens, château de Pierrefonds (1858) et, après la guerre de 1870, cathédrale de Lausanne.

Viollet-le-Duc a construit quelques églises (Aillant-sur-Tholon, Yonne), des demeures et des châteaux en province (château Jacquesson, à Châlons-sur-Marne), des maisons bourgeoises à Paris, dont la sienne, au 68 de la rue Condorcet (1861-1862), ainsi que le monument funéraire du duc de Morny, au cimetière du Père-Lachaise. Il a étudié la structure métallique intérieure de la statue de la Liberté (1874-1875) de Bartholdi.

On lui doit aussi un certain nombre de projets, non réalisés, dont celui pour le concours de l'Opéra (1860-1861). Nommé professeur d'esthétique et d'histoire de l'art à l'École des beaux-arts de Paris en 1863, il est l'objet d'une violente cabale qui lui fait abandonner sa chaire quelques mois plus tard. Il a publié l'essentiel de son enseignement dans lesEntretiens sur l'architecture (1863 et 1872), qui reste son œuvre la plus importante.

Il a également écrit de nombreux autres ouvrages, dont le Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle (1854-1868) et le Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carolingienne à la Renaissance (1858-1875). Il a également laissé une collection très importante de dessins et de relevés, conservés au musée des Monuments français. L'approche de l'architecture qu'il a proposée, théorisée sous le nom de " rationalisme ", a connu une diffusion mondiale et a influencé les pionniers de l'architecture moderne, de Perret à Le Corbusier, dans la réalisation de leurs projets les plus novateurs.

Henry LABROUSTE(1801-1874)

Henry Labrouste a introduit l’emploi du fer et de la fonte dans les édifices les plus nobles. Après de brillantes études, il suit les cours d’architecture de Le Bas et de Vaudoyer père. Il est lauréat du grand prix de Rome (1824). Pendant son séjour romain où il résida à la villa Médicis siége de l'Académie, il se lie d’amitié avec Félix Duban, Léon Vaudoyer et Duc qui lui font connaître les théories fonctionnalistes de Jean Nicolas Louis Durand, professeur d’architecture à l’École polytechnique.

Son travail de cinquième année (1829), la restauration des temples de Paestum, provoque une vive émotion dans les milieux de l’Académie. Il restitue, pour les temples, une structure en contradiction avec les travaux de ses prédécesseurs et propose une décoration polychrome.

Labrouste se voit confier de 1843 à 1850 la construction de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Il utilise alors, pour la première fois dans un édifice public, une ossature en fonte et fer forgé pour l'ensemble des colonnes et des voûtes, leurs assurant ainsi une légèreté et un élancement que la pierre seule n'aurait pu assumer; puis il recoit commande pour l'aménagement de la Bibliothèque nationale, commencé en 1868 et achevé après sa mort, dont la salle de lecture se structure autour de fines colonnes de fonte supportant une verrière à 9 m de hauteur. Mais c'est la réserve, entièrement construite en fer, qui se présente comme la réalisation la plus surprenante, avec ses planchers à claire-voie qui laissent filtrer la lumière d'un toit de verre.

Les grands travaux d'Haussmann (1853-1869)

Lorsque éclate la révolution de 1848, elle stoppe un temps les projets de Rambuteau pour la reconstruction du marché des Halles. Mais la situation dramatique des quartiers centraux, l’agitation ouvrière, le chômage imposent immédiatement au gouvernement provisoire une politique de grands travaux, chantiers assumés et étendus par le prince-président devenu Napoléon III. Ce dernier a des idées précises sur l’urbanisme et il s’entoure de trois hommes d’action: G. Haussmann, E. Belgrand et R. Alphand, qui assureront l’activité du bâtiment, la mise en place d’un service de distribution de l’eau et l’aménagement des espaces verts. La richesse de la classe dirigeante et l’élan économique et industriel de la France (production de fonte, construction de voies ferrées) permettront une réalisation prodigieusement rapide de ces projets, souvent repris dans l’arsenal des idées du XVIIIe siècle et de la monarchie de Juillet. La première opération consiste à éventrer le centre; sans épargner les monuments anciens, Haussmann trace inexorablement de grandes percées rectilignes bordées de hauts immeubles de pierre de taille où logera la classe aisée. Ces percées visent d’abord à constituer la nouvelle croisée de Paris, un axe ouest-est prolongeant la rue de Rivoli jusqu’à la rue Saint-Antoine, et un axe nord-sud, le boulevard de Sébastopol, débouchant sur la place du Châtelet entre deux théâtres, se poursuivant dans la Cité (boulevard du Palais) et sur la rive gauche (boulevard Saint-Michel). Rive droite, on réussit – malheureusement sur le même emplacement, ce qui hypothéquera l’avenir d’un quartier central jusqu’à nos jours – la reconstruction totale des Halles centrales, avec de vastes pavillons de fer et de fonte imaginés par Victor Baltard. Le secteur est réuni aux quartiers avoisinants par d’autres percées; en particulier la rue de Turbigo, complétant le très vieux carrefour de la pointe Saint-Eustache, mène à la place du Château-d’Eau (actuelle place de la République) où deux casernes permettront, le cas échéant, de contenir les masses ouvrières du faubourg Saint-Antoine. L’île de la Cité est presque entièrement rasée; on y dresse l’immense caserne de la garde municipale (actuelle Préfecture de police) et le nouvel Hôtel-Dieu au bord d’un parvis Notre-Dame devenu démesuré. Rive gauche enfin, la voie transversale qui manquait dans les quartiers proches de la Seine est dessinée: c’est le boulevard Saint-Germain. Le second souci d’Haussmann fut d’aménager le système des «embarcadères» parisiens du chemin de fer et de relier les nouvelles gares aux grands axes de circulation. Tous les travaux, ainsi que l’aménagement des rues revêtues d’asphalte et bordées de trottoirs, sont financés par la Ville grâce à des subventions d’État, à des emprunts et à la vente des matériaux et des terrains non utilisés. La nouvelle procédure d’expropriation a seule permis des transformations d’une telle ampleur. Parallèlement, le problème angoissant de l’eau, toujours insuffisante pour les Parisiens, est résolu avec la captation de la Dhuis et de la Vanne par l’ingénieur Belgrand et le recours au puits artésien de Passy. Un exemplaire réseau d’égouts, qui passe de 150 à 500 kilomètres, utilise le mouvement de la Bièvre et transporte les eaux usées dans la Seine, à Asnières. Enfin, les espaces verts atteignent 1 800 hectares, grâce aux deux vastes parcs créés par Alphand à l’est et à l’ouest – bois de Vincennes et bois de Boulogne –, aux jardins et squares disséminés dans Paris. Notons aussi la réorganisation des cimetières, la fusion des compagnies de gaz et d’omnibus. La ville connaît alors son dernier agrandissement; en 1860, les communes ou parties de communes enfermées dans l’enceinte stratégique de Thiers sont annexées à Paris, divisé dès lors en vingt arrondissements; la population double presque de 1851 à 1871. Le régime connaît dans la capitale des heures de gloire, au milieu d’une bourgeoisie enrichie dans les opérations d’Haussmann qui ont valorisé la propriété bâtie et fait monter les loyers. La banque et le crédit sont prospères. La vie brillante de toute une société accompagne l’expansion de la production industrielle, sensible dans les grands magasins ou les expositions universelles. Mais, en même temps, le problème ouvrier s’aggrave: l’annexion de 1860 (loi de 1859) a fait entrer dans la capitale des zones industrialisées, d’habitat souvent misérable; on compte alors 416 000 ouvriers dans Paris. Le centre leur est désormais interdit et ils se massent dans les arrondissements périphériques, peu ou pas touchés par Haussmann. Cette ségrégation radicale, que la ville n’avait pas connue auparavant, constituait un terrible danger politique; elle explique en partie la Commune.

L'exemple de Vienne (peut-etre a inclure dans ci-dessous)

La peinture "pompier"

L'art nouveau

Mouvement artistique international, apparu dans les années 1890, qui s'exprime essentiellement dans les arts décoratifs et l'architecture. L'Art nouveau s'inspire des idées émises dès le milieu du XIXe siècle par les Anglais John Ruskin (1819-1900) et William Morris (1834-1896). En quête d'une nouvelle esthétique, ils rejettent l'académisme des écoles d'art, qui enseignent l'imitation des styles du passé. Imprégnés d'une nouvelle conscience sociale, ils veulent embellir le cadre de la vie quotidienne, en abolissant les cloisonnements entre arts majeurs et arts mineurs et en promouvant l'artisanat.

Les théories anglaises trouvent un équivalent en France chez Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), qui prône lui aussi l'observation de la nature, à travers les modèles gothiques. " Le beau dans l'utile ", " l'art dans tout ", " l'art pour tous " sont les formules maîtresses des artistes de l'Art nouveau. Leurs thèmes décoratifs favoris sont la flore, la faune, le corps féminin. Leur langage stylistique est la ligne sinueuse, en coup de fouet. Plus que de simple décoration, il s'agit bien de construction, non seulement d'une architecture nouvelle, mais de tout un art de vivre harmonieux.

L'Art nouveau prend des formes et des appellations différentes selon les pays :

Angleterre : Charles Robert Ashbee (1863-1942), disciple de Morris, crée l'association Arts and Crafts, en 1888. Dans le même temps, Charles Rennie Mackintosh (1868-1928) fonde le groupe des Quatre à Glasgow. Les créations du groupe écossais s'inscrivent dans l'esprit de l'Art nouveau mais, si les courbes restent présentes, elles sont enfermées dans un cadre géométrique.

Belgique : à Bruxelles, les principaux novateurs sont les architectes Victor Horta (1861-1946) et Henry Van de Velde (1863-1957).

Allemagne et Autriche : le Jugendstil allemand apparaît entre 1896 et 1897, à Munich, avec Hermann Obrist (1863-1927), Otto Eckmann (1865-1957) et, à Darmstadt, avec Peter Behrens (1868-1940) ; à Vienne, la Sécession est fondée le 3 avril 1897, autour du peintre Gustav Klimt (1862-1918) et des architectes Otto Wagner (1841-1918), Josef Maria Olbrich (1867-1908) et Josef Hoffmann (1870-1956), lequel sera membre fondateur des Wiener Werkstätte (" ateliers viennois ") ;

France : l'Art nouveau se développe dans deux foyers. L'école de Nancy se constitue autour d'Émile Gallé (1846-1904). L'architecte Eugène Vallin (1856-1922), l'ébéniste Louis Majorelle (1859-1926), les verriers Auguste (1853-1909) et Antonin (1864-1930) Daum en font partie. À Paris, Hector Guimard (1867-1942) réalise les entrées du métro, René Lalique (1860-1945) révolutionne l'art du bijou, les affiches d'Alfons Mucha (1869-1939) animent la rue. La galerie L'Art nouveau, de Siegfried Bing (1838-1905), triomphe à l'Exposition de 1900 avec les ensembles de Georges De Feure (1868-1928) ou d'Eugène Gaillard (1862-1933) ;

Barcelone, le représentant le plus étonnant de l'Art nouveau espagnol est l'architecte Antonio Gaudí (1852-1926), dont les bâtiments aux formes organiques (Casa Battló, Casa Milá), et surtout la cathédrale inachevée de la Sagrada Familia, sont mondialement célèbres ;

Italie : l'apparition du style Floreale ou Liberty est relativement tardive et brève. Son représentant majeur est l'architecte Giuseppe Sommaruga (1867-1917), élève d'Otto Wagner ;

États-Unis : l'officine d'art de Louis Comfort Tiffany (1878-1933) regroupe des artisans de toutes disciplines. Les verres et les vitraux, aux couleurs iridescentes, sont les créations les plus connues de la maison Tiffany.

Au-dela de la France

A Barcelone

A Vienne

 

 

Réalisme L'impressionisme