Les Temps Modernes - Le 19° siècle

Sommaire cours Liste des artistes

L'ensemble de l'atelier de David est au premier plan de la peinture de l'Empire au préromantique. Les "3 G" plus Ingres qui accompagnera en Europe un mouvement de néo-primitivisme (retour aux peintures chrétiennes, du moyen-age et du quattrocento). Deux tendances se dessinent dans l'atelier de David :

- préromantique avec Girodet, Gérard et Gros que l'on considère comme des "chroniqueurs" de l'Empire
- néo-catholique avec Ingres

Le pré-romantique

Anne-Louis GIRODET dit GIRODET-TRIOSON (1767-1824)

Il entra dans l'atelier de David en 1785, puis, ayant enfin obtenu le grand prix de peinture, il séjourna en Italie entre 1790 et 1795 (Rome, Venise, Florence, Génes) tout en obtenant parallèlement en France un succès étonnant (Le sommeil d'Endymion 1791). A son retour en France il se consacra à l'illustration d'ouvrages classiques. Sens de la dramatisation du nu avec une exagération presque sensuelle. Le nu masculin, viril et guerrier de David, est ici transformé. Il obtint de nombreuses commandes publiques : Décor pour le salon de la Malmaison , inspiré des poèmes d'Ossian (Ossian aurait été un ancien barde dont on aurait retrouvé des manuscrits médiévaux) , qu'il réalise avec Gérard, ou Ossian accueille au paradis des héros les héros français morts pour la patrie; ou Mademoiselle Lange en Danaé

Girodet exécuta également des commandes de peintures d'histoire cruelles et exotiques et des chroniques militaires sous l'Empire , qui iront au musée de l'histoire de France à Versailles sous Louis XVIII : Napoléon recevant les clés de la ville de Vienne le 14 novembre 1805 et 26 portraits de Napoléon entre 1812 et 1814. Ses peintures descriptives seront un des "filons" de la peinture romantique Ex : La révolte du Caire de 1810 dans un style exagéré et à l'anatomie forcée presque caricaturale. .

Girodet effectua également des peintures "littéraires" comme : Attala au tombeau (1808) d'après une oeuvre de Chateaubriand qui eut un énorme succès. Traitement dramatisé d'un thème littéraire qui est un autre aspect du romantisme.

François GERARD (1770-1837)

Né à Rome c'est un peintre d'histoire et un portraitiste, d'abord élève de Pajou, puis celui de David à l’école duquel Gérard tente le "grand genre" : la peinture d’histoire ou d’allégorie, mais ses débuts en pleine Révolution sont difficiles : échec au concours pour le prix de Rome, retour en Italie puis retour à Paris pour éviter l’inscription sur la liste des émigrés.

Comme Girodet il illustra un temps des oeuvres classiques. Corinne au cap Misène (1807) inspiré d'un roman de Madame de Stael, pour la Malmaison . Ossian évoque les fantômes au son de la harpe sur les bords du Lora de 1801 conserve le caractère poétique d’une esquisse à la lumière irréelle.

Bien connues parce que nombreuses et appréciées, ses peintures de portraits peuvent être admirée pour leur virtuosité, grâce à l’étonnante galerie de réductions (appelées «esquisses») gardées dans l’atelier à Versailles. Sens de la nature, symbole de la silhouette bien détachée dans l’espace, lumière légèrement vaporeuse, ces qualités évoquent Prud’hon et l’école anglaise

Sous l'empire il devint le portraitiste de la cour : Madame de Visconti, Comtesse Regnault. Il a le goût de la matière brillante, de la lumière claire et des glacis : Dans son tableau Madame Récamier (1805) que l'on peut comparer au tableau de David de 1800 sobre, sur fond uni et avec tenue simple sur un divan à l'antique. Ici la robe est plus élaborée avec une évocation en fond de paysage , masqué par une tenture.

Quelques tableaux de batailles : Austerlitz au traitement presque classique de la bataille dans la tradition du 18° siècle. Entrée d'Henri IV à Paris; ce tableau de 1817 qui eut un grand succès, est une commande des Bourbons qui veulent prouver leur légitimité, suite à l'expédition napoléonienne, par leur rattachement par le sang à Henri IV.

 

Antoine-Jean GROS (1771-1835)

Ses parents étaient miniaturistes. Eléve très jeune de David, et n'ayant pas réussi au grand prix de peinture, il partit en Italie à ses frais; il y fit la connaissance de la future impératrice Joséphine et donc de Bonaparte qui lui procura un emploi dans l'armée.

De retour en France en 1799 ses premières oeuvres sont marquées par la peinture moderne de l'Italie du nord plus que par les anciens : Bonaparte au pont d'Arcole ou Sapho à Leucate de 1801 ou s'affiche sa tendance aux thèmes morbides.

Il opère alors une rupture avec la tradition néoclassique de peintures de bataille pour un retour vers le baroque et des coloris vives avec le paysage comme élément majeur : Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa (1804) qui présente celui-ci en guérisseur et responsable de ses soldats. Ce tableau fit scandale par ce réalisme crue dans la représentation des pestiférés, mais entraînera le ralliement des jeunes peintres à une peinture renouvelée.

Le Napoléon après la bataille d'Eylau (1804) représente un épisode difficile, avec cette représentation cruelle de soldats agonisant dans la neige. Visage pâle et presque halluciné de l'empereur représenté comme une figure exemplaire de héros éthéré du romantisme; dans la même veine il exécutera un Napoléon à la bataille d'Arcole. Murat roi de Naples (1812) est un portrait conventionnel du maréchal d'empire.

En 1790, le musée des monuments français, à l'initiative d' Alexandre Lenoir, rassemble les monuments et sculptures détruits à la révolution. Le musée sera visité par les élèves de David. Démantelé et reconstitué en partie par Sommerard à Cluny, les prises de guerre sous l'empire vont enrichir ce fond.

Jean-Auguste Dominique INGRES (1780-1867)

Il reçut de son père décorateur (1755-1814), ses premières leçons de peinture, avant d’entrer très jeune à l’académie de Toulouse

Initiateur du romantisme et du réalisme, grand prix de Rome en 1801, et pensionnaire à la Villa Médicis de 1806 à 1811, il fait parvenir en France les travaux obligatoires que réclame l’Académie. Après son pensionnat Ingres décide de rester à Rome, et, pour vivre, il se voit obligé d’exécuter de multiples commandes de portraits, peints ou dessinés. Il sera directeur de la villa Médicis à Rome de 1835 à 1841.

Napoléon sur le trône (1806) : Tradition archaïque du portrait médiéval en majesté (frontalité). Ce tableau recevra un succès mitigé au salon. Oedipe et le sphynx (1808). Grand succès. Simplification à outrance du dessin, inventivité; le sphinx est appuyé sur un motif assyrien.

Songe d'Ossian : évocation des guerriers morts au combat; commande de Napoléon pour le palais du Quirinal. L'oeuvre construite selon 2 plans (réel : le dormeur - irréel : les héros) évoque certaines représentations médiévales, comme l'arbre de Jessé.
Avec son Odalisque (1814) il développe des thèmes autour d'un orient imaginaire; aux lignes très sinueuses. Dans le Bain Turc (1859-63) il reconstruit un beau idéal, sensuel et fantasmatique.

Grand portraitiste et en cela le meilleur élève de David il s'inspire de la grande tradition du portrait flamand du 17° siècle; le dessin est d'une grande dextérité alliée à une forme d'ornementation par des accessoires choisis en fonction du modèle et sciemment installés (Famille Riviére, le père de 1805, ou Famille Riviére, la mère de 1806)

Dans la peinture d'histoire, Ingres s'y révèle minutieux, il la situe dans un contexte anecdotique pour la rendre vivante; on appellera ce mouvement la "peinture troubadour". Henri IV jouant avec ses enfants (1817). Cette tendance se développe à partir des Bourbons, royauté plus populaire et plus proche du peuple que les Valois.

Dans la peinture religieuse Ingres est plus académique, ainsi dans le tableau Voeu de Louis XIII de 1824, pour la cathédrale de Montauban qui est une grande référence, presque une copie de Raphael. Vierge à l'hostie : Traitement fini qui évoque le classicisme de Raphael et des Bolognais et marquera la peinture "saint sulpicienne". Les images pieuses seront reproduites par lithographies et gravures et répandus ainsi partout. Sainte Bathilde, pour la chapelle de Dreux.

Son atelier formera, pour le courant religieux, une génération de peintres : Ziegler, Maltel, Chasseriau, Flandrin...

Contemporains de David autour de la peinture troubadour

François GRANET (1775-1849).

Blanche de Castille et Cloître saint Sauveur à Aix

Pierre REVOIL (1776-1842).

Anneau de l'empereur Charles Quint (1810) et Jeune femme filant

Fleury RICHARD.

Entrée de couvent, tableau inachevé

Louis-Jean MAU :

Vol de l'âme, transcription du mythe de Psyché

Victor ORSEL.

Le bien et le mal de 1832

Eléves de Ingres

Parmi les plus connus et qui pour la plupart ont accompagné Ingres à Florence à la redécouverte de Fra Angelico :

Hippolyte FLANDRIN (1809-1864)

Prix de Rome il gardera un langage académique. Peintures de fleurs pour l'art liturgique, Jésus et les petits enfants. Il travaille pour le chantier de saint Germain des prés de 1839 à 1863 puis pour l'église saint Paul de Nimes : Saint Vincent de Paul de 1863. Comme portraitiste il exécute celui de madame Hithorff, épouse de l'architecte de saint Vincent de Paul.

Henri LEYMAN :

Salle du trône du palais du Luxembourg et Désolation des océanides au pied du rocher.

CHENAVARD :

Divinia tragédia (1869). Résurrection des morts

Ce mouvement de renouveau des sources et de reconstruction d'une spiritualité s'étend dans toute l'Europe avec une prise de conscience des identités nationales et l'émergence d'une peinture en réaction au néoclassicisme dont les peintres seront appelés les Nazaréens. Ils prônent le renouveau du décor mural et retrouvent de nouvelles sources comme les primitifs italiens. Dans les années 30 ils vont former nombre de représentations en Allemagne telles que : Friedrich OVERBECK (1789-1869), Peter CORNELIUS qui deviendra directeur de l'académie des beaux arts de Munich ou Wilhelm von SCHADOW (1788-1862)

Préraphaélites anglais

Groupe fondé en 1848 en rupture avec l'académie, très marquée par Reynolds et trop oppressante pour les jeunes artistes. Ces jeunes contemporains des élèves de Ingres marque leur volonté de revenir aux sources avec une approche éthique du métier de peintre. Ils sont soutenus en cela par RUSKIN théoricien de la peinture et PUGIN qui prônent l'un et l'autre une lecture morale de ce retour.

Dante Gabriel ROSSETTI (1828-1882)

Ses études d’art, commencées en 1844 à la Royal Academy, prirent fin assez tôt, car, en 1848, le jeune peintre préféra étudier la technique de la peinture. En septembre de la même année, Rossetti joua un rôle très important dans la fondation du mouvement préraphaélite.

Dès ses débuts, Rossetti est un peintre essentiellement littéraire. Il ne semble accorder aucun poids à l’étude directe de la nature et même de l’iconographie traditionnelle que les écoles officielles imposaient à leurs élèves. Ses thèmes de prédilection sont le produit d’une mythologie personnelle, inspirée par les œuvres de Dante, de Shakespeare et de Browning; le cycle arthurien, avec de nombreuses variantes, constitue également une source importante d’inspiration pour l’artiste (Le Songe de Dante , 1856, Tate Gallery).

Vers 1859, le peintre semble obsédé par une image archétypale qui résume en elle toutes les autres figures. Il s’agit d’un type féminin sensuel, mais aux traits d’androgyne et au regard absent, semblable à celui des femmes de Burne-Jones (Venus Verticordia de 1872). Riche d’implications symboliques et littéraires, la peinture de Rossetti paraît parfois laborieuse et appliquée. Certains poèmes écrits par l’artiste, et destinés à expliquer l’iconographie de ses œuvres, ne semblent avoir qu’un rôle d’alibi.

Cependant, l’œuvre de Rossetti recèle des inquiétudes et des ferments subtils. À côté de la démarche édifiante et optimiste de Hunt, Rossetti introduit une variante ésotérique et mystique qui donne à son œuvre un éclairage particulier, profondément éloigné de tout souci naturaliste ou descriptif.

Ecce ancillia Domini (1850). Evocation de l'Annonciation dans un cadre intime, épuré; avec une jeune fille presque contemporaine. Enfance de la Vierge (1849) dans un cadre simplifié évoquant le quatrocento dans une transcription anglaise. Elizabeth Sidal, femme du peintre

Sir John Everett MILLAIS (1829-1896)

Le plus doué du groupe des pré-raphaélites anglais est sans conteste John Everett Millais, dont l’éclectisme et le brio lui valent les faveurs du public. A 17 ans il exposeà la Royal Academy son Pizarro victorieux des Incas au Pérou.

Son oeuvre la plus célébre est Ophélie qui montre le corps de la jeune fille s'enfonçant dans une eau sombre au milieu d'une nature luxuriante.
Au début des années 1870, il peignit de nombreux portraits de personnalités britanniques contemporaines. Parmi ses autres oeuvres :

Représentation d'Isabelle. Thème de Boccace.

L'atelier du charpentier : une évocation de l'enfance du Christ

Dans un grand nombre de ses œuvres ultérieures, d'un style moins élaboré, il succomba au goût victorien pour un art sentimental et anecdotique.

William HUNT (1827-1910)

Pré-Rapahaélite à partir de 1848. Voyagea en France et en Italie. Suite à son voyage en Palestine il fait preuve d'une certaine recherche archéologique dans ses oeuvres.

Ses toiles, d'une dimension symbolique et morale : La lumière du monde (1856) ou le Bouc émissaire (1854) ou Claudio et Isabella (1850) traduisent en outre une attention méticuleuse portée aux détails et une observation scrupuleuse de la nature; elles sont caractérisées par l'emploi de couleurs vives, aux accents parfois stridents.

Dans ses tableaux, dont la plupart représentent des scènes bibliques, Hunt témoigna d'une volonté de réalisme exacerbée.

Il peint des sujets allégoriques avec des couleurs stridentes. En 1905, le peintre publia un ouvrage intitulé le Préraphaélisme et les préraphaélites.

Ford Madox BROWN (1821-1893)

Dans son application personnelle du naturalisme préraphaélite, Ford Madox Brown, le plus proche compagnon de la Confrérie des préraphaélites et ami de toujours de Rossetti, apporte sa solide formation de peintre d’histoire et son jugement d’intellectuel.

Ses sujets sont replacés, avec tous leurs détails, dans leur atmosphère, incluant les rayons de soleil de Pretty Baa Lambs et le froid glacial dans The Last of England. Les études de paysage qu’il exécute au cours des années cinquante témoignent de sa soumission esthétique à la nature.

Il s’est peut-être le plus intéressé à l’application du préraphaélisme à l’analyse de la société contemporaine et, sous l’influence d’un socialisme libéral portant la marque de Carlyle, il compose cette œuvre massive et fouillée, intitulée Work (1852-1865). Ayant rejoint la Morris Society, il s'oriente vers des formes plus décoratives, tout en subissant fortement l’influence du style sensuel tardif de Rossetti. Il n’a jamais connu, de son vivant, le grand succès; les peintures murales de l’hôtel de ville de Manchester (1878-1893), sa dernière œuvre, annoncent l’Art nouveau.

D'autres oeuvres : Le lavement des pieds : évocation direct du statut d'ouvrier et populaire du Christ ou Les exilés huile sur bois

Architecture

VIGNON

Le grand chantier de la Madeleine, décidé au 18° siècle est réalisé sous la Restauration et la monarchie de juillet par l'architecte VIGNON. Le décor portera sur la signification de l'église et renoue avec la tradition du rachat. C'est une forme de temple expiatoire à la famille française.

Néo-classicisme Le romantique