Les Temps Modernes - Le 19° siècle

Sommaire cours Liste des artistes

Le 19° siécle, celui de la bourgeoisie, est aussi celui de la prise de conscience historique et donc des historiens comme Michelet. C'est le siècle des grandes révolutions artistiques qui se développent rapidement et parfois de façon fugitive : Néo-classicisme, Pré-Romantique et Romantisme, Réalisme, Académisme, Impressionisme et Néo-impressionisme, Symbolisme aux frontiéres du 20° siècle. Les arts glorifient l'avénement des technologies, depuis la machine à vapeur jusqu'à celui de la radio en passant par la découverte des ondes électromagnétiques et leur utilisation.

Paris devient un foyer artistique de tout premier ordre et qui sert de modéle pour les artistes européens.

Néo-classicisme

Il se caractérise par un intérét majeur pour l'antiquité. A partir de 1780 Rôme redevient un pôle culturel artistique de premier plan, et le lieu d'une "renaissance" de l'antiquité. Schlegel, homme de lettres allemand écrit plusieurs ouvrages fondamentaux sur le classicisme.

Hubert ROBERT (1733-1806)

Peintre de transition entre le rococco et le néo-classique.

Le pont du Gard

Intérieur du Colisée, Jeunes filles dansant autour d'un obélisque (1798)

 

Gavin HAMILTON (1723-1798)

Deux ensembles de peintures pour la villa Borghése : Igie et Mort d'Achille dans un style baroque issu du 18° siècle mais avec la volonté de se situer dans un monde archéologique. C'est une peinture extrémement "léchée" dans l'esthétique de Rapahael avec une prédominance du dessin

John FLAXMANN (1755-1826)

Cet artiste anglais majeur travailla en Italie de 1787 à 1794. Ses dessins au trait eurent une renommée européenne.

Dessin à partir de vases grecques : Lavis de 1787

Vénus blessée à la main.....

Heinrich FÜSSLI ou FUSELI ou FUSELY (1741-1825)

Il visita Berlin et l’Angleterre, puis, après un long séjour à Rome, s’exila en Angleterre en 1776. Très cultivé, d’esprit caustique, il entreprit une carrière officielle de «peintre d’histoire» comme décorateur de musées. À Rome, il avait médité sur les antiques : l’un de ses dessins les plus célèbres et les plus révélateurs le représente lui-même comme accablé par le spectacle de deux fragments de la statue colossale de Constantin. Il avait aussi étudié les œuvres de Michel-Ange, et c’est de ce dernier que dérive sa peinture.

Les personnages de ses tableaux sont délibérément jetés hors du temps et de l’espace conventionnels : Amanda se jetant du bateau; Les Trois Sorcières de Macbeth , env. 1783; Titania et Bottom de 1795 et Reméde de Titania. Füssli traite aussi des scènes de légende plongées dans l’atmosphère du rêve : Le Silence, 1795; Dame à la fenêtre au clair de lune, env. 1800. Il réalise également des gravures, des aquarelles et des dessins (que ces derniers soient ou non des esquisses de ses tableaux).

Il devait jouir d’une célébrité européenne durant toute sa vie, grâce surtout au célèbre Cauchemar de 1781, dont il existe trois ou quatre versions différentes (Berne, Weimar). Ses apparentes «contradictions» font de Füssli l’un des représentants les plus importants de la sensibilité de son époque. En 1805, il publia une Histoire de l’art moderne qui commençait au 14e siècle.

France

Jean-Marie VIEN (1716-1809)

Directeur de l'académie de France, villa Mancini il aura pour éléve David et Vincent. Expérimentateur de nouvelles techniques il essaya des peintures à l'encaustique, à la cire ou des recettes anciennes.

Marchande d'amour (1763) : Décor sobre de pilastres cannelés sur un mur plein

Temple de l'hymen : Rites du mariage , sur un fond de temple grec, dans un langage à l'antique

François-André VINCENT (1746-1816)

Créa un atelier, comme David

Jacques-Louis DAVID (1748-1825)

Jacques Louis David naquit à Paris et étudia à l'Académie royale sous la direction du peintre rococo Joseph Marie VienDavid . Il dut se présenter trois fois avant d'obtenir le prix de Rome; ce qui l'incitera tout au long de sa carriére à s'acharner contre l'académie. Il resta cinq ans pensionnaire à la villa Médicis, fut très influencé par l'art classique et l'œuvre de Nicolas Poussin. La douleur d'Andromaque, tableau tiré de la tragédie de Racine, est son morceau de réception à l'académie, fortement imprégné de baroque.

 

De retour à Paris en 1780, David parvint rapidement à son propre style néoclassique, tirant les sujets de ses tableaux de l'Antiquité et s'inspirant, pour les formes et la gestuelle, de la sculpture romaine. Sa première commande, le Serment des Horaces (1784) est le manifeste du nouveau style néoclassique, destiné à développer le sens civique du public, cette toile devint la référence principale de la peinture historique noble et héroïque des deux décennies suivantes.

Peintre officiel de la révolution française, ami de Robespierre, il fit parti de la Convention et vota la mort de Louis XVI. Il introduisit en France le style néoclassique et en fut le meilleur promoteur, de la Révolution jusqu'à la chute de Napoléon Ier. De cette époque : la Mort de Marat (1793), les Sabines (musée du Louvre), qu'il acheva en 1799 Le tableau qui représente une sabine s'interposant entre les uerriers sabins et romains, nus en dehors de leurs armes. Le tableau sera présenté dans une exposition payante, avec un petit livret explicatif..

De 1799 à 1815, David fut le peintre officiel de Napoléon Ier dont il retraça le règne dans de très grandes toiles, comme le Sacre de Napoléon Ier (1806). Suivant la disgrâce de l'Empereur, David s'exila à Bruxelles où il séjourna jusqu'à sa mort. Il y ouvrit un atelier, revint aux sujets de la mythologie grecque et romaine.

Tout au long de sa carrière, David fut également un portraitiste fécond. Plus intimistes que ses grandes toiles, ses portraits, comme Madame Récamier (1800, musée du Louvre), allongée sur un canapé, drapée dans une robe simple à taille haute à l'imitation de l'antiquité, montrent sa grande maîtrise technique et sa psychologie des personnages.

La carrière de David symbolise en quelque sorte le passage du style rococo du 18e siècle au réalisme du 19e siècle. Son style au souffle puissant et sa grande maîtrise du dessin influencèrent fortement ses élèves Antoine Gros et Jean Auguste Dominique Ingres; ses thèmes patriotiques et héroïques préparèrent la voie au romantisme.

Autres oeuvres présentées :

Serment des Horaces 1785. Exemple de la morale que les peintres cherchent à faire apparaitre dans leurs tableaux. Ici le courage et la citoyenneté. Traitement spectaculaire, dans le geste du serment des 3 fréres à leur père qui les exhorte à se battre pour la cause de Rome. Dans ce triptyque trois scénes se déroulent au même instant : Le pére qui reçoit le serment de ses fils, les 3 fréres et les femmes éplorées par l'éventuelle fatalité.

Serment du Jeu de Paume, à Versailles. Est parfaitement traduit la cohésion du Tiers Etat et du clergé qui prétent serment pour imposer l'assemblée dont le roi ne voulait pas.

Brutus devant sacrifier ses fils, à l'ordre qu'il a lui-même établit. Peinture dramatique proche dans les effets du serment des Horaces. La complexité des sentiments : Fermeté morale de Brutus malgré son expression d'effondrement; est subtilement exprimée.

Assassinat de Marat par Charlotte Corday. remarquable dans l'évolution du portrait au traitement concis et avec un minimum de détails.

Mort de l'officier Barat représenté nu, étreignant la cocarde républicaine.

Bonaparte franchissant les alpes au grand saint Bernard. Le conquérant est représenté sur son cheval cabré. Sens du mouvement tourbillonant du cheval et de la cape de Bonaparte

Sacre de Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine. Cette toile monumentale est une commande de Napoléon.

Distribution des aigles (1810). Cette récompense est une invention de l'empereur pour glorifier ses soldats.

Sculpture

Antonio CANOVA (1757-1822)

Sculpteur néoclassique, fortement marqué part l'art baroque, qui étudia la sculpture à Venise, et à l'école vénitienne du nu. Il montre sa maîtrise technique et l'originalité de son style dans une série de groupes sculptés en pierre et en marbre (Orphée 1776; Dédale et Icare 1779 et aussi Hercule et Lycas). Admis à l'Académie, il s'installe à Rome en 1780, découvre la sculpture antique, et participe activement au regain d'intérêt pour le classicisme.

Son art s'illustre dans deux domaines : l'art funéraire : monuments funéraires de Clément XIV, de Clément XIII mais surtout celui de Marie-Christine d'Autriche,et la statuaire : les Saints-Apôtres. Avec le Thésée vainqueur du Minotaure (1781), il est reconnu comme le plus grand sculpteur néoclassique.

Apprécié pour ses statues représentant des scènes mythologiques d'actes héroïques ou de scènes érotiques, notamment l'Amour et Psyché (1793) au traitement gracieux des corps et que l'on retrouve dans des versions réduites en biscuit, qui a fait de Canova l'égal de David.

Le sculpteur a également reçu des commandes de Napoléon, comme la célèbre Pauline Borghèse en Vénus victorieuse (1805-1807), un portrait gracieux et sensuel de la sœur de Napoléon ainsi que le buste de Bonaparte 1° consul : portrait officile issu de l'art romain dont il existe des tirages en marbre et en fonte.Le portrait en pied de Napoléon en mars pacificateur, nu avec un drapé sur l'épaule, n'ayant pas plu à Napoléon, l'oeuvre fut achetée par lord Ashley... ennemi personnel de l'empereur !

Canova eut une carriére internationale, ce qui était rare à l'époque.

Antoine-Denis CHAUDET (1753-1810)

Il remporte en 1784 le grand prix avec une œuvre de réception narrative en plâtre représentant Joseph vendu par ses frères qui lui ouvre les portes de l'Académie de France à Rome rouverte par Napoléon. De retour à Paris, il expose aux Salons de 1789 et de 1790, et participe à la décoration du Panthéon; où il exécute le bas-relief du Dévouement à la Patrie dans le péristyle.

Dans son œuvre la plus célèbre, l'Amour jouant avec un papillon, les contours priment les plans. Dans le genre monumental, il s'acquitte en 1806 d'une Paix hiératique fondue avec l'argent gagné pour les anges des Monuments au cœur de Louis XIII de Sarazin et celui de Louis XIV de Guillaume 1° Coustou. En 1808, il exécute au sommet de la colonne Vendôme, un bronze colossal de Napoléon Ier à l'antique tenant dans sa main la Victoire qui a disparu sous l'occupation des Alliés en 1815.

Chaudet est accessoirement peintre et, en disciple de David, exécute l'Enée fuyant avec sa famille (1798); il pourvoit aussi en modèles des orfèvres et bronziers, et illustre des ouvrages de bibliophilie relatifs à Racine, Montesquieu, Bernardin de Saint-Pierre et Apulée.

Architecture

Etienne-Louis BOULLEE (1728-1799)

Formé comme peintre chez Nicolas Lancret, Boullée suivra ensuite les cours de l'architecte Jacques-François Blondel.Boullée est avant tout un visionnaire influencé par Piranèse et par l'architecture antique, grecque, égyptienne ou orientale .

Architecte de l'aristocratie célébre pour ses dessins de projet illustrant les deux tendances du néo-classique, il construit des hotels particuliers et des chateaux dans un style néo-classique. Il entame son oeuvre théorique en imaginant 32 projets théoriques non réalisés, ayant, selon lui, valeur d'archétypes architecturaux : parmi les plus remarqués, il faut citer la Métropole conçue en 1781, le Muséum en 1783, et le cénotaphe de Newton en 1784, plume et lavis sur papier. En 1793, il expose ses théories architecturales dans son Essai sur l'art, publié seulement en 1953.

Claude-Nicolas LEDOUX (1736-1806)

Aprés une formation de graveur il se rend à Rome pour découvrir les oeuvres de Piranése. Revenu à Paris il construit des hotels particuliers (hôtel d'Hallwyl, 1766-1767...) et des résidences autour de la capitale (pavillon de Mme du Barry à Louveciennes); également des chateaux (château de Bénouville, 1770-1777). Entre 1775 et 1779 il réalise la cité-usine des salines royales d'Arc-et-Senans (lee plan prévoyait pour les ouvriers des logements rayonnant autour des ateliers proches de la maison du directeur et envisageait la création de bains publics, d'un hôpital, d'une Bourse, d'une " maison d'union ", d'un " temple de l'amour ", d'un " pacifère " (cimetière), ordonnancés selon les principes philosophiques et maçonniques du temps. Ledoux répond également à diverses commandes publiques pour les villes de Besançon (le théâtre), Compiègne et Aix-en-Provence (palais de justice et prison).

Ledoux est le sculpteur français le plus représentatif de l'esprit des Lumières. Au Panthéon, fruit d'un voeu de Louis XV dont la construction qui subit de nombreuses vicissitudes dura un an, il participe à l'élaboration de la double coupole. A Saint Philipe du Roule il s'inspire de la basilique chrétienne dont l'austérité à l'antique est pour l'époque novatrice.

Célèbre pour s'être intéressé à l'architecture industrielle et publique, il est chargé en 1785 de la construction des cinquante-cinq pavillons d'octroi des barrières de Paris (4 susbsistent), mais le roi lui retire le chantier en 1789 à la suite d'une polémique sur la symbolique de la décoration.

Il explique sa conception utilitariste de l'architecture dans son ouvrage l'Architecture considérée sous le rapport de l'art, des mœurs et de la législation, de 1804.

Sommaire du 19° siécle Le pré-romantique