Les Temps Modernes - Le 18° siècle

Sommaire cours Liste des artistes

L'Europe rococo et au-delà

Importance et variété des foyers germaniques : bipartition entre les régions du nord, plutôt tournée vers la France et une relative "réserve" esthétique (par exemple la Prusse avec Andréas Schluter puis Knolberdsdorf) et les régions du sud qui sont très impressionnées par les modèles baroques italiens, vénitiens notamment, surtout en Autriche avec Fischer von Erlach puis Hildebrandt, Maulbertsch et, plus à l'est en Bohème avec Petr Brandl, Anton Kern...

La rocaille s'étend au monde germanique à partir de la Baviére et jusqu'en Saxe (embellissement de Dresde et édification du Zwinger°.

L'Espagne est à la fois une terre riche de ses propres traditions monumentales et décoratives (importance de la famille Churriguerra et du style qui leur est associé. C'est également une terre d'accueil pour de très nombreux artistes étrangers : Juvarra, Tiepolo, Louis-Michel Vanloo.

Le Portugal est très favorable à l'expansion rocaille

Au Mexique et au Brésil s'épanouissent des expressions artistiques très redevables des formes européennes rococo, infléchies par certaines particularités locales.

Pays Germaniques

Architecture et décor intérieur

Andreas SCHLUTER (1664-1714)

Sculpteur et architecte Schlüter travailla surtout à Berlin, où il succéda à Nering comme architecte de l’Arsenal; en 1698, il reçut la direction des travaux du palais, dont il dessina les façades sur la cour intérieure et sur le jardin ainsi que l’escalier monumental. La tour de la Monnaie, qu’il avait entrepris de surélever en 1702, dut être abattue avant même d’être achevée, pour éviter qu’elle ne s’écroule ce qui lui coûta la défaveur du roi.

Ses constructions, baroques, comportent de très nombreuses sculptures associées à l’architecture. Sculpteur lui-même, il a réalisé la statue en bronze de Frédéric III et surtout le monument équestre du Grand Électeur (1700), inspiré par la statue équestre de Louis XIV de Girardon qui lui est à peu près contemporaine.

- Palais royal de Berlin édifié de 1698 à 1706 qui s'inspire du Louvre et de Versailles. C'est un vaste ensemble précédé d'un pont avec une église et des écuries; le palais est a 3 niveaux plus un niveau d'attiques, l'avant corps est légèrement décroché; le décor sculpté s'impose au fur et à mesure que l'on s'élève. Dans la cour intérieur avec une statue équestre au centre les colonnes des édifices sont surmontées.

 

Egalement architecte, il se forma à Dantzig puis Varsovie et en France et enfin en Italie ou il suit l'influence du Bernin. A Berlin il réalisa les monuments équestres au grand électeur Frédéric Guillaume (1697), à Frédéric III (1697), Frédéric I (1700) et une série de bustes qui représentent le meilleur de son oeuvre par l'aisance d'expression. Comme architecte il travailla aux chateaux de de Charlottenburg et de Posdam. A Berlin l travailla au Palais Royal dont il décora les intérieurs.

 

Balthasar PERMOSER (1651-1732)

Etudia à Salzbourg, Vienne et Rome (contacts avec Bernin et Cortone). A Dresde en 1698 il participa à la réalisation du Zwinger : sculptures des atlas (1714/1718). Formes nerveuses dans le gout décoratif rococo mais cnstruction baroque : Apothéose au prince Eugéne à Vienne (1721)

Cosmas Damian ASAM (1686-1739) et Egid Quirin ASAM (1692-1750)

cf cours 2

Le pére Hans Georg travailla comme pintre de fresques. Cosmas Damian et Egid firent leurs études à Rome au contact du baroque berninois et de A Rozzo On doit à Cosmas, également peintre, les fresques de l'église abbatiale de Osterhofen et de Weingarten et à Egid, également sculpteur, le groupe de l'Assomption de Marie de l'église de Rehr. Ensemble ils réalisérent l'église de Wiltensburg, exemple réussi d'illusionisme baroque, surtout dans le maitre autel, et l'église saint Jean à Munch édifiée à leurs frais !

Dans leurs derniéres oeuvres ils se rapprochent de la légéreté du rococco contemporain

Johann Balthazar NEUMANN (1687-1753)

Visita Milan et l'Italie septentrionale. Nommé surintendant à la cour de Wurtzbourg il dessina les plans d'urbanisme et de la résidence épiscopale et y travailla pendant toute sa période d'activité. Il chercha à unir la tradition viennoise avec le nouveau classicisme français dans le plan central eplipsoïdal et dans la fusion des espaces courbes entre eux. Neumann travailla avec Tiepolo. Dans l'architecture civile il participa beaucoup à l'lélaboration du chateau de Werneck et l'escalier du chateau de Bruhl. Tardivement il se tourna vers l'architecture religieuse.

 

Dominikus ZIMMERMANN (1685-1766)

Egalement peintre, il se distingua comme stucateur par une vaste production de décors d'architecture spublics et d'autels. Egalement spécialiste des faux marbres. Comme architecte il reconstruit l'église du couvent des soeurs dominicaines à Diligen, mais la paroissiale de Brixheim est plus représentative de son oeuvre : nef unique à choeur semi-circulaire. Dans ses églises-halles les netfs centrale et latérales ont les mêmes hauteurs afin d'apporter plus de lumiére. C'est son apport le plus personnel au gothique tardif.

Joseph EFFNER (1687-1745)

Egalement décorateur, il étudia en France et en Italie. Agencement du parc de la résidence de Nymphenburg avec ses pavillons rattachés au corps central. Dans la décoration intérieure il réalisa l'ameublement de la résidence royale de Munich (1726-29). Il introduisit le style rococco en Baviére.

Georg Wenceslas KNOBELSDORFF (1699-1753)

Architecte et peintre connu pour son activité auprés de Frédéric le Grand. Il privilégia dans les intérieurs une décoration rococco : Théatre de la cour de Berlin, chateau de Sans-souci prés de Potsdam

Johann Michael HOPPENHAUPT

Cosmas Damian ASAM (1680-1739)

Fresques pour les églises abbatiale d'Osterhofen et de Weingarten. Décoration avec son frére de l'église de Weltenburg bel exemple d'illusionisme baroque qui culmine dans le maitre autel avec la statue de saint Georges

Daniel GRAN (1694-1757)

Autrichien d'origine, il séjourne en Italie ou il entra en contact avec Ricci, Solimena et l'école napolitaine. De retour en 1721 il travailla à Vienne pour des palais privés et des édifices religieux avec un grand sens du décor. Plafond de la bibliothéque nationale de Vienne (1730)

Johan Michael ROTTMAYER (1654-1730)

Autrichien formé à Venise. Fresquiste du baroque tardif. Dans l'église saint Mathieu à Breslau (1704) il exécute des architectures feintes qui couvrent l'ensemble de la voute en prolongeant l'architecture réelle. Il laissa également des tableaux de chevalet, peignit le plafond de la nef central de l'abbaye de Melk et décora les églises saint Pierre et saint Charles Borromée à Vienne.

 

Italie

Alessandro GALILEI (1691-1736)

Egalement théoricien il acquit une vaste culture à Rome. En Angleterre entre 1714 et 1719 il élabora de nouveaux projets dont la plupart ne furent pas réalisés. De retour à Florence il devint 1° architecte du grand duc de Toscane puis à Rome, appelé par Clément XII il réalisa la chapelle Corsini, la façade colossal d'ordre corinthien formant portique de Saint Jean de Latran et la façade en travertin de Saint Jean des Florentins dans un style classique et d'une théatrale monumentalité

Ferdinando FUGA (1699-1781)

A Rome puis Naples où il réalisa sa premiére oeuvre importante : la chapelle du palais Cellamare. De retour à Rome il termina le palais du Quirinal y ajoutant une nouvelle aile puis la place qui lui fait façe. De nouveau à Naples il travailla au renouveau de la ville avec des oeuvres destinés aux édifices d'intérét public : hospice des pauvres avec ses 8.000 places ou les entrepots ...Toujours à Naples il réalisa de nombreux palais pour la noblesse.

Giovanni VALVASSORI (1683-1761)

Luca GIORDANO (1634-1705)

Francesco SOLIMENA dit l'abbé Ciccio (1657-1747)

Peintre et architecte il débuta comme apprenti chez son pére mais vers 1765 il se tourna vers un langage plus moderne. A la fin d'un séjour à Rome il entre en contact avec Maratta et le mouvement classicisant lié à l'Académie de France et poursuit ses recherches.

Il fonde à Naples une académie. Quelques unes de ses oeuvres : Héliodore chassé du temple (1725) et les fresques de l'église des Gérolamini.A la fin de sa vie revirement néo-baroque avec une peinture d'une intense vibration dramatique : Allégorie pour les noces de Charles de Bourbon.

Sebastiano CONCA (1680-1764)

Eléve de Solimena à Naples puis à Rome avec Maratta. Ses oeuvres dominantes : Couronnement de Sainte Cecilia pour le plafond de l'église. A la cour de Savoie puis de retour à aples en 1751 aprés des expériences aux tonalités classicisantes, il se tourna vers un baroque grandiose.

Sebastiano RICCI (1659-1734)

Eléve de Mazoni à Venise, il travailla à Bologne puis à Parme. L'étude de Carrache et Corrége se ressent dans ses premiéres toiles

Giuseppe Maria CRESPI (1665-1747)

Alessandro MAGNASCO dit le Lissandrino (1667-1749)

Filippo JUVARA (1678-1736)

cf egalement ci-dessus

Architecte et décorateur de théatres formé en Sicile. Egalement dessinateur d'obets d'art. Il est à Rome en 1703 ou il étudie l'architecture avec Fontana (Chapelle Antamari à Rome). Décorateur officiel de théatres privés. Comme architecte il offre des solutions riches et variées entre classicisme et baroque (Basilique Superga sur la colline de Turin d'un classqiue trés italien avce une grande coupole centrale. Il prend la responsabilité de l'agrandissement de la ville de Turin, tâche colossale comprenant le palais Martini de Cigala (1716) des quartiers militaires et l'église du Carmel (1732-36). Il conçoit également le grand escalier et la façade du palais Madame, le pavillon de chasse de Stupini dont les bras se détachent de part et d'autre pour former une cour hexagonale ouverte du coté face au pavillon sur les jardins. A MAdrid en 1735 à la demande du roi il travaille au palais royal de la Granja de Sant'Ildefonso.

Giovanni Battista ALBERONI

Giuseppe et Stefano GRICCI

Espagne

Michel-Ange HOUASSE (1680-1730)

Jean RANC (1674-1735)

Miguel Jacinto MELENDEZ (1679-1734)

Tradition napolitaine de la nature morte et tradition espagnole des bodegones avec le naturalisme lucide de Zubaran et de Cotan. Série de natures mortes qui décore une salle du palais d'Aranjuez (au Prado aujourd'hui)

Alonso de VILLABRILLE

Luis Salvador CARMONA

Filippo JUVARA

Voir ci-dessus

Giovani Battista SACCHETTI (? - 1764)

Fut éléve de Filippo Juvara et son collaborateur à partir de 1718. Aprés la mort de celui-ci, il acheva avec des modifications originales le Palais Royal de Madrid conçu par son maitre.

Fernando de Casas y Novoa (?-1749)

Pedro Caro IDROGO

Giuseppe GRICCI

Voir ci-dessus en Italie

Portugal

Mateus Vicente de OLIVEIRA

y

Manuel da MAIA

y

Eugenio dos SANTOS

Carlos MARDEL

Pays septentrionaux

Nicolas EIGTVED

Bartolomeo RASTRELLI (1700-1771)

Italiens d’origine, les deux Bartolomeo Rastrelli, le père et le fils, sont devenus par adoption des artistes russes. Le père naît en 1675 à Florence et meurt en 1744 à Saint-Pétersbourg; le fils, né en 1700 à Paris, meurt lui aussi à Saint-Pétersbourg en 1771. C’est à 1716 que remonte l’installation de la famille en Russie.

Pierre le Grand et ses successeurs, désireux de faire de leur État une monarchie conforme aux modèles de l’Europe occidentale, feront ainsi appel tout au long du XVIIIe siècle à des artistes italiens ou français, et les plus aventureux d’entre eux trouveront dans ce lointain empire un terrain d’action bien plus vaste et bien moins concurrencé qu’à Paris ou à Rome. Rastrelli, le père, était à la fois architecte, ingénieur et sculpteur. On lui doit deux importantes statues en bronze de Pierre le Grand et de la tsarine Anna Ivanovna. Le fils, plus remarquable que son père, fut essentiellement un architecte, d’une inspiration si délibérément moderne que, pour les Russes, le nom de Rastrelli est à peu près l’équivalent de rococo .

Ses travaux, fort nombreux, sont disséminés dans tout l’ancien empire des tsars; il faut citer le palais d’Hiver, le couvent Smolny et, au sud de Saint-Pétersbourg, le palais de Tsarskoïe Selo , non pas construit, mais totalement remanié par Rastrelli de 1749 à 1756 . L’ampleur du parti général, l’importance des cours et des espaces extérieurs montrent l’attention soutenue prêtée aux maîtres italiens, sinon à ceux de l’Europe centrale. Mais, dans le détail du décor, l’influence française est nettement perceptible. Il serait d’ailleurs injuste de ne voir en Rastrelli qu’un épigone qui transpose en Russie des modèles occidentaux; il sut, au contraire, tirer parti de l’adaptation des formules baroques aux traditions locales, par exemple dans l’église Saint-André de Kiev (1747-1752).

Sculpture et Peinture Objets d'art et Sculpture