Les Temps Modernes - Le 17° siècle

Sommaire cours Liste des artistes

L'art classique en France : Sculpture

La France prend le "leadership" dans le domaine des arts, dans la seconde moitié du 17° siècle; surtout en architecture; elle attire donc, de plus en plus les artistes étrangers. Entre 1590 et 1660 deux rois se succédent sur le trône de France : Henri IV et Louis XIII dont le régne est encadré par deux régences. C'est une période agitée sur le plan politique durant laquelle se renforce le pouvoir royal qui trouvera son apogée sous Louis XIV.

Pierre FRANCHEVILLE (1553-1615)

Pierre Francheville apprit son métier de sculpteur à Florence auprès de Jean Bologne. Il résida 33 ans en Italie ou il acquit une excellente connaissance de l'antique; après avoir exécuté des copies d'antiques à Rome, il collabore avec son maître à Florence (Figure du printemps de style maniériste tardif), à Pise (portes de la cathédrale) puis à Gênes ou il exécuta des statues pour les Grimaldi et pour le Palazzo Bianco à Gênes.

Rappelé en France par Henri IV et Catherine de Médicis en 1604, il reçoit de multiples commandes du roi (David et Goliath en 1612 encore marquée par le maniérisme, un peu démonstratif et emprunt d'une certaine froideur). Il sera chargé des sculptures du socle de la statue équestre de Henri 4 au Pont-Neuf (fondu à la révolution), œuvre de Jean Bologne et Piero Tacca (Louvre) : les Esclaves enchaînés qui étaient aux angles du socle ont été achevés après sa mort par son gendre, Francesco Bordoni entre 1615-18; ils sont conservés au Louvre.

L'art de Pierre Francheville reste froid et académique. Il reçut de Louis XIII le titre d'architecte du roi.

Pierre BIARD (1569-1609)

Egalement peintre et graveur, formé à Rome à l'école maniériste. Pierre Biard exécutera les statues du Rhône et de la Seine de la fontaine Médicis du jardin du Luxembourg datée de 1630, véritable massif architecturé composé de bassins et de vasques étagées. Il travaillera également au jubé de St Etienne du Mont

- La Renommée (1598). Bronze qui couronnait un mausolée, où se ressent l'influence de J de Bologne bien que d'un style plus puissant et épanoui ( A l'origine les ailes en bronze étaient en bois doré)
- Relief équestre de Henri IV pour l'hôtel de ville (1604)

Mathieu JACQUET (1545-1613)

Fils d'Antoine Jacquet sculpteur et architecte et collaborateur de Germain Pilon pour le mausolée d'Henri 2. Rétif au maniérisme et aux "outrances" il développa un art personnel réaliste. Sculpteur du roi en 1595 il exécute en marbre, pour une cheminée de Fontainebleau, une sculpture en haut relief de Henri 4 à cheval, placé au-dessus de la cheminée, qui était à l'origine entourée des allégories de la Paix et de la Clémence. L'ensemble était accompagné d'un bas relief représentant la bataille d'Ivry, de victoires et de chérubins tenant la couronne et le chiffre du roi.

Il exécuta de nombreuses sculptures funéraires : Priants de Nicolas 3 et de sa femme, médaillon du poète Philippe Desportes, monument du chancelier Pomponne

Mathieu Jacquet est également l'auteur de nombreux bustes : de Henri IV (1 en bronze et un en marbre), de saint Jean d'Alesso...

Simon GUILLAIN (1589-1658)

Sensible au premier art baroque italien, il contribue à l'avènement du classicisme français. Formé par son père Nicolas Guillain, il s'illustre dans l'exécution de médailles mais surtout dans la sculpture funéraire : Tombeaux d'Antoine du Blé (1618/20), Catherine de Clèves (1627/31). On lui confie ensuite l'exécution de priants pour : Henri de Montpensier (Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude en 1624), Martin Ruzé à Chilly-Mazarin (1627), Charles Bailly et de Chrétienne Leclerc (1628), pour les Minimes de Charenton, princesse de Condé (Louvre, 1629).

Le traitement détaillé des vêtements et la souplesse des attitudes atteste son goût pour la précision et l'exactitude. Il travaille au parc de Bagnolet (1629), au château de Caves près de Langres, et au portail de l'hôtel de Longueville. En 1638 il reçoit la commande officielle du décor de l'aile de François Mansart au château de Blois puis la commande de 3 bronzes pour le Monument du Pont-au-Change : Louis XIV jeune, occupe le niveau supérieur, avec de part et d'autre Louis XIII et Anne d'Autriche en costume de sacre; dans la partie inférieure, un relief en arc représente des captifs et des trophées.

La majeure partie de l'œuvre religieuse de Guillain a disparu en même temps que les nombreuses églises qu'il a décorées. En 1648, il a collaboré à la création de l'Académie de peinture et de sculpture dont il a été nommé recteur en 1657.

Jean VARIN ou WARIN (1604-1672)

Sculpteur et médailleur excellent , comparable à P de Champaigne dans sa recherche de la vraisemblance, né à Liège mais d'origine française. Vers 1626 il s'installe à Paris après un voyage à Rome. Il y grave en médaillon l'effigie des grands personnages du temps, en particulier de Louis XIII (1629) , de Louis XIV (buste colossal quelque peu figé) et du cardinal de Richelieu (1630) dont il fit également un buste (1640) en plusieurs versions dont une en bronze et une en or (disparue); probablement par surmoulage car difficilement identifiables entre elles.

Il fait partie en 1665 de l'Académie royale. Dans sa sculpture, Warin transpose la minutie, le goût du détail du graveur en médailles. Dans le salon de Vénus, au château de Versailles, on peut voir une statue de Louis XIV "déguisé" en empereur romain.

Eustache LESUEUR (1616-54)

Le Sueur fut l'un des fondateurs du classicisme. Extrêmement précoce il entre dans l'atelier de Simon Vouet et y demeure 10 ans avec une formation de peintre et de décorateur. Sa facilité et son lyrisme éclatent dès ses premières œuvres, peintes d'après les dessins de Vouet : modèles de tapisseries inspirés du Songe de Polyphile. De la même époque datent des sujets mythologiques : Vénus endormie et l'Amour (1638), ou bibliques : Amnon et Thamar (1636) ou historiques : Coriolan (1638); ce sont des oeuvres pleines de brio et de sensualité exacerbée, traitées dans un coloris clair et raffiné.

Il exécute également des peintures de la Sainte Famille , des Vierge à l'Enfant , mais aussi des portraits.

En 1645, il reçoit la commande d'une série de 22 tableaux relatant la Vie de saint Bruno , destinée au petit cloître de la Chartreuse de Paris. Son inspiration se fait plus austère, son style plus rigoureux. Un "retour à l'ordre" se dessine, comme le montre clairement Saint Paul prêchant à Éphèse , peint en 1649 pour Notre-Dame, grande composition pyramidale, forte et claire. Le peintre travaille alors sans relâche pour une riche clientèle privée, qui fait décorer ses demeures parisiennes. Il multiplie les sujets tirés de la Bible ou de l'histoire ancienne: Histoire de Tobie (1645-1647); Alexandre et le médecin Philippe (1648,); Darius faisant ouvrir le tombeau de Nitocris (1649).

Il excelle également dans la décoration de chapelles et d'oratoires privés : Résurrection de Tabithe par saint Pierre (1647), ou Annonciation (1650). Les dernières années il est à nouveau appelé à l'hôtel Lambert pour y peindre la Chambre des Muses (cinq tableaux représentant les 9 Muses , et un plafond ou Phaëton demande à Apollon de conduire son char). Le peintre va travailler au Louvre que l'on rénove, où il réalise plusieurs allégories à caractère politique pour l'appartement des Bains d'Anne d'Autriche et la chambre du jeune Louis XIV.

À la même époque, il exécute pou l'église Saint-Gervais, à Paris, le premier carton pour une série de tapisseries, Saint Gervais et saint Protais conduits devant Astasius (1652-1654, Louvre). Un deuxième carton : Le Martyre de saint Gervais sera achevé par son beau-frère Thomas Goussé après la mort de Le Sueur; les quatre suivants seront confiés à Sébastien Bourdon et à Philippe de Champaigne. Il faut ajouter d'autres commandes émanant d'ordres religieux : Adoration des Mages pour les oratoriens de La Rochelle (1653), et, en 1654, 4 tableaux pour l'abbaye bénédictine de Marmoutiers-lès-Tours (Saint Sébastien soigné par Irène et Saint Louis soignant les malades; Apparition de la Vierge à saint Martin et Messe de saint Martin , au Louvre). Le Sueur y développe un style retenu, concentré et d'une haute inspiration, ou la ligne l'emporte sur le volume.

Mais une mort précoce interrompit, à trente-huit ans, un parcours loin d'être achevé. Il fut une référence pour les artistes de la fin du 17° et ceux du 18° siècles. Ses dessins, collectionnés avec passion, devinrent des modèles de "correction".

Michel de JOURDIN (GOURDIN)

Priant en marbre d'Amadore de la Porte (oncle de Richelieu)

Jacques SARAZIN (1588-1660)

Sarazin révolutionnera la sculpture française comme le fit Simon Vouet. À Rome (1610-1627), il est au service d'un compatriote, le sculpteur sur bois Jean Languille; il y fréquentera les artistes baroque de l'époque. Il exécute ses premières œuvres attestées (1619), sous la direction du Dominiquin : 4 des Muses de la Fontaine du Parnasse dans la résidence du cardinal Pietro Aldobrandi à Frascati. Le Dominiquin l'associe à ses commandes romaines : stucs des Atlantes dans 2 églises, qui manifestent chez Sarazin un sens de la mesure tempérée par l'exemple antique.

Sarazin arrive à Paris en 1628, où il ne tarde pas à imposer son langage plastique animé, comme en témoignent l'Assomptionde la Vierge et les Anges du retable de Saint-Nicolas-des-Champs. Marié en 1631 à la nièce de Vouet, Sarazin travaille pendant une dizaine d'années, sous ses directives, au château de Wideville (1635) et à Chantemesle (1637). Sa carrière connaît une évolution décisive avec la reprise des travaux du Louvre après la Fronde dont il supervise le décor de 1639 à 1642. Les quatre paires de Cariatides- qui soutiennent le fronton du dôme du pavillon de l'Horloge édifié par Jacques Lemercier  inaugurent une série de chantiers qu'entreprend dans les années 1640 l'atelier de Sarazin : Gilles Guérin (1611-1678), Van Opstal et Philippe De Buyster (1595-1688) - notamment au Palais-Royal et au château de Maisons avec Mansart de 1640 à 1650 ou s'impose son classicisme dans la recherche épurée des formes.

Buste de Louis 14 enfant en bronze d'une grande finesse d'exécution dans ce portrait idéalisée référence à l'antique. Les deux Anges en argent du monument du cœur de Louis 13, suspendus dans une arcade du chœur de l'église Saint-Louis-des-Jésuites , ainsi que les bronzes du monument du cœur d'Henri 2 de Bourbon-Condé (1648), renouvellent l'art funéraire du moment.

En 1648, Jacques Sarazin participe également à la fondation de l'Académie de sculpture et de peinture. Le priant du Cardinal de Bérulle (1657) est une belle illustration des talents de portraitiste de ce sculpteur, non seulement pour le traitement du visage, mais également pour l'attitude elle-même, empreinte d'une piété fervente. Jacques Sarazin est aussi l'auteur d'œuvres profanes pleines de vie, comme cette sculpture décorative et légère des Enfants à la chèvre (1640) dont le socle rococco est une adjonction du 18°

D'autres sculpteurs moins connus :

Michel AMBIE (1613- )

Assistant de S Villain. Lors de son séjour à Rome (1641-43) il fréquente l'atelier de l'Algarde

- Tombeau des Montmorency (1649-52) représentant un imposant groupe sculpté, ou se ressent l'influence de l'Algarde.
- Nativité de 1665 : groupe de sculptures représentant la sainte famille en contemplation de l'enfant dans son berceau, très étonnant par son inflexion baroque
- Décor de la porte de St Denis (1674)
- Amphitrite pour le parc de Versailles (1684)

François AMBIEU (1604-1669)

A Rome de 1641 à 1651 . Il collabore au tombeau des Montmorency à Moulins.

- Sculpture de Jacques Auguste de Tours entouré de ses deux épouses successives
- Tombeau du monument des ducs de ??? avec son obélisque cantonné de 4 allégories
- Monument funéraire de Jean de Ouvray ou il s'inspire des modèles antiques. Véritable portrait fouillé et réaliste dans le visage émouvant de ce jeune mourant mollement abandonné

Gilles GUERIN (1609-1678)

Guérin exécute pour le vestibule d'honneur de Maisons Lafitte les bas-reliefs des Quatre Éléments . Il travaille au château de Fontainebleau : les têtes colossales de Mercure qui surmontent les piles dans la cour des Offices. A Versailles; il exécute le grand ensemble de la grotte de Thétys, il reçoit commande d'un des deux groupes des chevaux du Soleil pansés par des tritons, fougueux et réalistes. La grande statue dans le parc de Versailles : L'Amérique lui est attribuée.

Il est habile aussi dans la sculpture décorative, comme le montrent ses reliefs de la chambre de Louis XIV au Louvre ou du bosquet des Dômes. Ses monuments funéraires ne sont pas sans intérêt : le tombeau d'Henri de Bourbon à l'église de Vallery (Yonne) et le tombeau de Charles de Condé en marbre. Plus personnelle et vigoureuse est l'effigie agenouillée du duc de La Vieuville (Louvre), à la draperie somptueuse. Il travaille pour l'aristocratie, décorant le château de Guermantes, et aussi pour une clientèle ecclésiastique: l'autel de Ferrières en Gâtinais ou le jubé de Saint-Gervais de Soissons.


Durant le long règne de Louis 14 (1660-1715) s'oppose et se succède divers courants artistiques représentés par 3 sculpteurs majeurs :

- Le baroque avec Puget
- Le classicisme avec Girardot
- Le pré-rococco avec Coysevox

Pierre PUGET (1620-1694)

Milon de CrotoneNé à Marseilles, Puget qui fut également peintre, dessinateur et architecte, s'installa très tôt en Italie ou il collabora, dès 1640, à l'exécution des plafonds du palais Barberini (Rome) et à ceux du palais Pitti (Florence).

De retour à Marseille, en 1653, sa réputation de peintre lui apporta de nombreuses commandes religieuses, mais à partir de 1656 il se consacra exclusivement à la sculpture et à l'architecture. Sa première œuvre sculptée importante, les Atlantes en pierre (1656-1657) témoigne, malgré les influences de Michel-Ange et du Bernin, d'un style original.

À Paris, en 1658, il travailla pour le marquis de Bernardin, il réalisa aussi un Hercule et l'hydre de 1660, pour le château de Vaudreuil prés de Rouen , en marbre de Carrare, et fut chargé par Fouquet des sculptures du château de Vaux-le-Vicomte : Hercule au repos ou il capte bien le modèle antique.

La disgrâce de ce dernier le conduisit à se fixer à Gênes : Martyr de St Sébastien pour l'église ou se remarque une volonté de frontalité dans cette oeuvre baroque, Immaculée conception marbre en pied d'une grande fluidité et mobilité.

Il regagne la France en 1669, tient à Toulon des postes officiels tout en sculptant sur bois des proues de bateau, et s'occupant pendant la même période d'architecture (halle aux poissons de Marseille) et de décoration de divers monuments. En 1683, il réalisa pour Louis XIV le Milon de Crotone, suivi du groupe de Persée délivrant Andromède (1685) aux draperies "claquantes" à la virtuosité marquée du ciseau et du trépan, avant d'entreprendre l'édification de la chapelle de l'hospice de la Charité à Marseille, que son fils acheva. A la fin de sa vie le refus du roi de certaines de ses oeuvres rend sa vie difficile et le marginalise à l'avantage de Girardon

- Alexandre et Diogéne : Bas relief très pictural destiné à la chapelle de Versailles (1687)
- Alexandre triomphant : Statue équestre de l'empereur foulant ses ennemis sous les sabots de son cheval

François GIRARDON (1628-1715)

Fils de fondeur, élève du sculpteur François Anguier (1604-1669), il est célèbre par ses importantes réalisations, avec son équipe, pour les jardins du château de Versailles. Très tôt remarqué par le chancelier Séguier celui-ci l'envoya parfaire sa formation à Rome, auprès du graveur Philippe Thomassin (1646-1650). C'est là qu'il se passionna pour l'Antique, pour Michel-Ange, Jean de Boulogne et François Dusqueno.

Vers 1657 il devint l'un des proches amis et collaborateurs de Le Brun et réalisa pour les jardins de Versailles, notamment, Apollon servi par les nymphes (1666-1673) pour la grotte de Thétis, une des sculptures les plus classique du 17° français qui fait référence à l'antique mais très novatrice et réfléchie; Enlèvement de Perséphone (sujet déjà traité par J de Bologne et Le Bernin) c'est une sculpture de plein air volontairement axée selon un angle unique et le Bain des nymphes, bas-relief pour l'Allée d'eau au modelé délicat et sensuel.

Portraitiste soucieux d'observer de près le modèle (bustes de Mignard, Lamoignon, 1673,et Arnauld), il commença, en 1682, les travaux pour la statue équestre de Louis 14 cuirassé à l'antique (mais portant perruque !!), de la place Louis le Grand (actuelle place Vendôme) qui s'inspire du Marc Auréle romain, et qui fut fondue pendant la Révolution car c'était la plus grosse fonte royale existante ( il en existe des réductions en bronze).

Girardon fut aussi un grand tombier : tombeau de Richelieu (1675/77) pur la chapelle de la Sorbonne, oeuvre en forme d'autel, soutenu par la Pitié avec une pleureuse à sa base.

Antoine COYSEVOX (1640-1720)

Rival contemporain de Girardon ce sculpteur baroque né à Lyon vint s'installer à Paris en 1657 comme élève de Charles Le Brun à Versailles : Nymphe allongée à la coquille (1683-85) en marbre , Vénus accroupie en marbre (dite Vénus pudique) et nombreux reliefs en stuc pour la galerie des Glaces et le grand escalier des Ambassadeurs. Pour le salon de la Guerre, il réalisa, également en stuc, un imposant médaillon de Louis 14 à cheval, d'une grande audace dans le traitement de la profondeur. Son néoclassicisme raisonné favorisa, en 1690, l'épanouissement d'un style baroque plus libre et plus vivant.

Ses chefs-d'œuvre sont ses bustes parmi lesquels figure le portrait de Louis 14 (1680), d'un exubérant modelé baroque; et un buste de Marie Serre, mère du peintre Rigault.

Coysevox joua un rôle fondamental à Marly ou il exécute des marbres allégoriques de la Seine, la Marne et de Neptune, la Renommée à cheval ou Mercure à cheval ainsi que le Dieu Paon jouant de la flûte (1708)

Egalement grand tombier, Coysevox réalisa le tombeau de Colbert (1684-87) pour l'église saint Eustache, cantonné de 2 allégories, le tombeau de Charles Lebrun à St Nicolas du Chardonnay et en 1689 le tombeau de Mazarin .

Coysevox réalisa également des portraits de ses amis, comme celui de l'architecte Robert de Cotte (1707, bibliothèque Sainte-Geneviève), d'une grande vérité d'observation naturaliste, ou le buste de Lebrun (1679) en terre cuite (Version en bronze au Louvre).

- Louis XIV en pied vétu en général romain, qui figure dans la cour du musée Carnavalet
- Buste du grand Condé ou les défauts physiques sont bien traduits dans le bronze
- Buste de Colbert en marbre, (peut-être posthume car Colbert meurt en 1687). Recherche de la simplicité dans ce portrait très présent à l'expression personnelle.
- Duchesse de Bourgogne en Diane (1710) au mouvement très léger tendant vers le rococco

Martin DESJARDINS (1637-1694)

Cet artiste, né aux Pays-Bas, et élève de Pieter Verbruggen l'Ancien, présente une alternative à l'art de Coysevox. A Paris vers 1658, il travaille à l'arc de triomphe du château de Vincennes (1670), puis à l'hôtel Salé à Paris. . Il travaille pour la princesse de Conti, nièce de Mazarin, puis le roi Louis XIV à Versailles, dès 1670 (Mars enfant chevauchant un lion de 1674).Puis il exécute des oeuvres pour l'église Saint-Louis-en-l'Isle (avant 1679), ainsi que la façade Sainte-Catherine-de-la-Couture (disparues) . Reçu à l'Académie des beaux-arts en 1671 avec un bas-relief en marbre intitulé Hercule couronné par la gloire, il y est nommé professeur en 1672, puis recteur en 1686.

La décoration du collège des Quatre-Nations, actuel palais de l'Institut (1673), la porte Saint-Martin (1674), le château de Clagny (1675-1682), l'hôtel et le dôme des Invalides (1678) auquel il participe se succèdent dans cette brillante carrière que couronne la place des Victoires (1715-18) dédiée a Louis 14. Inaugurée en 1686 et détruite sous la Révolution en 1792, cette place vaut à Martin Desjardins une notoriété exceptionnelle pour sa maîtrise du bronze

Il travailla également à Lyon et Aix-en-provence.

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