Les Temps Modernes-Le 17° siècle en Italie

Sommaire cours Liste des artistes

Généralités historiques

Les 15°, 16° siècles sont considérés comme une époque de transition entre le Moyen-Age et les Temps Modernes. C'est durant cette période qu'eut lieu une série de changements  politiques, économiques, sociaux et intellectuels

Le début des temps modernes

Le Portugal et l'Espagne, qui avaient financé pour l'essentiel les premiers voyages des explorateurs, furent les premiers à en retirer un profit. Les conquistadores espagnols réussirent en quelques années à dominer les empires d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, ceux des Mayas, des Aztèques et des Incas. Le roi Philippe II tira un pouvoir extraordinaire du flot de richesses qui se déversa des Amériques sur l'Espagne, même si cela favorisa une dévaluation rapide de l'argent et une inflation à long terme. Héritier des terres des Habsbourg en Europe occidentale et aux Amériques, Philippe était également le défenseur de la foi catholique romaine.

La Réforme et la Contre-Réforme

La Réforme débuta en 1517, quand Martin Luther proposa de débattre publiquement de ses 95 thèses. La rupture de Luther avec l'Église catholique aurait pu rester un événement isolé. Elle ne le fut pas car, d'emblée, Luther trouva les appuis nécessaires au sein de la noblesse allemande et des classes roturières. L'imprimerie permit une diffusion beaucoup plus rapide de ses écrits. Il fut impossible aux princes catholiques de contenir et de réprimer la Réforme. Ulrich Zwingli l'introduisit en Suisse.

À Genève, Jean Calvin publia l'Institution de la religion chrétienne (1536), la première grande œuvre de la théologie protestante. Le calvinisme devint la confession protestante la plus militante sur le plan politique. Ce renouveau de la foi chrétienne entraîna une rupture profonde en Europe, qui perdura longtemps. Elle fut à l'origine des guerres de Religion en France, de la guerre des Paysans en Allemagne, de la formation des Pays-Bas.

Incapable de préserver l'unité de la chrétienté en Occident, l'Église catholique n'abandonna pas pour autant le terrain aux protestants. Même s'il ne s'agissait pas d'une simple réponse au défi protestant, la Contre-Réforme traduisait la volonté de l'Église de renforcer son pouvoir et de revenir à une pratique religieuse débarrassée de ses scories. Le concile de Trente réaffirma les dogmes traditionnels, restructura les organismes constitutifs de l'Église et le culte, restaura la discipline ecclésiastique et se préoccupa de la formation du clergé (séminaires). Avec la Compagnie de Jésus, qui avait été fondée par Ignace de Loyola, la Contre-Réforme pouvait rivaliser avec les protestants sur le plan du dévouement et du militantisme.

Les guerres de Religion

En France, les guerres de Religion opposèrent catholiques et protestants huguenots pendant trente ans, jusqu'à l'accession au trône d'Henri IV en 1589. Converti au catholicisme, qui était la confession de la majorité de ses sujets le roi, par une politique à la fois militaire et conciliatrice, put refaire l'unité du royaume en promulguant, en 1598, l'édit de Nantes, qui donnait aux protestants français un statut légal.

En Angleterre, le combat religieux participait également d'un effort plus large qui visait à arracher le contrôle temporel et spirituel de l'Église à Rome, il fut menée à son terme sous le règne de la reine Élisabeth I° et aboutit à la formation de l'Église anglicane.

À la fin de la guerre de 30 ans, guerre religieuse qui éclata d'abord en Bohéme, et qui dégénera en conflit politique entre les familles de Habsbourg et celle des Bourbons, la France apparaissait comme la plus grande puissance européenne et l'exemple même d'un État séculier en voie de centralisation.

L'âge de l'absolutisme

En 1661, Louis XIV accéda réellement au pouvoir et il comprit que la conquête de nouveaux territoires n'était possible que par la mobilisation des ressources économiques et militaires de toute la nation. Le développement de la bureaucratie civile et militaire qui accompagna les grandes ambitions territoriales de la France prit une importance grandissante, de sorte que le roi devint en réalité le premier serviteur de l'État, alors qu'il avait le sentiment d'en être l'incarnation.

L'État centralisé en Europe

D'autres monarques européens ne tardèrent pas à suivre l'exemple français. Le tsar Pierre le Grand consacra son énergie à faire de la Russie une grande puissance militaire. Dans le cadre de la modernisation de son pays, il créa une armée et une marine permanente. Plus tardivement, ce fut le cas de la Prusse, dont l'évolution historique se fit selon un schéma similaire : la guerre et les visées expansionnistes entraînèrent la concentration du pouvoir, la rationalisation des procédures administratives et la création d'une armée permanente. Le refus de la centralisation du pouvoir fut synonyme de déclin politique tant en Pologne que pour l'Empire ottoman où les Turcs, qui étaient autrefois les conquérants redoutés de l'Europe du Sud-Est, ne purent empêcher les janissaires et les autorités provinciales de s'emparer du pouvoir au détriment du sultan.

Une vision séculière du monde

La sécularisation de la vie politique s'accompagna d'une laïcisation de la pensée. La révolution scientifique du XVIIe siècle jeta les bases d'une vision du monde indépendante des hypothèses et des catégories chrétiennes. Auparavant, Copernic puis Galilée avaient bouleversé par leurs découvertes la vision de l'univers issue des théories d'Aristote. René Descartes rejeta la scolastique, préconisa l'usage du doute méthodique et énonça les règles que la raison devait suivre pour «chercher la vérité dans les sciences». Francis Bacon affirma la primauté de la connaissance scientifique dans l'explication du monde naturel. Le physicien anglais Newton établit les bases de la mécanique moderne et la loi de la gravitation universelle. Au 18° siècle, qualifié souvent de siècle des Lumières, les philosophes allèrent plus loin encore. Le matérialisme, oublié depuis l'Antiquité grecque, fut réaffirmé par le baron Holberg, tandis que dans l'Encyclopédie (1751-1772), qui représente le plus célèbre exposé de la pensée des Lumières, Denis Diderot, d'Alembert, Voltaire, Rousseau, Buffon contestèrent la vision religieuse du monde et l'emprise de l'Église sur les pensées.

Les styles

Maniérisme

Le maniérisme désigne certaines productions artistiques réalisées entre 1520 et la fin du 16e siècle. C'est un art qui chercha à définir son autonomie, à se détacher de la réalité première en mettant en relief l'Idée de l'artiste, à transposer dans la matière le concept artistique. C'est un art dédié à la connaissance du sujet plutôt que celle de l'objet. Le maniérisme s'est développé dans une période moralement éprouvée par une profonde crise de la conscience religieuse.

Baroque

La connotation péjorative baroque, qui, dans la langue portugaise, désigne une perle irrégulière, n'est pas étrangère à ce courant qui embrasse l'architecture, la peinture, la sculpture, la musique. À Rome, l'église du Gesù est considérée comme l'un des premiers édifices baroque. Aux ordonnances strictes de l'art du 16° siècle, l'art baroque préfère une animation plus mouvementée, privilégiant courbes et contre-courbes, effets de surprise. À Rome, le Bernin (colonnade de Saint-Pierre) et Francesco Borromini (Saint-Yves-de-la-Sapience) sont les architectes majeurs du baroque ; mentionnons Guarino Guarini à Turin, Baldassare Longhena à Venise. Christopher Wren, John Webb, Inigo Jones en Grande-Bretagne, François Mansart et Jules Hardouin-Mansart, Antoine Le Pautre, Louis Le Vau, Claude Perrault en France sont les représentants éminents de l'architecture classique.

Classicisme

Le style classique, en France, était apparu avec Pierre Lescot au XVIesiècle ; mais c'est au 17e siècle, en réaction contre le baroque, que s'instaure dans sa plénitude un art classique, jeu d'ombre et de lumière, en même temps sobre et délicat, rythmé et mesuré. Versailles, offrant ses miroirs au soleil couchant, avec ses jardins architecturés par Le Nôtre, est un instant privilégié d'une vision inégalée . Cette grâce de l'art classique du 17e siècle est manifeste lorsque l'on considère la place des Victoires, la place Vendôme, l'hôpital militaire des Invalides, l'hôtel de Soubise, l'hôtel Matignon, à Paris.

Rocaille

Style artistique né en France dans les dernières années du règne de Louis XIV et qui s'affirma sous Louis XV (1715-1774), diffusant dans toute l'Europe sa légèreté et sa délicatesse ainsi que son ornementation élaborée. Il prit son essor avec le décorateur français Pierre Lepautre, qui introduisit les arabesques et les courbes dans l'architecture intérieure de la résidence royale de Marly, et fut représenté par un important groupe d'architectes, de décorateurs, d'ébénistes et de peintres.

Rococco

En Allemagne du Sud et en Autriche,vers 1730,un esprit nouveau exalte ce que l'on nomme le style rococo (dérivé du mot rocaille), et l'on assiste à une sorte d'apothéose (château Mirabel à Salzbourg, Amalienbourg à Munich). Il désigne une ornementation imitant les rochers et les pierres naturelles pris dans des arabesques légéres et des coquilles aux bords ondulés. Dans la seconde partie du 18° siécle, l'ornementation prend même le pas sur l'architecture et marque le triomphe des lignes courbes.

En peinture le style rococo s'exprime par des chromatismes délicats où les roses, verts et jaunes triomphent dans des sujets malicieux et frivoles issus d'une mythologie galante. Parmi les artistes les plus représentatifs de ce style pictural : François Boucher, Jean-Honoré Fragonard, et Antoine Watteau .
En architecture d'intérieure le style rococo atteind son apogée en France avec l'aménagement de l'hôtel de Soubise à Paris (1735-1740), auquel contribuèrent de nombreux artistes et décorateurs : Germain Boffrant et Pierre-Alexis Delamair. La place Stanislas à Nancy, dessinée par Héré de Corny, en est également un exemple fameux . Le style rococo s'étendit notamment à l'Allemagne et à l'Autriche, où il se greffa sur les styles baroques. Le style rococo laissa peu à peu la place - à partir de 1760 - au style néoclassique.

L'art en Italie : la peinture romaine

D'Italie, cependant toujours trés morcelée, partent encore au 17° siécle les principaux courants artistiques, politiques et religieux. Le concile de Trente (1545-1563 cf Contre réforme), notamment avec le cardinal Borromée, va réorienter les representations religieuses artistiques : Nouvelle maitrise de l'iconographie en opposition avec les principes anépigraphiques protestants.

3 courants simultanés s'instaurent : Baroque, Classicisme et Réalisme

Michelangelo Merisi dit Le CARAVAGE (1571-1610)

Premier peintre réaliste, grand maître de l'art baroque, formé à Milan et à Bergame. On distingue dans sa vie d'artiste une premiére période dite "des teintes claires" puis une seconde période ou la réalité est représentée de façon plus "brutale" dans de forts contrastes ombre/lumiére qui modélent la figure et interviennent parfois comme une apparition symbolique. Il s'installe à Rome en 1589 chez le cavalier d'Arpin (peintre maniériste), atelier dans lequel il peint des fleurs et des fruits. De cette époque :

- Bacchus adolescent de 1595 : Traitement d'une grande dérision et de détails très réaliste (visage et mains bronzés, crasse sous les ongles, visage maquillé, nature morte hyper réaliste avec des fruits et fleurs pourrissants !!! Le Caravage a un grand refus de la hierarchie des genres et un profond sens de la synthèse. Ce tableau est parfois comparé à la peinture d'Ingres.

- Fuite en Egypte de 1595. L'ange est encore maniériste mais la figure de l'enfant est réaliste.

- La Diseuse de bonne aventure 1594-95. Thème des 15 et 16° siècles pour la première fois élevé au format tableau. Jeu des gestes et regards très subtils; la poignée de l'épée est très en relief, volonté de faire "rentrer" le spectateur dans le tableau

L'amour vainqueur Sa première grande commande publique, qui annonce la seconde période, est pour le décor de la chapelle Contarelli à Saint Louis des Français en 1599 :

- Vocation/conversion de saint Mathieu. Forte opposition ombres/lumières qui produit des formes sculpturales. La nouveauté c'est que le peintre ne dessine pas mais peint directement et se permet des changements de composition au fur et à mesure de l'avancement du tableau, ce qui l'oppose aux artistes de la Renaissance. Il établit une nouvelle approche dans l'image religieuse par une représentation véridique de l'histoire, les personnages non sacrés sont en habits du 17° siècle; Dieu est évoqué par une lumière qui sacralise le quotidien.

- Martyr de St Mathieu de 1600 : Composition figée dans un moment dramatique choisi, souligné par un puissant éclairage; l'artiste pour la première fois s'y représente

- St Mathieu écrivant sous la dictée de l'ange : oeuvre refusée par son commanditaire qui l'a trouvé trop "vulgaire" : pied sale de St Mathieu, trop grande proximité du saint avec l'ange qui laisse supposée une "familiarité" entre le terrestre et le sacré. La deuxième version du tableau, qui est restée à sa place dans la chapelle Cantarelli est beaucoup plus classique : figure drapée à l'antique, discrète auréole du saint, ange distancié du martyr, tabouret en déséquilibre qui "accroche" l'oeil du spectateur. Gamme de couleurs chaudes

_ Crucifixion de St Pierre de 1599 à Santa Maria del populo à Rome. Renversement extrême de la composition qui ouvre sur le baroque, dynamique de la conception de l'espace, lumière qui "flashe"

- Conversion de St Paul de 1599-1600 également a Santa Maria del populo. Le cheval occupe les 2/3 de la composition. L'accueil du message divin est suggéré par les bras ouverts de St Paul. Le personnage du palefrenier est volontairement mal articulé dans la composition.

- Madone de Lorette de 1606. Vierge encore très influencée par Raphael et la culture antique. Proximité des pèlerins avec la Vierge; dialectique entre l'idéalisation de la Vierge et les 2 figures très réalistes.

- Mort de la Vierge de 1605, pour Santa Maria del Transtevira et refusé par les commanditaires car la Vierge manquait de dignité et aurait été peinte d'après le corps retrouvé dans la ville, d'une prostituée morte noyée. Tableau acheté par Charles 1° d'Angleterre puis par Louis 14. Structure classique et sobre de la composition avec un éclairage dramatique

A cette époque Caravage est en Europe une "star" de la peinture malgré son comportement parfois difficile (en 1606 il tue d'un coup d'épée une personne de son entourage); il fuit alors Rome pour Malte (1607-1608) puis part pour la Sicile puis à Naples fin 1609. Il rentre à Rome où il meurt en 1610 soit de malaria, soit assassiné et volé des tableaux qu'il transportait avec lui.

Autres oeuvres présentées

- Décollation de St Jean Baptiste de 1608 dans la cathédrale St Jean de La Valette. Composition dramatique à l'approche très personnelle.
- Résurrection de Lazare (1609). Monochromie voulue et recherchée; auto-citation du peintre avec le Christ. Le groupe de Lazare est peint comme une pietà du Moyen-age, avec presque une recherche de primitivisme nouvelle pour l'époque
- Annonciation (1609) commandé par la ville de Nancy (ce qui confirme la renommée du peintre en Europe). Préparation sombre du tableau, quelques rehauts de couleurs, impasse sur les détails sans importance pour le sujet
- Ensevelissement de sainte Lucie. Peint à Messine alors qu'il était de nouveau poursuivi par les forces de l'ordre.

Bartolomé MANFREDI (1582-1621)

Arrive à Rome en 1600 ou il fréquente Le Caravage dont il sera un disciple scrupuleux. Connu dés 1610 il commence à s'exporter à partir de 1620-1630. Il a su proposer une image moins avant-gardiste que Le Caravage et a peint dans le 2° style de celui-ci (contrastes ombres/lumières). Il dirigea un atelier ou travailla de nombreux artistes hollandais.

- Châtiment de l'Amour (1605-1610). Composition maniériste aux formes serpentines et à la conception dynamique de l'esspace; rôle important de la couleur. Il intègre des traits caravagesques : lumiére, composition très pleine avec des personnages semblant sortir du tableau, dérision du trait avec traitement du sujet au 2° degré.
- Joueurs de cartes : scéne de genre

Orazio GENTILESCHI (1563-1639)

Arrivé à Rome en 1578 il devient ami et disciple du Caravage dont il subit l'influence de la période claire (Saint François, David), c'est un représentant majeur du maniérisme tardif. En 1626 il réside en Angleterre ou il mourra.

- Diane chasseresse encore maniériste et peu réaliste. Détails soignés, minutieusement peints. Clarté de l'éclairage et des couleurs. Il a une considérable influence sur la peinture française lorqu'il vient à Paris en 1526. Par la suite il travaillera à la cour d'Angleterre

L'art en Italie : la peinture bolonaise

En parallèle du "caravagisme", et dans le même temps, apparaît le classicisme à Bologne avec l'académie des Incamminati en 1590 (fondé par Annibal Carrache) précédée de celle des Desiderosi (1582 ) qui se proposent d'intégrer dans la peinture les données humanistes de la contre réforme (voir Renaissance chapitre 9).
Le classicisme bolonais fécondera le classicisme romain

Annibal CARACCI dit CARRACHE (1560-1609)

Peintre bolonais, un des acteurs de la réaction à la peinture du maniérisme tardif. Il fut le membre le plus célèbre d'une importante famille de peintres comptant son frère aîné, Augustin (1557-1602), et leur cousin Ludovic (1555-1619). En 1585, ils fondèrent une école de peinture, l'Accademia del Naturale (qui prit par la suite le nom de Accademia degli Incamminati), dont l'objectif était de mettre l'art au service de la dévotion populaire. Ils prétendaient restaurer les principes fondateurs des maîtres de la Renaissance qu'avaient formulés Michel-Ange et Raphaël.

L'Académie sut attirer des élèves comme l'Algarde (v. 1595-1654), le Dominiquin (1581-1641) et Guido Reni (1575-1642), faisant de Bologne l'un des centres les plus actifs et les plus influents de l'art italien pendant plus de deux décennies.

Il laissa quelques paysages historiés, comme la Fuite en Égypte (1605) , qui propose une vision mythique et poétique de la nature.Fuite en Egypte

Annibal Carrache se distingua dans la réalisation de remarquables décors à fresque de grandes dimensions, comme le cycle lyrique consacré aux Histoires de Romulus et Remus (1588-1592) pour le palais Magnani de Bologne. C'est à cette époque qu'il peignit également l'Étal du Boucher (v. 1583).

En 1595, Annibal Carrache fut appelé à Rome par Odoardo Farnese pour décorer dans son palais le plafond de la galerie sur le jardin (1597-1600) de 20 m de long. Adossés à un arrière-plan architectural peint, où se mêlent personnages mythologiques nus en stuc, plaques de bronze et décoration de marbre sculpté, apparaissent onze immenses faux tableaux, comme disposés sur des chevalets. Ces fresques constituent le point de départ de la nature idéalisée, une des composantes du classicisme du 17e siècle.

- Mangeur de fèves (1583-1584 Réalisme avec une volonté de proximité, nature morte splendide au faux réalisme avec des éléments collés comme dans une autre perspective
- Martyre de sainte Ursule (1600)
- Funérailles de la Vierge : Oeuvre pathétique et chargée d'émotions
- Apotres au tombeau (1606-09)
- Annociation : Fresque por l'arc de triomphe de la cathédrale de Bologne (1618-19)

Domenico ZAMPIERI dit le DOMINIQUIN (1581-1641)

Chasse de DianeÀ partir de 1602, il travailla comme assistant d'Annibal Carrache à la décoration de la voûte du palais Farnèse de Rome, s'orientant vers un classicisme caractérisé par un rare équilibre de la composition. La peinture, selon le Dominiquin, doit être caractérisée par le «beau naturel» épuré et ennobli grâce à la clarté du dessin et à une harmonie géométrique de la composition.

Entre 1607 et 1615, il écrivit un traité sur la peinture où sont formulés les principes essentiels du classicisme. Parallèlement, le peintre focalisa son attention sur une conception de la nature idéalisée avec une série de peintures où le paysage joue un rôle fondamental : la plus représentative de ses œuvres est sans doute la Chasse de Diane (1617, Rome) .

Cependant, l'artiste fut contraint de quitter la ville après avoir réalisé les fresques de l'église Saint-André-de-la-Vallée (1624-1628), entreprise où il fut mis en compétition avec Giovanni Lanfranco. Il se rendit alors à Naples où on lui confia la décoration de la chapelle Saint-Janvier de la cathédrale.

- Scéne de la vie de sainte Cécile au naturalisme modéré
- Conversion de saint Jérome et Chasse de Diane : Deux tableaux trés différents mais proches par le trés haut niveau d'élaboration et par le soin donné à l'exécution
- La fuite en Egypte. Tableau dans lequel le sentiment de la nature se diffuse dans de vastes décors d'une beauté classique et idéalisée

Guido RENI (1572-1642)Atalante et Hyppoméne

Artiste de l'école du maniérisme qui fréquenta l'académie de Carrache et dont il subit l'influence autant que celle de Raphael. Il réalisa la décoration de la chapelle de l'annonciation au Quirinal en 1610. Dans le Massacre des innocents (1611-1612) on ressent toujours l'influence raphaelesque, mais au-delà c'est un nouvel art en gestation qui s'affirme, avec une grande rigueur de composition et une peinture plus intellectuelle, plus ambitieuse.

- Atlante et Hyppoméne . Eclairage artificiel, lunaire; élégance dans le croisement des personnages. Remarquer l'élégance du dessin
- Crucifixion de saint Pierre (1604)
- St André conduit au supplice (1608-1611)
appolon précédé par l'aurore - Travaux d'Hercule : Fable profane exécutée pour le duc de Mantoue (1617-21)
- Adoration des bergers (1640-42)
- Appolon précédé par l'Aurore (1613-14) . Trés beau paysage marin en angle. Echo à Raphael. Citation de sculpture antique dans le quadrige
- Portrait de sa mère (1615-20) Retenue, équilibre, attention psychologique
- Dejanire enlevée par Nessus (1617). Classicisme baroque alternatif au baroque de Rubens, juste milieu entre un baroque pré-Bernin et le classicisme pur de Poussin. Gamme colorée primaire : rouge, jaune, bleue.

Giovanni Francisco BARBIERI dit le GUERCHIN (1591-1666)

Artiste itinérant qui "fécondera" les écoles locales, c'est un "jalon" très important de l'émergence du baroque italien en peinture. Il suivit tout d'abord son penchant pour un natutalisme populaire : Miracle de saint Charles (1613), mais la véritable base de sa peinture se trouve dans la recherche chromatique qu'il traduit par touches, avec de grandes taches de couleurs liquides et lumineuses. Sa rencontre avec Carrache influença fortement sa peinture qui prit un style plus ample et mouvementé comme dans le retable de la Vierge et les saints ou l'Adoubement de Guillaume d'Aquitaine déjà baroque

Appelé à Rome par le pape il peignit pour un autel l'Enterrement de sainte Pétronille : oeuvre fondamentale dans laquelle à coté du naturalisme de certaines figures affleure une tedance idéalisante

- Suzanne et les vieillards. Composition lumineuse
- Vêture de St Guillaume d'Aquitaine (1620). Immense tableau dont le thème s'inscrit dans la glorification des saints, revivifiée par le concile de Trente. Composition typique des peintures religieuses du milieu du 17° siècle. Le monde des anges est exprimé de façon lyrique avec de fort belles couleurs
- L'Aurore (1621-23). Oeuvre très différente de celle de Reni. Contre plongée qui provoque un trompe l'oeil. Recherche avant gardiste en peinture qui conduira à l'émergence de l'art baroque dans la 2° décennie du 17° siècle.

Le baroque italien