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Synthèse historique des Mongols (1220-1370)


Les mongols sont originaires de l'Asie centrale; c'est une ensemble d'ethnies dont certaines remontent au 9° siècle avant JC. Après une longue hégémonie turque, la Mongolie devient définitivement le pays des mongols.

Gengis Khan (1162-1227) est proclamé Khan en 1206 et il se lance alors à la conquête du monde. Vers 1220 il a construit le plus grand des empires qui couvre la majeure partie de l'Asie et l'Europe orientale et donnera ainsi un nom immortel à sa vieille terre. A sa mort en 1227 les mongols ont adopté l'écriture et sont de plus en plus nombreux à se consacrer au bouddhisme.

L'empire est alors divisé entre son petit fils Batu (1204-1255) qui sera le khan de la horde d'or et qui va conquérir la Russie, l'Ukraine et la Pologne, et ses fils Djaghatai, Ogodaï (1185-1241) et Toluy qui en 1235 se lance à la conquête de la Corée et de l'Asie mineure des Seldjoukides.

En 1259 Hulagu (1217-1265) fils de Toluy conquiert le califat de Bagdad en renversant les Abassides, défait la secte des sanguinaires haschischins fondée en 1090 et conquiert la Syrie; mais vaincu par les mamelouks d'Egypte il évacue la Syrie mais conserve l'Irak et la Perse.

En 1279 la Chine entière est annexée par Koubilaï (1214-1294) fils d'Ogoday et fondateur de la dynastie des Yuan. Sous l'influence de leurs sujets, ses successeurs se convertirent au Bouddhisme. Ailleurs les mongols se convertirent à l'Islam.

 

Synthèse historique des Timourides d'Iran et de Transoxiane (1371-1517)

A la fin du 14° siècle Timur Lang, plus connu sous son nom européanisé de Tamerlan (1336-1405), guerrier intrépide mais cultivé, se réclame de la descendance de Gengis Khan et fonde un nouvel empire plutôt turc que mongols : les Timurides ou Timourides (1370-1405).

 

Il prend comme capitale de son empire Samarkand (un des berceaux de la civilisation des peuples de l'Asie Centrale) qui connait alors un développement architectural remarquable : Reconstruction de l'enceinte, fondation d'une cité et édification de vastes monuments aux décors exhubérants, nombreuses mosquées et édifices parfois d'inspiration chinoise mais où la céramique iranienne constitue un élément primordial du décor

Aprés Samarkand, les timourides prendront Herat puis Chiraz comme capitales.

 

L'art Timouride, Mongol (ou Il-Khanide) Porte de Samarkand en marbre et céramique

L'invasion mongole (chute de Bagdad en 1258) signifia d'abord un arrêt de l'activité artistique. Cependant, rapidement, des chantiers de construction, des ateliers de potiers et de dinandiers et des scriptoria se remirent au travail.

Les souverains mongols, les Il-Khanides, vite épris de la culture iranienne, favorisèrent les intellectuels, les artisans et artistes.

L'épopée de Tamerlan (1369-1405) fut certes accompagnée d'hécatombes et de dévastations, mais il tâcha d'épargner systématiquement les artistes et les intellectuels afin de les attirer à Samarcande, sa capitale.

Parmi ses descendants, certains princes évoquent ceux de la Renaissance italienne: mécènes prodigues et sincèrement épris d'art, hommes de goût et de culture, ils se soucièrent davantage de monuments et de manuscrits de luxe que de conquêtes lointaines.

Dans l'ensemble, les édifices des règnes il-khanides et timourides restèrent fidèles au langage formel élaboré sous les Saldjoukides, avec une innovation: la tendance à la verticalité qui ira en s'accentuant de Tabriz à Samarcande.

Nouveau, le thème du portail monumental flanqué de minarets jumeaux s'impose également. La coupole occupe une place grandissante dans les préoccupations des architectes, elle est formée désormais d'une double coque; ce système connu depuis le XIIe siècle prend une forme étonnante: la coque extérieure, surmontant de haut la voûte de la salle.

Sous les Il-Khanides et plus encore sous les Timourides (ou Timurides), le décor architectural en céramique vernissée bénéficie de progrès techniques importants: la gamme et l'intensité des couleurs s'enrichirent, et les décors polychromes - en mosaïques, en carreaux ou en briques vernissées sur tranche - revêtirent alors des monuments entiers.

Quelques magnifiques mihrabs en stuc datent de l'époque il-khanide; le style en est vigoureux et fait jouer ombres et lumières grâce aux plans multiples de bas-reliefs où inscriptions et arabesques se mêlent et se confondent, alors que les éléments géométriques n'y tiennent qu'une place modeste. Si les carreaux à reflets métalliques disparaissent progressivement du décor architectural timouride, les muqarnas, eux, y restent un motif privilégié; en bois, plâtre, brique, pierre, ils sont de dimensions variables.

À partir des Mongols, le vocabulaire décoratif s'enrichit de motifs nouveaux d'importation chinoise : des nuages, des lotus, des fleurs d'inspiration plutôt naturalistes et des animaux fantastiques.

Sous les Il-Khanides (Mongols), Bagdad resta d'abord un centre d'enluminures et de miniatures, mais des ateliers furent créés dans d'autres villes, notamment à Tabriz. Les grands corans reçoivent des entrelacs étoilés et des arabesques qui se mêlent aux lettres. Les têtes de chapitres sont de plus en plus chargées d'arabesques spiralées, les vignettes placées dans les marges se transforment en décors raffinés plus couvrants.

L'enluminure, désormais aussi bien coranique que profane, évolue vers une richesse toujours plus grande une composition plus rigide, avec un remplissage toujours plus dense des surfaces. Des liens indubitables existent, à l'époque timouride, entre le décor des enluminures et celui des monuments. C'est à l'époque timouride que naît la miniature persane avec son raffinement et sa monotonie, d'où émergent quelques chefs-d'œuvre, mais qui n'est ravivée que par le génie d'un Bihzad, à Hérat, à l'extrême fin du XIVe siècle.

En architecture, les monuments sont en brique mais avec une vraie décoration (et non plus seulement avec le simple jeu des briques)

arche de la madrasa_tillya_kari_ madrasa_tillya_kari_samarkand Détail Samarkand

- Mosquée de Varamin au sud de Téhéran :

- Mosquée du vendredi d'Ispahan au sud de Téhéran : détail du mirhab en stuc sculpté sur tout le pourtour et le fronton
- Portail de la madrasa de Natanz : Céramiques bleue, beige et blanche non glacée; observer le jeu entre les briques et les céramiques
- Tour pointue dite "Tour de Radkan" de 1281 aux colonnes engagées fasciculées
- Tombeau de Hulagu (1307-1312) en briques cuites à plan carré et coupole recouverte de céramiques bleues. A l'intérieur les voûtes ont des joints qui sont sculptés

A Kashan

Kashan, située au centre de l'Iran, a 250 kilométres au sud de Téhéran doit sa renommée à ses tapis. Elle produit également des articles de laine et de soie, de l'artisanat de laiton et de cuivre ainsi que des bijoux. Ce fut la ville clé, à l'époque mongole de la production de céramique à cette époque. De nombreux potiers y signent leurs oeuvres et de vrais dynasties s'instaurent. Beaucoup de céramiques lustrées rehaussées de bleu

- Morceau de pilier d'un monument religieux en céramique plaquée
- Portail de la mosquée Maydan à Chiraz aux muquarnas impressionnants.
- Plaque de mirhab en céramique lustrée bleue avec une illustration d'un verset du Coran sur le pourtour
- Carreau en forme d'étoile à 8 branches décoré d'un troupeau de gazelles caracolant dans un jardin, alors que dans la partie basse des poissons glissent dans l'eau. Il s'agit d'un ensemble de pièces qui représente une allégorie du cycle de la nature qui se renouvelle éternellement à travers les 4 saisons
- Plat aux couleurs gris-bleu à décor peint sous glaçure. Au centre un éléphant entouré de 4 phénix à la queue déployée
- La technique du petit feu persiste mais les teintes se diversifient comme dans ce plat à dessin rayonnant et à dominante de couleur verte
- D'inspiration chinoise : plat de couleur vert laiteux rappelant le céladon.

 

Art du livreLivre timouride

Il se développe surtout à Tabriz en Iran sous l'impulsion de mécènes comme le grand vizir Rashid-al-Din homme de lettre iranien et médecin. Il a écrit une histoire universelle illustrée de vignettes (Jérémie nourrissant son âne......) en plusieurs volumes, de l'Islam depuis sa création jusqu'aux mongols :

- Manuscrit du livre "Utilité des animaux". C'est une traduction en persan d'un livre daté de 941 et comportant également de nombreux dessins : Phénix dessiné à la manière chinoise, 2 éléphants étroitement mêlés

- De 1307 : la "Chronologie des peuples anciens" . Exemple de dessin représentant Adam et Eve en face de satan et se préparant à manger la pomme.

- Livres religieux dont celui commandité par Sharuk en 1436, le Mi'Radjnama écrit en arabe et en huygur : un exemple avec cette page ou l'archange Gabriel vient chercher le prophète Muhammmad pour l'accompagner dans son voyage

- Page du Bustan Sa'di illustrant l'histoire de Joseph et de ???? (femme du pharaon)

- Manuscrit dit Khamsa Nizani avec la scène célèbre d'un intérieur de bain public

Tamerlan et les Timurides

Au milieu du 14° siècle Tamerlan arrive en Iran, il est d'origine turc oriental et se prétend descendre de la lignée de Gengis Khan. Il fonde sa capitale Samarkand et une nouvelle dynastie : les Timurides. Il ira jusqu'à Moscou en 1395, à Delhi en 1398 et à Ankhara en 1402. Il mourra sur la route qui le menait en Chine. C'est Tyrar qui devient capital et Shahrukh succède à Tamerlan. L'architecture atteint des dimensions colossales


- Nécropole de Shah-I-Zinda : Ensemble de mausolées recouverts de revêtements de céramique bleue et blanche dont certaines sont profondément resculptées

- Tombeau de Ahmad Yasawi (1399-1405). A l'entrée vaste salle sur coupole recouverte d'un dome à haut tambour épigraphié d'inscriptions en kouffite. Observer la zône de transition de la coupoleavec un emploi parfait des muquarnas créant des surfaces sans à-coups. C'est l'un des premiers exemples de voutage à muquarnas.

- A Samarkand la tour funéraire de Tamerlan et de son fils préféré Muhamad sultan : le Gur-I-Mir intégré dans un complexe architectural avec un haut tambour décoré d'inscriptions et supportant la double coupole emboitée, avec un systéme d'armature reliant les deux coupoles, et côtelée pour la coupole extérieure.

Pierres dures

- Ulug Beg fait tailler le cénotaphe de son grand-pére Tamerlan en jade.
- Pichet globulaire (1446-1449) appartenant à Jahangar dont l'anse est en forme de dragon serpentiforme d'inspiration chinoise.
- Poignée d'épée en jade avec deux têtes de dragons affrontées
- Théiére en métal de 1467 à incrustations géométriques d'or au fond mat guilloché. L'anse est en forme de dragon.

Miniatures

- Scènes de caravane sur soie dont les personnages ont une allure extrême orientale
- Rencontre de Humay et Humayun peinture sur soie de 1425  

Les Karamanides (1300-1490)

D'origine turcomane, la dynastie des Karamanides gouverna l'Anatolie centrale, de Konya à Nigdè et au Taurus cilicien, du début du XIVe siècle à la fin du XVe siècle et constitua le plus important rival de la dynastie ottomane. Venue d'Asie centrale à la suite des Seldjoukides ou chassée vers l'ouest par les troupes de Gengis Khan au début du 13° siècle, cette tribu s'est installée vers 1225 dans la région d'Ermenak-Mout, au sud-est de Konya.

Au début du XIVe siècle, la disparition de la dynastie seldjoukide et l'affaiblissement de la présence mongole en Anatolie centrale facilitèrent l'expansion des Karamanides qui occupèrent Konya en 1314, ville qu'ils reperdirent et reconquirent à plusieurs reprises; ils installèrent leur capitale à Larenda, appelée par la suite Karaman, où ils construisirent mosquées, madrasas et fortifications.

La défaite subie par Bayézid Ier à Ankara en 1402 devant Tamerlan permit la reconstitution de l'émirat karamanide sous l'autorité de Mehmed Beg Le dernier grand émir karamanide fut Tadj al-din Ibrahim Beg (1423-1464). Ambitieux et énergique, il n'hésita pas à s'attaquer au sultan ottoman Mourad II, mais, vaincu, dut signer la paix (1435).

Les Karamanides ont joué un rôle important en Anatolie et leur présence a contribué à implanter très tôt dans la région qu'ils ont occupée un fort peuplement turc et surtout l'usage de la langue turque comme langue officielle à la place du persan. Ils ont hérité des Seldjoukides une excellente administration et une organisation militaire qui leur a valu des succès aussi longtemps que les Ottomans n'ont pas utilisé les armes à feu; pris entre les Mongols, les Mamelouks et, plus tard, les Ottomans, ils ont résisté avec un esprit "national" qui est alors original.

Les Karamanides ont été de grands bâtisseurs: ils ont construit des mosquées, des madrasas, des caravansérails, des bains, des ponts qui non seulement continuent l'art architectural des Seldjoukides, mais présentent une originalité certaine, notamment dans la qualité du décor: la ville de Karaman, avec sa ceinture de murailles et ses édifices religieux, en est encore aujourd'hui un témoignage probant. Nombre des émirs karamanides ont été des hommes cultivés, 'Ala' al-din et Ibrahim en particulier, et ont favorisé savants et lettrés qui cependant n'ont pas atteint la notoriété de leurs homologues de l'époque seldjoukide.

Les Safavides d'Irak et d'Iran (1501-1736)

Les Timourides cèdent la place aux Safavides qui prétendent descendre d'Ali; le schisme est déclaré religion d'état (toujours vrai aujourd'hui). La dynastie des Safavides, à l'origine ordre soufi, réalisa l'unification de la Perse en 1501 et établit le chiisme duodécimain comme religion officielle. Ils firent de l'Iran un vaste empire moderne.

La dynastie des Safavides établit le chiisme comme religion officielle. Le chef safavide Ismaïl Shah (régne de 1501 à 1524) réunit sous son commandement plusieurs tribus chiites turkmènes qui refusaient la domination ottomane et vainquit les dernières hordes de Moutons Blancs en 1501 réalisant ainsi l'unification de la Perse. Montant sur le trône en 1502, il se proclama Ismaïl Ier chah de Perse. Pendant ses 80 premières années, la Perse des Safavides fut menacée par les invasions de l'Empire ottoman, à l'ouest, et par les Ouzbeks, à l'est, ainsi que par les guerres internes entre tribus turkmènes.

Cependant, à partir du règne du chah Abbas Ier, la paix s'installa. D'abord à Tabriz puis à Qazvin, la capitale fut déplacée à Ispahan, un gouvernement centralisé fut instauré et une nouvelle force militaire de soldats esclaves fut créée afin de réduire la puissance des nomades turkmènes. Les qualités d'homme d'État d'Abbas Ier le Grand firent de l'État safavide une grande puissance. Ce nouvel ordre dura sans opposition jusqu'au 18e siècle et la dynastie s'éteignit en 1736.

Art Safavide

La période safavide est caractérisée par les très grandes réalisations de l'art perse, notamment en peinture, en architecture, dans les textiles et la fabrication de tapis. Les miniatures du 16e siècle et les bâtiments safavides d'Ispahan d'époque sont très recherchés par les marchands européens au 17e siècle.

Ispahan redevient à partir de 1598 la grande ville et l'on y construit de nouveau :

- Mosquée de l'Imam (Masjid-é Imam), à Ispahan construite au 17e siècle, sous le règne d'Abbas Ier le Grand (1588-1629).
- Pavillon aux 40 colonnes (en réalité elles sont 20 se reflétant dans l'eau des bassins). Détail du traitement des voûtes dont le décor rappelle l'art du tapis et des reliures; scènes historiques dans la salle de réception
- Manteau de l'époque du Shah Abbas 1° en lamé argent

Dynastie Nasride en Espagne (1232-1410)

En 1212, les Almohades subirent, devant une coalition chrétienne, une irrémédiable défaite. Seul subsista le petit royaume de Grenade où la dynastie nasride, en se faisant la vassale et l’alliée de la Castille dans la conquête chrétienne d’une partie de l’Andalousie, avait réussi à s’installer et à consolider son pouvoir.

Les Nasrides restèrent les vassaux des rois de Castille auxquels ils devaient payer un tribut annuel. Lorsqu’ils se dérobaient à cette obligation, les armées chrétiennes faisaient des incursions en pays grenadin. Mais la capitale, à l’abri de ses murailles, restait inviolée. Bien des musulmans s’étaient réfugiés dans le royaume nasride.

Dans les grandes villes, surtout à Grenade, un artisanat de haute valeur exportait ses productions d’art dans le monde musulman comme dans les pays chrétiens d’Occident.

Les apports chrétiens à l’art nasride sont évidents, mais ils n’ont pas pu le renouveler ; ainsi les peintures murales de la salle des Rois, dans le palais des Lions de l’Alhambra, ont été conçues et exécutées par des peintres chrétiens


La Grenade nasride : la ville et l’Alhambra

Dès l’installation à Grenade du fondateur de la dynastie nasride, Mohammed al-Ahmar, la ville se modifia et prit la forme qu’elle conserva jusqu’à sa conquête par les Rois Catholiques, en 1492.
Afin d’accueillir les réfugiés, l’enceinte fut agrandie à l’ouest pour couvrir l’actuel quartier de l’Albaicín. Mais Mohammed al-Ahmar voulut une cité de gouvernement bien distincte de la ville commerçante.Vue générale de l'Alambra de Grenade Il choisit pour la fonder l’étroit plateau allongé qui couronne la colline de la Sabika, où s’étaient déjà élevées de petites forteresses.

L’Alhambra formait une cité à part, dominant la ville proprement dite. C’était d’abord une vaste forteresse : un rempart flanqué de hauts bastions l’entourait ; à l’ouest s’élevait un puissant réduit : l’Alcazaba. Au nord s’étendaient les palais royaux : de leurs parties hautes on découvrait l’admirable panorama de la ville et de la vega.

On accédait à l’Alhambra par des portes monumentales qui abritaient des passages à coudes multiples.
Alors que presque partout dans le monde musulman les palais anciens ont disparu ou ne sont plus que des ruines, l’Alhambra possède encore deux groupes de palais du XIVe siècle.

Comme toutes les grandes demeures hispano-mauresques, celles-ci s’ordonnent autour de patios. Les palais forment deux masses groupées autour de deux cours allongées dont les grands axes sont perpendiculaires.

Le premier groupe, le cuarto de Comares, précédé d’un vestibule, d’un méchouar et d’un petit patio, est dû à Yusuf Ier (1332-1354) ;

le second, le cuarto de los Leones, à Mohammed V (1354-1358 et 1368-1392).

Une mosquée et des bains plus anciens raccordent ces deux ensembles. Les deux grands patios sont entourés de portiques ou de bâtisses sur leurs quatre côtés. Les salles de réception sont au rez-de-chaussée, les pièces d’habitation, de dimensions beaucoup plus réduites, à l’étage. Ainsi, chacun de ces quartiers forme un petit monde fermé. Mais les parties hautes, situées loin des regards indiscrets, s’ajourent de baies et même de galeries ouvertes sur l’extérieur.


Cour des lions de l'AlambraLa cour des Lions : Quatre kiosques saillants, reliés par des portiques, occupent le milieu des côtés. Pavillons et galeries sont faits de minces colonnettes disposées suivant des rythmes changeants et subtils. La cour des Lions est flanquée de quatre salles de dimensions et de formes inégales, mais dont les masses s’équilibrent avec bonheur. Ce sont des enfilades d’arcs qui marquent les axes de la composition.

L’Alhambra est surtout célèbre par la richesse et la beauté du décor qui revêt ses salles. Sur le sol et en lambris au bas des murs règnent des mosaïques de faïence. Les murs sont couverts de plâtres sculptés, tandis que le bois ouvragé ou sculpté et peint compose les plafonds et les dômes. Certaines salles sont surmontées de dômes à stalactites d’une hallucinante complexité. Le décor couvrant est de règle à l’intérieur des salles d’apparat. Les mosaïques de faïence sont décorées de thèmes géométriques, souvent à base d’étoiles polygonales. Dans le plâtre sculpté triomphent les décors épigraphiques et surtout floraux. La composition d’ensemble est toujours équilibrée, et le détail de l’ornement est d’une parfaite élégance.

L’art nasride a laissé la grande œuvre de son âge classique, le témoignage majeur de son art monumental. Aussi est-il normal que l’Alhambra soit un lieu de pèlerinage pour tous ceux qui veulent connaître les arts de l’islam espagnol dans leur ultime floraison.

La ville même de Grenade n’a presque rien gardé de ses monuments nasrides. Des nombreuses mosquées ne subsistent que de minces vestiges et un minaret ; un fondouk, le corral del Carbón, montre que les édifices utilitaires n’étaient pas sans beauté. Cinq belles demeures, plus ou moins remaniées, sont encore debout .

Mais les Nasridessurent utiliser également leur art dans la fabrications d'étoffes et d'objets d'orfévrerie. Ces objets étaient souvent destinées à l'exportation pour une clientéle chrétienne; ceci explique que l'on y trouve des inscriptions, des écrits en latin ou une phrase religieuse chrétienne.

Dynastie Moghol (1526-1858)Peinture moghol représentant l'empereur Baber et sa cour

Elle n'est pas d'origine mongole. Baber el Humayun le fondateur était un turc qui descendait de Tamerlan. L'art des moghols témoigne de qualités d'équilibre, de mesure et de soin dans l'exécution. Il est doté d'une originalité certaine qui forme un style qui influenca les cours princiéres de l'Inde du XVII° au XIX° siécle surtout en peinture.

Avec le grand moghol Akbar puis son fils ainé Jahaugin c'est l'apogée (1556) . La splendeur de la cour atteignit des sommets sous le régne de Shah Jahan (1627-1658)Le déclin est du à la luttue entre deux clans (touramine et iranien) de puissances égales. L'empire dégénérera vers l'anarchie et la banqueroute. Le dernier mogohl fut déposé en 1858 par les anglais.

Les Moghols s'installérent, principalement aux Indes : en Hindoustan et dans le Deccan et en Afghanistan. Ils eurent longtemps des relations privilégiées avec l'Iran.

- Tombeau en grés rouge édifié par Akbar pour son pére Baber el Humayun (1571). Il posséde l'influence timouride (dans son plan et dans son élévation : dôme bulbeux, et facades avec des arcs carénés et brisés) et l'influence timouride (choix du grés rouge et les shatteries , sorte de petit mausolé sur le toit en terrasse). Le jardin d'influence iranienne posséde un mausolée centrale caractéristique de l'architecture moghol.

Akbar construit à partir de 1571 l'ensemble palatin de Fatehpur Sikri, d'architecture typiquement moghol, sur un site escarpé : transposition dans la pierre de principes de construction traditionnellement en bois : décor de soutien; où ces voutes en arcs brisés. Au sud de l'ensemble le diwan Khass (salle d'audience) dont le centre est occupé par un massif pilier au chapiteau serpentiforme à deux niveaux soutenant le poutrage du niveau supérieur. C'est ici que Akbar conviait des représentants des différentes religions dans une volonté d'aboutir à créer une sorte de religion de synhése dont il aurait été le grand prétre.

A Fatehpur Sikri se trouve également une mosquée précédée d'une immense cour ceinte de murs, accessible par une porte d'entrée monumentale en grés rouge et marbre reposant sur un escalier monumental (pishtaq).Rythme ternaire des salles.

Taj Mahal (1631-1648) ou Tadj Mahall

La construction de ce chef-d'oeuvre de marbre est due à l'empereur moghol Shah Jahan qui le fit bâtir après la mort en couche de son épouse Mumtaz Mahal en 1630. Porte d'entrée du Taj MahalLes travaux durèrent plus de 17 ans,à partir de 1632 et mobilisèrent 20000 artisans. On raconte que les meilleurs d'entre eux eurent les mains coupées pour les empêcher de reproduire un tel chef-d'œuvre Ils utilisèrent du marbre blanc, du grès rouge, du cristal, des pierres précieuses et semi-précieuses.

Le site possède trois entrées, une au sud, une à l'est et une à l'ouest. La grande porte de grès rouge (30 mètres de haut) qui se trouve au sud servait d'entrée principale. Elle est ornée de versets du Coran en arabe. Entre la porte et le Taj lui-même se trouvent des jardins ornementaux de style moghol divisés par des canaux.

Le Taj Mahal s'élève sur une plate-forme aux coins de laquelle se dressent quatre minarets de 41,6 mètres de haut (leur rôle est purement décoratif). Le dôme principal mesure 44,4 mètres de haut et est entouré de quatre petites coupoles.

L'intérieur du mausolée se compose d'une haute salle centrale, d'une crypte souterraine et de quatre salles octogonales dans les coins destinées à l'origine à recevoir les tombeaux des autres membres de la famille.

Au centre se trouvent les cénotaphes de Mumtaz Mahal et Shah Jahan. Ils sont délicatement incrustés de pierres semi-précieuses. Celui de l'empereur est plus grand que celui de son épouse sur lequel ont été gravées des inscriptions en persan. Des panneaux de marbre ajourés les entourent.Sur les murs, des panneaux, dont certains viendraient d'Europe, où le végétal triomphe, en pierres parfois sculptées ou serties de pierres semi-précieuses.

De chaque côté du Taj Mahal, deux bâtiments jumeaux de grès rouge ont été élevés. Celui qui se trouve à l'ouest est une mosquée, celui de l'est n'étant là que pour assurer la symétrie de l'ensemble et n'a pas d'utilité religieuse.

Le Tadj Mahall est l’aboutissement d’une longue tradition d’édifices commémoratifs musulmans mais plus spécifiquement indiens.

A l'intérieur : cénotaphe de Mumtaz-Mahal couvert d'incrustations de pierres semi-précieuses.

http://www.taj-mahal.net/blackBack.htm

Arts moghols

L'art du portrait officiel se développe sous le régne de Jahangir (pére de Shah Djahan)

- le peintre iranien Mir Musawwir portraituré par son fils
- portraits de dignitaires de cour : Toujours de profil et corps de trois quart, en pied, sur fond neutre. Attention concentré sur les détails ; bijoux, armes, habits....
- portrait de Jahangir de 1614 tenant dans sa main un portrait de son péreAkbar exécuté par les artistes : Nadir al Zaman et Mir Sayyid Hashim : Akbar présente le globe à son fils signe de passation du pouvoir.

puis le portrait évolue vers un certain lyrisme :

- de 1618 représentation d'un personnage mourant par Gowardhan
- un dindon de 1612, un caméléon de 1610 ou ce bouquet de trois tulipes avec papillon et libellulereprésentés de façon anatomique

L'art du jade prend la même importance symbolique que chez les timourides et des objets d'usage courant d'un travail de grande maitrise et de parfaite qualité :

- coupe à boire (1647) en jade en forme de demi coloquinte
- coupe à boire en jade en forme de fruit coupé en deux dont la base est formée d'une fleur épanouie et l'une des extrémités est en forme de tête de capri.

Art du livre

Le régne d'Akbar marque le début de l'art du livre moghol (1° manuscrit connu : 1560) d'influence iranienne puis européenne a partir du 16° siècle. 1589-1604 : Deux récits du régne de deux souverains moghols ; le baburnameh et le akbarnameh (shahnameh = littéralement livre des rois) contenant plusieurs manuscrits : "de 1590 miniature représentant Babur suivant le tracé du jardin de la fidélité" ou "Akbar tentant de maitriser un éléphant furieux". Souci de véracité, incrustation de petits bandeaux de texte, recherche d'expression dans l'action des personnages (gestes des mains, mouvements des corps....), fidélité de la description caractérisent ces deux récits. Page d'illustration d'exaltation dynastique (art de propagande) : Jahangir montre qu'il préfére un soufi (mystique musulman) plutot que les grands de laterre avec plusieurs éléments allégoriques : auréole de l'empereur, livre offert par le souverain au soufi.....

Jahangir fut passionné par la nature : non seulement il la décrivit dans ses mémoires, mais il la fit représenter par ses peintres ; Mansur reproduisit plus de cent plantes d’espèces différentes. Sous les règnes de Jahangir et de Shah Jahan, l’art du paysage acquiert une minutie particulière et une grande finesse d’exécution.

Fin 16° siècle nouveau type particulier de dessin à l'encre noire parfois réhaussé de lavis, travaillé au kalam : Dessins du joueur de flute ou du derviche (mystique errant). Ce dernier est traité de façon corrosive et avec humour : barbichette, corne sur l'épaule, vétu d'une peau de bête, baton à la main, chapeau, grelots à la taille....

 

Dans les arts mineurs

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