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Synthèse historique des Ayyubides d'Egypte et de Syrie (1171-1250)

D'origine kurde, vizir d'Egypte du dernier Fatimide en 1169, Salah-Al-Din (ou Saladin 1°)  prit le titre de sultan d' Egypte après avoir déposé ce dernier en 1171.
La puissance ayyoubide était née, et son originalité se fit sentir dans tous les domaines :

Le sunnisme va être rétabli grâce à la création de ces établissements d’enseignement, d’où sortiront des professeurs dévoués et des fonctionnaires obéissants. Saladin commence par subir, en Syrie, l’ascendant des Francs, mais en 1187 il s’empare de Tibériade, gagne la bataille de Hattin, prend d’assaut Saint-Jean-d’Acre, et l’étau se resserre autour de Jérusalem, qui succombe assez rapidement. L’année suivante, il remonte vers le nord jusqu’à Lattakieh. La paix de 1191 fut très favorable aux musulmans.

Le royaume latin était réduit à une bande côtière, s’étendant environ de Jaffa à Antioche. Le fait nouveau depuis le commencement des croisades, c’est la liberté de transit, plus utile aux musulmans qu’aux chrétiens: en effet, si ces derniers allèrent à Jérusalem accomplir leurs dévotions, les musulmans pénétrèrent dans les ports pour faire du commerce.

L’empire était le plus vaste qui ait été dirigé du Caire. Pour le maintenir dans une tranquillité relative, Saladin mena une existence de nomade, jouant du prestige dont jouissait sa personnalité. Malik Adil Ier (1200-1218), hanté par les souvenirs glorieux de son frère Saladin 1° vise à reconstituer l’empire ayyoubide sous sa suzeraineté.

C’est alors que débarqua à Saint-Jean-d’Acre la puissante armée de la 5° croisade. Après un long siège, les croisés s’emparèrent de Damiette en 1219, mais les combats continuèrent contre l’armée franque qui marchait en direction de la capitale. Harcelée sans cesse par les troupes de Malik Kamil, elle fut réduite à capituler sans condition vers 1221.

En 1248 le roi Louis IX, qui méne la 7° croisade, débarque à Limassol. Sa flotte arrive devant Damiette en 1249 et, le soir même, les troupes égyptiennes, prises de panique, s’enfuient en toute hâte. Après la bataille de la «Massoure» (ou "Mansourah") et la capture du roi de France, l’armée d’Égypte put reprendre possession de Damiette, tandis que les troupes franques évacuaient le territoire égyptien.

Le désarroi consécutif à la chute du califat de Bagdad, en 1258, les velléités d’alliance entre les croisés et les Mongols, le retour toujours possible des princes ayyoubides dépossédés, l’ambition personnelle des grands officiers mamelouks, tout cela créait une atmosphère qui aboutit à la prise du pouvoir par les Mamelouks

Site sur la civilisation ayyoubide : http://perso.club-internet.fr/thot_web/Documentation/LeCaire/LeCaire6.htm

Les Mamluks d'Egypte et de Syrie (1250-1517)

Les Ayyoubides laissèrent quelques conceptions grandioses, que les sultans mamelouks surent exploiter. D’abord ils accentuèrent le gouvernement des militaires, qui prennent définitivement le pas sur l’élément civil. Les principautés syriennes, qui presque toutes conservent intact leur territoire, furent incorporées comme provinces dans le système mamelouk. Les sultans mamelouks, non contents de conserver dans leurs protocoles le titre de sultan de l’Islam et des musulmans, donnèrent à l’État égyptien la qualification officielle de «royaume islamique».

Vase mamloukLa politique des sultans mamelouks, à l’aurore de leur puissance, fut très habile. Leurs hommes d’État découvrirent que certaines nations occidentales désiraient commercer avec l’Égypte, au mépris des interdictions de la papauté.

Grâce aux convois de navires venus d’Europe, les Mamelouks purent se procurer les matières premières qui leur faisaient défaut, comme le fer et le bois; en outre, les Génois leur amenèrent les esclaves qui formaient leur armée.

Les Ayyoubides, puis les Mamelouks, surent reconnaître l’intérêt que présentait l’établissement de solides contacts commerciaux avec leurs anciens adversaires chrétiens. Outre le commerce avec les Génois, des traités furent passés avec les Catalans, les Pisans, les Marseillais, les Vénitiens, qui venaient chercher à Alexandrie les produits de l’Orient et de l’Extrême-Orient.Lampe de mosquée

Si les Mamelouks sont des parvenus, ils n’en ont pas les petitesses. Dégagés de tout préjugé par leur origine servile (ils servaient dans la garde Ayyubide), ils eurent toutes les audaces; quelques-uns d’entre eux furent des souverains de premier ordre. L’Égypte fut menée, et avec énergie, par des hommes sortis de rien, en face d’une Europe qui n’acceptait que les services de gens ayant quartiers de noblesse.

Les victoires des Mamelouks contre les croisés et la résistance de leurs troupes en face des Mongols assurèrent une situation politique et économique de premier ordre, avec une continuité qui n’existe dans aucune autre contrée de l’Islam au Moyen Âge.

Installés en Syrie et en Egypte, leur capitale est le Caire.
Parmi les grands commanditaires, il faut citer le sultan Qayt Bay qui commanda pour la tombe du prophéte des objets incrustés tels que des chandeliers en cuivre totalement éîgraphiés, avec le blason du souverain. Une pâte bitumeuse forme un fond noir de contraste. Il commanda également des objets incrustés d'or (bassins, coupes...)

En architecture :

Le régime des sultans mamelouks se divise en deux groupes distincts:

Ce qui apparaît surtout, ce sont les rivalités permanentes de ces Mamelouks, leurs querelles personnelles sanglantes; l’audace et l’esprit d’intrigue.

En 1516 l'armée ottoman plus moderne écrase les mamluks d'Al Ghuri et l'empire ottoman en création les absorbe

Synthése historique des Ottomans (1290-1922)

Profitant de la désintégration du pouvoir seldjoukide, ces tribus constituèrent, sur le pourtour du sultanat et plus particulièrement à l’ouest, des émirats autonomes (beylik) qui devinrent totalement indépendants à la fin du XIIIe siècle. Les émirats de l’ouest ont pour objectif la conquête des territoires byzantins ; ceux du centre (par exemple l’émirat de Karaman) visent à acquérir l’héritage seldjoukide.

Mais aucun d’entre eux n’est assez fort pour imposer sa domination aux autres ; toutefois, l’action non concertée des émirats de l’ouest aboutit à la liquidation de la puissance byzantine en Asie Mineure occidentale qui, aux environs de 1340, est passée entièrement aux mains de la puissance turque.

C’est parmi ces émirats que se trouve celui qui, au début du XIVe siècle, est dirigé par Osman (‘Uthman) et qui aura, grâce aux successeurs de celui-ci, une fortune remarquable sous le nom d’Empire ottoman.

Les origines des Ottomans et leur histoire, au moins jusqu’à la fin du XIVe siècle, ont été longtemps mal connues du fait que les historiens, jusqu’à une période récente, n’ont utilisé que des sources partiales, qu’il s’agisse des sources grecques, naturellement hostiles, ou des sources turques, postérieures, qui visaient à magnifier la dynastie ottomane. Des documents nouveaux, pour la plupart provenant des archives ottomanes et européennes, et une analyse critique des chroniques ont permis de mieux cerner l’histoire des Ottomans.

La tribu d’où est issue la dynastie ottomane appartient à la branche oghouz des Turcs ; elle est venue d’Asie centrale soit en même temps que les Seldjoukides, soit plus probablement un peu plus tard, poussée vers l’ouest par les Mongols, au début ou au milieu du XIIIe siècle. On sait peu de chose des premiers chefs de la tribu en Anatolie et ils ont fait l’objet de légendes ou d’inventions historiques postérieures ; l’un d’eux, Ertughrul, paraît bien avoir reçu, aux environs de 1260, la région de Seuyut (Sögüt), sur la Sakarya, avec mission de la défendre contre les Byzantins, sinon d’attaquer ceux-ci.

À sa mort, vers 1290, son fils Osman prend en charge l’émirat et passe sans tarder à l’offensive contre les Grecs. Peut-être Osman, comme plus tard son fils Orkhan, appartenait-il à la confrérie des Ghazis, groupement à caractère religieux et militaire dont l’objectif essentiel était de combattre pour la foi musulmane et pour son triomphe. Il est en tout cas incontestable que l’influence des milieux religieux a été très forte sur les premiers chefs de la dynastie.

Mehmet Ier (1413-1421), protecteur des arts, fut pendant tout son règne l’allié et l’ami du byzantin Manuel II Paléologue, qu’il appelait son père. Murat II (1421-1451),succéda à son pére Mehmet. Le fils de Murat, Mehmet II, le conquérant de Constantinople, était fort cultivé (il lisait la littérature grecque dans le texte) et gouvernait un État non seulement prospère et civilisé mais moderne, possédant une flotte et une armée d’une haute technicité pour l’époque.

La période de splendeur de l’Empire ottoman s’étend de l’avènement de Mehmed II (1451) à la fin du règne de Soliman le Magnifique (1566). Avec Selim Ier (1512-1521), l’Empire ottoman entre dans sa période la plus faste

Le commencement du déclin (1570-1774) : Les souverains qui ont succédé à Soliman le Magnifique, Selim II et Murad III, sont loin d’avoir sa personnalité ; avec eux s’affirme déjà, plus que le caractère absolu de leur pouvoir, le souci prédominant de la satisfaction de leurs caprices, dont leurs successeurs seront encore plus esclaves.

Démembrement de l’Empire (1840-1878)
De l’Empire ottoman à la République turque : Abdul-Hamid II et la réaction (1878-1908)

La capitale des ottomans a été Brousse (Bursa) puis Andrinople et finalement Istambul.

L'art ottoman

A Brousse l'architecture s'intéresse plus particuliérement aux recouvrements des monuments.

Mosquée verte construite pour Mehmet 1° avec une madrasa et un hammam :Lampe de mosquée

Portail trés élancé avec une voute couverte de muquarnas et décors sculptés en façade. Le mur du tombeau est couvert de mosaïques avec un décor réalisé à la cuerda seca sur les parties courbes. Cénotaphe de Mehmet 1° également avec un décor de fleur de lotus à la cuerda seca (comparer avec un cénotaphe d'Asie centrale du 14° siècle de Qutham ibn Abbu.

Technique de la mosaïque de céramique et de la cuerda seca par les artistes de Tabriz.

Aprés la conquête de Constantinople, Mehmet II installe sa résidence à Topkapi en 1459. Il y fait édifier 3 pavillons autour d'une esplanade dont les façades comportent des portiques aux colonnes très élancées (en bois à l'origine comme l'indique le faible espacement des colonnes).

À Damas, le plus beau caravansérail est celui d’Asad Pasha, avec ses neuf coupoles et son appareil bichrome (1752). Un nouveau type architectural apparaît alors : la mosquée turque avec sa vaste coupole hémisphérique couvrant une salle de prière carrée, précédée d’un portique et flanquée d’un ou deux minarets cylindriques, élancés, couronnés en éteignoir.

Signalons, enfin, le palais Azem qui représente le type de la demeure princière du XVIIIe siècle, avec un selamlik, partie accessible aux étrangers, et un haremlik privé dont les pièces sont décorées de marqueterie, de marbres polychromes, de boiseries et de plafonds peints.

Topkapi

Topkapi : EntréeLe palais est la résidence du souverain et le siège du gouvernement. C'est aussi un monde particulier avec sa propre population et ses gardiens.
C'est un vaste complexe palatiale autour d'une succession de quatre cours : Signature du sultan applelée TUGHRA

On entre dans le palais par la porte impériale qui donne accès à la première cour (dite des Janissaires) ouverte à tous dans laquelle avait lieu les exécutions capitales, la communication avec la deuxiéme cour se fait également par une porte, flanquée de deux tours de 1478.

On passe dans la seconde cour (dite cour des cérémonies) par la porte du Milieu. Autour d'un jardin planté d'une double rangée d'arbres, il y a les diffèrents bâtiments officiels (cour de justice, cuisines dues à l'architecte Sinan, offices, chambre d'hôtes, trésor, salle du Divan -pièce dans laquelle le Sultan assiste au Conseil-, la chancellerie).

Lorsque le souverain ne pouvait être présent au conseil sa présence était matérialisée par la tughra . Cette signature pouvait revétir un aspect artistique poussé.Topkapi : salle d'audience


On entre dans la troisième cour par une troisième porte appelée "porte de la Félicité" qui donne accès à la partie privée du sérail. Juste au débouché de cette porte se trouve la salle d'audience où le sultan reçoit par exemple les ambassadeurs étrangers.

Elle abrite un vaste trône en bois plaqué de plaques d'or (trône de Baïran) dans lequel des pierres sont enchassées. Cette cour abrite aussi la bibliothéque d'Ahmed III du 18° siècle et le pavillon des reliques du prophéte et....les clés de la Kaaba de la Mecque. Parmi ces reliques :

- objets en gemmes : gourde recouverte d'or ciselé, incrustée de jades et de perles par des bathes en forme de corolle de fleur datant de 1550, de forme assez massive, aux décors surabondants mais d'une richesse inouïe.
- bol en jade noir incrusté de pierres précieuses composées en mandorle,
- pichet de jade avec l'anse en forme de dragon (typique timouride) avec des filets d'or reliant les pierres semi-précieuses incrustées. Le pied est ceint d'un cercle d'or.Topkapi : Le Harem

Au-delà sont les lieux privés : trésor privé, appartements du padichah (quatrième cour), bâtiments du harem et divers pavillons ou kiosques. Cette quatrième cour surplombe la Corne d'or du Bosphore. On y trouve le kiosque de Bagdad de 1638 aux décors de céramiques bleues sur les murs intérieurs. Un petit baldaquin en bronze doré surplombe les jardins du harem.

 

Le nom du palais a été donné par une porte qui donnait accès à des batteries de canons (Top Kapi ou porte des canons).

Il n'y a pas dans ce palais d'unité de style en raison des différentes époques où il a été construit. C'est dans les bâtiments situés au-delà de la troisième porte que se trouve la résidence personnelle du sultan qui vit là entouré de ses domestiques et esclaves et de son harem.

On compterait 40 000 soldats, serviteurs, esclaves, hallebardiers, cuisiniers, patissiers, boulangers, adjemioglans, tapissiers, eunuques, portiers blancs et noirs, bourreaux, palefreniers et 12 000 jardiniers selon certaines sources. Topkapi : Batiments intérieursLe personnel qui vit et travaille dans le palais n'en sort pas.


Pour simplifier, il est possible de séparer le palais en deux grandes parties :

le selamlik où se tenait habituellement le sultan et son entourage masculin et
le harem surveillé par les eunuques noirs.


Dans le selamlik, il y avait notamment un grand salon, entièrement tapissé de faïences et de somptueuses chambres à coucher, une bibliothèque et une salle à manger. C'est dans une pièce du sérail que les sultans du XVIIe siècle ont mis à mort à plusieurs reprises leurs frères afin qu'ils ne fassent pas d'ombre au sultan ; parfois ils furent enfermés dans un appartement grillagé et gardé appelé le kafès.
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Le harem est dirigé par la sultane mère avec les concubines légales qui ont eu l'honneur de donner un fils au sultan, les favorites temporaires et les esclaves. Les intrigues n'étaient pas rares pour monter dans la hiérarchie : par exemple Roxelane, esclave qui, à la mort de la mère de Soliman, intrigua pour obtenir finalement une influence considérable auprès du sultan et pour inaugurer une phase luxueuse au harem.


Soliman le Magnifique a été le principal hôte de ce palais ; celui qui réussit à imposer sa domination à tous les musulmans et à l'emporter dans une grande partie de l'Europe était d'abord un chef politique et religieux : maître de l'empire ottoman (parfois par l'intermédiaire de ses vizirs). Il a le droit de vie ou de mort sur ses sujets. Il est le représentant de Dieu sur terre après la disparition du dernier calife descendant des Abbassides.




Texte inspiré d'après Robert Mantran, Istanbul au siècle de Soliman le Magnifique, Hachette.

Samanides et Seldjoukides Les Mongols et Safavides