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Synthèse historique des Samanides (874 - 1004)

La dynastie indo-européenne des Samanides domina l’Iran oriental, la Transoxiane et l'Afghanistan après les Bouyides, la plus puissante des dynasties iraniennes au cours de ce que l’on a appelé «l’intermède iranien» précédant la conquête seldjoukide du XI° siècle. Son fondateur, Saman-Khoda (819-864), se convertit. Les Samanides exercèrent leur suzeraineté sur des dynasties locales d’Afghanistan, jusqu’aux frontières de l’Inde. L’apogée de la dynastie se situe sous Sa’id Nasr II (914-943). Les Samanides régnaient sur des régions considérées comme des bastions du sunnisme (Khurasan, Ferghana) et entrèrent en conflit avec les émirs bouyides du nord-ouest de l’Iran.

Vers le milieu du X° siècle des révolutions de palais et des tendances séparatistes des militaires et des «féodaux» commencèrent à disloquer l’État samanide. Dans les dernières décennies du X° siècle, les Qarakhanides (992-1211) et les Ghaznévides (977-1186) conquirent les territoires des Samanides qu’ils supplantèrent en Transoxiane et au Khurasan.



Les émirs samanides mirent à profit leur force économique et militaire pour faire de leur cour de Bokhara et de leurs capitales régionales (Samarqand, Balkh, Marv, Nichapour) des foyers de vie intellectuelle, rivaux de Bagdad. Outre la culture arabe classique, ils favorisèrent l’éclosion de la littérature en langue néo-persane et, bien que sunnites, accordèrent leur protection à des penseurs dont les idées ne relevaient pas toujours de l’orthodoxie. Parmi les plus grands lettrés protégés par les Samanides on trouve les poètes Roudaki et Daqiqi, l’historien Bal’ami, les docteurs philosophes Razi (Rhazès) et Avicenne.

L'art des Samanides

Intérieur d'une madrasaL'architecture reste en terre cuite ou crue ou même en pisé et les décors en briques et en stuc. A la fin du 12° siècle apparition timide de la céramique

- Mosquée de Nayin (8° ou 10° s). Contre le mur de la qibla les colonnes ont un décor couvrant de stuc sculpté de dessins géométriques jusque dans l'intérieur des arcs (extrados)

- Mausolée de 913 de structure carrée sous coupole. Les 4 ouvertures sont orientées et les colonnes d'angle sont à demi engagées. Décor de briques plaqué sur des murs eux-mêmes en brique formant des dessins géométriques en aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du bâtiment
- Tour funéraire Gundab-I-Qabus. Elle comprend une crypte pour la dépouille du défunt et une pièce couverte par une coupole. A l'extérieur le toit est conique ce qui fait que les plans intérieur et extérieur sont différents. Ce genre de tour funéraire était également employé en Anatolie

Pas de céramique  lustrée métallique mais des décors proches de cette technique

- Plat du 10° siècle à glaçures colorées d'influence chinoise avec décors gravés sous la glaçure
- Plat aux décors à l'engobe de fleurons et palmettes tous différents; une inscription en arabe court sur le pourtour.
- Fragment de peinture murale d'un portrait de jeune fille où se ressent l'influence extrême orientale
- Peinture du 10° siècle de Lashkari Bazar représentant un garde turc du sultan
- Tissu appelé "le suaire de saint Joas" ramené d'Orient dans le nord de la France par les croisés
- Tissu de soie repésentant 2 éléphants affrontés, frise de caravane sur le bord; en bas une inscription au nom d'un émir turc
 

Synthèse historique des Seldjoukides d'Irak et d'Iran (1038 - 1277)Minaret Shir-Dor à Samarkand

Le nom de Seldjoukides (ou  Saldjoukides) désigne les membres d’une tribu d’origine turque qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient et qui a établi son pouvoir sur l’Iran, l’Irak et l’Asie Mineure du milieu du 11e siècle à la fin du 13e. C’est la première grande dynastie turque dans l’Orient méditerranéen, et son influence dans les domaines politique, religieux et artistique a été considérable; elle a ouvert la voie aux Ottomans. Leur capitale est Bagdad puis Ispahan.

Vers la fin du 10e siècle, les Seldjoukides émigrèrent vers l’ouest et gagnèrent la région de Boukhara : ils se trouvèrent alors en contact avec d’autres tribus déjà islamisées et se convertirent à l’islam. Seldjouk épousa la fille d’un chef turcoman, dont il eut quatre fils. En 1040, Toughroul beg fut proclamé sultan des Seldjoukides, et tandis qu’il tournait son attention vers l’Ouest, son frère s’établit à Hérat, et l’un de ses fils, Kavourd, et ses descendants créèrent la dynastie seldjoukide du Kirman (vers 1051), qui gouverna ce pays jusqu’en 1222.

Toughroul beg fit de Rayy, en Iran du Nord, sa capitale; puis occupa l’Iran occidental. Par ailleurs, la plus grande partie de l’Irak et la Djéziré passèrent sous la domination seldjoukide et les chefs des provinces conquises durent reconnaître la suprématie politique de Toughroul beg (1054). Celui-ci, avait embrassé l’islam sunnite : il apparut alors comme le défenseur de l’orthodoxie religieuse face à l’islam shi‘ite; en 1055 Toughroul beg entra à Bagdad, et devint le protecteur du calife et en 1058, il fut proclamé «roi de l’Ouest et de l’Est» et sultan.

Contre les Turcs qui pénétraient en Asie Mineure, l’empereur byzantin Romain IV Diogène lança une grande armée en Arménie : Grecs et Seldjoukides se rencontrèrent en 1071, à Mantzikert; les Grecs furent écrasés, l’empereur fait prisonnier:  mourut peu après. Il n’existait plus alors de forces byzantines suffisantes pour s’opposer à l’entrée des Seldjoukides en Asie Mineure. À la fin du règne de Malik Shah l'empire était à son apogée, mais cette puissance s’effondra après sa mort (1092). L’Empire seldjoukide fut alors rapidement démembré en 4 États :

L'art des Saldjoukides

Les Seldjoukides développèrent une civilisation brillante dont il reste de nombreux vestiges dans leurs différentes capitales dont Ispahan où se développa un nouveau type d'architecture. Grands batisseurs ils se firent les défenseurs de la sunna et fondèrent de nombreuses écoles.

- Mosquée du Vendredi à Ispahan. Le bâtiment est de forme carrée, dans la cour centrale les Iwan se situent au centre de chaque coté et se font donc face 2 a 2.
- Tour de Demavend construite en briques et recouverte d'un décor lui-même en briques
- Mausolée du sultan Sandjar, à Merv.
 

0bjets d'art SaldjoukidesEncensoir du 12° siécle

Les ateliers de traitement du métal sont surtout en Iran oriental et les objets réalisés en bronze, en cuivre ou en alliage puis travaillé au martelé ou au repoussé. Cruche en métal du 12 siecle

- Brûle parfum en cuivre martelé en forme de félin dont les yeux sont incrustés d'un matériau bleu turquoise

- Chandelier en alliage de cuivre martelé et très fortement traité repoussé pour obtenir des formes d'oiseaux qui encerclent le bord supérieur. Incrustation d'argent et de cuivre rouge sur la panse

- Seau pansu de 1163 dont l'anse a une forme typique de l'orient oriental, en métal avec des plaques de cuivre incrustées. Sur le bord inscription "animée" (les lettres sont terminées par des têtes d'animaux)- Brûle parfum en forme de boule (ou chauffe mains ?) à l'intérieur duquel on mettait des braises dans une coupelle. Les signes du zodiaque gravés sur la surface sont séparés par des bandeaux gravés.

- Aiguière au décor incrusté d'argent. Épigraphie sur le pourtour de la panse et signes du zodiaque
 

Céramiques

Le style décoratif se modifie sous les influences apportées par les Turcs Seldjoukides. Installés en Anatolie au XIIe siècle, ils font de Konya leur capitale et le centre céramique dont la production est constituée par des plaques de revêtement monochromes (turquoise, bleu, violet et plus rarement blanc ou noir). Ces plaques étaient ensuite cassées suivant un tracé préalablement établi, et les éléments ainsi fabriqués étaient assemblés en une grande mosaïque (alicatado ) à décor géométrique, végétal et épigraphique. Les carreaux polychromes sont ornés d’un décor tracé au noir de chromite sous glaçure turquoise et bleu de cobalt (1160). L’éveil de la puissance seldjoukide se traduit par une recrudescence d’apports chinois et une influence très forte de la miniature, ce qui entraîne en céramique un renouvellement des thèmes et une grande variété dans les techniques. 

- Plat en argile engobé de terre couleur crème, gravures circulaires avec au centre un petit animal stylisé
- Plat tronconique : motif d'un lion se promenant au milieu de palmettes. Glaçure jaunâtre.
- De la région d'Arkand : Plat au lièvre signe. Engobe blanc.

dans les centres urbains, éclosion d'un nouveau type de céramique à pâte siliceuse souvent très blanche et souvent moulée;

- Cruche en céramique siliceuse et glaçure monochrome. Décor de palmettes, anneaux , inscriptions.
- Plat en céramique siliceuse blanche type "grain de riz" dont le décor découpé est bouché par la glaçure à la cuisson.

également création de céramiques aux décors peints recouverts de glaçures incolores ou colorées mais transparentes.

- Plat du "prince dans un jardin" à glaçure bleue transparente. Le prince est entouré de 2 jeunes filles en arrière plan
- Cruche à tête de coq venant de Chine, à double panse. La panse extérieure est ajourée et laisse entrevoir la panse intérieure pleine. Travail surprenant !

Technique de Lakabi (12° siècle) : Sur pâte siliceuse le décor est gravé en profondeur donnant une impression de cloisonné rehaussé d'émaux bleus, jaunes, verts qui mettent en valeur un motif central de personnage chinois, oiseau ou animal fantastique.
- Vase à pharmacie (Alparelo ???????). Sur une pâte blanche un engobe noir recouvert d'une glaçure transparente
- Plat lustré d'un guerrier armé d'une épée et d'un bouclier chassant la panthère

Technique Haftrang (ou des 7 couleurs) Il faut 2 cuissons en atmosphère oxydante dont la première est plus élevée que la seconde. Les objets sont à fond bleu ou blanc tracés de décors
- Plat au cavalier fauconnier (1214) en technique haftrang
- Etoile en céramique de revêtement de mur représentant une scène de départ à la chasse
- Tiré du Shahname (épopée des rois d'Iran) l'histoire de "Bahram Gur et Azada" :
Azada, jeune fille capricieuse formule 3 souhaits à Bahram Gur pratiquement impossibles à réaliser, en preuve de son amour pour elle. Sur une assiette lorqu'elle lui demande de percer avec une seule flèche l'oreille et la tête d'un animal.

Après la bataille de Mantzikert en 1071, les Saldjoukides envahirent l'Anatolie au 12° siècle et y fondèrent des émirats. Peu à peu ces émirs d'Anatolie prirent leur indépendance vis à vis des émirs d'Iran.

- Mosquée de Malatya en Turquie (1247) en briques. Décors à céramiques glacées (et non plus en briques)
- Grande mosquée de Konya en Turquie (1220) avec murs d'enceinte et 2 tours funéraires. ; d'influence iranienne et syrienne. Mirhab en mosaïque ainsi que la frise.

Les Saldjoukides fondent de nombreuses madrassas :
- Madrassa de Konya à plan centré (Ince Minareli de 1258) en pierres rose foncée. On y enseignait l'astronomie
- Plan de la grande mosquée de Diorigi (ou Divrigi - 1229) ou l'on enseignait la médecine, avec accès direct à l'hôpital afin d'y effecteur les travaux pratiques.
 

Exemples d'architectures fortifiées en Anatolie

- Caravansérail (Servait d'abri pour  les marchandises, les hommes et les animaux qui pouvaient y manger et dormir lors de leurs déplacements) de Kayseri prés d'Ankara en 2 parties : partie ouverte sur cour pour l'été et partie close pour l'hiver, ceinte de murailles, à porche unique comportant des niches latérales sculptées et incrustation de pierres de couleurs
- Enceinte de la ville de Birbakar avec des tours du 13° siècle.
- Pont à octroi (1147)

Objets en bois

Portes, volets, minbars mais aussi :

- Lutrin en noyer sculpté et peint de couleurs doré et rouge d'un aigle à 2 têtes symbole des Saldjoukides
- Mirhab  à sculptures géométriques

Fatimides, Almoravides et Almohades    Ayyubides, Ottomans et Mamluks