Archéologie Égyptienne


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Moyen Empire (Fin)

On a vu précédemment que le décor des tombes avait tendance à se réduire uniquement à celui de la cuve contenant les sarcophages. ces décors consistent en frises d'objets accompagnés dans la partie basse de textes funéraires dérivés de ceux des pyramides royales.

Par ailleurs, depuis la fin de la 1° période intermédiaire on trouve dans ces tombes des modèles en bois de scènes regroupant plusieurs personnes et/ou éléments de la vie quotidienne (maison, instrument...). Par exemple :

* Dans la tombe de Messeti : Troupe d'archers nubiens et Troupe de soldats égyptiens chacun d'eux sur un plateau de bois
* Dans la tombe de Meketré : Scène de village représentant l'inspection du bétail et une porteuse d'offrandes pour le culte funéraire.

Styatue cube de la 12° dynastieDans les sanctuaires on trouve des stèles comme à Abydos dans le sanctuaire dédié au dieu des morts Osiris frère de Seth : Stèle cintrée avec des formules funéraires en fronton et 3 frises parallèles représentant des scènes du jugement devant le tribunal d'Osiris

Dans la statuaire des particuliers celle-ci provient plutôt maintenant des cours et portes des temples que des Serdab. On assiste à de nouvelles représentations :

"Statue cube" : Personnage en posture assise, portant un long manteau enveloppant, une perruque évasée et épaisse ,mains posées sur les genoux relevés appelés
Perruque "hathorrique" : avec 2 tresses épaisses de chaque coté du visage, relevées en boucle aux extrémités.

Les statues de femmes sont plus nombreuses qu'à l'ancien empire.
Les statues de couple restent très rares

Avec la fin de la 12° dynastie, on assiste à la décadence de l'empire, elle s'accentuera avec la 13° dynastie et mènera à la 2° période intermédiaire

2° période intermédiaire (14 à 17° dynastie de ~1.710 à ~1.550)


Le pouvoir royal s'affaiblit et le pays se morcelle. Dans le delta oriental la tribu asiatique des Hyksos déjà installée à Avaris depuis 1730 étend son domaine et son influence se ressent parfois dans des statues venant de Tanis (Amenemhat 3 représenté en sphinx). En Moyenne Égypte se constitue un ensemble de petits royaumes. Un grand nombre de souverains (soixante à en croire Manéthon), passèrent rapidement sur le trône d'Égypte. Parvenus au pouvoir, souvent par voie d'usurpation, ils n'arrivèrent que rarement à régner sur le pays tout entier, leur autorité étant contestée par des usurpateurs locaux. Quelques-uns cependant réussirent à s'imposer, notamment Neferhotep I, Sebekhotep III et Sebekhotep IV et leurs statues colossales, ainsi que quelques inscriptions, attestent leur domination sur toute l'Égypte.

Vers 1550, Amosis , en Haute Egypte expulse les Hyksos et devient roi de la 18° dynastie

Les difficultés économiques expliquent la faveur du bois ou du cuivre pour les statues

Nouvel Empire (18 à 20° dynastie de ~1.550 à ~1.069)

Les grands événements historiques

Par haine des Asiatiques, l'Égypte à son tour envahit l'Asie. Dans la conquête de la Palestine et de la Syrie, elle se heurta à des puissances rivales qui convoitaient elles-mêmes ces possessions. L'Égypte leur imposa ses volontés. Sous la XVIII ème dynastie, il lui revint le rôle d'arbitre et d'agent capital de l'histoire de l'ancien Orient. Mais elle en subira, à partir de la XX ème dynastie, tous les contrecoups malencontreux..Une Égypte différente se développe au cours de la XVIII ème dynastie, avec les Ahmosides (4 Thoutmosis et 3 Aménophis, sans oublier Hatchepsout), pour atteindre sa splendeur, mais aussi un point de rupture, avec la fin du long règne d'Aménophis III (1390-1350 av.J.-C.)

En chassant les Hyksôs et en voulant se garantir un maximum de protection, les nouveaux souverains retrouvent vite les chemins de la guerre, mais cette fois d'expansion et d'appropriation qui va assurer à l'Égypte une prospérité presque ininterrompue pendant des décennies : domination directe en Orient, jusqu'à l'Euphrate : expéditions et annexions vers le sud.
Thèbes, à l'origine de cette gloire, et Memphis en profitent. Les échanges se multiplient, l'acculturation bat son plein. L'armée prend de l'importance mais l'élévation du niveau de vie entraîne le recrutement de mercenaires étrangers ou la levée de troupes à caractère colonial.

Des groupes sociaux prennent de l'importance, notamment le clergé d'Amon, le dieu Thébain. Le temple de Karnak - et de ses dépendances à travers tout le pays - devient une véritable puissance, alliée indispensable de la monarchie.

Derrière ce succès, les éléments d'une crise grave sont réunis, et l'empire égyptien d'Orient est menacé par la montée de la puissance hittite.

La XVIII ème dynastie colonise le Soudan

Pendant que les rois thébains de la XVIII ème dynastie unissaient leur force dans la lutte contre les Pasteurs, les Nubiens s'empressèrent de rejeter leur tutelle. Mais les Hyksôs une fois chassés, avant d'entreprendre des conquêtes en Asie les rois de la XVIII ème dynastie jugèrent prudent de pacifier le sud. Ahmès I et Amenophis I réoccupèrent le cours du Nil jusqu'à la deuxième cataracte. Thoutmès I s'avança jusqu'à l'île de Tombos (troisième cataracte). De Thoutmès III à Amenophis III, les pharaons étendirent leurs possessions jusqu'au Djebel Barkal (quatrième cataracte). Au pied de cette falaise se développa alors la ville de Napata qui deviendra la capitale du royaume éthiopien.

L'expansion de l'Égypte en Asie orientale. La conquête.

L'Égypte, avec rapidité, sut se relever de la néfaste domination des Hyksôs. Au lendemain même de leur expulsion, le roi Ahmès put entreprendre une guerre offensive en Palestine, dans le dessein d'occuper les routes d'invasions menant d'Asie en Égypte. Thoutmès I, à la tête d'une armée aguerrie et bien outillée pour la guerre de siège, mena une brillante campagne en Palestine et en Syrie, poussant ses armées jusqu'à l'Euphrate, habité par les Mitanniens. Succès éphémère, car, profitant de la politique pacifique de la reine Hachepsout le pays se souleva. Une coalition des chefs de la Palestine et de la Syrie se forma contre l'Égypte, sous la direction des princes de Mégiddo et de Kadesh, vassaux du roi de Mitanni. Thoutmès III dut reprendre la conquête pour tenir sous son contrôle le "couloir d'invasion", qui menait en Égypte par les vallées du Jourdain et de l'Oronte. De ~1483 - ~1464, il dirigea dix sept campagnes pour soumettre la Palestine et la Syrie. À sa mort, il put considérer son œuvre comme achevée et ces deux pays comme définitivement incorporés à son empire.

Toutmès III grava le récit de ses campagnes sur les murs des temples qu'il construisit à Karnak.

Les princes mitanniens, profitant de la nécessité où se trouvait Thoutmès III de rentrer chaque hiver à Thèbes, formaient constamment des révoltes contre l'autorité égyptienne. Dans la 17° et dernière campagne, Thoutmès III écrasa définitivement tous les rebelles. Néanmoins, ses successeurs : Amenophis II, Thoutmès IV et Amenophis III, obligés de tenir en respect les populations turbulentes de l'Asie occidentale, durent intervenir de temps à autre dans les provinces soumises, pour montrer la force de leurs armes.

Organisation de l'empire :

Pour garder les provinces conquises, des troupes égyptiennes furent laissées sur place, et des forts furent construis aux points stratégiques.
Les pays soumis devaient verser au trésor égyptien un impôt annuel, consistant en richesses naturelles et en produits manufacturés. En outre, la population devait pourvoir aux frais d'entretien des troupes égyptiennes et de la cour du Pharaon, quand celui-ci se rendait en Asie.
Les Égyptiens traitèrent les peuples vaincus avec un libéralisme qui est en contraste frappant avec les méthodes employées par leurs rivaux, les conquérants asiatiques. Loin d'opprimer la population, les pharaons en confièrent le gouvernement aux princes indigènes, dont les devoirs envers l'Égypte se résumaient dans la levée du tribut annuel et dans la garde du pays par leurs propres troupes. Les fils de ces princes étaient emmenés en Égypte pour y recevoir leur éducation, de sorte que, de retour dans leur pays, ils y propageaient l'instruction et les goûts égyptiens.

Rapports de l'Égypte avec ses nouveaux voisins :

Une politique de paix et d'alliance succéda à l'ère des expéditions militaires. Le Mitanni, que l'Égypte, depuis l'invasion des Hyksôs, avait toujours trouvé à la tête de ses adversaires, chercha un rapprochement, Une alliance en résulta, consolidée par le mariage de Thoutmès IV avec la fille du roi Artatama (roi de Mitanni)
Sous le règne de son fils Aménophis III, l'Égypte ayant atteint au faîte de sa puissance militaire et de son expansion à l'extérieur, devint "l'arbitre de la politique internationale". Sa suprématie s'affirma d'une façon si éclatante que toutes les cours orientales voulurent se concilier l'amitié de cette dangereuse voisine. Des ambassadeurs de tous les rois vinrent dont à Thèbes apporter à Pharaon des hommages et des présents.
Aménophis III rechercha des mariages étrangers et conclus, à cette occasion, avec diverses cours orientales des alliances économiques ou politiques. Sa correspondance diplomatique, retrouvée à El-Amarna. Témoigne le rôle prépondérant de l'Égypte.

Administration centrale :

Pour alléger la charge du vizir aussi bien que pour diminuer son pouvoir, Thoutmès III dédoubla cette fonction : il nomma un vizir à Thèbes pour la Haute Égypte et un autre à Memphis pour la Basse Égypte. Mais à partir de la XIX ème dynastie, le siège de l'administration de la Basse Égypte fut transféré de Memphis à Tanis. À côté du vizir, il y avait un chancelier chargé de la gestion des finances, relevant directement de Pharaon. Les attributions des deux vizirs et du chancelier dans l'ensemble, furent les mêmes que sous le Moyen Empire. Sur le plan religieux le grand prêtre du dieu Amon - dont les temples, à la suite des victoires des pharaons, s'étaient enrichis de butins et tributs prodigieux - devint virtuellement chef du sacerdoce de tout le pays.
La Nubie fut confiée, dès Amenophis I, à un "directeur des pays du sud", nommé le "fils royal de Coush", sans qu'il fût nécessairement un fils du roi, et les provinces asiatiques furent administrées par un "directeur des pays du Nord".

Administration provinciale :
À la fonction de monarque, exercée souvent par les descendants des anciens princes féodaux, s'attacha désormais plus d'honneur que de pouvoir. Les villes ayant une importance militaire furent administrées par les officiers. Il semble que, dans l'administration locale, les inconvénients d'une centralisation excessive aient été corrigés et qu'une plus large initiative fut laissée aux fonctionnaires et aux notables des bourgs et des villages, réunis en conseil (Kenbet).
Amenophis IV (Akhenaton) et la réforme religieuse :

Le clergé d'Amon, favorisé par les pharaons à l'occasion de chaque victoire, devint par l'ambition de son chef, le premier prophète d'Amon, un danger pour l'autorité royale.
Amenophis IV (~1370 - ~1350), afin d'échapper à cette emprise, interdit le culte d'Amon, confisqua les biens de ses temples et licencia ses collèges de prêtres. À la place d'Amon, il intronisa le disque solaire Aton comme dieu d'empire, et se proclama seul interprète de ses volontés sur terre, définissant une volonté panthéiste d'où, entre autres, les anciennes conceptions funéraires étaient exclues. Le disque solaire n'était pas une divinité nouvelle, mais il figurait depuis longtemps parmi les divinités du panthéon égyptien comme l'émanation visible du dieu solaire Rê. Contrairement à ce que certains ont cru, il est difficile de supposer des influences asiatiques à l'origine de cette "hérésie".

Puis Aménophis IV, allant au-delà de ses intentions premières, voulut donner une unité religieuse à son empire, composé d'éléments si divers. La nouvelle doctrine qu'il propageait et dont le dogme fondamental était que le disque solaire représentait un dieu unique, source de toute vie, créateur et ordonnateur de l'univers, pouvait convenir aussi bien à ses sujets égyptiens qu'aux asiatiques. Abandonnant Thèbes, trop plein de souvenirs d'Amon, il fonda une nouvelle capitale, Tell el-AMARNA.
Il changea son propre nom Amenophis ("Amon est satisfait"), en un autre où il proclamait sa piété envers le disque : Akhenaton ("celui qui est utile à Aton").

Aucune époque de l'histoire égyptienne ne fut marquée par tant de mystères et de spéculations que le règne du pharaon Aménophis IV. Chacun à essayer de comprendre et d'expliquer l'action réformatrice d'un pharaon pas comme les autres.

Il instaura une véritable réforme religieuse qu'avait initié son père. Désormais il n'y a place que pour le seul et unique Aton associé au dieu solaire Rê. Les temples dédiés aux autres dieux sont fermés dans tout le pays, Amon vénéré à Thèbes est l'objet d'une persécution fanatique. Emporté par une exaltation mystique sans frein sa destinée sera tragique. Ses successeurs à la tête de l'Égypte redoubleront d'effort pour faire disparaître de l'histoire toute trace de son règne, en vain. Les fouilles mettront à jour l'existence du pharaon hérétique. Akhenaton apporte aussi une véritable révolution dans l'art, loin des modèles idéalisés traditionnels, il se fait représenter, lui et sa famille, dans un style expressionniste ponctué de détails pittoresques.

Pour marquer les limites de la nouvelle capitale, Akhenaton fait apposer des stèles sculptées. Les stèles représentent la famille royale adorant le disque solaire; ses rayons se terminant  par des mains humaines dispensant la lumière au roi, à la reine Néfertiti ainsi qu'à leurs filles  pour leur accorder vie et puissance.  Mais cet essai de culte d'empire ne fut pas durable. Il semble même qu'à la fin de son règne Akhenaton ait voulu se réconcilier avec le clergé d'Amon. Peut-être est-ce pour cela qu'il envoya à Thèbes sa fille aînée Meritatan et Smenkharé, époux de celle-ci, qu'il avait associé au trône vers la fin de son règne.

La mort d'Akhenaton fut suivie de près par celle de Smenkharé, et Touthankamon II, mari de la seconde fille du réformateur, monta sur le trône. L'an III de son règne, le jeune roi fut forcé de revenir à Thèbes, de rétablir le culte d'Aton et même de corriger son nom de "celui qui plaît à Aton" en "celui qui plaît à Amon" ; il mourut peu après.

La succession de Touthankamon échut à un fonctionnaire âgé nommé Aÿ. Elle revint ensuite à Horemheb (~1340 - ~1320), général des armées et 1° conseiller des derniers rois de la XVIII ème dynastie. Pour complaire au clergé d'Amon, il donna un caractère de violence à la réaction contre le disque Aton, commencée pacifiquement sous Touthankamon et il détruisit ses temples. Il poursuivit aussi le souvenir des rois hérétiques, allant jusqu'à s'attribuer le compte de leur règne. D'autre part, pour satisfaire l'armée, il reprit les campagnes en Asie. Il consacra son règne à restaurer l'ordre et à raffermir l'autorité royale.

Dans les arts

De ce contrat constant avec les civilisations orientales naquirent des courants d'influence artistique et intellectuelle, qui mirent en communion plus intime les différentes civilisations du Bassin méditerranéen. Thèbes devint la capitale du monde ou s'entassèrent les tributs des peuples de l'Asie et des peuples du haut Nil. Cette richesse fabuleuse, ajoutée à une main-d'œuvre innombrable, fournie par les prisonniers de guerre, permit aux rois du Nouvel Empire d'entreprendre la construction de temples gigantesques, qui, avec les prodigieuses tombes de la Vallée des Rois, attestent jusqu'à aujourd'hui la puissante civilisation de cette époque.
Le Nouvel Empire est la période d’accomplissement de la civilisation égyptienne: sur le plan politique (c’est l’époque de l’expansion en Afrique – jusqu’à la 5° cataracte du Nil –, en Asie – jusque sur l’Euphrate–, et en Égée, et du rassemblement d’un grand Empire riche et divers, aux innombrables ressources, comme sur le plan économique et dans le domaine artistique.

Architecture

L’architecture bâtit à nouveau en taille colossale, et ses constructions, qui disposent maintenant de l’immense «champ» thébain, s’étendent sur d’impressionnantes aires et s’adaptent résolument au site nouveau.
 


Les sanctuaires divins acquièrent leur plan classique: pylône à deux tours rectangulaires (plus étroites au sommet qu’à la base) souvent précédé d’une allée de sphinx, cours ouvertes à colonnes papyriformes ou à piliers osiriaques, hypostyle à une ou plusieurs nefs, enfin la partie fermée du temple: comprenant les appartements du dieu, dont la pièce essentielle était la chapelle, et dans le naos la statue divine (portative) et la barque divine peintes; sol et plafond se rapprochant progressivement dans un effet de perspective, l’un s’élevant, l'autre s’abaissant, à mesure que l’on s’avançait vers la chapelle: jeu de lumière (de l’étincellement du jour à l’ombre mystérieuse qui entourait le lieu saint), mais aussi allusion théologique au tertre surélevé sur lequel le démiurge apparut au premier jour. Temple Hathor-Hatchepsout

Pour les tombes civiles (on en a retrouvé plus de 470 sur la rive gauche), la superposition immédiate chapelle-caveau (tous deux en hypogée) demeure la règle (tradition du Moyen Empire), les chapelles pouvant être précédées de vestibules ou galeries à portiques soutenus par des piliers ou des colonnes, l’ensemble décoré de vives peintures et de bas reliefs (scènes d'artisanat, de banquet funéraire..) Au fond, dans une niche, la statue du mort.

Ex: Tombe de Menna avec présentation sur les murs en frises de scènes agricoles aux couleurs gaies et franches, scènes de pèche en barque; les profils sont parfaits et les représentations vivantes, détaillées et pleines de naturelle

Tout au long de la vallée, les temples se multiplient:


Des temples-palais (celui de Ramsès III à Medinet-Habou) empruntent leurs enceintes crénelées à l’architecture militaire, voire, aux forteresses syriennes, le migdol  à 3 étages. Mais les palais mêmes (en briques crues) ont été détruits.

Statuaire
L’art du Nouvel Empire est lié étroitement à l’histoire et à son déroulement; la statuaire aussi en témoigne, qui relève d’abord du style traditionnel d’inspiration memphite par cet élégant allongement harmonieux des corps :


À partir de Thoutmosis IV, surtout sous Aménophis III, l’Égypte s’abandonne à la jouissance des richesses acquises et s’ouvre largement aux influences étrangères, conséquence de son hégémonie dans le Proche-Orient: les artistes de la cour thébaine développent un style aux lignes distinguées, mais souples et molles, parfois languide, des innombrables statuettes féminines en bois; le raffinement des couturiers (qui créent les longues tuniques transparentes finement plissées à courtes manches), la science des perruquiers, l’art des bijoutiers trahissent une période d’un luxe exceptionnel, souvent typiquement oriental : statue d’Aménophis III à la robe asiatique.

Réagissant contre cet amollissement, c’est l’intermède d’Aménophis IV Akhenaton(période amarnienne : ville de Tell el Amarna ou Akhénaton construisit sa capitale selon un plan en 3 quartiers), dont le court règne de 17 ans va vouloir tout bouleverser au nom d’une idéologie qui refuse tout académisme et repousse toute tradition, pour prêcher violemment le libre retour à la nature; allant jusqu'à la caricature; épisode unique, auquel nous devons par exemple :

Contre ces excès, la tradition l’emporte à nouveau: mais une certaine langueur «amarnienne» transparaît encore sur le visage de Toutankhamon ou dans l’attitude du général-roi Horemheb.

Avec la XIXe dynastie et le retour des guerres victorieuses, le style statuaire retrouve quelque grandeur plus dépouillée: noblesse de Ramsès II, dont la figure témoigne d’une grande virtuosité d’exécution; mais la technique impeccable, le sourire un peu figé de ces œuvres d’un art achevé touchent moins. L’art égyptien achève son premier grand cycle: empâtement et lourdeur des statues de Ramsès III.

Arts graphiques
Âge d’or de la peinture égyptienne, le Nouvel Empire unit, dans un style commun et une mise en œuvre simultanée, bas-relief peint et peinture pure – Les filles d'Akhenatonvaste imagerie polychrome, relative, dans les tombes, non plus seulement à la vie quotidienne des hommes et à l’économie de la vallée, mais aussi aux événements historiques et politiques du vaste Empire. Les «styles» se diversifient selon les époques, suivant le mouvement historique déjà discerné, mais aussi suivant le génie individuel de personnalités très nettes d’artistes .
Archaïsme modéré et tradition assouplie des débuts de la XVIIIe dynastie: netteté et élégance des lignes, mais disposition des sujets plus sensible :

Grande époque de la peinture sous les règnes d’Aménophis II et de Thoutmosis IV: grâce et souplesse des attitudes, liberté sensible de la composition, joie des couleurs. C'est l'époque des maîtres tel que : - Le maître de Kenamon : La Mort de l’ibex  fragment d’une scène de chasse au désert, qui oppose rudement la longue courbe accentuée du corps, qui déjà s’abandonne à la terre, à la brusque verticale ascendante des pattes antérieures et du cou de l’animal, qui livre un dernier combat contre le chien qui déjà lui happe la gorge.

- Goût du pittoresque chez le maître de Nakht : Le Repos des moissonneurs  est un tableau de genre, émouvant et sensible: à l’heure chaude du jour, un moissonneur s’est endormi à l’ombre d’un, cependant qu’appuyé, droit, contre le tronc, un flûtiste joue indolemment dans cette nature amie; jeu de lignes et d’attitudes parfaitement clair et pur.
- Exotisme du maître d’Horemheb : son dessin, hautement décoratif, réduit aux lignes essentielles, campe plaisamment Nubiens et Nubiennes, et fait vibrer le corps frénétique du danseur nègre.
- Avec le maître de Nebamon, la peinture égyptienne atteint à un sommet; La Chasse dans les marais  est un tableau opposant, dans la partie droite, les verticales qui définissent l’ordre humain, stable et discipliné, autour du maître et de sa famille, au mouvement tourbillonnant de la flore et de la faune sauvages tout en courbes, en spirales, en obliques; la liaison étant faite entre les 2 parties par la vaste horizontale des bras haut levés du chasseur: lignes intelligentes qui traduisent l’ordre du monde, soutenues par une polychromie sans rivale, utilisant trois nouveaux tons de gris, le carmin, le rose..., sachant traduire l’éclat nacré des ailes de papillons ou la luminosité subite animant une corolle. Trone de TouthankamonSous Aménophis III, l’art du bas-relief à nouveau prospère : outre le temple de Louxor, la série qui décore la tombe du vizir Ramose: le charme, la beauté pure des visages et des corps ne vont pas sans une certaine mièvrerie, parfois une délicatesse un peu efféminée.

La volonté amarnienne de «retour à la nature» se traduit dans de très beaux bas-reliefs: champ de blé, vignes aux raisins mûrs, parterre de fleurs , et dans des peintures d’une grande hardiesse: tableau monochrome des Petites Princesses au coussin rouge; un martin-pêcheur, en vol plongeant dans les marais, est traité uniquement en noir et blanc sur fond vert sombre.

À la fin de la XVIIIe dynastie, c’est l’école memphite qui renoue avec la tradition en créant les bas-reliefs qui décorent la tombe du général-roi Horemheb. Sous les Ramessides, les styles se diversifient suivant la nature et l’origine des œuvres d’art; art idéaliste des scènes religieuses, au temple d’Abydos notamment: pureté absolue des lignes et recherche à l’extrême d’une harmonie suggèrent la sérénité et la pérennité d’un monde éternel. Savante composition et fougue superbe des scènes royales: Ramsès III sur son char, à la chasse aux taureaux sauvages, ou, emporté dans un élan guerrier, massacrant les Asiatiques. Vivacité et beauté de la décoration des tombes privées: le maître d’Ouserhat , grand coloriste, utilise dégradés et tons fondus, prête aux visages et aux corps une langueur.
La décadence s’amorce; une certaine négligence dans le dessin, quelques bariolages de couleur, le passage du pittoresque au vulgaire marquent l’art de la fin du Nouvel Empire.

Arts mineurs

Plancher peint à Tell el Armana
L’afflux des richesses contribue à l’intense développement des industries de luxe en témoignent notamment :

- le mobilier des tombes (telle celle de Toutankhamon), le répertoire varié et précieux des objets de toilette (réceptacles à fard, miroirs) et
- le merveilleux trésor de la joaillerie (masque funéraire Tout Ank Amon).
- le plancher peint à Tell el Amarna : 








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