Les dynasties Thinites (~3200 à ~2635)

Ière Dynastie (~2920 - ~2780)

Narmer (Ménes) (~2955 - ~2925) Nom donné par la tradition grecque au roi du Sud qui aurait unifié l'Égypte au début du ~III millénaire et fondé Memphis. Il est parfois identifié à Narmer, fondateur de la Ière dynastie thinite. Mais, des vestiges de ce site royal il ne reste que quelques ruines.
Atote(~???)
Horus Djer : (probablement Djer Djet ~2925 - ~2880).
Ouad Ji : (~2880 - ~2870).
Horusoudimou : (~2870 - ~2820).Den autre nom de Horusoudimou
Horu Sad Jib : (~2820 - ~2780).)
Horu Semerkhet : (~2820 - ~2780).
Horu Qa-A : (~2820 - ~2780).

II ème Dynastie (~2780 - ~2635)

Hetepsekhmoui : (~2780 - ~2695).
Nebre ou Reneb : (~2780 - ~2695).
Ninetfer (Binthus) : (~2780 - ~2695).
Ouadnes
Send
Horus Sekhmeb : (Tlas) (~2695 - ~2663)
Seth Périb Sen
Neferkaré
Neferka Soka
Khasékhemoui (~2665 - ~2635)
Horus Ba
Horus Seneferka

À la suite de Manéthon, prêtre égyptien de Sébennej, qui vivait au temps de Ptolémée II Philadelphe et qui avait composé, d'après les archives traditionnelles des temples, une histoire d'Égypte, on a gardé exactement son classement des rois par dynasties et les noms qu'il a donnés pour celles-ci. Les deux premières dynasties sont qualifiées de "thinites ", soit parce que Ménès et ses successeurs auraient été originaires de This au Nord-Est d'Abydos et y auraient résidé soit parce que ces rois ont fait creuser leurs tombeaux dans cette région, au voisinage du sépulcre d'Osiris.

Les temps historiques commencent avec Horusaha (Ménès), prince du Sud, qui vers l'an ~3000 réunit les deux royaumes de Haute Égypte et de Basse Égypte sous son autorité.

L'histoire de ces deux premières dynasties reste encore obscure. C'est à cette époque que se généralisèrent les institutions royales comme le couronnement rituel ou encore la fête Sed, célébrée 30 ans après le couronnement, et dont les rites seront pratiqués jusqu'à la fin de l'Égypte pharaonique.
 
 

L'Ancien Empire ou Empire Memphite (~2635 - ~2220)


Memphis

Un fait important marqua l'avènement de la troisième dynastie des This en Haute Égypte, les rois transportèrent leur capitale plus au Nord, dans le voisinage du Mur Blanc, construit par Ménès, et qui devait prendre un peu plus tard le nom de Memphis (men nefer, le bon port).

Une des causes de ce transfert fut, peut-être, le désir de se rapprocher du centre religieux qui commençait à se développer à Héliopolis (Iounou en égyptien), mais ce fut surtout le besoin de surveiller les frontières de Syrie et les routes menant à la péninsule sinaïtique. D'autre part, en se rapprochant de la mer, les pharaons purent accroître les relations commerciales avec les peuples des îles méditerranéennes et les ports syriens notamment Byblos.

Au cours de cette période qui engloba presque cinq siècles, on peut observer une dégradation de l’institution monarchique. Partie de l’absolutisme le plus intransigeant sous les III ème et IV ème dynasties, elle aboutit, en passant par un stade d’affaiblissement sous la V ème, à une décadence irrémédiable sous la VI ème.
 

III ème dynastie (approximativement ~2635 -~2575)

Nebka  (Djanakht) (~2635 - ~2620) Probablement fils de Khasekhemwi
Djoser: Roi d'Égypte (~2620 - ~2600 Fondateur de la III ème dynastie memphite, il fit construire par son architecte Imhotep la célèbre pyramide à degrés de Saqqarah. Probablement fils de Nebka.

Le passage à la pierre, avec l'emploi d'une main d'œuvre considérable et obligatoirement qualifiée, utilisée la plupart du temps pendant la période de crue du Nil selon un système de rotation des équipes extrêmement bien rôdé, confirme le degré d'autorité, d'organisation et de puissance auquel était parvenu le pouvoir égyptien de l'époque en la personne du Pharaon.

Fondateur de la III ème dynastie (qui marque vers 2700 av. JC le début de la période dite de l'Ancien empire), Djoser donne une impulsion nouvelle au pays, en organisant notamment des expéditions militaires vers le Sinaï et la Nubie.

Sur le plan interne se développe une administration centrale auquel le Pharaon, incarnation du dieu Horus sur Terre, déléguera de plus en plus de pouvoirs. C'est son vizir, le célèbre Imhotep, également architecte et médecin, qui construira pour lui ce grandiose complexe funéraire de pierre, symbole de puissance et d'éternité.
Djoser-Téti
Sed Jes
Sekhemkhet (~2611 - ~2605)
Néferkharé
Houni
Horus Sanacht
Horus Cha-Ba : (~2605 - ~2599)
Horus Qahed Jet : (~2599 - ~2575)
Huni
 

IV ème dynastie (~2575 - ~2450)

Snéfrou : 1° pharaon de la IV ème dynastie (vers~2570 - ~2545). Il fit construire les pyramides de Meidoum et Dahshour. Probablement fils de Huni.
Khéops : Fils de Snefrou. Roi d'Égypte (vers~2545 - ~2520) second pharaon de la IV ème dynastie (Ancienne
Égypte), il fit construire la grande pyramide de Gizeh.
Djedefre (RedJedef) : (~2520 - ~2510) Fils de Khéops.
Khéphrem : Fils de Khéops. (~2510 - ~2485) Roi d'Égypte de la IVème dynastie (Ancien Empire). Il fit construire à Gizeh, au Sud-Ouest de la pyramide de Khéops, une pyramide presque aussi colossale que son père.
Bicheris
Mykirinos : Fils de Khéprem (~2485 - ~2457) Fils de Khéprem, il fit construire à Gizeh la moins élevée des trois grandes pyramides.
Schepseskaf : Fils de Mykirinos. (~2457 - ~2450)
Thamphthis

Administration centrale

Le roi, appelé le dieu bon, centralisait dans ses mains tous les services administratifs. Il était secondé dans cette tâche par un Premier ministre nommé vizir et juge de la grande porte, choisi presque toujours parmi les princes de la famille royale. La séparation entre les différents services administratifs n'étant pas établie, le vizir occupait donc des fonctions multiples : préfet, juge, chancelier, administrateur des finances, rédacteur des décrets royaux.

Au-dessous du vizir, deux chanceliers, portant le titre de chef des soldats et de directeur des magasins d'armée, étaient les intendants généraux de l'armée. Un ministre des travaux publics était le directeur de tous les travaux du roi.

Administration locale

L'Égypte a conservé le souvenir de la monarchie dualiste, bien que le pharaon soit devenu le maître incontesté de la Haut Égypte comme de la Basse Égypte. La première était divisée en 22 nomes et la seconde en 20 nomes. Dans chaque nome, il y avait un représentant du roi - le monarque – choisi souvent parmi les fils ou les petits-fils du souverain. Il portait le titre de guide du pays et de directeur des magasins. La perception des impôts et de la justice du nome étaient sous sa surveillance. Il avait aussi à s'occuper de l'entretien des canaux et de l'exploitation des terres. Dans les villes, la justice était rendue par une assemblée de notables, et dans la campagne par des juges des champs, qui ressortaient à la juridiction des dix grands du sud et des dix grands du Nord. Les affaires contentieuses étaient portées devant les six grandes Chambres des ordonnances aux Sarou présidées par le vizir.

Comme la monnaie n'existait pas encore, c'est en nature que la population payait ses redevances et que les fonctionnaires étaient rétribués par le roi.

Conditions des terres et des habitants

Les terres :

Sous la IV ème dynastie, le recensement du bétail continue seul à être en usage, tandis que celui des terres et de l'or a disparu car, en théorie, la terre avec tous ses produits appartient désormais à Pharaon. Mais, en fait, il faut distinguer : les terres royales, qui, à cette époque, représentaient la majeure partie de l'Égypte : elles étaient cultivées par des serfs attachés à la glèbe; Pharaon détachait de son domaine personnel, soit en faveur d'un dieu, soit en faveur d'un de ses fonctionnaires, ou qu'il constituait en domaines funéraires pour subvenir à l'entretien de sa pyramide et au service de ses offrandes.

Les habitants :

L'Égypte n'a pas connu de cartes. Toute la population servait le roi et les conditions sociales étaient déterminés par les fonctions exercées. À la cour, il y avait une hiérarchie de courtisans qui touchaient journellement une rente alimentaire. De plus, Pharaon leur accordait le privilège de posséder un tombeau et le droit d'y pratiquer les rites osiriens.

Dans les villes, les artisans, tout comme les paysans à la campagne, ne travaillaient pas pour leur propre compte, le produit de leur activité appartenait à Pharaon, qui leur en laissait une part pour leur subsistance.

La classe privilégiée de cette société était celle des fonctionnaires royaux, qui contrôlaient le travail des serfs et des artisans.

La défense des frontières :

Pour être à l'abri des pillards du sud, Neterkhet-Djoser, de la III ème dynastie, colonisa le pays en amont de la première cataracte, sur une longueur de douze schènes (environ 24 kilomètres) et l'organisa en marche.

À l'Ouest, l'oasis de Siwa, par laquelle l'Égypte communiquait avec la Marmarique, était gardée contre les incursions des Libyens, jalonnèrent les routes qui menaient de Syrie - Palestine en Égypte.

L'exploitation des mines du Sinaï devint alors plus méthodique. On y a trouvé des bas-reliefs commémorant les victoires des rois Djoser, Néferkarec,

Snéfrou, Khéops.

V ème dynastie (~2450 - ~2290)

Ouserkaf : (~2450-~2442)
Schourec (Sahouré) : Fils de Ouserkaf. (~2440 -~2430)
Nefirkarec : Probablement fils de Schourec. (~2430 -~2410)
Sheseskarec : (~2426 - ~2419) ?
Neferefrec (Rénéferef) : Fils de Nefirkarec (~2419 - ~2416).
Niouserrec : Fils de Neferefec (~2416 - ~2392).
Menkaouhor : (~2360 -~2350)
Djedkarec : (~2350 -~2310)
Ounas : (~2310 -~2290)

Pyramide de Ounas

D'après Manéthon, la V ème dynastie serait originaire d'Éléphantine, mais une vieille légende égyptienne faisait naître les trois premiers rois de cette dynastie à Sokhebou, dans le Delta. Ces rois auraient été les fils que le dieu Rê aurait eus de la femme d'un grand prêtre.
Cette légende portait à croire que la Vème dynastie arriva au pouvoir grâce à l'appui du clergé d'Héliopolis, dont la richesse et la puissance s'étaient développées à la fin de la IV ème dynastie.
Ce fut sous cette dynastie que s'établit la coutume d'entourer le nom royal d'un cercle qui bientôt s'allongera en ovale et que l'on appelle le "cartouche" royal, symbolisant l'orbite solaire.

Les rois de la Vème dynastie commencèrent à octroyer des chartes d'immunité aux domaines des temples, qui deviennent de ce fait des biens de main morte.
 

VI ème dynastie (~2290-~2154)

Téti (~2290-~2268) :
Oursikarec
Pépi I : Fils de Teti (~2268-~2228).
Mérenrec I : Fils de Pepi I (~2228-~2221)
Pépi II : (~2221-~2157). Fils de Pépi I. Cinquième pharaon de la VI ème dynastie (vers~2300). Il régna 95 ans et ce règne interminable contribua sans doute à la désagrégation de l'Ancien Empire, en figeant les institutions.
Mérinrec II : Fils de Pepi I (~2157-~2154).
Nitôklris: Reine d'Égypte qui aurait gouverné comme pharaon à la fin de la VI ème dynastie (~XXIV s.) et aurait entraîné dans sa mort les meurtriers de son époux. Cette figure légendaire pourrait recouvrir celle de Neith, femme de Pépi II.

Les rois de la VI ème dynastie se montrèrent d'une faiblesse insigne en face des prétentions de la féodalité naissante. La plupart des souverains de cette dynastie furent ensevelis à Saqqarah, dans des pyramides de petites dimensions, mais qui contiennent, en outre, gravées sur les parois de leurs couloirs, des textes religieux inspirés par la doctrine hiliopolitaine. Ces documents sont d'une valeur inappréciable pour l'étude des conceptions religieuses et philosophiques de l'Ancien Empire. Ce sont les textes des Pyramides.

Autour des pyramides se blottissent les tombes des nobles appelés mastabas.

Dans la salle d'offrande de sa tombe, la statue de Mérérouka sort de la niche de façon très vivante et expressive. Mérérouka était le vizir du pharaon Téti. Il épousa Haroudetkhet, la fille du pharaon. Le corps de celle-ci ainsi que ceux de son mari et de son fils Méri-Téti furent retrouvés par les 1° archéologues qui pénétrèrent dans la tombe.
 

Le développement de la féodalité:

Les grands fonctionnaires locaux se transformèrent sous la VI ème dynastie en une noblesse féodale, dont les intérêts se trouvèrent dès lors en opposition avec ceux du souverain. Ils firent entrer dans leur héritage non seulement leurs charges, mais aussi les terres et les paysans qui en constituaient l'apanage. Les pharaons régularisèrent par des chartes cet état de chose. Les privilèges religieux, que les pharaons n'avaient accordés auparavant qu'aux dignitaires de leur cour, devinrent le partage des féodaux émancipés.

Pourtant, ce ne fut plus auprès de la pyramide, mais dans leurs propres nomes que ces nobles se firent ensevelir, selon le rituel osirien. Ils prétendirent même monter au ciel auprès de Rê, comme les pharaons défunts.
 

Relations extérieures sous la VI ème dynastie :

Sous la VI ème dynastie, la vallée du Nil fut colonisée jusqu'à la 3° cataracte; de là de nombreuses expéditions furent envoyées vers le sud.Pacifiques sous le règne de Pépi I, comme celles d'Houni et du Khoufhor qui ramena, entre autres merveilles, un nain de la tribu des Dengas, elles prirent un caractère guerrier sous Pépi II

En Asie, Pépi I fut obligé d'entreprendre une guerre contre les Sémites sédentaires et civilisés de Canaan, refoulés, eux aussi, vers l'Égypte par une migration venue du continent asiatique.

Premiére période intermédiaire

VII ème & VIII ème dynasties (~2154 - ~2134)

La fin de l'empire memphite Environ vingt rois peu connus.

Netrikaré :
Menkaré :
Neferkaré II :
Nébi (Néferkaré III)
Djedkaré Schemai (Djedkaré II) :
Neferkaré Khandou (Neferkaré IV)
Menrenhor
Neferkamin
Nikaré
Térérou (Neferkaré V)
Neferkahor
Pi-Seneb (Neferkaré VI)
Anou (Néferkamin II)
Ibi I (Qakaré)
Néferkaouré
Néferkaouhor
Néferirkaré II
Sechemkaré
Ouadjkaré
Ity
Imhotep
Hotep
Choui
Isou
Iytenou

Le long règne de Pépi II (96 ans) avait provoqué la décadence de l'autorité royale et la VI ème dynastie semble s'être terminée dans l'anarchie d'une révolution sociale, au cours de laquelle les tombes royales furent violées et les nobles dépossédés de leurs biens, tandis que la bourgeoisie s'appropriait le culte funéraire, privilège dont elle était jusqu'alors exclue. Les listes royales passent sous silence les souverains de cette époque troublée. La VII ème dynastie de Manéthon semble une dynastie fictive, la VIII ème, qui clôt l'Ancien Empire, vit la ruine complète de l'autorité royale et de l'unité politique de l'Égypte. Le régime féodal s'établit dans les provinces, et, à la faveur de la faiblesse de l'Égypte, les peuples voisins violèrent ses frontières.

IXème et Xeme dynasties (~2134 - ~2060)

Les dynasties héracléopolitaines

Environ douze rois dont deux portent le nom de Néteckarec (Néferkaré) et trois celui de Kheti.

Achtoi I
Neferkaré
Achtoi II (Kheti)
Senen
Achtoi IV
Sched…
H….
Ouahkaré Acgtoi
Mery (?) :
Se…Ré
Nebkaouré Achtoi
Meriibré Achtoi
Merikaré
Kheti I : Roi d'Égypte de la 8 ème dynastie (vers~2222) (1° période intermédiaire) premier pharaon d'Héracléopolis.
Kheti III : Roi d'Égypte de la IX ème ou X ème dynastie (vers ~2120) ( 1° période intermédiaire). Pharaon d'Héracléopolis.

Profitant de la déchéance où sombrait la monarchie memphite, les princes d'Héracléopolis en Moyenne Égypte, usurpèrent la couronne et firent une capitale royale de leur résidence.

L'histoire de leurs deux dynasties (IX ème et Xème) est mal connue. Ces souverains chassèrent du Delta des Asiatiques qui s'y étaient établis à la faveur des troubles. Mais ils eurent moins de succès dans leur lutte contre les princes de la ville d'Apet (Thèbes), qui s'attribuèrent eux aussi la dignité royale.

Moyen Empire

XI ème dynastie (~2134 - ~1994)

Antef I (~2134 - ~2123)
Antef II (~2123 - ~2069)
Antef III (~2069 - ~2061)
Montouhotep (~2061 - ~2010)
Montouhotep II (~2010 - ~1998) : Nom donné dans le cartouche Nb-h3pt-R5
Montouhotep III (~1998 - ~1994) : Nom donné dans le cartouche S5nh k3-R5
Anjotof (Qakaré)
Il-Ib-Khent-Rê
Segerseni
Antef (U)

En moins de deux cents ans, le pays connaît ce qu'on a considéré parfois comme une véritable révolution sociale, mais dont on sait peu de choses.
Des populations asiatiques semblent contrôler une partie du Delta. Des dynasties faibles, et se chevauchant parfois, règnent encore à Memphis, mais surtout à Héracléopolis en Moyenne Égypte, et plus tard dans la petite ville de Thébes en Haute Égypte. Il semble en tout cas que, durant cette période, la monarchie, victime des mouvements centrifuges toujours vivaces de la société égyptienne et de ses "féodaux", ait subi des aléas tels, que son visage en a été modifié pour longtemps.

Une évolution progressive des conceptions et pratiques funéraires, avec l'identification des défunts au dieu Osiris, en est une conséquence possible.
Environ douze rois, parmi lesquels Montoutotep est considéré comme le fondateur du Moyen Empire.
Ils donnent par là-même à leur ville d'origine une importance croissante. Memphis conserve néanmoins la sienne. En fait, les souverains voyagent et n'hésitent pas à construire des résidences et des villes nouvelles, comme celle d'Ity-Taouy, à l'entrée du Fayoum

Montouhotep (Mentoutotep) : Nom de plusieurs pharaons de la XI ème dynastie (~2065 - ~2000) (Moyen Empire). Temple de Montouhotep I à Deir el-Bahari.

Les princes thébains finirent par triompher des Héracléopolitains et par refaire, au cours de la XI ème dynasties, l'unité de l'Égypte à leur profit. À Thèbes, leur capitale, on adorait un dieu de la génération, proche parent du dieu Min des Coptes - le dieu Amon -, dont la fortune prodigieuse, liée à celle de sa ville, commença avec l'avènement de la XII ème dynastie.

L'accession au pouvoir royal de cette famille composée de princes portant le nom d'Antef, ou de Montouhotep, fut longue et difficile. Après s'être dégagés de la tutelle des Héracléopolitains, les Thébains les combattirent ainsi que leurs alliés, les monarques de Siout, pour la possession de la royauté de l'Égypte. La victoire définitive sur les dynasties héracléopolitaines et l'unification de l'Égypte furent l'œuvre de Montouhotep III (?). Mais il avait beau se glorifier du titre de Maître du Double Pays, son autorité, ainsi que celle de ses successeurs immédiats, ne s'exerça guère sur les provinces qui étaient au main des grandes familles de la noblesse féodale.
 

XII ème dynastie (~1994 - ~1785)

Amenemhat I (~2000 - ~1970) Fondateur de la XII ème dynastie. Il transféra la capitale de Thèbes à Licht. Il s'attacha à donner à l'Égypte la solide armature administrative dont elle avait besoin après tant de troubles. Il eut à lutter toute sa vie contre la noblesse, et même, au moment où il pouvait croire son pouvoir affirmé, il fut victime d'une conspiration dans son propre palais. Il s'était associé comme co-régent son fils Sérostris I. Cet exemple fut suivi par tous ses successeurs et ce système de co-régences permit, au cours de la XII ème dynastie, d'éviter les compétitions pour le trône.

Jugeant sa ville natale, Thèbes, trop excentrique pour une capitale, il installa sa résidence au sud de Memphis à Ithet-taoui. "Celle qui saisit les deux terres". Amenemtat I construisit à Thèbes un temple du dieu Amon, qui sous la forme du complexe Amon-Rê, devint le dieu dynastique. Il fut enseveli dans une pyramide en briques aux portes de sa capitale, sur le site actuel de Licht.
 
 

Sérostris I (~1970 - ~1928).Nom grec de plusieurs pharaons de la XII ème dynastie (Moyen Empire). Fils d'Amenemhat I, il annexa la Basse Nubie et entreprit une expédition en Canaan. Son fils fut un roi énergique qui semble avoir servi de prototype au héros fabuleux de la légende grecque, Sérostris. Il régna 45 ans, dont dix avec son père et trois avec son fils. On lui doit de nombreuses constructions, notamment un temple du dieu Rê à Héliopolis et sa pyramide de Licht.
Amenemhat II (~1928 - ~1904) Troisième pharaon de la XII ème dynastie, petit-fils d'Amenemhat I et fils de Sérostris I. Il fut enterré à Daschour.
Sérostris II (~1904 - ~1888Petit-fils de Sérostris à Illahoum, à l'entrée du Fayoum près de Licht, où des fouilles récentes ont permis de retrouver les bijoux des femmes de ses familles.
Sérostris III (~1881 - ~1842). Fils de Sérostris II, il étendit l'influence de l'Égypte sur la mer Rouge, la Palestine, la Syrie et la Crète. Devenu le type idéal du conquérant égyptien, il fut divinisé au Nouvel Empire. Son règne dura 30 ou 38 ans. Il fut enseveli à Daschour, à côté de ses filles, dans les tombes desquelles furent retrouvés leurs bijoux.
Amenemhat III (~1853 - ~1800) Fils et successeur de Sérostris III, il entreprit l'exploitation économique du Fayoum, fit creuser le Lac Moeris (Aujourd'hui Lac Karoum) et construire la pyramide et le temple de Haouâsrah (le Labyrinthe). Il eut un long et brillant règne, consacré presque exclusivement aux œuvres de la paix. Le célèbre Labyrinthe construit au Nord du lac Moeris décrit par Hérodote comme une merveille d'architecture, était son œuvre. Il fut enseveli dans une pyramide à Haouârah, non loin de cet édifice gigantesque duquel rien n'a subsisté. Après sa mort il y a eu deux règnes sans éclat.
Amenemhat IV (~1800 - ~1792) Dernier pharaon de la XII ème dynastie.
Sebekneferourê (~1792 - ~1785) : Reine et épouse d'Amenemhat, l'Égypte vit de nouveau le pouvoir royal divisé.

Détail du temple de Sérostris I

Sous l'égide d'une lignée de pharaons de valeur, qui surent rétablir l'ordre à l'intérieur et faire reconnaître la suprématie de leur pays par tous les peuples voisins, la civilisation égyptienne put atteindre son apogée dans le domaine de l'art comme dans celui de la pensée : période classique, qui vit l'éclosion d'une floraison d'œuvres littéraires, les unes de caractère philosophique, les autres pleines de saveur, empruntant la forme d'un conte ou d'un récit.

Tous les rois de cette dynastie furent de grand bâtisseur. On retrouve leurs noms et les ruines de leurs constructions du Delta à la troisième cataracte, mais presque toujours sous les fondations des édifices du Nouvel Empire. D'autre part, la XII ème dynastie est une de celles dont l'histoire est la mieux connue. Son point de départ peut même être fixé avec certitude vers l'an 2000 avant J.-C. grâce à la date sothiaque fourni par un papyrus de l'époque.
 

Histoire intérieure de la XII ème dynastie

L'unification de l'Égypte étant accomplie par les rois de la XI ème dynastie, la tâche des premiers souverains de la XII ème fut, d'une part, de restaurer l'autorité royale et une administration strictement centralisée, et, d'autre part, de rétablir la prospérité économique et de relever les ruines accumulées par trois siècles de désordres et de troubles.

Elle correspond à une période de puissance et d'équilibre qui culmine avec les règnes de Sésostris III et d'Amenemhat III ( vers la seconde moitié du XIX e siècle av. J.-C.). Les campagnes militaires et les expéditions minières dans les marches du pays et les contrées voisines, font de l'Égypte une puissance internationale dominante et presque impériale. Le développement du Fayoum et de ses richesses économiques et les réussites artistiques ( sculptures, architecture et littérature ) vont faire de cette période d'environ deux siècles une période classique, dont les écrits feront autorité des siècles plus tard.

Irriguée et mise en valeur dès la fin du Moyen-Empire, la région du Fayoum est une des plus fertiles d'Égypte. On y découvre les plus belles couleurs des paysages d'Égypte, les champs et les palmes, l'eau et le désert, le lac salé de Birket Qaroun et le Bahr Youssouf qui coule parallèlement au Nil. Bref, un petit paradis à demi-oublié. Le Fayoum est célèbre pour l'abondance et la qualité de ses fruits et légumes mais aussi, plus poétiquement, pour les roses, le jasmin et la fleur d'oranger.

L'irrigation est encore assurée par la noria mue par un âne

Administration locale

Les monarques et les gouverneurs de villes, devenus héréditaires, voyaient avec déplaisir la restauration d'un pouvoir central; mais les premiers souverains de la XII ème ne les attaquèrent pas de front. Par une politique habile, ils endormirent la défiance de ces nobles provinciaux en comblant de faveurs ceux d'entre eux qui leur étaient fidèles. Ils surent intervenir dans chaque succession pour morceler les anciens domaines et imposer aux héritiers l'obligation de venir leur demander l'investiture pour les fonctions relevant de l'État.

Ainsi, les monarques, rétrogradés au rang de fonctionnaires, redevinrent des agents du pouvoir central.
 

Administration centrale

Le vizir était toujours le bras droit du pharaon. Il dirigeait la politique extérieure et parfois même les expéditions militaires. À l'intérieur, il surveillait les fonctionnaires, la police de la capitale et l'administration judiciaire; il présidait la "cour des six maisons" où siégeaient "trente grands du sud", qui étaient des représentants du pouvoir central. Deux trésoriers contrôlaient les dépenses et centralisaient l'entrée des revenus fournis par les tributs des races soumises, le produit des carrières et les impôts levés sur la population. À cette fin, on tenait dans les bureaux du vizir des listes complètes des habitants du pays.

Prospérité économique

Les souverains de la XII ème dynastie apportèrent beaucoup de soins à développer la prospérité économique du pays, ils ouvrirent en particulier à la culture la région du Fayoum (le pays du Lac). En construisant un barrage à l'entrée de cette province, ils purent récupérer pour la culture des terres fertiles, jusque-là couvertes de marécages, et, en élevant une digue, ils utilisèrent une dépression naturelle, le lac Moeris (mer Our en égyptien), pour emmagasiner le trop plein des eaux au moment de la crue du Nil et pour le déverser sur la Basse Égypte en cas de sécheresse.
La prospérité de cette époque est attestée par nombre de fondations royales (temples, pyramides) et la qualité des richesses artistiques qui y furent découvertes.

Conditions sociales

La population égyptienne était en majeure partie composée d'agriculteurs. Une classe importante était constituée par les grands propriétaires fonciers. À côté d'eux, dans les campagnes, on trouvait une classe agricole composée de tenanciers libres et de fermiers. Chaque chef de famille recevait de l'administration une étendue de terrains proportionnée au nombre des membres de sa famille. Les conditions d'existence de ces cultivateurs étaient difficiles; ils pliaient sous le poids des impôts et étaient surchargés de corvées. Les bénéficiaires de ces terres concédées par l'État pouvaient en disposer librement, mais seulement entre parents figurant sur le même registre.

La population des villes jouissait d'une plus grande liberté. On n'y levait aucun service de corvée.

Les artisans n'étaient plus embrigadés dans les ateliers royaux, mais ils pouvaient s'installer à leur propre compte. Dans ces conditions, une classe nouvelle - la bourgeoisie - put se constituer au début du Moyen Empire. Elle comprenait les commerçants, les artisans et les fonctionnaires de rang inférieur. Cette classe, dont l'importance va croissant, fut le soutien des rois thébains dans leurs luttes contre les féodaux. La classe inférieure enfin, tirait sa subsistance de l'exercice des métiers les plus humbles, et elle était surtout employée aux travaux publics ordonnés par Pharaon (construction des temples, pyramides, canaux, digues, carrières).

La propriété privée était enregistrée sur les livres du cadastre; le propriétaire, homme ou femme, jouissait de la libre disposition de ses biens. Le droit d'aînesse n'était pas en usage en Égypte, de sorte que les héritages étaient partagés également entre les enfants.

La transformation des conditions religieuses du peuple, commencée à l'époque héracleopolitaine, atteignait alors son plein développement. Désormais, toute la population pouvait prétendre à des privilèges spéciaux dans l'au-delà, après la mort. Les rites funéraires avaient été démocratisés et étaient devenus accessibles aux plus humbles.

Les gens riches, outre la sépulture même où ils reposaient, se faisaient construire un mémorial - stèle ou statue - à Abydos, auprès du tombeau du dieu des morts Osiris, pour bénéficier du culte et des offrandes faites dans ce sanctuaire.

Histoire extérieure de la XII ème dynastie

Les rois de la XII ème dynastie ayant rétabli l'ordre en Égypte furent en mesure de reprendre, à l'extérieur, la politique d'expansion des pharaons memphites. A cette fin, les effectifs de l’armée, composée jadis des milices des nomes, concentrées en cas de guerre par les monarques, et de la gendarmerie nubienne, furent renforcés par des troupes permanentes,

obtenues soit par des levées, soit par des engagements volontaires. Dans cette armée de carrière qui fit la force des armées des rois thébains, une élite, portant le nom de " gens de la suite du prince ", fournissait les cadres. Les Nubiens avaient profité du désarroi dans lequel avait sombré l'Égypte après la VI ème dynastie, pour descendre jusqu'à la première cataracte et s'infiltrer même dans la région thébaine. Mentouhotep III, de la XI ème dynastie, les avait ramenés à l'obéissance; mais c'est aux rois de la XII ème dynastie que revint l'honneur d'avoir conquis et colonisé la Nubie. Ces souverains comprirent que la possession de ce pays n'avait pas seulement l'avantage d'arrêter l'avance des Nubiens vers le Nord, mais qu'elle présentait un intérêt économique de premier ordre (carrières de pierres, mines d'or, voie de pénétration vers le haut Nil).

Amenemhet I battit à plusieurs reprises les tribus habitant au sud de la première cataracte. Son fils, Sérostris, reconquit le pays exploré jadis par les généraux de Pépi I. Il porta ses frontières au-delà de la troisième cataracte et y fonda une ville fortifiée à Kerma, où il envoya comme gouverneur le prince Hapidjefa.

Sérostris III acheva la soumission de la Basse Nubie et l'incorpora à l'Empire égyptien. Pour le transport de ses troupes, il fit creuser un canal navigable à travers les rochers de la cataracte d'Assouan. À la limite de ses frontières, en amont de la deuxième cataracte, il éleva deux forts en face l'un de l'autre, à Semneh et Koummeh, et y installa une forte garnison. De cette base, poussant vers le sud, il fit campagne contre le "misérable pays de Koush" (Haute Nubie), dont le nom apparaît pour la première fois dans l'histoire.

Sur la frontière orientale, les pharaons thébains ne se montrèrent pas agressifs. Pour maintenir en respect les nomades asiatiques - qui ne se présentaient d'ailleurs pas toujours en ennemis mais parfois en émigrants pacifiques - , Sérostris I envoya son vizir Nisoumontou avec mission de les châtier. Après cette victoire, l'accès de la péninsule sinaïtique redevint libre et les souverains de la XII ème dynastie qui y reprirent l'exploitation des mines.

Sérostris II eut à repousser un groupe important de tribus cananéennes, chassés de leur pays par de nouveaux arrivants. Sérostris III se rendit lui-même en Asie et réussit à battre ses ennemis.
A Byblos et sur la côte syrienne, la domination des Amenemhet et des Sérostris est attestée par des trouvailles archéologiques. Bydos, gouverné par des rois locaux, était en état de vassalité à l'égard de l'Égypte. Les souverains égyptiens y organisèrent une base navale. Ils entretenaient aussi un trafic maritime avec la Crète et Chypre.

Amenenhat (~1994 - ~1965)
Sésostris 1° (~1965 - ~1929)
Amenenhat 2 (~1929 - ~1892)
Sésostrsi 2 (~1897 - ~1878)
Sésostrsi 3 (~1878 - ~1841)
Amenemhat 3 (~1841 - ~1797)
Amenemhat 4 (~1799 - ~1787)
Nefrusobek (~1787 - ~1783)

XIIIème dynastie (~1785 -~1630)

Ugal
Amenmenhat - Senebef
Schemrê-K-Houtaoui
Amenmenkat V
Sehetepibrê II
Ioufni
Amenmenhat VI
Semenkarê
Sehetepibrê III ou Horned Jerherjtaf
Seouadjkarê
Nedjemibrê
Sebekhotep I
Reniseneb
Hori
Amenmenhat VII
Sebekhotep II
Chendjer
Imira Mescha
Antef IV
Seth
Pentivi
Ameni
Abai
Aaqen
Sebekhotep III
Neferhotep I
Sehathor : Frère de Neferhotep I
Sebekhotep IV : Frère de Neferhotep I
Sebekhotep V
Ja-Ib
Eje (Mery Neferrê)
Sebekhotep VI
Ani
Swaditou
Ined
Neferhotep II
Hor I
Sebekhotep VII
Dedoumosé : Pharaon. Sous son règne, le Hyksôs étendirent leur domination surtout l'Égypte et fondèrent la forteresse d'Avaris.
Ibi II
Hor II
Se…karê
Senebmiou
Sechaenrê I
Mercheperre
Merikarê
Sésostris IV
Montensaf
Neferhotep III
Montouhotep V
Nerkarê
Ousermont
Sebekhotep VII
Ini II
Montouhotep VI
Senaa-Ib
Sebekhotep VIII
Oupouaoutem-Saf
Horus Meritou
Sebekay
Khoujqer
 

Les périodes d'équilibre et de stabilité alternent, en Égypte comme ailleurs. Les forces centrifuges provinciales et d'autres facteurs qui échappent en grande partie à l'analyse de l'histoire contribuent à affaiblir les souverains d'origine thébaine qui succèdent à ceux de la XII ème dynastie. L'Égypte se morcelle en plusieurs royaumes et principautés.

On a coutume de réunir sous le nom général dû XIII ème dynastie deux lignées de rois, qui ont résidé respectivement à Thèbes et à Ithet-taoui (aux environs de Licht). C'est une des époques les plus confuses de l'histoire égyptienne.

Un grand nombre de souverains, soixante à en croire Manéthon, passèrent rapidement sur le trône d'Égypte. Parvenus au pouvoir, souvent par voie d'usurpation, ils n'arrivèrent que rarement à régner sur le pays tout entier, leur autorité étant contestée par des usurpateurs locaux. Quelques-uns cependant réussirent à s'imposer, notamment Neferhotep I, Sebekhotep III et Sebekhotep IV et leurs statues colossales, ainsi que quelques inscriptions, attestent leur domination sur toute l'Égypte.

L'invasion des Hyksôs, dans de Delta oriental, semble, s'être produite avant la fin de la XIIIème dynastie, tombée dans l'anarchie, affaiblie par des guerres civiles et de continuelles compétitions pour le trône. Les Hyksôs devaient être déjà installés a Avaris vers ~1730, comme il découle du texte de la stèle "de l'an 400" trouvée à Tanis.
 

Le royaume kyksôs.

L'irruption de ces ennemis et la fondation d'un empire hyksôs ont été décrite par Manethon. Il place cette invasion aux temps d'un roi Toutimaïos qui correspondrait peut-être au pharaon Dedoumosé, comme par quelques monuments. Le nom même que Manéthon comme aux chefs des envahisseurs est expliqué par lui : hyksôs "roi pasteur". Ce terme correspond, en réalité, au titre kika khasout, " prince des pays étrangers", par lequel, de tout temps, les Égyptiens ont désigné les cheikhs du désert oriental.

Les invasions de l'Égypte par les Hyksôs sont en relation étroite avec la migration des populations indo-européennes, descendues des plateaux de l'Iran et de l'Arménie. Les Aryens, parmi lesquels on reconnaît les Hittites et les Mitanniens, firent irruption en Syrie aux environs de l'an ~2000. Ils refoulèrent en masse vers le sud les populations d'Asie antérieure, qui se heurtèrent aux armées égyptiennes sous le règne de Sésostris III (~1887 - ~1850). Mais, un siècle plus tard, le flot de ces envahisseurs brisa les barrières qui suffisaient à défendre autrefois le Delta, submergea l'Égypte du Nord et la moyenne vallée du "Nil. La masse des envahisseurs, que les textes égyptiens désignent par le terme vague d'Amou - Asiatiques- , était composée de Sémites syriens conduits par des Aryens.

Une grande partie du pays tombe sous la domination ethnique hyksos - connue par les chroniques tardives et Manéthon - une population sans doute d'origine asiatique depuis longtemps implantée dans le Delta et "égyptianisée", rejointe par de nouveaux venus à la suite des migrations que connaît le Proche-Orient.

Les rois kyksôs furent cependant forcés de tolérer l'existence de dynasties locales, l'une à Xois, dans le Delta occidental - la XIV ème dynastie, connue seulement par la mention de Maméthon - et l'autre à Thèbes - la XVII ème dynastie, qui semble avoir conservé une indépendance plus marquée à l'égard de la suzeraineté des rois pasteurs.

Les rois Hyksôs installèrent leur capitale à Avaros. Dans le Delta orienta. Ils fortifièrent cette ville et y établirent une puissante garnison. Avaris devait être le centre d'un empire, qui ne comprenait pas seulement l'Égypte, mais aurait englobé aussi la Syrie et la Palestine

Les souverains Hyksos, qui se proclament pharaons à part entière, étendent leur pouvoir jusqu'à la Moyenne Égypte et tentent même de s'allier aux Nubiens pour réduire les Thébains.

Cette domination en partie étrangère a suscité une réaction thébaine et une sorte de sentiment d'identité chez les Égyptiens. Les guerres contre les Hyksos (assimilées à la lutte traditionnelle et toujours recommandée du dieu Soleil contre ses ennemis et au maintien du bel ordre égyptien contre les puissances du chaos), puis leur expulsion qui marque la fin de la XVIIème dynastie, constituent un événement considérable, puis un mythe fondateur pour tout le Nouvel Empire et même au-delà.
 

La tradition a réparti les rois Hyksôs en deux dynasties : la X V ème et la XVI ème, cette dernière étant contemporaine de la XII ème et XIII°, régnant à Thèbes.
 

Deuxiéme période intermédiaire

XIV ème dynastie (~1797 - ~1650)

Nekhasi
Khatirê
Neblaourê
Sehebrê
Meridjfarê
Swadjfarê
Oubenrê
…djefarê
…oubenrê
Aoutibrê
Heribrê
Neb Senrê
Secheperenrê
Djedcherourê
Seankhibrê
Kanefertoumrê
Neferibrê
A… (?)
Kha…rê
Ankhkarê
Semen…rê
Djed…rê
Senefer…rê
Menibrê
Djed…rê
Inek (?)
A (?)
Ap…
Hibe
Aped
Hapi
Schamse
Meni
Ourqa
…Karê
…Karê
Hepou
Anati
Bednem
Saine
Hor III
Enibef
Pensetensepat
Kherkimoutchepsout
Khouhimoue

XV ème dynastie (~1650 - ~1540) Rois Hyksos

Salitis
Scheschi
Jakob-her
Chajan
Apopi
Chamoudi

Parmi les souverains hyksôs, Chajan et Apopi furent les plus puissants. Au contact de la civilisation égyptienne, beaucoup plus avancée que la leur, les rois hyksôs adoptèrent le protocole et les tires de la cour pharaonique. Dans le gouvernement de l'Égypte, ils conservent les rouages savants de l'administration existante, avec un personnel de fonctionnaires égyptiens. Ces derniers, momentanément soumis aux barbares étrangers conservaient néanmoins intacte leur orgueil national et leur profond attachement aux dieux de leur partie asservie.
 

XVI ème dynastie (~1650 - ~1550) Rois Hyksos mineurs

XV et XVI dynasties Hyksos, sont contemporaines

Anat-Her
User-A-Nat
Smeqen
Saket
Wasa
Qar
Pepi III
Beb-Ankh
Nebmaatrê
Nikarê II
Akheteprê
Aneterrê
Neb-Ankhrê
Neb-Ouserrê
Kha-Ouserrê
Khamour^
Jakob-Baal
Jakbam
Joam
Amou
Anat-her
User-Anat
Semqen
Beb-Ankh
Pepi III
Nebmaatrê
Nikarê
Meribrê
Neb-Ankhrê
Aateteprê
Aneterrê
Kha-ouserrê
Saket
Wasa
Qour
Jakbam
Amou
Nia…
Ces pharaons sont mal connus.
 

XVII ème dynastie (~1650 - ~1550)

Cette dynastie est également contemporaine des 2 précédentes

Antef V
Rahotep
Sebekemsaf
Djeouti
Montouhotep VII
Neberaou I
Neberaou II
Semenenrê
Se-Ouserenrê
Sebekemsaf II
Antef VI
Antef VII
Tao I ou Senarkhtenrê
Tao II ou Seqenenrê
Kamosé : Roi de Thèbes. Il chassa les Hyksôs de la Moyenne Égypte et reprit Memphis.

À la XVII ème dynastie des rois thébains revint l'honneur d'avoir libéré l'Égypte de la domination étrangère. La lutte s'engagea entre le roi Apopi III d'Avaris et Sekenjensê I "régent de Thèbes. Après une guerre acharnée, lesHyksôs furent définitivement rejetés hors de frontières de l'Égypte. Kamis reprit aux Hyksôs la Moyenne Égypte et Ahmes s'empara d'Avaris. Il poursuivit l'ennemi en Palestine et y assiégea la ville de Sharouhen, qu'il prit après un siège de trois ans.

Les rois Ahmes, libérateur de l'Égypte, fut le fondateur d'une nouvelle dynastie la XVIII ème, qui inaugura la brillante époque appelée Nouvelle Empire
 
 

Nouvel Empire


II ème Époque Thébaine (~1590 -~1095)

Sous le Nouvel Empire, l'Égypte se révéla au monde comme une nation conquérante.

Par haine des Asiatiques, qui l'avait subjugués lors de la domination Hyksôs, l'Égypte à son tour envahit l'Asie. Dans la réalisation de ces profits, qui avaient pour but d'affirmer la conquête de la Palestine et de la Syrie, elle se heurta à des puissances rivales qui convoitaient elles-mêmes ces possessions. L'Égypte leur imposa ses volontés. Sous la XVIII ème dynastie, il lui revint le rôle d'arbitre et d'agent capital de l'histoire de l'ancien Orient. Mais, intimement liée aux événements qui se déroulèrent dans la proche Asie et dans le monde égéen, elle en subira, à partir de la XX ème dynastie, tous les contrecoups malencontreux.

De ce contrat constant avec les civilisations orientales naquirent des courants d'influence artistique et intellectuelle, qui mirent en communion plus intime les différentes civilisations du Bassin méditerranéen. Thèbes devint la capitale du monde ou s'entassèrent les tributs des peuples de l'Asie et des peuples du haut Nil. Cette richesse fabuleuse, ajoutée à une main-d'œuvre innombrable, fournie par les prisonniers de guerre, permit aux rois du Nouvel Empire d'entreprendre la construction de temples gigantesques, qui, avec les prodigieuses

tombes de la Vallée des Rois, attestent jusqu'à aujourd'hui la puissante civilisation de cette époque.

XVIII ème dynastie (~1550 - ~1319)

Amosis Premier pharaon de la XVIII dynastie (~1550 - ~1525). Il acheva l'œuvre de son frère Kamôsis et libéra l'Égypte des Hyksôs. Son fils Amenophis I lui succéda.
Aménophis I (Amenhotep) :(~1525 - ~1504) Fils d'Amôsis I et père de Touthmosis I, il entreprit la construction du temple d'Amon à Karnak et fut plus tard adoré comme protecteur de la nécropole thébaine. Il mourut sans laisser de fils légitime, c'est-à-dire né de la frande femme royale, la reine. Les droits dynastiques passèrent alors à une princesse, Amosis (Ahmosé) sa fille.
Toutmosis I (Thoutmès I). Fils et successeur d'Aménophis I (vers ~1504 - ~1492), Il épousa sa sœur une princesse, Amôsis, abandonna à ce dernier les prérogatives du pouvoir. Il fonda la province de Coush(Nubie), étendit le protectorat égyptien sur la Syrie du Nord et franchit l'Euphrate. Il ajouta une salle hypostyle au temple d'Amon à Karnak et se fit le premier à construire une tombe dans la Vallée des Rois. À la mort d'Amôsis (Ahmose), Toutmôsis I dut, pour maintenir la légitimité, faire couronner Hatchepsout, la fille qu'il avait eu d'elle et lui abandonner la plus grande partie du pouvoir.
Touthmôsis II Fils naturel de Touthmôsis I (vers~1492 - ~1479), et premier époux de sa demi-sœur Hatchepsout, régna conjointement avec ,lui pendant la durée d'environ quinze ans. Puis, quand Touthmôsis II mourut (~1504), la couronne, semble-t-il, échut à Touthmôsis III, un fils encore mineur, qu'il avait eu d'une concubine, Isis.
Hatchepsout : Reine d'Égypte de la XVIII ème dynastie (Nouvel Empire) vers ~1473 - ~1458). Fille de Touthmôsis I, elle épousa son demi-frère Touthmôsis II, puis à la mort de ce dernier, son neveu Touthmôsis III qui avait été proclamé roi. Elle régna d'abord comme régente de son époux et obtint bientôt tous les pouvoirs d'un pharaon. En l'an ~IX de son règne, elle envoya au pays de Pount une expédition maritime, restée célèbre, dont elle fit représenter des épisodes dans les boas reliefs de son temple funéraire de Deir el Bahari. Après sa mort Touthmôsis III persécuta sa mémoire et fit disparaître son nom de tous les monuments. La reine Hatchepsout. Après la mort de Toutmosis II elle épouse son neveu, le tout jeune Toutmosis III qu'elle écarte du trône. Elle règne alors comme un homme, se faisant représenter parfois avec la barbe postiche et le pschent.
Touthmôsis III Fils de Touthmôsis II et père d'Aménophis II (~1479 - ~1425). Il ne put succéder à son père qu'en épousant sa tante la reine Hatchepsout, alors régente, et ne commença son règne personnel qu'à la mort de cette dernière (~1483). Grand conquérant, et reprit la politique d'expansion de son père et porta le  Nouvel Empire à son apogée. Il mena dix huit expéditions en Asie qui aboutirent à l'éclatante victoire de Megiddo, en Palestine, et repoussèrent les frontières de l'Égypte jusqu'à l'Euphrate, arrêtant l'expansion du Mitanni (Arménie actuelle). Il enrichit le temple d'Amon à Karnak d'un grand nombre de salles et d'obélisques.
Amenophis II Fils de la reine Hatchepsout et de Touthmôsis III auquel il succéda (vers~1427 - ~1401), il amorça le rapprochement de l'Égypte et du Mitanni (Arménie, etc.). Celui-ci mourut sans laisser de descendance mâle légitime. La couronne échut encore une fois à un fils illégitime, Touthmôsis IV. Sa tombe découverte en 1898 dans la Vallée des Rois, est un type classique des hypogées royaux de la XVIII ème dynastie.
Touthmôsis IV (~1401 - ~1391) Épousa une princesse mitannienne, fille du roi Artakama et eut pour fils et successeur Amenophis III.
Amenophis III Fils et successeur de Touthmôsis IV (vers~1391 - ~1353). Il mena l'Égypte à l'appoger de sa puissance malgré la menace grandissante des Hittites. Il fit construire le temple de Louxor et en face de Thèbes sur la rive gauche du Nil, un immense temple funéraire dont il ne reste que les colosses de Memnon. Il fut introducteur de la religion d'Aton qui allait suivre son fils Amenophis IV.
Tiy : Reine d'Égypte, sans doute d'origine nubienne (vers ~1400) femme d'Aménophis III. On a retrouvé son sceau à Haghia Triada (Crète)
Amenophis IV (Akhenaton) : "Le serviteur du disque solaire" Nom que prit dès le début de son règne, Amenophis IV, pharaon de la XVIII ème dynastie (vers~1353 - ~1335 ), fils d'Amenophis III et épouse de Néfertiti. Il fut l'un des plus grand mystique de l'histoire. Il bouleversa les destinées de l'Empire par l'audace de ses réformes. Il abolit le culte d'Amon auquel il substitua celui d'Aton, le disque solaire, et prit le non d'Akhenaton, puis il abandonna Tell-el-Amarna. Répudiant le vaste syncrétisme de la religion officielle, il engagea l'Égypte dans la voie du monothéisme, affirmant la bonté providentielle du Soleil qui chaque matin fait renaître la vie. Souhaitant une émancipation profonde des individus, le pharaon hérétique proclama l'abandon du passé au profit d'une nouvelle liberté. Cette révolution religieuse s'accompagna donc d'une révolution esthétique qui donna naissance à un art nouveau, réaliste jusqu'à la caricature (voir Tell-el-Amarna) et à une littérature mystique à la quelle contribua le paraphraseront les Psaumes). Mais, absorbé par ses activités religieuses, le "roi ivre de Dieu" négligea la politique étrangère et laissa l'Égypte perdre toutes ses possessions extérieures (Mitanni, Syrie, Palestine). Son successeur Toutankhamon rétablit l'ordre ébranlé.
Nefertiti : ("la belle est venue") Reine d'Égypte, femme du pharaon Amenopohis IV (Akhenaton) seconde moitié du ~XIV ème siècle). Elle participa à la révolution religieuse accomplie par Amenophis IV (Akhenation) et resta fidèle au culte d'Aton après la mort de son époux. Elle est célèbre par ses nombreux portraits en ronde bosse trouvée à Tell-el-Amarna : buste polychrome (conservé au musée Dahem, Berlin), buste inachevé en quartzite rose (musée du Caire)
Smenkharé : frère de Touthankamon
Meritation : Fille aînée d'Akhenaton et de Nefertiti, elle épousa Smenkharé, frère de Touthankaton
Akhesa : Fille cadette d'Akhenaton et de Nefertiti, elle épousa Touthankaton (Touthankamon)
Touthankamon : (nom de règne : Nebkeperoure). Pharaon de la XVIII ème dynastie (Nouvel Empire) vers ~1333 - ~1323), gendre d'Amenophis IV auquel il succéda très jeune sous le nom de Touthankaton en hommage au culte d'Aton qu'avait instauré son beau-père (Akhenaton). À la mort de ce dernier, Toutkankaton devint Touthankamon, abolit le culte d'Aton, et rétablit la religion officielle sous l'influence du divin père Aÿ et du général et chef de la cavalerie Horemheb vrai maître de l'Empire. Il mourut à vingt ans après un règne obscur. Il n'est devenu le plus célèbre des pharaons que parce que sa tombe, découverte en novembre 1922 dans laVallée des Rois par Howard Carteret lord Carnavon, est une des seules dont les trésors aient été entièrement préservés (musée du Caire); elle avait été recouverte lors de la construction du tombeau de Ramsès VI.
Aÿ : vers ~1323 vieux fonctionnaire, pharaon nommé par l'épouse royale afin de succéder à Touthankamon.
Horemheb Dernier pharaon de la XVIII ème dynastie (vers ~1343 -~1314). Chef des armées de Touthankamon, il usurpa le trône à la mort de ce dernier avec l'aide des prêtres d'Amon, reconquit la Palestineet acheva de restaurer l'ordre ébranlé par les réformes d'Akhenaton (Amenophis IV).
 
 

Une Égypte différente se développe au cours de la XVIII ème dynastie, avec les Ahmosides ( quatre Thoutmosis et trois Aménophis, sans oublier la célèbre Hatchepsout), pour atteindre sa splendeur, mais aussi un point de rupture, avec la fin du long règne d'Aménophis III (vers 1390-1350 av.J.-C.)

En chassant lesHyksôs et en voulant se garantir un maximum de protection, les nouveaux souverains retrouvent vite les chemins de la guerre, mais cette fois d'expansion et d'appropriation qui va assurer à l'Égypte une prospérité presque ininterrompue pendant des décennies : domination directe, mais plus volontaires par les souverains vassaux interposés, en Orient, jusqu'à l'Euphrate : expéditions et annexion simple vers le sud.

Thèbes, à l'origine de cette gloire, et Memphis en profitent. Les échanges se multiplient, l'acculturation bat son plein. L'armée prend de l'importance mais l'élévation du niveau de vie entraîne le recrutement de mercenaires étrangers ou la levée de troupes à caractère colonial. Des groupes sociaux prennent de l'importance, notamment le clergé d'Amon, le dieu Thébain. Le temple de Karnak - et de ses dépendances à travers tout le pays - devient une véritable puissance, alliée indispensable de la monarchie.

Derrière ce succès, les éléments d'une crise grave sont réunis, et l'empire égyptien d'Orient est menacé par la montée de la puissance hittite.
Aménophis IV, en vouant un culte de plus en plus exclusif au dieu Aton, forme physique de dieu Solaire (il marque ce lien en prenant le nom d'Akhenaton), et en s'écartant d'Amon et deThèbes, provoque une rupture. Celle- ci est accentuée par la fondation d'une capitale nouvelle, Akhenaton, en Moyenne Égypte.

Le culte d'Amon est proscrit, son clergé écarté. Pendant ce temps, la domination égyptienne en Syrie, Palestinemontre des signes de défaillance.
Le règne de moins de vingt ans reste à part dans l'histoire égyptienne, avec ses créations théologiques et artistiques nouvelles. Mais les successeurs d'Akhenaton (dont Tout-Ankh-Aton devenu Tout-Ankh-Amon) ne poursuivent guère ce sens.
Les tenants de l'ordre ancien triomphent, à commencer par les prêtres d'Amon. L'armée arbitre et le généralissime Horemheb prend la couronne.

La XVIII ème dynastie colonise le Soudan

Pendant que les rois thébains de la XVIII ème dynastie unissaient leur force dans la lutte contre les Pasteurs, les Nubiens s'empressèrent de rejeter leur tutelle. Mais les Hyksôs une fois chassés, avant d'entreprendre des conquêtes en Asie les rois de la XVIII ème dynastie jugèrent prudent de pacifier le sud. Ahmès I et Amenophis I réoccupèrent le cours du Nil jusqu'à la deuxième cataracte. Thoutmès I s'avança jusqu'à l'île de Tombos (troisième cataracte). De Thoutmès III à Amenophis III, les pharaons étendirent leurs possessions jusqu'au

Djebel Barkal (quatrième cataracte). Au pied de cette falaise se développa alors la ville de Napata qui deviendra la capitale du royaume éthiopien.

L'expansion de l'Égypte en Asie orientale. La conquête.

L'Égypte, avec rapidité, sut se relever de la néfaste domination des Hyksôs. Au lendemain même de leur expulsion, le roi Ahmès put entreprendre une guerre offensive en Palestine, dans le dessein d'occuper les routes d'invasions menant d'Asie en Égypte. Thoutmès I, à la tête d'une armée aguerrie par les campagnes nubiennes et bien outillée pour la guerre de siège, mena une brillante campagne en Palestine et enSyrie, poussant ses armées jusqu'à l'Euphrate, dans le Naharina ou "pays des rivières", habité par lesMitanniens, qui s'étendaient sur les deux rives de l'Euphrate, entre l'Oronte et le Khabour. Succès éphémère, car, profitant de la politique pacifique de la reine Hachepsout le pays se souleva. Une coalition des chefs de la Palestine et de la Syrie se forma contre l'Égypte, sous la direction des princes de Mégiddo et de Kadesh, vassaux du roi de Mitanni. Thoutmès III dut reprendre la conquête pour tenir sous son contrôle le "couloir d'invasion", qui menait en Égypte par les vallées du Jourdain et de l'Oronte. De ~1483 - ~1464, il dirigea dix sept compagnes pour soumettre la Palestine et la Syrie. À sa mort, il put considérer son œuvre comme achevée et ces deux pays comme définitivement incorporés à son empire. Toutmès III grava le récit de ses campagnes sur les murs des temples qu'il construisit à Karnak.

Les campagnes les plus décisives furent la première, la sixième et la huitième.

Sa première campagne, en ~1483, qui devait lui livrer la Palestine, fut dirigé contre la forteresse Mégiddo, où il captura après un siège de sept mois l'armée des confédérées asiatiques, sémitiques, et indo-européens, réunis sous le commandement du prince de Kadesh.
Dans la sixième campagne, après avoir précédemment soumis les ports de la côte syrienne Thoutmès III attaqua la vallée de l'Oronte à la fois par la terre et par la mer et réussit à s'emparer de Kadesh (~1475).
La huitième campagne, en l'an 33 (~1473), fut dirigée contre la Mitanne, dans le Naharina. Thoutmès III s'empara d'A lep, puis battit l'ennemi à Karkemish sur l'Euphrate.
Les princes mitanniens, profitant de la nécessité où se trouvait Thoutmès III de rentrer chaque hiver à Thèbes, formaient constamment des révoltes contre l'autorité égyptienne. Dans la dix septième et dernière campagne, Thoutmès III écrasa définitivement tous les rebelles.

Néanmoins, ses successeurs : Amenophis II, Thoutmès IV et Amenophis III, obligés de tenir en respect les populations turbulentes de l'Asie occidentale, durent intervenir de temps à autre dans les provinces soumises, pour montrer la force de leurs armes.

Organisation de l'empire

Pour garder les provinces conquises, des troupes égyptiennes furent laissées sur place, et des forts furent construis aux points stratégiques.
Les pays soumis devaient verser au trésor égyptien un impôt annuel, consistant en richesses naturelles et en produits manufacturés. En outre, la population devait pouvoir aux frais d'entretien des troupes égyptiennes et de la cour du Pharaon, quand celui-ci se rendait en Asie.

Les Égyptiens traitèrent les peuples vaincus avec un libéralisme qui est en contraste frappant avec les méthodes employées par leurs rivaux, les conquérants asiatiques. Loin d'opprimer la population, les pharaons en confièrent le gouvernement aux princes indigènes, dont les devoirs envers l'Égypte se résumaient dans la levée du tribut annuel et dans la garde du pays par leurs propres troupes. Les fils de ces princes étaient emmenés en Égypte pour y recevoir leur éducation, de sorte que, de retour dans leur pays, ils y propageraient l'instruction et les goûts égyptiens.
 

Rapports de l'Égypte avec ses nouveaux voisins

Une politique de paix et d'alliance succéda à l'ère des expéditions militaires. Le Mitanni, que l'Égypte, depuis l'invasion des Hyksôs, avait toujours trouvé à la tête de ses adversaires, chercha un rapprochement, Une alliance en résulta, consolidée par le mariage de Thoutmès IV avec la fille du roi Artatama (roi de Mitanni)

Sous le règne de son fils Aménophis III, l'Égypte ayant atteint au faîte de sa puissance militaire et de son expansion à l'extérieur, devint "l'arbitre de la politique internationale". Sa suprématie s'affirma d'une façon s'éclatante que toutes les cours orientales voulurent se concilier l'amitié de cette dangereuse voisine. Des ambassadeurs de tous les rois vinrent dont à Thèbes apporter à Pharaon des hommages et des présents, que les Égyptiens interprétèrent comme des tributs.

Aménophis III rechercha des mariages étrangers et conclus, à cette occasion, avec diverses cours orientales des alliances économiques ou politiques. Sa correspondance diplomatique, retrouvée à El-Amarna. Témoigne le rôle prépondérant de l'Égypte.

Administration centrale

Pour alléger la charge du vizir aussi bien que pour diminuer son pouvoir, Thoutmès III dédoubla cette fonction : il nomma un vizir à Thèbes pour la Haute Égypte et un autre à Memphis pour la Basse Égypte. Mais à partir de la XIX ème dynastie, le siège de l'administration de la Basse Égypte fut transféré de Memphis à Tanis.

À côté du vizir, il y avait un chancelier chargé de la gestion des finances, relevant directement de Pharaon. Les attributions des deux vizirs et du chancelier dans l'ensemble, furent les mêmes que sous le Moyen Empire. Sur le plan religieux le grand prêtre du dieu Amon - dont les temples, à la suite des victoires des pharaons, s'étaient enrichis de butins et tributs prodigieux - devient virtuellement chef du sacerdoce de tout le pays.

La Nubie fut confiée, dès Amenophis I, à un "directeur des pays du sud", nommé le "fils royal de Coush", sans qu'il fût nécessairement un fils du roi, et les provinces asiatiques furent administrées par un "directeur des pays du Nord".

Administration provinciale

À la fonction de monarque, exercée souvent par les descendants des anciens princes féodaux, s'attacha désormais plus d'honneur que de pouvoir. Les villes ayant une importance militaire furent administrées par les officiers.

Il semble que, dans l'administration locale, les inconvénients d'une centralisation excessive aient été corrigés et qu'une plus large initiative fut laissée aux fonctionnaires et aux notables des bourgs et des villages, réunis en conseil (Kenbet).

Amenophis IV (Akhenaton) et la réforme religieuse

Le clergé d'Amon, favorisé par les pharaons à l'occasion de chaque victoire, devint par l'ambition de son chef, le premier prophète d'Amon, un danger pour l'autorité royale.

Amenophis IV (~1370 - ~1350), afin d'échapper à cette emprise, interdit le culte d'Amon, confisqua les biens de ses temples et licencia ses collèges de prêtres. À la place d'Amon, il intronisa le disque solaire Aton comme dieu d'empire, et se proclama seul interprète de ses volontés sur terre, définissant une volonté panthéiste d'où, entre autres, les anciennes conceptions funéraires étaient exclues. Le disque solaire n'était pas une divinité nouvelle, mais il figurait depuis longtemps parmi les divinités du panthéon égyptien comme l'émanation visible du dieu solaire Rê. Contrairement à ce que certains ont cru, il est difficile de supposer des influences asiatiques à l'origine de cette "hérésie".

Puis Aménophis IV, allant au-delà de ses intentions premières, voulut donner une unité religieuse à son empire, composé d'éléments si divers. La nouvelle doctrine qu'il propageait et dont le dogme fondamental était que le disque solaire représentait un dieu unique, source de toute vie, créateur et ordonnateur de l'univers, pouvait convenir aussi bien à ses sujets égyptiens qu'aux asiatiques. Abandonnant Thèbes, trop pleins souvenirs d'Amon, il fonda une nouvelle capitale, Akhénaton, "l'horizon d'Aton". Il changea son propre nom Amenopiis ("Amon est satisfait"), en un autre où il proclamait sa piété envers le disque : Akhenaton ("celui qui est utile à Aton").

Aucune époque de l'histoire égyptienne ne fut marquée par tant de mystères et de spéculations que le règne du pharaon Aménophis IV. Chacun à essayer de comprendre et d'expliquer l'action réformatrice d'un pharaon pas comme les autres.

Le pharaon Aménophis IV instaure une véritable réforme religieuse qu'avait initié son père. Désormais il n'y a place que pour le seul et unique Aton associé au dieu solaire Rê. Les temples dédiés aux autres dieux sont fermés dans tout le pays, Amon vénéré à Thèbes est l'objet d'une persécution fanatique. Aménophis rebaptisé Akhenaton crée sa capitale à Tell el Amarna. Emporté par une exaltation mystique sans frein sa destinée sera tragique. Ses successeurs à la tête de l'Égypte redoubleront d'effort pour faire disparaître de l'histoire toute trace de son règne, en vain. Les fouilles mettront à jour l'existence du pharaon hérétique. Akhenaton apporte aussi une véritable révolution dans l'art, loin des modèles idéalisés traditionnels, il se fait représenter, lui et sa famille, dans un style expressionniste ponctué de détails pittoresques.

Pour marquer les limites de la nouvelle capitale Akhenaton fait apposer des stèles sculptées. Les stèles représentent la famille royale adorant le disque solaire; ses rayons se terminent par des mains humaines dispensant la lumière au roi, à la reine Néfertiti ainsi qu'à une de leurs filles pour leur accorder vie et puissance.

La religion d'Aton ne croyait pas en une vie éternelle au-delà de la mort ... Mais cet essai de culte d'empire ne fut pas durable. Il semble même qu'à la fin de son règne Akhenaton ait voulu se réconcilier avec le clergé d'Amon. Peut-être est-ce pour cela qu'il envoya à Thèbes sa fille aînée Meritatan et Smenkharé, époux de celle-ci, qu'il avait associé au trône vers la fin de son règne.

La mort d'Akhenaton fut suivie de près par celle de Smenkharé, et Touthankamon, marie de la seconde fille du réformateur, monta sur le trône. L'an III de son règne, le jeune roi fut forcé de revenir à Thèbes, de rétablir le culte d'Aton et même de corriger son nom de "celui qui plaît à Aton" en "celui qui plaît à Amon" : Touthankamon. Il mourut peu après.

La succession de Touthankamon échut à un fonctionnaire âgé nommé Aÿ. Elle revint ensuite à Horemheb (~1340 - ~1320), général des armées et premier conseiller des derniers rois de la XVIII ème dynastie. Pour complaire au clergé d'Amon, il donna un caractère de violence à la réaction contre le disque Aton, commencée pacifiquement sous Touthankamon et il détruisit ses temples. Il poursuivit aussi le souvenir des rois hérétiques, allant jusqu'à s'attribuer le comput de leur règne. D'autre part, pour satisfaire l'armée, il reprit les campagnes en Asie. Il consacra son règne à restaurer l'ordre et à raffermir l'autorité royale.

XIX ème (~1319 - ~1196)

Horemheb (~1319 - ~1307)
Ramsès Premier pharaon de la XIX ème dynastie (vers ~1307 - ~1306), successeur d'Horemheb. Très âgé, il associa son fils Séti au gouvernement et lui laissa la réalité du pouvoir.
Séthi Deuxième pharaon de la XIX ème dynastie vers ~1306 - ~1294 fils et successeur de Ramsès I. Il reconquit le sud de la Palestine et battit les Hittites (~1310) sans les vaincre définitivement. Il fit construire à Thèbes le temple funéraire de Gourna et à Abydos, le célèbre Memnorium. Son tombeau, découvert en 1817 par Belzoni est un des plus beaux de ceux de la Vallée des Rois. L'obélisque se trouve aujourd'hui Piazza del Popolo, à Rome, avait été érigé par Sethi I pour le temple d'Héliopolis.
Ramsès II : Fils et successeur de Séthi I (vers ~1294 - ~1224. Brillant homme de guerre et grand bâtisseur, ce pharaon, à la descendance considérable, est une des plus importantes figures de l'histoire égyptienne. Contre les Hittites, il remporta l'indécise victoire de Qadesh qui aboutit au traité ~1278 et au partage de la Syrie entre Hittites et Égyptiens. L'Empire y gagna quarante ans de paix pendant lesquels Ramsès II donna au pays une parure monumentale. Il fit restaurer tous les temples et entreprit de célèbres travaux : salle hypostyle de Karnak, temple funéraire d'Abou Simbel, avant cour du temple de Louxor auquel un grand pylône avec deux colosses et deux obélisques en granit (l'un deux se trouve sur la place de la Concorde à Paris) servant de façade, colosses et temples d'Abydos, Tanis, Memphis, Héliopolis . Il bâtit à Thèbes le Ramesseum, et fonda sa capitale Pi-Ramsès, la future Tanis dans le delta, près de l'ancienne forteresse des Hyksôs. Malgré son goût du grandiose et d'un certain baroque qui entraîna peut-être une dégradation des arts il laissa un style caractéristique.
Nefertari : Reine d'Égypte (~XIIIème siècle) première femme de Ramsès II. Sa tombe est la plus belle de celles de la Vallée des Reines.
Menephtak (Mernephtah) : Fils et successeur de Ramsès II ~1224 - ~1214.
Amenmes :
Sethi II : Avant dernier pharaon de la XIX ème dynastie vers ~1214 - ~1204. Il renversa l'usurpateur Menephat. Siptah, son fils Ramsès III lui succéda.
Siptah : (~1204 - ~1198)
Taousert : (~1198-~1195)

À la mort de Horemheb, son vieux compagnon de guerre Ramsès I lui succéda, en ~1314. Ce dernier réussit à assurer le trône à sa descendance. Sous le règne de son fils Séthi I (~1306 - ~1290) et de son petit-fils Ramsès II (~1290 - ~1224), l'Égypte put se croire revenu aux plus beaux jours de la XVIII ème dynastie. Leurs victoires en Asie suscitèrent de nouveau les à parts de tributs annuels, et grâces à cette richesse, alimentée encore par l'or de Nubie, Séthi I et surtout Ramsès II purent être les plus grands des rois bâtisseurs. Ramsès II résida de préférence à Tanis, dans le Delta oriental, d'où il lui était plus aisé de surveiller les provinces asiatiques. Ses hauts faits chantés dans un poème, recopiés par le scribe Pentaour, alimentèrent autant que les exploits des Sésostris de la XII ème dynastie la geste de Sésostris dont les autres classiques se sont fait l'écho.

Au-delà de la première cataracte, dans le site isolé d'Abou Simbel, en Nubie, Ramsès II a fait ériger à l'occasion de son premier jubilé un temple grandiose. Quel moment intense de pouvoir contempler cette façade lorsqu'elle s'embrase au lever du soleil ... Quatre statues colossales du pharaon ont été sculptées dans la falaise de grès. Les effigies royales culminent à vingt mètres de hauteur. A leurs pieds plusieurs statues du faucon Horus et de la belle Nefertari.

Le petit temple est dédié à Nefertari la grande épouse du pharaon. La façade montre six colosses debout, séparés par des pilastres couverts de textes. La sensuelle Nefertari s'identifie ici à la déesse Hathor.

L'invertie d'Akhenaton en Asie avait été mise à profit par le roi Hittite Souhbelouliouma, qui, après réduit le Mitanni, gagna à sa cause quelques-uns des princes vassaux de l'Égypte. L'hégémonie égyptienne, déjà très affaiblis en Palestine et en Syrie sous le règne d'Akhenaton, disparut totalement sous ses successeurs. L'Égypte, cependant, ne pouvait accepter cette déchéance, et la nouvelle dynastie reprit les armes contre l'Asie. Horemheb semble avoir le premier ramené les armées égyptiennes en Palestine. Mais c'est Séthi I qui rétablit le protectorat égyptien. Par une première campagne en l'an I (~1308), il se rendait maître de la Palestine et de la côte syrienne. Par une deuxième campagne, il pénétra dans la vallée de l'Oronte vainquit les Hittites, et s'empara de Qadesh, mais ne put garder cette ville. Son fils Ramsès II, en l'an II de son règne, après avoir repoussé, dans le Delta occidental, une invasion de peuple égéen, réunit de gros effectifs sur terre et sur mer et partit en campagne contre les Hitites, et leur alliés (~1294).

Les Hittites, en effet, avaient réuni une forte coalition de princes de Syrie et enrôlé dans leurs rangs les nouveaux venus indo-européens qui avaient envahi à cette date l'Asie Mineure. Ramsès II les atteignit et les vainquit sur l'Oronte à Qadesh, grâce, disent les textes, au sang-froid et à la valeur personnelle au roi. Cependant, cette victoire fut loin d'être décisive, et il faudra seize ans à Ramsès II de ~1294 à ~1278, pour soumettre la Palestine et la Syrie.

Enfin, les Hittites, menacés par l'Assyrie, tentèrent un rapprochement, et, en ~1279, un traité de paix fut conclu entre Ramsès II et Hattousil III. Cette paix fut scellée treize ans plus tard (~1265) par le mariage de Ramsès II avec la fille de Hattousil III. L'alliance égypto-hittite dura un demi-siècle (~1278-~1220) et fut également profitable aux deux pays. La Palestine et la Syrie dont une partie resta toute fois soumise aux Hittites, payèrent régulièrement le tribut, comme au temps de la XVIIIème dynastie. Ramsès II put alors se consacrer entièrement aux travaux de paix et procurer à l'Égypte une prospérité sans précédent.

Sur le mur droit de ce couloir ont été gravées 2 rangées de cartouches contenant les noms de 76 rois. Ces 76 pharaons appartiennent à 11 dynasties différentes (Séthi est le deuxième pharaon de la 19ème dynastie).

Les souverains originaires du Delta oriental, Ramsès Ier et Seti Ier, qui prennent la succession de Horemheb, sont également généraux.

Les choses ont changé dans le pays, et il faut compter avec les Hittites. Le long règne de Ramsès II (une bonne part de XIII ème siècle av J.-C.) correspond à l'une des dernières ,périodes de puissance de l'Égypte.
Le souverain couvre le pays de monuments et d'enveloppe la capitale septentrionale de Pi-Ramsès (près d'Avaris).
Sous son fils, Mérenptah, la situation est plus précaire et les menaces extérieures (Libyens, Peuples de la mer) sont repoussées de justesse.

La XIX e dynastie sombre dans les problèmes de succession. La XX ème dynastie (vers 1200 à 1100 av. J.-C.), qui voit se succéder les Ramsès jusqu'au onzième du nom, est une période de déclin politique, à l'exception - en partie - du règne de Ramsès III.

Attaques extérieures repoussées, montée des mercenaires, en particulier d'origine libyenne, problèmes économiques, corruption, influence grandissante des prêtres d'Amon, luttes de succession, tout concourt à un affaiblissement politique.

Merenptah et les peuples de la mer
Avec Ramses II l'ère des conquêtes est close, et son fils Merneptah (~1234 - ~1224) dut se borner à une lutte défensive. Au début de son règne, il réprima une révolte en Palestine, qui ramena ce pays, pour quelque temps encore, à l'obéissance. Mais un plus grave danger menaçait l'Égypte sur la frontière occidentale. , Une formidable coalition de peuples lybiens et de peuples égéens, que les textes égyptiens appellent "peuples de la mer et des îles du Nord", emmenant femmes et enfants dévala sur l'Égypte. Merneptah les vainquit à la hauteur de Memphis (~1229) mettant en fuite les uns, emmenant en esclavages les autres.
 

XX ème dynastie (~1196 - ~1070)

Sethnakht : (~1196 - ~1194)
Ramsès III : (~1194 - ~1163) Deuxième pharaon de la XX ème dynastie, fils et successeur de Sethnakht. Il est à défendre l'Empire menacé par les invasions indo-européennes. Il défit les Lybiens à l'Ouest et arrêta à l'Est la vague dévastatrice des peuples de la Mer, laissant aux Philistins le littoral palestinien. Dernier des grands pharaons, il poursuivit l'œuvre monumentale de Ramsès II et fit construire à Thèbes le temple de Médinet-Habour et à Karnak le temple de Khonsou
Ramsès IV : (~1163 - ~1156)
Ramsès V : (~1156 - ~1151)
Ramsès VI : (~1151 - ~1143)
Ramsès VII : (~1143 - ~1136)
Ramsès VIII : (1136 - ~1131)
Ramsès IX : (~1131 - ~1112)
Ramsès X : (~1112 - ~1100)
Ramsès XI : (~1100 - ~1070)

Le règne de ces huit pharaons, successeurs de Ramsès II, vit la décomposition morale et matérielle de l'Égypte aggravation de la misère, récolte dans le delta, pillage des tombes ,royales, ruine de Pi-Ramsès et l'influence croissante du clergé d'Amon, qui mena à la crise définitive : Herihor, général devenu grand-prêtre d'Amon, usurpa le pouvoir et régna sur la Haute Égypte tandis que Smendès établi à Tanis, reprenait le titre de pharaon et gouvernait la Basse Égypte.

Ramsès III choisit le site sacré de Medinet Habou pour édifier son temple funéraire. Après sa mort, le temple devient le temple d'administration des prêtres d'Amon.

L'Égypte sombrait dans l'anarchie après le règne éphémère des successeurs de Mernaptah, quand Setnakht, avec l'aide des prêtres d'Amon, s'empara du pouvoir. Il mourut peu de temps ,après, laissant la couronne à son fils Ramsès III (~1198 - ~1166). Celui-ci parvint, pour un temps encore à arrêter l'Égypte sur la pente de la décadence et à lui procurer une période de prospérité. Ses successeurs, les Ramsessides (de Ramsès IV à Ramsès XI) (~1166 - ~1085) abandonnèrent progressivement le pouvoir aux grands prêtres d'Amon, qui, se succédant de père en fils, réussirent à constituer une dynastie parallèle à la famille royale, et, le moment venu, s'emparèrent du pouvoir, dont ils firent une théocratie.

Lutte de Ramsès III contre les Libyens et les peuples de la Mer

La poussée des peuples égéens devenait de plus en plus irrésistible. Repoussée d'Égypte sur la frontière libyenne par Ramsès III en l'an V (~1193), ils se répandirent sur la côte d'Asie Mineure et deSyrie, absorbant l'empireHittite. Ce répit momentané permit à Ramsès III d'organiser sa défense. En l'an VIII (~1190), il surprit la flotte ennemie à l'ancre et il infligea à l'ennemi une défaite sur terre et sur mer, glorifiée par les bas-reliefs de son temple funéraire. Cette énergique intervention saura les dernières possessions égyptiennes en Asie.

Ramsès III entreprit alors des campagnes qui le menèrent jusqu'au bord de l'Ornte, et qui contraignirent les princes asiatiques à lui verser un tribut. En l'an XI la frontière libyenne fut une fois encore envahies par les Libyens Ramsès III les massacra. Ceux qui échappèrent à la tuerie furent ennemis en captivité. Des tribus intérieures de Libyens furent installées dans le Delta. Elles fournissaient aux pharaons des troupes de mercenaires. Leurs chefs finirent un jour par s'emparer du pouvoir.
 

Troisième période intermédiaire (~1070 - ~712)

Le règne des Grands Prêtres d'Amon à Thèbes et la Féodalité Libyenne.

XXI ème dynastie (vers ~1070 - ~945)

Smendès : (~1070 - ~1043) Premier pharaon de la XXI ème dynastie tanite.
Amenemnisou : (~1043 - ~1039)
Psousennes I : (~1040 - ~993) Pharaon de la XXI ème dynastie tanite. Il régna sur le Delta. Il a été mis à l'honneur par la découverte que fit P. Montet ;de sa tombe (dont la richesse est comparable à celle de Toutankamon), à Tanis, en 1940, outre la sépulture de Psousennès, elle renfermait celle de trois autres personnages; un des généraux du pharaon, Amenophtis (XXI ème dynastie) et un Chichonq.
Aménémopé : (~993 - ~984)
Osorchon 1° L'Ancien : (~984 - ~978)
Siamon : (~978 - ~959)
Psousennès II : (~959 - ~945)

XXI ème Dynastie des Grands Prêtres


Hérihor : Grand Prêtre égyptien chef du clergé d'Amon (~XI s.). Il fut maître de la Haute Égypte vers ~1100 et roi de Thèbes vers ~1085, alors que Smendès établi à Tanis et régnait sur la Basse Égypte. Il n'est connu que par quelques reliefs du temple de Khonsou à Karnak.
Pined Jem: (~1070 - ~1054) Grand Prêtre, (~1054 - ~1032) Roi.
Masaharté : (~1054 - ~1046)
Menkheperrê : (~1045 - ~992)
Smendès : (~992 - ~990)
Pined Jem II : (~990 - ~969)
Psousennès : (~969 - ~959) Grand Prêtre.

L'unité de l'Égypte prit fin avec le dernier Ramsès, Ramsès XI. Le Grand Prêtre d'Amon, Hérior, se proclama roi de Thèbes, tandis que Smendès, dont il était vassal et qui était le légitime descendant des Ramessides, fondait à Tanis la XXI ème dynastie : Smendès eut pour successeur son fils Psousennès, qui s'allia à la famille de Hérior en donnant sa fille en mariage à Pined Jen I, petit-fils et successeur de ce dernier. Le tombeau de Psousennès, récemment découvert à Tanis avec d'autres sépultures de rois de XXII ème et XXIII ème dynastie, s'est signalé parle riche mobilier funéraire qu'il contenait.

Les descendants de ces deux familles régnèrent respectivement à Thèbes et à Tanis jusqu'en ~950.
 

XXII ème dynastie (vers ~945 - ~745)

Chéchanq I : (~945 - ~924) Fondateur de la XXII ème dynastie libyenne. Chef militaire d'origine libyenne, il établit sa capitale à Bubastisdans le delta, il reprit la politique d'expansion de ses prédécesseurs, reconquit la Palestine et pilla Jérusalem (vers ~935). Il laissa une stèle à Mégiddo et des statues à Byblos.
Osorkon I : (~924 - ~889) D'origine libyenne.
Chéchanq II : (~890?)
Takelot I : (~889 - ~874)
Osorkon II : (~874 - ~850)
Osorkon III : (~870 - ~860)
Takelot II : (~850 - ~825)
Chéchanq III : (~825 - ~773) Pharaon de la XXII ème dynastie libyenne. Son long règne fut marqué par l'accroissement de l'anarchie avec la fondation par Pétoubastis d'une dynastie rival établie à Tanis, la XXII ème. Chéchanq III se fit enterrer à Tanis ou il avait fait construire la porte monumentale d'Amon.
Pami : (~773 - ~767) Basse Égypte
Chéchanq IV : (~767 - ~730) Basse Égypte
Osorkon IV : (~730?) Tanis

XXII ème Dynastie des Grands Prêtres

Joupout
Chéchanq
Jouwelo
Smendès II
Harsiéris I
Fils d'Harsiéris
Nimlot
Osorkon
Harsiris II
Taketot I

XXII ème dynastie bubastite

A cette date, un chef libyen, Chechanq, après avoir usurpé la royauté du Nord et établi le siège de son gouvernement à Bulastis, reconstituait à son profit l'unité de l'Égypte. Pour légitimer son avènement, il maria son fils, le futur Osorkon I avec Makarî, fille de Psousennès II, et, de ce fait héritière de la tradition dynastique. Pour s'assurer l'obédience de la Thébaïde, qui demeurait le fief des grands prêtres d'Amon, il fit, au détriment de la

descendance de Hérihor, passer la grande prêtresse d'Amon à un autre de ses fils. Il semble qu'à cette occasion une partie du clergé d'Amon hostile à Chechanq quitta Thèbes pour s'établir à Napata (quatrième cataracte).

Toutefois le pouvoir de Chechanq fut si stable qu'il se risqua même à intervenir en Palestine ~930, il prit Jérusalem et pilla le temple de Salomon. Après la mort de Chechanq I l'autorité des Bubastites décrut rapidement. La Thébaïde resta aux mains des grands prêtres d'Amon choisis parmi les fils du roi régnant à Bubastis. Au Nord, dans différentes villes du Delta et de la Moyenne Égypte, des mercenaires, pour la plus part d'origines libyennes, se proclamèrent indépendants et transformèrent ainsi la monarchie en une féodalité militaire.
 

XXIII ème dynastie (~818 - ~720)

Pétoubastis : (~818 - ~793)
Ioupout : (~793)
Chéchanq : (~793 - ~738)
Osorkon III (Le Pontif) : (~787 - ~757)
Takelot III : (~764 - ~757)
Roudamon : (~757 - ~754)
Ioupout II : (~754 - ~720)
Schepenoupet I
 

Parmi les dynasties locales qui se partageaient le Nord, Manethon considère comme légitime celle qu'avait fondée Pétoubastis (Pedoubast) à Tanis. Il qualifie cette dynastie de XXIIIème dynastie tanite (~817 - ~730). C'est alors que ces rois, qui continuaient d'envoyer à Thèbes un de leurs fils comme grand prêtre d'Amon, se mirent (à partir d'Osorkon III, ~757 - ~748) à donner aussi une de leurs filles comme "épouse" au dieu Amon Shepenoupet I fut la première de ces divines adoratrices d'Amon qui effacèrent même le rôle du grand prêtre et gouvernèrent religieusement à Thèbes pendant deux siècles.

Vers ~730 le prince Tafnekhet, résidant à Saïs et déjà maître du Delta occidental et de Memphis, s'apprêtait à ranger sous sa domination la Moyenne Égypte. Il mit le siège devant Hérakléopolis. Ses adversaires firent alors appel à la nouvelle puissance du sud, aux rois Napata, qui, ayant établi leur suzeraineté sur les divines adoratrices, étaient en possession de Thèbes. Ces prêtres revendiquant pour leur dieu l'autorité suprême déterminèrent Kashta à s'emparer de la Thébaïde. Kashta chassa de Thèbes, la divine adoratrice d'Amon Shepenoupet I, fille d'Osorkon III.

Ce fut son successeur, Piankhi (~751 - ~716), qui reçut vers ~700 l'appel des féodaux du Nord, pour les aider dans leur lutte contre Tafnekhet de Saïs. Piankhi répondit à cet appel, mais après avoir réduit Tafnekhet et ses partisans, il reconstitua à son profit l'unité de l'Égypte. Il reçut la soumission de tous les féodaux, sans toutefois les supprimer, puis se retira à Napata, de cette façon, Tafnekhet put quelque temps après usurper le cartouche royal.

XXIV ème dynastie (~724 - ~712)

Tefnakht : (~724 - ~717)
Bocchoris : (~717 - ~712)

Rois Locaux:
Teftaouibastit : (~750 - ~710)
Nimlot : (~750 - ~710)
Djéoutiemhat : (~750 - ~710)
Padinemti : (~750 - ~710)

En ~720. Son fils Bocchoris, avec lequel Manéthon, constitua sa XXIV ème dynastie saïte, lui succéda et chercha querelle à la dynastie éthiopienne. Shabaka, frère et successeur de Piankhi, le vainquit et le livra au supplice (~715)
 

XXV ème dynastie (~775 - ~657) (Nubiennes ou Kouchites

Alara : (~775 - ~765?)
Kaschta : (~765 - ~747?)
Piankhy (Pyyé) : (~750 - ~712)
Shabaka  (~712 - ~698)
Schabataka  (~698 - ~690)
Taharqua  (~690 - ~664)
Tantamani  (~664 - ~657)
 

Divines Adoratrices

Amenardais I
Schepenoupet II
Amenardais II

Rois Locaux

Pétoubastis II
Gemnef-Khons-Bak
Neferkaré A….
Penamon
Menibré
Nechao : (~672 - ~664)
 

Le grand prêtre thébain prend la couronne, mais un pouvoir fort se met parallèlement en place, dans la ville de Tanis (Delta oriental) qui va prétendre au rôle de Thèbes du Nord.
D'autre part, des chefs militaires d'origine libyenne gagnent en influence et finissent par régner en pharaons sur une Égypte morcelée.

La grande activité architecturale et artistique, entre autres, montre cependant que les problèmes politiques ne sont pas tout.
Malgré quelques succès encore au Proche Orient, l'Égypte subit les contrecoups des bouleversements politiques et militaires qui se produisent chez ses voisins. Elle devient une proie tentante pour les puissances rivales.
 

XXV ème dynastie Vers ~750 - ~600 la .

Les Nubio-Soudanais ou Kouchites, nourris de culture égyptienne après des siècles de domination et d'acculturation, parviennent à conquérir l'Égypte sous la conduite de Pi(ankh)y.
Les pharaons du sud (Taharqa en particulier) redonnent alors au pays unité et force. Mais celui-ci finit malgré tout par tomber sous les coups des Assyriens (~664 - ~663)
 

XXV ème dynastie éthiopienne

Shabaka (~715 - ~701) régna sur tout le pays et inaugura une nouvelle dynastie, la XXV ème (~716 - ~656) de Manéthon, dont la domination valut à l'Égypte un demi-siècle de paix et de prospérité. Il eut pour les fils de Piankni, Shabataka (~702 - ~690), puis Taharka (~690 - ~664).

L'invasion Assyrienne

L'établissement des Assyriens en Syrie et en Palestine ne fut pas sans inquiéter les monarques égyptiens. Ils incitèrent à la révolte les rois palestiniens contre leurs maîtres assyriens, en leur promettant le soutien des troupes égyptiennes. Cependant, leurs tentatives ne réussirent pas à barrer la route aux Assyriens.
Dès le règne de Bocchoris, en ~720, les armées égyptiennes furent mises en déroute par Sargon à Raphia, aux portes de l'Égypte, dont toutefois, Sargon ne put forcer la frontière.
Asarhadodon, en ~671, réussit à conquérir le Delta et à s'emparer de Memphis. Tous les chefs locaux du Nord jusqu'à Hérakléopolis, furent soumis et durent prêter le serment de fidélité aux envahisseurs. Parmi ces chefs se trouvait Néchao, descendant de Bocchoris.

En ~669, Taharka reprit Memphis, mais le retour inopiné des Assyriens le mit en fuite. Le général envoyé par Assurbanipal revint en ~663 et reprit Memphis et Thèbes fut alors livrée au pillage. Tanoutamon s'enfuit à Napata et l'Égypte resta soumise aux Assyriens jusqu'en ~660.
 

Basse Époque

Quant à la dynastie éthiopienne, elle se maintint quelque temps encore à Napata, puis elle remonta plus au sud pour fonder une nouvelle capitale à Méroé.

XXVI ème dynastie Saïte (~672 - ~525)

Nechao I : Nom de deux pharaons de la XXVI ème dynastie Saïte. Père de Psammetique I. Il fut établi par les Assyriens comme princes de Saïs et de Memphis vers ~670.
Psammetique I : (~664 - ~610) Nom de trois pharaons de la XXVI ème dynastie Saïte. Prince de Saïs fondateur de la XXVI ème dynastie vers ~663 - ~609. Il réunifia l'Égypte et refit de Memphis la capitale de l'empire. Il rejeta le protectorat assyrien et chassa définitivement les Éthiopiens de Haute Égypte. Son règne vit le début de l'hellénisation du pays avec la fondation de la colonie grec de Naucrates.
Nechao II : (~610-~595) Deuxième pharaon de la XXVI ème dynastie, fils successeur de Pasmmetique I. Il reprit la politique d'expansion égyptienne en Syrie, tua Josia, roi de Juda, allié des Babyloniens, à Mégiddo, soumit la Palestine et la Syrie atteignit l'Euphrate, mais fut écrasé par Nabuchodonosor II à Karkemish (~605). Il favorisa la renaissance économique du pays, remit en activité le canal du Nil à la mer Rouge et fit faire le tour de l'Afrique à des marins phéniciens.
Psammetique II : (~595 - ~589) Troisième pharaon de la XXVI ème dynastie, fils et successeur de Nechaos II. Il fit campagne en Nubie et en Éthiopie.
Apries : (~589 - ~570) fils et successeur de Pasmmetrique II. Il reprit la lutte contre Nabuchodonosor II qui s'était emparé de Jérusalem (troisième déportation des Juifs à Babylone) et soutint Tyr dans sa résistance aux Babyloniens. Accusé de favoriser les mercenaires grecs il fut assassiné par l'armée d'Amasis.
Amasis : (~570 - ~526) Avant dernier pharaon de la XXVI ème dynastie Saïte. Général des armées d'Apries, il organisa un soulèvement xénophobe contre le pharaon accusé de soutenir les étrangers et usurpa son trône. Mais une fois au pouvoir, il entretint d'excellents rapports avec les Grecs et fut considéré comme le roi phihellène par excellence. Bien qu'il fut allié à Crésus, il eut une politique prudente à l'égard des Perses, Il s'empara de Chypre vers ~565. Il mourut quelques mois avant l'invasion Perse.
Psammetique III : (~526 - ~525) Sixième et dernier pharaon de la XXVI ème dynastie, fils d'Amasis. Il fut vaincu et mis à mort par Cambyse II après six mois de règne, et l'Égypte passa sous la domination Perse.
 

Nitokris I
Anchnesniferibré
Nitokris II

Une nouvelle dynastie, issue de la ville de Saïs, dans le Delta, reconquiert le pouvoir et parvient progressivement à se débarrasser du joug assyrien.
L'Égypte est à nouveau indépendante et gouvernée par des souverains indigènes. Mais les périls subsistent et le temps de la puissance est révolu. Cependant, les règnes des Néchao, Psammétique, Apriès et Amanis ne parquent pas, loin s'en faut, un déclin de la civilisation égyptienne. A certains égards, on a même parlé de "renaissance saïte". Il suffit de voir l'extraordinaire statuaire de cette époque pour s'en convaincre.

L'Égypte n'est plus une grande puissance, mais son prestige est grand et elle existe les convoitises. Bon gré, mal gré elle s'ouvre aux nouveaux courants qui agitent la Méditerranée. ;Les Grecs y viennent en nombre, mercenaires, commerçants ou simples visiteurs.

La dernière des grandes époques nationales fut la XXVI ème dynastie Saïte. L'Égypte unifiée put alors reprendre son rang parmi les puissances et s'occuper d'entreprises extérieures.

Si, d'une part, les Saïtes cherchèrent dans leur politique intérieure à mettre à profit des énergies nouvelles représentées par les négociants et les mercenaires, grecs et à utiliser les ,progrès introduits par la civilisation hellénique, ils se montrèrent, d'autre part, très conservateurs en essayant de se rattacher aux traditions nationales de l'Ancien Empire. On vit renaître alors à la cour Saïte des titres de fonctionnaires aussi bien que des formules d'art du temps des "grandes pyramides".

Psammetique I et la restauration de la monarchie.

Le prince de Saïs et de Memphis, Néchao (~663 - ~609), avait crée dans son fief une puissante armée composée de mercenaires grecs, ioniens et cariens, possédant un armement perfectionné. Son fils Psammetique, en possession de cet instrument militaire, put ceindre la couronne, supprimer la féodalité libyenne, expulser les garnisons assyriennes. Psammetique étendit son autorité sur la Thébaïde et fit adopter sa fille Nitokris par la régente de Thèbes, divine adoratrice d'Amon, Shepenoupet II. Ses successeurs, à leur tour, réservèrent à leurs filles la fonction d'adoratrice du dieu" à Thèbes.
 
Les successeurs de Psammetique I


Psammetique I eut pour successeur son fils Néchao II (~610 - ~595), qui reprit la politique traditionnel en Asie et tenta d'annexer la Syrie. Il s'avança, après la victoire de Mégiddo, jusqu'à L'Euphrate (~609) et contraignit le royaume de Juda à lui payer tribut, mais, s'étant heurté au roi de Babylone, Nabuchodonosor II, il dut, après la défaite de son armée à Karkemish (~605), renoncer à la Syrie. Néchao II donna un grand essor à la flotte, assurant à l'Égypte l'hégémonie en Méditerranée et en mer Rouge. Voulant faciliter l'accès des ports de la mer Rouge, qui détenaient le commerce des produits de l'Inde, de l'Arabie et de l'Afrique, Néchao remit en état un canal faisant communiquer cette mer avec le Nil, et qui datait peut-être de la XIIème dynastie. Ce roi est surtout célèbre pour avoir été l'instigateur du périple de l'Afrique, qu'accomplirent des navigateurs phéniciens à son service.

Le fils de Néchao II, Psammétique II (~595 - ~589), combattit en Nubie contre les Éthiopiens. Il eut pour successeur son fils Apries (Ouahibrê) (~589 - ~570) qui favorisa particulièrement les Grecs. Ayant fomenté des intriques en Palestine contre la suzeraineté babylonienne, il faillit s'attirer la vengeance de Babyloniens. Néanmoins, l'Égypte échappa à ce danger, car Nabuchodonosor II inquiété par les Mèdes, dut rentrer à Babylone. C'est alors qu'Apriès tenta une expédition malheureuse dans les oasis libyennes contre la colonie grecque de Cyrène. Ne voulant par mettre en ligne ses mercenaires grecs contre leur frère, il emmena en campagne les troupes égyptiennes. Celles-ci furent décimées à Irasa. Les survivants provoquèrent une révolte, à la suite de laquelle le général Amasis fut proclamé roi. Ce dernier, à la tête des troupes égyptiennes, vainquit Apries et ses mercenaires à Momemphis. Ayant épargné l'ancien roi après la victoire, il dut néanmoins le livrer à la populace (~570).

Amasis (~570 - ~526), élevé au pouvoir par une réaction nationale, dut prendre au début des mesures en apparence hostile au grecs, mais, en fait, il les favorisa.

Amasis annexa Chypre et fortifia ainsi sa position en Méditerranée. Inquiété par la politique conquérante de Cyrus, il conclut des alliances avec les rois menacés par les Perses, Crésus de Lydie et Nabonide de Babylone. Mais la Lydie et le royaume de Babylone succombèrent aux attaques des Perses, et Cyrus, s'était emparé de la région siro-palestinienne, menaça le Delta. Sur ces entrefaites, Cyrus mourut et ce fut son fils Cambyse qui envahit l'Égypte. Le moment d'une conquête était bien choisi; l'Égypte, en effet, venait de perdre l'énergique Amasis, à qui avait succédé son fils Pasmmetique III, jeune et inexpérimenté. Cambyse le vainquit à Péluse et força l'entrée du Delta. Puis il vint mettre le siège devant Memphis capitula, entraînant la soumission du reste du pays Cambyse mit à mort Psammétique et se proclama Pharaon.

Le philhellénisme des souverains Saïtes

Un des faits caractéristiques de la XXVI ème dynastie fut la pénétration de l'Égypte par les étrangers, notamment par les Grecs. Les souverains Saïtes favorisèrent les mercenaires grecs, qui avaient porté au trône leur dynastie.
Les garnisons grecques vécurent, la plupart du temps, dans des quartiers réservés, séparés de la population indigène.

À la suite des soldats, des marchands grecs vinrent chercher fortune en Égypte et ils s'établirent autour des garnisons, puis se répandirent rapidement le long de la vallée du Nil. Amasis concentra les négociants des différentes cités grecques à Naucratis, ville située sur la branche canopique du Nil. Il concéda à ce port le monopole du commerce maritime avec la Méditerranée. Cette cité devint une ville franche de l'hellénisme en territoire égyptien, jouissant d'une constitution autonome. Des magistrats appelés timouques, élus par le peuple, gouvernaient avec l'assistance d'un conseil.

Conditions Sociales

Les cadres solides de l'administration locale en vigueur sous le Nouvel Empire ne cessèrent pas de fonctionner pendant le temps de l'anarchie libyenne, quand le pouvoir central était seul désorganisé. À la faveur de cette carence, les paysans et les artisans se transformèrent peu à peu de tenanciers livrent en propriétaires de terres et de métiers qu'ils exploitaient. Ils s'arrangèrent le droit de vendre à des tiers les terres concédées par l'État, à condition de payer des taxes de mutation.
 

Les souverains Saïtes légalisèrent l'ordre existant et allégèrent la condition du peuple. Ils se montèrent des financiers habiles, surent accroître leurs ressources en instituant un impôt sur le revenu, avec obligation pour chaque habitant de déclarer au fisc ses moyens d'existences. Ils instituèrent aussi des taxes sur le commerce et firent une première tentative de nationalisation des biens des temples, en remplaçant l'autonomie du clergé par un budget du culte à la charge de l'État.
 
 

Premiére domination perse

XXVII ème dynastie (525 - ~401)-

Cambyse II : (~525 - ~522) Roi de Perse, fils et successeur de Cyrus II le Grand. Il conquit l'Égypte et s'y fit couronner roi, fondant la XXVII ème dynastie (~525). Mais il échouacontre l'oasis d'Amon et contre l'Éthiopie et renonça à attaquer Cartage. L'esprit troublé; il se livra à de nombreuses violences (meurtre de sa sœur Roxane); il mourut, peut-être par suicide, à son retour d'Égypte, en Syrie, après avoir appris l'usurpation de son frère Bardiya.
Bardiya : Prince Perse, fils de Cyrus II le Grand et frère de Cambyse II. Il usurpa le trône en l'absence de ce dernier mais fut tué au bout de six mois par la conjuration de Darius I (~522). Selon d'autre il aurait été assassiné par l'ordre de Cambyse et c'est un mage nommé Gaumâta qui, sous son nom, aurait pris le pouvoir en ~522.
Darius I : (~521 - ~486) Roi de Perse, fils Dytape et d'ascendance achéménide, prit part à la conjuration contre Bardiya, monta sur le trône mais pour lutter quatorze mois pour ;imposer son autorité aux province révoltées ( Perse, Babylonie, Élam, Médie, Arménie, Parthie). Il fut le grand organisateur de l'empire. Son fils Xerxes I lui succéda.
Xerxes I : (~486 - ~465) Roi de Perse, fils de Darus I et d'Atossa. À son avènement il dut faire face aux révoltes d'Égypte (~486) et de Babylonie (~482) qu'il réprima durement; il mit fin au statut particulier que concevaient ces royaumes au sein de l'empire et divisa la Babylonie en deux satrapies (Syrie et Babylonie proprement dite). Pour venger l'échec de son père à Marathon, il prépara longuement l'invasion de la Grèce (Médiques). Après les défaites de Salamine et de Platées, les Perses abandonnèrent alors leur possession d'Europe (satrapie de Thrace). Après une nouvelle défaite de sa flotte à Mycale (côte d'Ionie) (~479), il subit la révolte des cités grecques de Chypre et de la côte; celles-ci obtinrent leur indépendance au bout de treize ans. La fin de son règne fut marquée de complots et il fut assassiné à Sure par un dignitaire de sa cour. Son fils Artaxerxes I lui succéda.
Artaxerxes I : (~465 - ~424) (Makrocheir "Longue Main"). Fils et successeur de Xerxes I. Bien qu'au début de son règne il eut fait assassiner ses frères pour s'assurer le trône, il a laissé le souverain d'un prince généreux pour avoir accueilli Thémistocle exilé et autorisé les Juifs à rentrer à Jérusalem (Néhémie). Battu par Cimon, il fut contraint de signer la paix avec les Grecs (~449-~448). Ses fils Xerxes II puis Darius II Ochor, lui succédèrent.
Xerxes II : (~424) Roi de Perse pendant 45 jours. Fils d'Artaxerxes I fut assassiné par son demi-frère Sogdianos, qui ne le remplaça que pour être à son tour assassiné par Darius II Ochos.
Sogdianos : (~424)
Darius II : (~423 - ~405) (Ochos, dit Nothos "le Bâtard". Roi de Perse fils d'Artaxerxes I. Il monta sur le trône après avoir assassiné son demi-frère Sogdianos, lui-même meurtrier de Xerxes II. Il intervint dans la guerre du Péloponnèse par l'intermédiaire des satrape Pharnabaze et Tissapherne, qui soutinrent Athènes puis Sparte. Il épousa Parysatis. Sa mort mit en concurrence ses fils Artaxerxes II et Cyrus le Jeune, prétendant au trône.
Artaxerxes II : (~405 - ~401) (Mnemon "qui à de la mémoire") Petit-fils du précédent, il succéda à Darius II Ocho. Le début de son règne fut marqué par l'échec d'une expédition en Égypte et la perte d'une partie de Chypre, de la Phénicie et de la Syrie. Son jeune frère Cyrus s'étant révolté avec l'aide de mercenaires grecs, il le battit et le tua à Cunaxa (~401). Il chargea ensuite son général Tissapherne de conduire les Dix Mille jusqu'aux côtes du Pont-Euxin (Xenophon). S'imposant comme arbitre entre Athènes et Sparte, il dicta la paix d'Antalcidas ou paix du roi. Son fils lui succéda.

Rois Locaux :

Inaros
Pétoubastis III ?
 

L'Empire perse exerce sa poussée conquérante, le pays devient une satrapie et les souverains de Suse sont les nouveaux pharaons.

La XXVII ème dynastie de Manéthon comprend les rois achéménides, de Cambyse à Darius II. Campbyse, après avoir conquis l'Égypte, la réduisit en satrapie et préposa Aryandès à ;son gouvernement. Après la mort de Cambyse, Darius I réorganisa l'Empire perse; l'Égypte, unie à la Basse Nubie et aux oasis libyennes de Cyrène et de Barca, constitua alors la sixième satrapie. Elle fut astreinte à un tribut annuel de 700 talents d'or et à la fourniture au Grand Roi de produits en nature. Elle dut, de plus, subvenir à l'entretien de l'armée perse

d'occupation, dont le contingent s'élevait à environ 120,000 hommes, Perses et mercenaires. Parmi ces derniers, il convient de signaler une importante colonie d'auxiliaires juifs cantonnés à Éléphantine. Les Perses introduisirent en Égypte la monnaie sous la forme de pièces d'or, connues alors sous le nom de dariques.

La domination perse n'était pas bien lourde, mais l'Égypte espérait ardemment s'en affranchir. Des instructions éclatèrent dans le Delta, parmi lesquelles celle d'Inharos, appuyée par des Grecs, qui tint en échec les armées d'Artaxerxes (~459 - ~456). Après la défaite d'Inharos, l'Égypte retomba sous la domination perse jusqu'en ~401.
 

XXVIII ème dynastie (~404 - ~399)

Amyrtées : (~404 - ~399) Fondateur et unique pharaon de la XXVIII ème dynastie Saïte.

À la mort de Darius II, une nouvelle révolte éclata à Sais, où un certain Amyrtées secoua le joug perse et s'empara du pouvoir.
Amystées, qui régna six ans sur toute l'Égypte, représente à lui seul la XXVIII ème dynastie saïte. Il fut supplanté par Nephérites de Mendès, le fondateur de la XIX ème dynastie.

XXIX ème dynastie (~399 - ~378)

Nepherites I : (~399 - ~393) Originaire de Mendes, dans le Delta, fonda la XXIX ème dynastie. Il débarrassa l'Égypte de la domination des Perses et conclut contre eux une alliance avec Lacédémone (Sparte)
Pasmmoutis : (~393) Deuxième pharaon de la XXIX ème dynastie mendésienne, successeur de Nepheritis I.
Achoris : (~393 - ~380)
Nepheritis II : (vers~378) Quatrième pharaon de la XXIX ème dynastie. Il fut presque immédiatement détrôné par Nectanebo de Sébennytos.
 

Nepheritis, devenu roi, négocia avec Sparte un traité contre Artaxeres. Il eut pour successeur Akoris, le seul personnage marquant de cette dynastie. Il avait engagé à son service le général athénien Chabrias, qui réorganisa l'armée égyptienne et fortifia le Delta. Akoris, de concert avec Sparte et Evagoras de Chypre, lutta contre les Perses.
Nepheritis II luis succéda. Ce dernier, quelques mois après son avènement, fut tué par Nekhtanebes (Nectanebo), prince de Sébennytos, qui se proclama roi.
 

XXX ème dynastie (~380 - ~342)

Nectanebo I : (~380 - ~362) Originaire de Sébennytos, dans le Delta, il fonda la XXX ème dynastie sébennytique. Il fit échouer une nouvelle tentative de reconquête perse.
Teos : (362 - ~360) Deuxième pharaon de la XXX ème dynastie sébennytique, fils et successeur de Nectanébo I. Il entreprit une campagne en Palestine, mais fut arrêté par une révolte de l'armée qui donna le trône à Nectanébo II. Il fut le premier pharaon à frapper monnaie.
Nectanébo II : (~360 - ~342) petit-neveu du précédent. Il s'empara du pouvoir que détenait son oncle Teos. Avec l'aide des Grecs, il réussit à repousser l'armée perse (~351), mais une nouvelle offensive d'Artaxerxes III le força à s'enfuir en Haute Égypte ~342). Il fut le dernier pharaon indépendant. Grand bâtisseur, il entreprit la construction de l'Isium (temple dédié à Isis) de Behbeït el-Hagar et les premiers édifices de Philaë.

La XXX ème dynastie fut la dernière des dynasties nationales. Elle compta trois rois énergiques : Nectanébo, (Nektanebès), Teos (Tachôs), Nectanebo II (Nektanébo), qui surent procurer à leur pays une ère de prospérité. Neectanebo (Nektanebis)~380 - ~360) résista en ~374 à l'attaque des Perses et il put dès lors se consacrer au rétablissement de l'ordre et au relèvement des finances de l'État. Son fils Teos (Tachôs), dans le dessin de prendre l'offensive contre le Grand Roi, recruta des mercenaires grecs à Sparte et à Athènes et chercha des alliances en Crète, en Armenie, en Cappadoce. Mais trahi par le roi de Sparte Agésilas et par son neveu Nectanebo II, il ne put réaliser son plan et du s'enfuir.
Nectanebo II (~360 - ~342), après avoir profité du mécontentement du clergé pour se frayer les voies, parvint au trône grâce à l'appui des mercenaires d'Agésilas de Sparte.

À l'égard des Perses, Nectanebo II se tint efficacement sur la défensive, et l'Égypte put jouir sous son règne de seize années de paix, comme en témoignage les constructions de cette période. La fin de son règne fut assombrie par le retour offensif des Perses. Artaxerxes III Ochos força la frontière égyptienne à Péluse, tandis que Nectanebo II désemparé, au lieu d'organiser la défense du Delta, courut s'enfermer dans les murs de Memphis, ;qui fut assiégée par les Perses. Peu de temps après, il s'enfuit en Haute Égypte, où il se maintint encore deux ans. En ~341, Ochos occupa tout le pays, dont il confia le gouvernement à un satrape.
 
 

Deuxieme domination perse

XXXI ème dynastie (~342 - ~332)

Artaxerxes III Ochos : (~342 - ~338) Fils et successeur du précédent. Comme Artaxerxes I, il fit tuer ses frères pour s'assurer le pouvoir. Il reconquit Nectanebo II, puis la Phénecie et Chypre (~345 - ~341). Il périt assassiné.
Arses : (~338 - ~336) Roi de Perse, fils d'Artaxerxes III. Il fut porté au trône par l'eunuque Bagoas, meurtrier de son père. Son règne vit la révolte de l'Égypte et l'invasion de l'Asie Mineure par Philippe de Macédoine (~336). Il fut empoisonné par Bagoas qui le remplaça par Darius III.
Darius III Codoman : (~335 - ~332) Roi de Perse. D'origine incertaine (royale ou obscure), il fut porté au trône par l'eunuque Bagoas qui il empoisonna peu après. Il entreprit de redresser la situation de l'empire, très détériorée sous Arses. Il chassa d'Asie Mineure les troupes de Philippe II de Madécoine et, après la mort de celui-ci, soutient les cités grecques contre Alexandre. Mais en ~334, Alexandre envahit l'Empire perse. Définitivement défait à Gaugamèles (~331). Darius III s'enfuit vers l'Est; il fut assassiné par le satrape de Bactriane à Hécatompylos, au sud de la Caspienne.
Chaba (Ba) Sch

Epoque ptolémaïque (~332 à ~30)

Alexandre le Grand (~332 à ~323)



Les Ptolémées : Puis la dynastie des Ptolémées (ou Lagides nom de la famille du général d'alexandre qui fut à l'origine de cette dynastie). 12 ptolémées se sont succédés juqu'au fils de Cléopatre VII et César : Césarion qui ne régna pas et fut assassiné

Annexion de l' Egypte par Auguste en ~30 , sous domination romaine jusqu'en 395

Epoque byzantine (451 - 629)

Epoque Islamique (640 - 1250)

Période Mamluke (1250 - 1497)

Période Ottomane (1517 - 1801)
 

Retour Sommaire