Histoire de l'art Chrétien


Sommaire

Art Byzantin

L'art byzantin prend la relève de l'art chrétien avec la chute de l'empire romain d'occident et disparaît avec la chute de l'empire byzantin vers 1463 (Prise de Constantinople par les Ottomans).
On y distingue 3 périodes :

Période 395 à 843

Christ byzantin

A la mort de Théodose l'empire est divisé entre Arcadius en Orient et Honorius en occident. L'un et l'autre sont des incapables et l'empire d'occident s'effondre en 476
Seul subsiste donc l'empire d'orient que l'on peut assimiler à l'empire byzantin.
Le christianisme devient religion officielle en 380 et les autres religions interdites en 391; le latin remplace le grec au 7° siècle; l'empereur prend le nom d'Autocrator (au lieu d'Imperator) et instaure la cérémonie du couronnement.
C'est une période faste pour les chrétiens aussi l'art se développe dans la continuité de l'art chrétien qui le précédait.

 L’Orient prend peu à peu une place prépondérante, exerçant son influence sur les ateliers occidentaux, Ravenne notamment. Une importante innovation technique, à la fin du Ve siècle, qu’avaient précédée quelques essais sporadiques, permet de saisir le rôle essentiel de Constantinople: ce sont les poinçons d’argenterie, apposés sur certaines pièces. Datés, ils permettent une appréciation de l’évolution stylistique de l’argenterie. C’est pour cette dernière une époque de maturité, celle des riches trésors d’église retrouvés aussi bien en Syrie  qu’en Asie Mineure ou à Chypre: vaisselle liturgique, candélabres, encensoirs, reliquaires, etc.

Ce sont les images bibliques que le pouvoir impérial adopte maintenant pour sa propagande, comme en témoigne le somptueux trésor de Chypre : à côté d’objets religieux, une éblouissante série de 9 plats retrace l’histoire de David; exécutés à Constantinople vers 630, en des scènes au style classicisant, complexes ou isolées, pour une œuvre à la gloire de l’empereur Héraclius, vainqueur des Perses en 627 comme David l’avait été de Goliath.
De la même façon les bijoux d’or, ceintures «de mariage», colliers, pendentifs, revêtent une coloration clairement chrétienne par l’utilisation dans leur décor de figures du Christ ou de la Vierge prenant sous leur protection les possesseurs. Les orfèvres, qui délaissent volontiers le travail au repoussé pour la ciselure, adoptent aussi de nouveaux épisodes bibliques, reproduisant avec prédilection les images de Jésus et de la Vierge, en des scènes au style classicisant, complexes, ou isolées pour garnir les médaillons (vase d’Émèse au Louvre); les symboles chrétiens ou les motifs décoratifs se développent en des réseaux de formes tendant vers l’abstraction (trésor de Kumluca).

Les quelques manuscrits enluminés qui subsistent évoquent le développement considérable de la peinture sur parchemin. Très diverse, inspirée à l’occasion de la peinture murale ou de la mosaïque, leur illustration est essentiellement figurée; seules les tables de concordance entre les quatre Évangiles possèdent une décoration végétale autour d’arcades privées de leur fonction architecturale. L’origine de ces œuvres soulève à nouveau les difficultés déjà rencontrées. À côté d’Alexandrie (Genèse de Cotton) et de Constantinople, l’école syro-palestinienne (Évangile de Rabula, 586) a connu, un essor particulier. En face d’ateliers occidentaux florissants, qui élaborent un style nouveau, très expressif, mais plutôt plat et linéaire (Pentateuque d’Ashburnham, créé au 7e s., peut-être en Afrique du Nord), l’Orient, dans le domaine des arts précieux comme dans les autres, reste attaché à la tradition hellénique.

Les oeuvres présentées :

- Basilique sainte Sabine à Rome du 5° siècle : La nef central est cerné d'une colonnade simple en marbre, de style corinthien réunis par des arc en plein contre. Le sol est une mosaïque de marbre. Le cul de four du choeur est décoré d'une peinture polychrome. L'espace entre les colonnes comporte également un motif géométrique en marqueterie de pierres de couleur
Au dessus de la porte d'entrée se détache une énorme dédicace de 10 x 2 m en lettres d'or sur fond bleu, en mosaïque
- Église des gentils : imperatrice thedora 5° s Mosaïque à base de pâte de verre colorée par des oxydes d'une matrone sur fond or. La pose en décalé des cubes de verre permet d'accrocher la lumière
-  Église sainte Marie majeure à Rome du 5° siècle : Intérieur de la nef cerné d'une colonnade simple. Au dessus de l'entablement des colonnes, les panneaux sont décorés. Mosaïque de la vierge trônant et couronnée, représentée en impératrice (Au concile d'Ephése en 431, Nestorius qui distinguait 2 personnes en Jésus, (puisque la vierge était sa mère d'ou son coté charnel) fut condamné et excommunié. Il fallait en déduire la maternité "divine" de Marie)
- Mosaïque du 5° siècle de l'église sainte Prudential à Rome. La voûte en cul de four du choeur  est peint sur son pourtour d'une scène représentant Jésus trônant entouré de quelques apôtres. Sur la partie haute une croix latine  entourée de symboles évangélistes sur un fond de ciel
- Ravenne au 5° siècle : Ravenne: Tombe de Galia Placidia Mausolée en briques avec 4 cotés formant une croix, de Galla Placidia. A la croisée du transept, les voûtes sont décorées de mosaïques. A l'intérieur de la porte d'entrée et au dessus une mosaïque du "bon pasteur" jeune et auréolé, appuyé sur une croix à longue hampe, au milieu de ses brebis dans un paysage de campagne. Remarquer la symétrie du troupeau selon un axe central vertical
- Ravenne : Tombe de Théodore du 6° siècle Tombe Theodore 6° s
- Volet d'un diptyque consulaire en ivoire du 6° siècle ou le consul est représenté à mi corps tenant la mappa et un sceptre surmonté du portrait de l'empereur. Cette oeuvre en méplat dénote une certaine régression de la sculpture à cette époque

L'iconoclasme

Doctrine officielle sous certains empereurs de l'Empire Byzantin, interdisant les icônes et les images saintes chez les chrétiens de rite oriental
L’iconoclasme est la réplique quasi spontanée des monothéisme à la matérialisation du sacré et à ses compromissions avec le vocabulaire visuel du polythéisme. L’Église naissante ne s’aventure pas au-delà de l’iconographie narrative ou symbolique. Intégrée dans l’État au 4e siècle, la reconnaissance du caractère sacré de l’image de l’empereur la familiarise avec la notion d’un portrait de culte – une icône  – du Christ ou des saints. Une faille est ouverte qui sera élargie par l’analogie de la dévotion aux reliques, la vogue des images «non faites de main d’homme», la survivance ou la résurgence de comportements «païens», ou tous autres facteurs psychologiques.
Au 7e siècle, l’icône est entrée dans les mœurs chrétiennes de Byzance. L’hostilité systématique ne se déclare qu’au 8e siècle, à Constantinople. Pour elle on forgera le nom d’iconoclasme, volontiers appliqué à toute une époque de l’empire (725-843).

Vers 725 l’empereur byzantin Léon 3, amorce une propagande contre l’icône, surtout celle du Christ. Bientôt les images sont proscrites par un édit désavoué par le patriarche Germain, qui abdique, et réprouvé tant à Rome qu’à Jérusalem.
Mais l’image de la croix nue est épargnée, et même exaltée. Au sujet des motivations les historiens demeurent divisés : contagion de l’islam, sinon du judaïsme; influence des sectes dualistes ou des groupes chrétiens archaïques de cette Asie Mineure où se recrute l’armée de terre; prise de conscience du fétichisme embusqué dans le culte de l’image; rivalité entre l’art profane et l’art ecclésiastique; détour visant à récupérer les richesses investies dans les images et à frapper la puissance économique du monachisme. Aucune de ces hypothèses ne convainc: les unes confondent des rencontres avec des causes, les autres reposent sur une insuffisante documentation.
 

En 787, un concile œcuménique, réuni à Nicée, casse l’acte de 754 et rétablit les images: elles sont déclarées légitimes par droit de tradition, et leur culte est justifié en considération de son terme théorique: le modèle. Après bien des luttes de rivalités ses conclusions sont appliquées. En 843 c’est la fin de l’iconoclasme.

Période 843 à 1261. Sac de Byzance par les croisés

Monastére de Daphni A la fin de la crise iconoclaste, réapparition des images dans un style plus sobre, et retour aux arts antérieurs à la période de crise.
Règne de la dynastie des macédoniens (milieu 11° siècle) puis de la dynastie des Comméne.
Le style devient plus graphique et apparaît des valeurs "affectives".
 

Oeuvres présentées :

- St Marc de Venise : Bâtiment de style byzantin à l'origine puis remanié en style vénitien
- Christ en élévation entouré de 4 anges . Les personnages sont plus allongés, linéaires et assez grêles.
Sainte Sophie-Constantinople Sainte Sophie à Istanbul
- Torcello à Venise
 

Beaucoup d'objets d'arts et d'orfèvrerie. Prolifération des icônes sur plaque d'argent doré travaillées au repoussé.

- Venise : Trésor de St Marc. Icône orfévrerée de l'archange St Michel, enrichi de pierres précieuses avec application d'émail
- A Skopja, en Macédoine : très belles fresques d'église, entre autres une descente de croix.
 

Période 1261 à 1463. Dynastie Paléologue

Après la prise de Constantinople en 120' lors de la 4° croisade, c'est l'éclatement de l'empire byzantin en comtés, duchés, despotats, principautés.
L'empire latin de Constantinople s'éclate en mini-empire : de Nicée, de trébizonde, despotat d'Epire ...

Le déclin se poursuivre jusqu'en 1264 date de naissance d'une nouvelle dynastie (1261-1458) avec la venue du général "Michel"; qui deviendra Michel 8 Paléologue
Recherche du soutien de la papauté contre les Turcs (Schisme orthodoxe en 1054) et tentative d'alliances

Sur le plan artistique : courant humaniste, helléniste
Courant conservateur qui se traduit, entre autres, par un courant monastique comme au Mont Athos (Monastère de St Simon) ou les monastères des Météores.. Il se traduit dans l'art comme à Ste Sophie d'Octvie (Macédoine) ou à Mistra

L'art atteint les sommets de la perfection pour les mosaïques :

-Intérieur de sainte sophie -Constantinople Sainte Sophie à Istanbul .
Mosaique de sainte sophie Les tesseles deviennent minuscules etles détails d'une grande finesse et délicatesse (Christ et Saint Jean Baptiste)
- Église de Kariye à Istanbul avec une mosaïque des premiers pas de la vierge ou une scène d'anastasie (descente aux limbes)

Renaissance d'un courant mystique vers la fin du 13° siècle qui était apparu au ~4° siècle

- Novogarod : Église de la transfiguration et ses fresques
- École de peinture russe d'André Roublev (début 15° s) Art Paléo-chrétien et Chrétien  Art Copte