Arts de la Chine et du Japon


Sommaire cours Chronologie chinoise  et  japonaise

Art bouddhique en Chine et au Japon

Bouddhisme :

Bouddha est né dans le Sud Est du Népal ( vers 556 à 480 av JC).  Il était contemporain de Confucius en Chine (551 à 479 av JC) . Le bouddhisme, est initialement une doctrine et non une religion. Cette doctrine fut par la suite transformée en dogmes religieux ce que ne souhaitait pas Bouddha. Il est considéré aujourd'hui comme étant à la fois doctrine philosophique et religion en fonction des écoles qui le compose et des lieux géographiques. La doctrine primitive exprimée par les sermons de Bouddha (sutra) repose d'une part sur le postulat que tous les êtres vivants transmigrent d'une vie à une autre , passant par les états d'homme, dieu, animal, damné et ceci en fonction de leurs actes antérieurs; d'autre part sur la constatation que tout sur terre étant douleur et nul ne pouvant y échapper s'exprime alors 4 vérités : de la douleur, de l'origine de la douleur, de la cessation de la douleur, de la voie qui mène à la cessation de la douleur.
La douleur a pour origine le désir d'obtenir les plaisirs de la vie. Afin de faire cesser cette douleur, donc ce désir, il faut supprimer les passions en obtenant l'apaisement  de l'esprit. Il faut tenter d'accéder à la "Sainte voie" en s'abstenant de toute mauvaise action, parole , opinion ou activité corporelle.

Ce sont des exercices psychiques  et des méditations pratiquées chaque jour qui transformerons l'esprit et lui permettront  de se débarrasser des fausses illusions , fausses opinions ainsi que des mauvaises habitudes.
Lorsque le fidèle atteint ce degré de béatitude (pratiquement jamais) il n'accède plus a de nouvelles vies. C'est " l'extinction complète".

Postures et gestes du Bouddha

Le langage symbolique des attitudes et des gestes s'exprime entre les 8° et 10° siècles, il est marqué par le yoga. Chacun porte un nom. On distingue :

Il existe 5 "types" de Bouddha définis par leur orientation, leur couleur, leur geste et leur monture . A savoir : Vairocana, Amogasiddhi, Aksobhya, Amithaba et Hatnasanbhava

 Expansion du Bouddhisme

C'est 200 ans après l'entrée du Bouddha dans le nirvana , au milieu du 3° siècle avant JC, que s'est affirmée la vocation missionnaire du bouddhisme. Le bouddhisme s'est propagé d'abord en Chine puis en Corée et au Japon , au 7° siècle au Tibet et en Mongolie . Cette expansion s'est faite par 2 voies : Terrestre via le Pakistan et par Mer (cabotage) en remontant le long des côtes.
Il est admit que le bouddhisme "terrestre":  (vision universel et pas personnel, plusieurs niveaux de paradis) est plus compatissant que celui qui s'est propagé par la mer (travailler pour son salut personnel)

Expansion en Chine :

Il apparut en Chine avant notre ère mais son influence et son extension s'exercèrent surtout à partir du 1° siècle après JC  (par terre jusqu'à la vallée du fleuve jaune au nord via la route des oasis, par mer au sud-est) . Entre les 2° et 5° siècles , période d'assimilation et d'adaptation, plusieurs livres sacrés furent traduits en chinois difficilement au début mais avec un net progrès au 5° siècle avec l'aide de rédacteurs chinois cultivés. Les fragmentations de l'empire et les invasions ont été un vecteur puissant d'installation du bouddhisme en Chine. Les dynasties régnantes de l'époque (3 royaumes, Jin occidentaux et orientaux et les dynasties du Nord puis du sud) avaient besoin pour " tenir" les populations chinoises de s'appuyer sur les préceptes du bouddhisme d'égalité des individus devant la vie et la mort, pour donner un poids à leur légitimité et s'opposer au confucianisme et au taoïsme. De 400 jusqu'au 6° siècle, règne une grande ferveur : construction de monastères, traductions et copies de textes sacrés, pèlerinages, écoles bouddhiques...

Le 7° siècle voit l'introduction de la pratique de la méditation (chan en chinois et zen en japonais)) dite "École du Sud"
A partir de 618 et jusqu'en 907 on assiste d'abord à la fin de l'expansion bouddhique puis a sa récession vers le 10° siècle (du essentiellement à sa proscription en 843) avec un retour vers le confucianisme et les pensées traditionnelles. Dans la zone des steppes c'est le bouddhisme tibétain (lamaïsme) qui prend la relève.

C'est de cette "confusion" entre confucianisme et bouddhisme que naquit un système confucéen (ou néo-confucianisme) au 1° siècle.

A partir de 350 le tantrisme (ou bouddhisme tardif) apparaît. Il met l'accent sur le ritualisme et les pratiques du yoga.

En Chine le bouddhisme exercera donc pendant prés de 1.000 ans une action profonde sur la pensée chinoise et sur les arts.

Après un long déclin, du a sa transformation mais aussi aux invasions musulmanes et le développement du sivaïsme et du vishnouîsme, le bouddhisme tend à bénéficier aujourd'hui du retour constaté vers une nouvelle  ferveur religieuse en Chine bien qu'il n'est pas vraiment d'existence légale.

Expansion au Japon

Le bouddhisme fut transmis au Japon par l'intermédiaire de la Corée vers le milieu du 6° siècle. Le Japon n'a pas eu de contacts directs avec le bouddhisme initial aussi c'est un bouddhisme façonné par la Chine qui prend racine au Japon. La langue sacrée des bouddhistes japonais fut dés le départ le chinois littéraire, aussi le besoin de traduction ne se fit pas ressentir comme en Chine avec le bouddhisme indien.
A l'origine les fidèles ne virent dans les différents bouddhas que l'équivalent des divinités traditionnelles japonaises ce qui facilita son implantation. Gagnant les monastères Shintô, il forma ce courant religieux, combinaison (ou confusion) peu cohérente des religions bouddhiques et Shintô que l'on nomme syncrétisme
Au 19° siècle  le mouvement amorcé dés l'époque de Kamakura (12° siècle) par les théoriciens du Shintô sur la supériorité de cette religion par rapport au bouddhisme d'origine étrangère entraîna la séparation des 2 religions. Le Shintô devint culte national.
Le bouddhisme japonais est divisé en de nombreuses sectes/écoles (shuha)
Le prince Shotoku (574-622) par son érudition fut un vecteur puissant de l'expansion bouddhique par la diffusion qu'il fit des traités bouddhiques et les temples qu'il fit bâtir (cf Horyuji).

Art bouddhique en Chine

On s'intéressera plus particulièrement aux hauts lieux de pèlerinage : Oasis de Dunhuang (353, au Gansu aux confins occidentaux) jusqu'à Longmen (495, non loin de Luoyang capitale impériale de l'est) en passant par Maijishan (420 au Gansu) et Yungang (460, au Shanxi, au NE de la boucle du fleuve jaune) sans omettre Binglingsi (513, au Gansu) Pour finir on étudiera Hôryûji au Japon (607) .
 

Dunhuang    Lien(cf p 48 du Que sais-je : les arts de l'extrême orient)

A la limite du désert de Gobi, dans le Gansu la falaise des "mille bouddhas" fut creusée à partir de 366 pour répondre à la vision d'un moine. Dans les grottes, les moines ont sculptés ou modelés en terre des statues et peint des images matérialisant les doctrines qu'ils prônaient . Elles étaient empreintes d'une certaine naïveté et d'une simplicité évocatrice suffisante les rendant accessibles aux voyageurs de toutes origines qui les visitaient. A Dunhuang naît le thème de l'histoire en images qui se déroule le long des murs comme une bande dessinée.
Ce site est également très important par ses sculptures novatrices : Statues polychromes en stuc peint de couleurs minérales (4° au 8° siècles)

En 1899 découverte fortuite de 30.000 documents manuscrits médiévaux des 4° au 10° siècles qui fut dispersé par leurs découvreurs à Paris, Londres, Pékin, Leningrad et Delhi.

On note l'importance de la nature dans les représentations (paysages montagneux, pics aiguilles, touffes végétales, ...). Utilisation de la perspective par usage des points de fuite

Yungang "Source de nuages" (p 51 et p23 de "Art Chinois"))yungang.jpg (7311 octets)

Aux confins NE de la boucle du fleuve jaune au Chanxi .C'est le royaume des WEI septentrionaux d'origine proto-turque qui se sont sédentarisés.

Sanctuaire rupestre de 460 , (100 ans après Dunhuang) en grès tendre de 13 statues colossales de Bouddha sculptés de 460 à 500, veillant sur les hommes et la Chine . Le style évolue au fur et à mesure devenant plus délicat et plus marqué par l'empreinte chinoise. Ce style en rondeur reste d'inspiration indienne, les détails sont chinois mais la conception globale est indienne.
A partir de 500, les personnages s'étirent et les plis des vêtements prennent de plus en plus d'importance. Les visages sont rectangulaires et un peu plat, le nez pointu, les paupières  plus fermées et les commissures des lèvres se relèvent.
Vers 540 les formes se rétrécissent, les plis des habits s'affinent le visage s'étire et les yeux sont presque fermés.

Les travaux entrepris très rapidement au début, s'arrêtèrent brusquement en 494 lors du transfert de la capitale à Luoyang.

Longmen (p 53 du Que Sais-je et 35 de "Art Chinois")longmen.JPG (15817 octets)

Longmen c'est la "porte du dragon", dans la boucle sud du fleuve jaune,  voulut par l'empereur Xuanwu (500-515) dans la continuité de Yungang situé à quelques kms. L'activité des sculpteurs y fut intense en 2 phases :de 516 à519 puis  à la fin du 6° siècle.
La pierre noire du site se prêtait mieux qu'à Yungang a une taille fine et permit ainsi une évolution stylistique: lignes verticales, symétrie, traitement des plicatures et angles aigus caractérisent le style de Longmen. Les visages s'amenuisent , les corps s'allongent et s'applatissent sous l'amoncellement des plis tubulaires du manteau.

La phase du 5° siècle se distingue de la 2° phase : époque de l'impératrice Wu Zetian (625-705) qui transféra son gouvernement à Luoyang .Statue géante creusée dans la falaise du Bouddha Vairocana accompagné de ses disciples et gardiens. Les lignes sont souples avec des effets de drapés mettant le corps en valeur . Temple Fong-hien : statues taillées en 672-675

 D'autres sanctuaires bouddhiques rupestres de moindre importance existent dans le Gansu : Maijishan et Binglinski, dans le Shanxi les grottes de Tianhongshan et Dazu au Sichuan. Dans l'art bouddhique urbain le plus glorieux est le Famensi au Shaanxi, fondé au 2° siècle, dont la pagode recelait un trésor de statues et reliquaires en bronze doré ainsi qu'une phalange du Bouddha.

Art bouddhique au Japon

Ce sont les artisans, scribes et interprètes de Corée entre les 6 et 7° siècles qui apportèrent le bouddhisme au Japon avec son organisation sociale et monastique.
En 554, 2 missionnaires coréens arrivent au Japon
D'abord en conflit avec la religion traditionnelle (shintô) le bouddhisme fut assimilé aux divinités japonaises ; il bénéficia surtout de la protection du prince Shatoku Taishi  (587: construction temple)

Le Japon plus conservateur que la Chine inventive est un excellent "conservatoire" de l'art bouddhique

Hôryûji   Lien,     Époques de Heian et de Kamakura

horyuji1.jpg (83663 octets). Époque de Nara (710-784) :Le temple Shitenno-ji est la première fondation pieuse du prince Shotoku; elle respecte la géométrie du plan à la chinoise le sanctuaire, le hall de lecture et la pagode étant en alignement . L'ensemble de Hôryûji (fin 6° siècle) au sud de Nara, fondée également par  Shôtoku,  se compose de bâtiments en bois les plus anciens du monde : Le Chumon (porte principale)qui permet l'accès au Kondo (sanctuaire avec une salle principale contenant des peintures saintes aux murs) et sur le même axe à la pagode de 32 m à 5 étages fichée dans la terre au-dessus d'une pierre creusée dans laquelle un coffret métallique contient des statuettes en terre et/ou des reliques. Cet ensemble architectural bouddhique a une géométrie japonaise puisque Kondo et pagode sont sur le même axe mais le Chumon leur fait face. C'est le plus ancien du Japon  mais la pagode a été reconstruite  après l'incendie de 670

De 710 à 784, la capitale est Heijokyo (partie ouest de Nara) elle abrite le Todaiji  (747-789) construction en bois la plus haute du monde qui contient la statue en bronze d'un Bouddha géant de 18m
Fin 8° siècle, construction du Kondo du Toshodaiji à Nara de style Tang.

Très belle tête de Bouddha. Statue en bronze laqué avec tête tricéphale.
Statue du bouddha Vairocan achevée en 752.

En 784, la décision d'abandonner Nara pour transférer la capitale a Heian (Kyoto) s'explique par le désir de la cour de s'éloigner de l'influence grandissante des grands centres monastiques.

L'époque de Heian (794-1112) vit l'apparition des écoles de Tendai et de Shingon qui firent contrepoids à l'école de Nara :Pagode du Muro-ji de 16 m et à 5 toits.
Statue de Bouddha Amitabha en bois, réalisée par Jocho, a été réalisé par morceaux en atelier, puis doré sur place lors du montage (Hoodo du Byodoin a Uji prés de Heian (1053)

Époque de Kamakura  au 12° siècle (transfert de la capital de Heian à Kamakura) . Rénovation profonde  du bouddhisme japonais après l'effondrement des structures traditionnelles (Écoles de Nichiren et du Zen=style zenshuyo)
Grande porte du sud du Todaiji (1199)

Au 13° siècle  Déesse de la beauté en bois peinte de couleurs vives

Au 14° siècle  Statues avec des yeux incrustés de quartz et parcelles de mica. L'art devient très expressionniste


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